Profitez-en, après celui là c'est fini

La nouvelle Gare Saint-Lazare

avril 7th, 2012 Posted in Les pros, Mauvaise humeur, stationspotting

Les travaux de rénovation de la gare Saint-Lazare, qui semblaient interminables, sont à peu près achevés. Je visite l’endroit en essayant de me souvenir de ce qui s’y trouvait avant, de ce qui y a changé, mais c’est assez difficile, non seulement parce que j’ai une mauvaise mémoire mais aussi parce que le remodelage d’un lieu fait oublier ce qu’il a été : on s’adapte rapidement au nouvel environnement jusqu’à chasser presque tout souvenir de l’ancien. Je remarque personnellement que c’est en rêve qu’il peut m’arriver de retrouver des lieux qui n’existent plus.

Sans surprise, la galerie des marchands ou la salle des pas perdus sont à présent beaucoup plus lumineuses et (c’est un minimum) plus propres qu’autrefois. Les accès au métro ne se font plus à la sortie des quais, droit au but, mais depuis des séries d’escalators orientés dans la longueur de la salle des pas perdus, qui forcent le voyageur pressé à faire des détours latéraux apparemment sans logique. Cette nouvelle disposition des accès ne fluidifie pas tellement la circulation, au contraire, mais libère une surface importante, autrefois encombrée par de grands escaliers, pour la galerie des marchands, qui est devenue un véritable centre commercial. La masse n’est plus vomie depuis le train vers le métro, elle est forcée d’effectuer au compte-gouttes (sauf valises encombrantes, deux personnes peuvent tenir dans la largeur d’un escalator) tout un trajet qui rappelle un jeu de billes dont on aurait planifié la circulation dans le but de la ralentir plutôt que de la rendre efficace. Je soupçonne les détours imposés par le circuit des escalators de servir, aussi, à imposer aux voyageurs de passer devant un maximum d’enseignes lors de son accès vers les couloirs du métro.
Et des enseignes, il y en a, et ce ne sont plus du tout les enseignes historiques. L’impayable Snack Saint-Lazare où l’on engloutissait son croque-monsieur en vitesse s’est par exemple transformé en Tazio-Soi-Beaudevin un “restaurant du monde” (marque déposée) : cuisine italienne, cuisine asiatique et cuisine française, qui appartient en fait à une seule société, Autogrill. L’autre brasserie est devenue un Starbucks Coffee (et on trouve un autre Starbucks deux étages plus bas). Les enseignes “pains à la ligne” (toujours Autogrill) et “la croissanterie” remplacent la boulangerie-pâtisserie familiale qui affichait fièrement sa présence dans la gare depuis les années 1930.

À l’exception d’une cordonnerie, les boutiques pittoresques — bricolage, jouets — ont été remplacées par des enseignes multinationales du vêtement, de l’alimentation, des accessoires, des loisirs. Le bureau de poste a disparu, mais on trouve à présent des automates bancaires BNP Paribas partout. Le salon de coiffure Joffo, institution très locale (les salons du coiffeur et écrivain Joseph Joffo sont situés dans un périmètre plutôt serré autour de la gare Saint-Lazare), est remplacé par des salons de beauté de sociétés internationales. Les franchises sont en tout cas devenues la règle, et la plupart appartiennent à des groupes de centaines ou de milliers de boutiques dans le monde : Lacoste, Esprit, Muji, Promod, etc. En face de la gare Saint-Lazare, passage du Havre, on trouve les mêmes boutiques, ou des boutiques appartenant aux mêmes groupes, ou parfois, avec une fausse apparence d’abondance, des marques différentes détenues par les mêmes groupes. En fait, un assez petit nombre de marques et de groupes d’investissement se partage toute une zone et en fait peu à peu fuir les commerces indépendants, que j’imagine incapables de résister à l’augmentation des loyers au moment des renouvellements de baux commerciaux — c’est cette raison qui a été annoncée pour la fermeture de nombreux commerces historiques en tout cas. Il y a vingt ans on trouvait dans le quartier des Saint-Lazare plusieurs excellents disquaires  et plusieurs véritables librairies, remplacés à présent par une Fnac et un Virgin, où on vend surtout ce qui se vend déjà, à savoir les produits culturels soutenus par un marketing d’enfer. On a l’impression d’assister à une partie de jeu de stratégie où l’important n’est pas tant d’avoir une boutique qui a du succès que d’occuper la place pour empêcher d’autres d’exister, et surtout, pour se débarrasser définitivement des boutiques familiales, économiquement négligeable mais dont le fonctionnement échappe aux règles communes aux enseignes internationales qui, en apparence, sont concurrentes, mais qui s’entendent généralement bien lorsqu’il s’agit de se racheter les unes et les autres, ou d’avoir des actionnaires en commun. L’ensemble est géré par Ségécé, du groupe Klépierre, énorme société d’investissement immobilier contrôlée à 50% par BNP Paribas, si j’ai bien suivi.

Le monument aux morts devant lequel j’avais l’habitude de donner rendez-vous me semble avoir rapetissé — mais peut-être ma mémoire de ses dimensions me joue-t-elle des tours, ce qui serait assez ironique pour un lieu dédié au souvenir — et a été déplacé, occupant à présent le dernier pilier en front de quai sur lequel il n’y a pas de panneau Numériflash. L’endroit où il se situait autrefois est devenu un Monoprix. En face de ce Monoprix, mais deux niveaux plus bas, on trouve un “Carefour city marché” : deux supérettes, donc. J’ai tenté de compter les panneaux Numériflash de la gare : il y en a plus de soixante-dix, et on sent qu’il a sans doute été difficile de tous les caser tant ils donnent une impression d’encombrement. Il y en a même sur les cabines photomaton. Les kiosques Relay1 ont aussi, dans leurs vitrines, des écrans publicitaires.
En voyant tous ces écrans, je ne suis pas seulement embêté par leur agressivité lumineuse, je pense à deux choses. La première, c’est ce qu’ils remplacent : je me rappelle d’un grand nombre de fontaines publiques, notamment, mais aussi de panneaux ou de vitrines publicitaires permanentes pour des petits commerces ou des artisans. Par exemple une petite vitrine montrant les réalisations d’un réparateur de meubles situé à deux rues de là, avec un petit plan, ou d’un réparateur d’instruments de musique. En consultant les tarifs de Metrobus pour les panneaux Numériflash, on constate que leur modèle économique n’est viable que pour de très gros budgets publicitaires. Par exemple dans le métro, il faut réserver 50 afficheurs au minimum pendant une semaine, ou tous les afficheurs du réseau pour une journée, pour des dizaines de milliers d’euros au minimum, auxquels s’ajoutent chaque fois des milliers d’euros de frais de mise en route.

On sent qu’il a été difficile de décider où caser les derniers panneaux Numériflash, avec ce genre d'accumulation absurde...

La seconde chose qui me chagrine, c’est la facture énergétique. En effet, une affiche ne dépense pas d’électricité, tandis que soixante-dix écrans de 160 x 90 cm consommant quelque chose comme 800 ou 1000 watts, associés au système informatique qui les fait tourner et qui consomme aussi du courant, ça doit faire une belle facture annuelle d’électricité. Tous les horaires des trains sont aussi, à présent, des écrans allumés en permanence : il n’existe plus d’écran mécanique qui ne consommait d’électricité qu’au moment où il changeait d’état. On peut penser que la France aura du mal à sortir de sa dépendance à l’énergie nucléaire, mais si elle se couvre d’écrans plus ou moins inutiles2, ce n’est pas près de s’arranger.

Les totems interactifs d'information de la gare Saint-Lazare servent à... trouver les boutiques

En tout cas, les écrans Numériflash doivent être rentables, car la société Publicis, qui possède les deux tiers de Metrobus, se porte particulièrement bien : Élisabeth Badinter, qui possède 10% du groupe Publicis (fondé par son père Marcel Bleustein-Blanchet), vient d’entrer dans le classement Forbes de plus grandes fortunes du monde (vers la 400e place), ce qui est assez inhabituel dans le petit monde des philosophes dix-huitiémistes3 et quand à Maurice Lévy, le PDG de Publicis, on a pu voir cette semaine ses employés pétitionner “sur la base du volontariat” pour que leur patron perçoive une prime de seize millions d’euros, malgré le contexte de crise qui rend ce genre de somme indécente.

Au sujet de ce bonus de seize millions d’euros, je dois dire que je suis assez indifférent, je me moque qu’il y ait des gens très riches sur terre, je suis plus embêté en pensant qu’il y a des gens qui n’ont rien, mais dans l’émission Ce soir ou jamais de mardi dernier, j’ai été un peu choqué par les propos d’un dénommé Mathieu Laine, juriste et philosophe du libéralisme, pour qui Maurice Lévy méritait absolument ses revenus, et qui a répondu “oui oui” lorsqu’un invité lui a demandé si celui qui gagne seize millions d’euros vaut seize mille fois celui qui ne gagne que le Smic. Cet ahuri est typique de la pensée libérale qui suppose qu’une personne riche fait vivre des centaines de personnes moins riches (c’est souvent vrai, et c’est une grosse responsabilité que de piloter une entreprise, mais il est aussi vrai qu’il faut des pauvres pour faire des riches, enfin passons), qui nie les observations sociologiques — qui démontrent qu’un bon héritage, un sens de l’intrigue, une absence de morale ou quelques coups de chance extraordinaires font plus pour une carrière que le mérite ou le talent4 —, et pire que tout, qui place la valeur de chacun sur une échelle numérique pseudo-objective, celle de l’argent. Or tout le monde n’a pas forcément les mêmes ambitions : si chacun a besoin d’un peu de confort, beaucoup de gens ne sauraient pas vraiment quoi faire de seize millions d’euros, ou d’un milliard. Et est-ce normal qu’une personne ait vingt maisons qu’il n’habite pas quand d’autres personnes souffrent pour se loger ? Les enthousiastes de l’ultra-libéralisme économique qui considèrent le capitalisme sans frein comme quelque chose de “naturel” oublient que la jungle n’est justement pas “la loi de la jungle” : aucun animal ne réclame pour lui-même un territoire plus grand que ses besoins ni n’accumule de la nourriture (ou quoi que ce soit d’autre) pour ne rien en faire qu’en priver les autres. Aucun animal n’exploite ses semblables en s’accaparant exclusivement le fruit du travail de ceux qu’il dirige, ou du moins, ce genre de choses n’existe que selon des règles précises propres à chaque espèce.

Je peux être admiratif d’un entrepreneur qui change nos vies avec une secteur industriel, un modèle commercial, mais j’ai plus de mal à admirer un publicitaire, qui agit plutôt en parasite qu’autre chose, et je remarque aussi que les grandes fortunes sont avant tout employées à se maintenir, à s’auto-entretenir, à occuper la place tout comme les enseignes citées plus haut font tout pour empêcher les petits poissons d’exister parmi les gros. Et ce n’est pas tout, je crois en fait que les gens les plus utiles au fonctionnement de la société, utiles au sens où l’on ne saurait s’en passer, ce sont justement ceux qui sont le plus mal rémunérés. Que Maurice Lévy se mette en grève pendant un an, et personne ne s’en rendra compte. On remarquera plus rapidement la disparition de la personne qui nettoie ses toilettes, qui ramasse ses poubelles, qui rétablit le courant électrique pendant une tempête ou qui affronte les fuites d’eau radioactive des centrales nucléaires qui alimentent ses écrans publicitaires. Mais c’est justement parce que ces personnes sont utiles qu’elles sont mal payées5 et brimées : il ne faut pas qu’elles aient le loisir de réfléchir à leur condition, et rien de mieux que l’état de survie pour ne pas être capable de réfléchir.

Cette semaine, en face de la gare Saint-Lazare, l’entrée de la Fnac était bloquée par ses propres employés, qui reprochent à leur patron François-Henri Pinault, de gagner particulièrement bien sa vie sur le dos de ses salariés et de leur bien-être : salaires bradés, dimanches sacrifiés, horaires décalés, temps partiel imposé,... (je reprends l'affichette de l'intersindicale)

Tout ça a un rapport. La SNCF a été un grand service public, comme EDF ou La Poste, et les Français ont investi dedans pendant des décennies. Aujourd’hui, sous prétexte de fluidité économique ou de respect des normes de concurrence européenne ou mondiale, elle leur est confisquée, ses bénéfices deviennent discrètement privés par le biais de montages et de contrats dont l’intérêt du public semble être le dernier souci. Je me demande aussi combien d’emplois de guichetiers ont été supprimés avec le réaménagement de la gare et la multiplication des automates6. Ce pays change beaucoup, et il me semble que le réaménagement de la gare Saint-Lazare le laisse assez bien paraître.

  1. Les Relay sont les descendants directs des kiosques Hachette, en contrat de quasi-monopole avec la SNCF depuis plus de cent-cinquante ans. On trouve aussi des librairies Payot dans certaines gares, mais celles-ci appartiennent aussi au groupe Lagardère. []
  2. N’oublions pas tous les écrans d’information que l’on n’a pas le courage d’éteindre même lorsqu’ils n’ont rien à dire et sur lesquels est juste écrit “ce dispositif est momentanément hors service” ou “les employés de ligne 14 vous souhaitent une bonne journé”. []
  3. Élisabeth Badinter a écrit un livre intitulé Le Conflit : la femme, la mère, pour dire que l’allaitement naturel ramenait les femmes au foyer et (elle l’a dit dans plusieurs interviews) à l’état de guenon, mais on pourrait publier Le conflit d’interêt : Élisabeth Badinter et Publicis, si on veut bien se rappeler que Publicis a le budget Nestlé, multinationale à la philanthropie mesurée, dont je suis sûr qu’elle nous vendrait l’air que l’on respire si c’était techniquement possible  et qui est en tout cas le premier bénéficiaire de toute campagne contre l’allaitement maternel. []
  4. Je pourrais citer en exemple Serge Dassault, 96e fortune mondiale, qui a hérité de l’entreprise qu’il dirige, qui vit de l’argent public français, de la guerre, et même de la corruption (ce n’est pas moi qui le dit mais la justice belge notamment), et qui trouve que le modèle social chinois serait préférable au modèle social français… Est-ce qu’il existe une personne au monde pour imaginer que ce type a un “mérite” quelconque ? []
  5. J’ai appris que certains métiers devenus fondamentaux dans la société actuelle — nettoyage, construction et gardiennage — sont plus que fréquemment occupés par des “sans papiers”, payés sous le smic, ne cotisant ni à la sécurité sociale ni à une caisse de retraite, vivant dans la peur quotidienne de l’expulsion et employés par des sociétés fantoches qui sous-traitent à d’autres sociétés fantoches leurs services : lorsque la pression administrative devient un peu trop forte, l’employeur ferme boutique et disparaît, généralement sans payer les derniers salaires, tandis que la société bénéficiaire du service affirme ne rien savoir… La fameuse “France qui se lève tôt” est étrangère, sans papiers, et moins bien traitée que beaucoup d’animaux. []
  6. Une employée de la SNCF me disait l’autre jour “je coûte très cher”. Parvenir à convaincre quelqu’un qui est payé un maigre salaire qu’il constitue une dépense et qu’on le rémunère presque par charité, alors qu’il fournit un travail et, bien évidemment, rapporte de l’argent et permet à la société qui l’emploie de fonctionner, voilà qui est assez diabolique. []
  1. 46 Responses to “La nouvelle Gare Saint-Lazare”

  2. By Wood on Avr 7, 2012

    Pour le pur plaisir de couper les cheveux en quatre, je préciserai qu’il est inexact de dire qu’une affiche ne consomme pas de courant, vu que les presses d’imprimerie, les usines de papier, d’encre, de colle, consomment de l’énergie. Il serait plus exact de dire “une fois collée, une affiche ne consomme pas de courant”.

    Tous ces écrans Numériflash permettent-ils au moins d’éclairer moins par ailleurs ? Même pas sûr que quelqu’un y ait pensé…

  3. By Jean-no on Avr 7, 2012

    @Wood : oui, c’est certain, une affiche en papier réclame de l’énergie aussi. Et même, certaines affiches avec rétro-éclairage au néon et moteur continuent de consommer du courant. Au moins, il fallait un colleur d’affiches pour les poser, elles faisaient vivre quelques personnes de plus.

  4. By olem on Avr 7, 2012

    Trés bon article, longue vie à ce blog.

  5. By Didier on Avr 7, 2012

    La comparaison avec la magnifique rénovation de la gare de King’s Cross à Londres, également inaugurée ces jours-ci, est édifiante.
    A St-Lazare, voulait-on faire oublier la fonction première d’une gare? La concentration de panneaux publicitaires est telle qu’aucune vision d’ensemble des départs et arrivées n’est plus possible. Impossible non plus de voir l’heure, et comme ils ont précisément oublié de faire arriver les trains à l’heure, raison de plus pour aller consommer dans les boutiques. Chapeau, les artistes!

  6. By Antoine Bablin on Avr 7, 2012

    “Il y a vingt ans on trouvait dans le quartier des Saint-Lazare plusieurs excellents disquaires et plusieurs véritables librairies, remplacés à présent par une Fnac et un Virgin”…

    …qui sont en train de fermer, la Fnac est en plan de licenciement et financièrement dans une situation désespérée, à racheté quelques enseignes Virgin (dans les gares d’ailleurs). les disquaires et les libraires indépendants vont revenir ! petit à petit l’industrie de la culture perdra du terrain, c’est plutôt bon signe ! :)

    J’habite à coté de la gare de l’est, j’ai habité à coté de la gare du nord aussi, j’ai vu ces deux gares se transformer en galerie marchande. J’ai le souvenir, il y a 3 ans, d’avoir discuté avec le directeur de la pharmacie de la gare de l’est, qui me racontait que le loyer était, pour moins de 100m2, de 11OOO euro par mois. Il m’a affirmé travailler à perte mais que parce qu’il possède plus d’une dizaine de pharmacie dans le 10eme arrondissement, ça ne l’empêchai pas de dormir !
    De fil en aiguille, il explique aussi que la société qui loue le fond de commerce est une filiale de la SNCF plus ou moins privatisée (je ne suis pas fortiche dans le sujet..) qui se goinfre sur le dos de cette société Nationale que nous avons financée.
    De ce que j’ai compris c’est un peu comme l’affaire des autoroutes : la SNCF à cédé l’exploitation commerciale de son patrimoine, pour ce cas les gares, les franchises payent un loyer exorbitant à une société privatisée, mais la SNCF paye quand même l’entretient des travées et des murs extérieurs.

    Je n’affirme rien, comme je ne suis pas journaliste, je ne saurai trouver des sources fiables, je prend juste, comme à l’école, une posture de “grosse rapporteuse” !!

  7. By Jean-no on Avr 7, 2012

    @antoine : Le chiffre d’affaires de la fnac baisse mais les bénéfices sont toujours là, notamment grâce à la vente en ligne. Ceci dit on peut supposer que pas mal de fnacs finiront par fermer dans les petites villes et les centres commerciaux… ça leur apprendra à s’être débarrassés des vendeurs passionnés qui faisaient la réputation des fnacs il y a seulement vingt ans. Est-ce que les petits commerçants reviendront ? Dans la Gare St Lazare il y a 25 ans il y avait une boutique de disques, le “Discobole”… Mais n’est-ce pas surtout le CD qui va disparaître, et bientôt peut-être aussi en grande partie le livre ?

  8. By Jean-no on Avr 7, 2012

    @antoine : la SNCF a été coupée en deux, déjà : SNCF qui affrète les trains, qui est devenue une société toujours plus ou moins publique mais avec des tas de filiales et de partenariats parfois douteux, comme celui avec Expedia pour pour voyages-sncf.com. Par contre la partie non rentable de la SNCF (entretien du réseau et… gestion de la dette), Réseaux ferrés de France, a été séparée du reste et appartient toujours aux Français. Enfin quelque chose comme ça. Hmmm…

  9. By mireille on Avr 8, 2012

    Ca fait un certain temps que je ne passe plus par la gare Saint Lazare aux heures de pointe, mais j’ai souvenir d’un encombrement plutôt massif qu’on nous promettait de soulager par une ouverture simplifiée et agrandie vers la salle des pas perdus. Malheureusement, comme vous le dites, les passagers ne sont plus vomis dans le métro mais ils doivent galérer dans des escalators (les escaliers se font rares…) aux directions biscornues. C’est au final bien pire qu’avant et je suis curieux, mais peu optimiste, de savoir ce que ça donnera lorsque des problèmes surviendront (accident, problème technique, grêve…).

    Et puis avec les nouveaux affichages brillants qu’on ne voit bien que le nez collé dessus, les gares qui défilent sur l’écran, pratique quand on est pressé d’attendre que sa gare s’affiche, ça ne va pas améliorer le traffic. Je donne tout de même une mention spéciale à l’écran qui fait le tour d’une colonne qui me semble le plus illisible, mais peut être est ce du aux reflets sur mes verres de lunette. On s’est bien fait avoir, non?

  10. By Jean-no on Avr 8, 2012

    @mireille : cette semaine j’ai vu plusieurs fois l’encombrement causé par des escalators en panne, ce n’était pas triste.
    L’écran circulaire est bien pour moi à une certaine distance, genre 5-6 mètres. Mais il faut attendre qu’il tourne… C’est un dispositif séduisant, mais pas forcément fonctionnel.

  11. By Shadows44 on Avr 8, 2012

    “On sent qu’il a été difficile de décider où caser les derniers panneaux Numériflash, avec ce genre d’accumulation absurde…”
    Mais non mais non, il s’agit plutôt d’un clin d’oeil des personnes ayant aménagé la gare aux passants amateurs de Terry Gilliam, qui auront reconnu l’allusion à une scène de Brazil dans laquelle une route de campagne est intégralement bordée de panneaux publicitaires collés les uns aux autres.

    “En consultant les tarifs de Metrobus pour les panneaux Numériflash, on constate que leur modèle économique n’est viable que pour de très gros budgets publicitaires.”
    Ce qui semble assez absurde, étant donné qu’un système informatisé pourrait, ou devrait, permettre d’afficher des pubs de façon individuelles. Cela pourrait avoir du charme : une publicité permanente pour une boutique des environs, un écran loué à la journée sur le passage d’un ami pour lui souhaiter son anniversaire…

    “il n’existe plus d’écran mécanique qui ne consommait d’électricité qu’au moment où il changeait d’état.”
    Pour autant, le vieux système mécanique consommait-il moins, au final ?

    @Wood : oui, les panneaux éclairent, mais je trouve que les néons choisis émettent une lumière bien plus froide que le reste de l’éclairage du Métro. Je ne pense pas que ce soit un bon choix : une lumière froide dans les couloirs vides du métro, tard le soir, ça ne rassure pas les usagers. Cela crée une ambiance de parking souterrain assez angoissante.

  12. By Jean-no on Avr 8, 2012

    @Shadows44 : Ah, si c’est un hommage à Brazil, alors beaucoup d’autres choses prennent un sens, subitement ;-)
    Bien d’accord : la souplesse du numérique devrait permettre une souplesse des annonces comme avec les régies internet, genre Adword (google) qui autorise un particulier à lancer une campagne de n jours à x euros… Mais je sais pourquoi ils ne le font pas : pour la crédibilité du support – de même que Google refuse les pubs qui ne vendent rien, comme les poèmes de Christophe Bruno.
    Sur les panneaux “flash” (néons + Moteur) je dois admettre que j’ignore s’ils consommaient plus ou moins. Différemment sans doute : un néon consomme peu (disons 150 watts pour quatre néons) et le moteur ne consomme qu’au moment où il fonctionne.

  13. By lina on Avr 8, 2012

    Ce qui frappe surtout, c’est que les masterminds qui ont réalisé cette cata. n’ont jamais voyagé avec des vrais sacs, des vraies valises, des vrais enfants, des vraies poussettes, et je ne parle même pas des périodes de “fêtes”…..

  14. By Jean-no on Avr 8, 2012

    @lina : oui, je pense précisément qu’ils s’en soucient peu. Je n’ai pas encore vu le résultat en heure de pointe, je passe toujours avant ou après.

  15. By Axonn on Avr 8, 2012

    à peu près du même avis sur la fluidité du trafic et la place accordé aux commerces.

    Un détail mériterait d’être plus commenté tellement il est révélateur : le nombre de Relay. C’est caricatural. Il y en a au moins 5 au niveau des quais. 3 ou 4 au niveau juste en-dessous. Autant au niveau inférieur. Et quand je dis “autant”, je ne compte pas la partie métro comme faisant partie du même niveau que la partie “gare grandes lignes” (la séparation entre ces deux parties, pour moi, est la séparation qui existait avant qu’ils n’ouvrent le passage).

  16. By Jean-no on Avr 8, 2012

    @Axonn : j’essaie de compter, de mémoire, le nombre de Relay qu’il y avait avant mais je n’arrive pas à être sûr de moi. Ils sont plus nombreux, c’est sûr.

  17. By Shadows44 on Avr 8, 2012

    @Axonn :
    “Un détail mériterait d’être plus commenté tellement il est révélateur : le nombre de Relay. C’est caricatural.”
    Dans une gare, les Relay ont toujours une fréquentation artificiellement doublée par rapport à une librairie classique (un voyageur + sa valise). En avoir plusieurs, ou agrandir les allées, n’est pas une mauvaise chose.

    “Mais je sais pourquoi ils ne le font pas : pour la crédibilité du support – de même que Google refuse les pubs qui ne vendent rien, comme les poèmes de Christophe Bruno.”
    Pour Christophe Bruno (que je ne connaissais pas), j’avais croisé il y a déjà quelques mois/années un article écrit par une personne faisant la même chose, mais sur Facebook. Pas de poésie, le but était par exemple d’afficher aux jeunes filles parlant de régime un message leur disant qu’elles étaient belles, si je me souviens bien. Malheureusement impossible de remettre la main sur l’article en ligne qui en parlait…

    Une dernière idée pour la route, que j’ai eue en jouant avec ma nouvelle liseuse : l’encre électronique pourrait utilement servir pour les panneaux d’affichage, non ? Et comme pour le système mécanique, la consommation est nulle en dehors des changements… D’ici quelques années, quand l’encre sera couleur/plus réactive/moins chère, on devrait sans doute voir fleurir les nouveaux usages…

  18. By Jean-no on Avr 8, 2012

    @Shadows44 : je me demande si l’encre électronique fonctionne pour les grandes surfaces. J’ai peur que les panneaux à leds soient utilisés d’abord pour leur caractère un peu hypnotique, avec une image très lumineuse (qui éclaire même en plein jour) et en mouvement constant…

  19. By Shadows44 on Avr 8, 2012

    “je me demande si l’encre électronique fonctionne pour les grandes surfaces.”
    Rien n’empêche de reprendre la formule des tableaux mécaniques (un quadrillage), mais en remplaçant chaque emplacement par un affichage en encre électronique, de taille raisonnable.

  20. By Adelaïde on Avr 9, 2012

    Bel Article.
    J’ai souvenir d’une boutique de Farces et Attrapes gare Saint-Lazare (c’était dans les années 70 du 20e siècle…- du temps où les trains partaient et arrivaient à l’heure ! ) et du plan de métro super moderne de l’époque pour les Provinciaux perdus où en appuyant sur un bouton correspondant à la station, le trajet s’affichait grâce à des petites ampoules placées sur les stations.
    Cette semaine lors d’une discussion j’ai dit comme vous que bientôt on nous vendra l’air qu’on respire…

  21. By Sylvie on Avr 9, 2012

    Dites, pensez-vous qu’on pourra-t-on, encore, “bavardocher devant ce monument dégeulasse qu’on appelle la Gare Saint-Lazare” ??? Et y donner quelques leçons d’élégance ?

    Après une attente infecte sous un soleil ignoble, je finis par monter dans un autobus immonde où se serrait une bande de cons. Le plus con d’entre ces cons était un boutonneux au sifflet démesuré qui exhibait un galurin grotesque avec un cordonnet au lieu de ruban. Ce prétentiard se mit à râler parce qu’un vieux con lui piétinait les panards avec une fureur sénile ; mais il ne tarda pas à se dégonfler et se débina dans la direction d’une place vide encore humide de la sueur des fesses du précédent occupant. Deux heures plus tard, pas de chance, je retombe sur le même con en train de pérorer avec un autre con devant ce monument dégueulasse qu’on appelle la gare Saint-Lazare. Ils bavardochaient à propos d’un bouton. Je me dis : qu’il le fasse monter ou descendre son furoncle, il sera toujours aussi moche, ce sale con.

  22. By Sylvie on Avr 9, 2012

    Signé, bien sûr, Raymond Queneau.

  23. By Jean-no on Avr 9, 2012

    @Sylvie : nous avions reconnu !

  24. By herm2s on Avr 9, 2012

    A dire vrai, si je puis partager nombre des éléments publiés ici, il me semble que certaines imprécisions rendent parfois le propos bancal.

    Contrairement à vous, je salue au contraire la mutation de la gare : certes les commerces qui y sont présents n’ont rien à voir avec les “petits commerces” d’antan mais… n’oublions pas que la première raison pour laquelle nous trouvons ce type de magasins dans une galerie marchande c’est parce que “nous” clients et consommateurs achetons et souhaitons consommer de tels produits. Si les parts de marché, le chiffre d’affaire de telles structures dégringolaient, il y aurait adaptation.

    Si vous avez raison de rappeler les liens existants entre certaines structures (Badinter – Publics – Nestlé), il ne faut pas non plus tomber dans la facilité. Toutes les grandes agences de pub ont Nestlé pour client. Tous les grands annocneurs embauchent toutes les agences de pub.

    Nous vivons dans une société du media, de la publicité et aujourd’hui l’écran y est roi. Là encore : c’est nous qui définissons les usages. A nous de nous manifester quand la qualité de service devient médiocre, quand les processus de “gestion de la relation client” deviennent kafakaïens. Face à ce constat un peu amer que vous dressez, il me semble important d’insister sur la force que “nous” pouvons avoir.

    H.

    ps : dernier point, de mémoire, je dirai moins de 10 Relay dans l’ancienne configuration de la gare.
    ps2 : le réaménagement de St-Lazare s’inscrit dans la même logique que celle de la Gare de l’Est, du Nord, de Lyon ou de Montparnasse.
    ps3 : il y a à mon avis, un aspect que vous auriez pu développer : une gare étant un lieu de transit, comment faire pour le rendre “utile” aux voyageurs ? Je trouve, pour ma part, que la rénovation y répond correctement

  25. By Jean-no on Avr 9, 2012

    @herm2s : la force que nous pouvons avoir me semble bien fragile si elle commence par affirmer “on ne peut rien y changer” :-)
    Je ne pense pas que nous définissions énormément les usages, nous sommes juste un paramètre avec lesquels doivent compter les grandes sociétés qui ont besoin de notre clientèle, mais tout est fait pour nous empêcher de connaître notre pouvoir : une société a plus de droit qu’un individu (mais bien moins de devoirs) et le boycott est quasiment interdit en France. Quand à l’humour que les juges tolèrent très bien en politique, il est nettement plus réprimé concernant les marques ou les produits.
    Ce que j’observe dans la mutation de ma gare, c’est une concentration de pouvoir chez un petit nombre de sociétés, et l’escamotage des petits commerces et des artisans, et le quasi-détournement d’un bien public au profit des sociétés dont il est question. Cette rénovation de la gare (qui par ailleurs me fait plaisir après ces années de crasse et de travaux) est un exemple d’une confiscation de l’espace public et d’un transfert de pouvoir, du politique vers les multinationales. Bien entendu, la gare St Lazare s’inscrit dans un mouvement de rénovation des gares, mais j’en parle surtout parce que c’est précisément ma gare :-)
    Publicis a le budget Nestlé/Guigoz pour le lait en poudre aux dernières nouvelles, mais bien entendu, Nestlé ne travaille pas qu’avec Publicis. Publicis n’est pas une simple agence de pub, c’est une énorme entreprise de communication.

  26. By Monsieur HR on Avr 9, 2012

    Quid du Cinéac, de la pâtisserie LeBras, du Wimpy, des marchands de trains électriques du passage du Havre, sans oublier un tout autre genre de commerce qui s’exerçait rue de Provence ?

  27. By Jean-no on Avr 9, 2012

    @Monsieur HR : le Cinéac, je n’ai pas connu. Le passage du Havre est lui aussi devenu à 100% un espace dédié aux enseignes, les commerces indépendants n’y existent plus. La pâtisserie Le Bras existe encore, je crois, dans la structure provisoire qui se trouve à l’extérieur de la gare, mais à l’intérieur, c’est “Pains à la ligne” et “La croissanterie” à présent.

  28. By herm2s on Avr 9, 2012

    @Jean_No

    Il y a des choses qu’on ne peut changer : notre nature.

    Je souscris à la plupart de vos arguments. Quelques remarques…

    1. Les réseaux sociaux ont la capacité de modifier les équilibres actuels. Ce sujet est peu et mal appréhendé par les “entreprises” puisque la plasticité des réseaux sociaux questionne réellement la capacité de réaction de grosses structures. De ce point de vue, “nous” avons un pouvoir dont “nous” ignorons” la mesure.
    2. Effectivement : il y a privatisation d’un espace public. Je ne connais pas les clauses contractuelles entre la SNCF et les sociétés locataires de ces espaces, mais il est sûr et certain que les citoyens français sont propriétaires de cet actif. La moindre des choses serait, pour la SNCF – et sa Branche “gare” – de rendre compte de ces/ses choix et de leurs incidences sur les différents biens publics.
    3. Publicis • WPP • Omnicom : même logique.
    4. Nous partageons la même relation à St-Lazare ;-) Avec plaisir pour disserter au Starbuck’s après un RDV devant le monument aux morts :-p

    H.

  29. By Jean-no on Avr 9, 2012

    @herm2s : certainement pas au Starbucks : très cher et je n’aime pas trop leur café :-)
    Bien sûr, les réseaux sociaux permettent des choses, d’où le succès du métier de “community manager”.
    Comme tous les services publics depuis des années (et la gauche y a une vraie part de responsabilité), ce qui est rentable est vendu, donné ou loué à prix bradé à des intérêts privés (qui savent renvoyer l’ascenseur à mon avis, mais mettons que je m’arrête ici dans le procès d’intention), et ce qui n’est pas rentable est en revanche laissé aux français. Cela dégrade les services et plus les services se dégradent et plus on accélère la chose : quel dommage si on se rappelle qu’il y a seulement vingt ans, les lettres arrivaient en moyenne en un jour (deux à présent) et que les trains étaient nettement plus ponctuels et bien moins chers. Je pense qu’on a été victimes, sans le voir (ça s’est passé sur des années), une véritable escroquerie.

  30. By Didier on Avr 9, 2012

    @Jean-No : Je partage tout à fait ton analyse sur le détournement de bien public voire de l’escroquerie à petit feu dont les français auront été victimes. Il est à craindre que le mouvement soit désormais irréversible, St Lazare en restera l’un des monuments les plus flamboyants. De l’aveu d’un insider, il faudrait au moins 30 ans d’efforts pour remettre la SNCF à niveau…

  31. By Zlotzky on Avr 9, 2012

    j’ai des souvenirs brumeux de gosse sur la Gare St Lazare. Notamment le “Cinéac” et les pissotières à l’ancienne où flottaient toujours des demi baguettes dont la présence étrange ne lassait pas d’intriguer alors le gamin que j’étais. C’est en lisant Henry Miller que j’ai compris leur usage…

  32. By Vincent on Avr 9, 2012

    Adelaïde > J’ai souvenir […] du plan de métro super moderne de l’époque pour les Provinciaux perdus où en appuyant sur un bouton correspondant à la station, le trajet s’affichait grâce à des petites ampoules placées sur les stations.

    Il y en encore un Porte d’Orléans. Sans doute pour plus longtemps, vu les travaux en cours pour l’inauguration de la ligne 4 vers Montrouge…

  33. By xaccrocheur on Avr 9, 2012

    Le plus spectaculaire dans ces nouveaux aménagements, c’est la violence du message, du fait accompli, c’est dans ta gueule, en pleine face, dans ta vie, un rappel permanent des vraies vérités qui vont bien :

    -Ta ville ne t’appartient plus
    -Ton destin ne t’appartient plus
    -They live
    -You die

    Bien vu, herm2s qui nous explique que “n’oublions pas que la première raison pour laquelle nous trouvons ce type de magasins dans une galerie marchande c’est parce que « nous » clients et consommateurs achetons et souhaitons consommer de tels produits” ce qui est un sophisme assez spectaculaire (en plus d’un style vraiment à chier de dépliant publicitaire, no offense) win-win : Si tu vas chez starbucks, c’est pas parce que tu n’as pas le choix, nan nan, c’est parce que tu aimes ça ! Par conséquent n’est-ce pas, si la gare est devenu un labyrinthe où errent des consommateurs de boutique inutile en distributeur inhumain, c’est de ta faute ! Pratique, non ? Tout marche comme ça ! Le mec te chies dessus, et il vient te DIRE que tu AIMES ça :)

    Je suis parti de France quand cette tendance s’est installée pour de bon, quand l’urbanisme est devenu un cauchemar, je sais pas vous, mais moi je le prend très mal, ça, passer à St Lazare est au-dessus de mes forces, ça me bouzille pas la journée, mais carrément la semaine, de me faire cracher à la gueule de cette force, de voir tout ce qui définissait ce pays piétiné dans la boue par une poignée de petits malins qui étaient avec moi à l’école, et dont les parents, au tournant des 70’s, se sont réveillés avec l’envie de tout bétonner.

    Personne ne va y gagner. Ça va mal finir : Comme le dit justement Antoine plus haut, la Fnac bat de l’aile, les gens en ont marre, c’est vraiment trop à gerber, c’est comme Sarko, qui a carrément cassé le jouet de la droite française à force d’à force.

    Ça devient absurde. Ça devient drôle, pas drôle-drôle tu sais, drôle tordu, drôle fucked up, t’as envie d’éclater d’un rire de dément.

    Si mon grand-père voyait cette nouvelle salle des pas perdus, il mourrait une nouvelle fois. Ta gueule, toi le commentateur qui va venir me traiter de ringard nostalgique, juste, please, shut the fuck up.

    Those guys give future a bad name.

  34. By xkliber on Avr 10, 2012

    Quoiqu’on en dise, un bien bel article et une excellente analyse du monde actuel et, par la même, de notre pays, à travers celle du nouveau visage de la gare St-Lazare, sans trop de manichéisme.
    :)

  35. By gauvin on Avr 10, 2012

    @xaccrocheur : ton départ de France a-t-il été suffisant pour échapper à cette situation ? En d’autres termes, existe-t-il aujourd’hui un lieu qui soit épargné par ces évolutions – qui tendent justement à uniformiser chaque ville à travers le monde ?

    (Je pose cette question sérieusement, sans second degré…)

  36. By Sylvie on Avr 10, 2012

    Merci pour ce beau texte, où je reconnais toutes mes colères.
    ils ont déterritorialisé la gare Saint-Laz’, comme on disait: plus d’histoire, plus de place pour les gens. Et c’est précisément dans la salle des pas perdus qu’ont été installés les escalators.
    Pas d’espace plein mais des trous, des passages en escalators qui m’a fait penser aussi sec à ce très beau film coréen japonais où des mafias s’affrontent sur des escalators précisément,- les uns bien sûr montent les autres descendent et tous meurent – dans une scène magnifique. On pourrait être à Tokyo, n’importe où, maintenant à Paris.
    Parce que notre quotidien y est théâtralisé dans ce luxe, dans ce décor qui appartient à un autre monde; une “jolie réalisation” architecturale où, nous autres voyageurs, passant par-là, sommes utilisés sans pouvoir s’approprier quoi que ce soit de cette histoire.
    L’histoire des villes faites sans les gens qui l’habitent, en un mot.

  37. By xaccrocheur on Avr 10, 2012

    @gauvin Oui. Thanks for asking. Je vis depuis 5 ans dans une medina. C’est un modèle urbain qui me convient (et qui a eu la grâce de m’accueillir, en passant) et c’est pas rien même de le dire. Ce qui forme mon quotidien, le paysage autour de chez moi, n’est pas un agrégat chaotique de décor de publicité, ce n’est pas le fantasme d'”architectes” qui balisent leurs merdes en bétons de pelouses interdites, ce n’est pas “Paris-plage”, c’est une ville. Avec des fonctions communes, des attributs comme le toit, la cour, le pas de porte, les bagnoles restent dehors par la force des choses (ya des *murs* autour) je m’arrête là parce que cette liste peut être allongée à l’infini ou encore réduite à la portion congrue.

    C’est un système urbain qui a été *défini* (1). Cette définition même prévient (disons rend fort ardue) sa remise en question par un petit malin à carte de visite qui débarquerait en distribuant des chèques à tout le monde pour couvrir le quartier de ses immondes publicités bariolées.

    (1) Mosquée, hamman, hanout (épicerie multi-bazar) on recommence tous les 150 metres. Tous les 800 mètres un souk et une grande mosquée, une école, un hôpital, Rinse and repeat. If it ain’t broken, dont fix it.

    N’importe qui peut venir vendre sa salade au souk, avec sa charrette. Poisson frais, légumes du jour, en 20″ ton cabas est habillé pour la semaine ; C’est juste le contraire du bordel sub-optimal de la nouvelle salle des pas perdus.

    Comme dit l’autre “it’s beautiful : That’s because it’s simple”.

  38. By xaccrocheur on Avr 10, 2012

    Waw, Sylvie l’a fort joliment dit aussi, bien vu. Rarement vu autant de sens en si peu de mots. Jusqu’à la conclusion : “L’histoire des villes faites sans les gens qui l’habitent” carrément, merci.

  39. By wellwellwell on Avr 10, 2012

    J’emprunte quotidiennement le train à St Lazare depuis début mars.
    Je n’y mettais jamais les pieds avant, et j’ai eu juste le temps de voir la fin des travaux.
    Avec l’ouverture de la galerie, j’ai pu (enfin) couper par l’intérieur en pensant que c’était plus simple, avec le raisonnement qui anime tous les zombies frénétiques qui circulent par milliers dans Paris: celui de gagner du temps.
    J’ai justement été frappé par l’orientation des escalators qui, quand on sort du train pour aller au métro, sont en sens inverse du sens naturel de circulation. Dans le sens métro-quai, ça pourrait être bcp plus court aussi.
    Le flux de circulation dans la gare sont horribles, j’ai l’impression d’affronter tous les jours une charge sur un champs de bataille à la braveheart.

    Ça fait longtemps maintenant que je me demande s’il y a une vraies raison technique à ce que les escalators soient toujours si étroits.
    Lorsqu’on voit tout ce qui est sous-jacent à la rénovation d’un tel espace, c’est désespérant.

    Pour conclure mon commentaire, plus erratique que mon trajet dans les couloirs de la RATP,
    je citerai en exemple la rénovation récente des moulins de Pantin pour BNP Paribas et la future rénovation de l’énorme entrepôt désaffecté, pas très loin, pour Euro RSCG:
    des endroits très beaux, un patrimoine industriels à conserver, mais aucune place n’est faite à l’espace public, la vie culturelle et la vie non commerciale. Pourtant, des espaces comme ça permettraient, par exemple, de facilement désenclaver des espaces de vie nocturne, en les intégrant sans contradiction dans un programme de bureaux et dans une zone au bord du canal où la densité d’habitation est faible (moins de nuisances sonores, problème crucial à Paris).

    Le développement urbain, quand il est contraire à l’espace public et à l’intérêt public, devrait être considéré comme criminel.
    Saint-Lazare est maintenant une très belle machine à broyer des gens.

  40. By PCH on Avr 11, 2012

    On ne peut pas s’empêcher de réagir parce que les gares sont des endroits publics (dans le film -un peu juste- dont je ne me souviens plus exactement du titre avec O. Gourmet jouant le rôle d’un ministre des transports, il s’agissait de privatiser les gares, tiens) celle de Saint-Lazare que vous empruntez est je crois celle qui draine le plus de personnes par jour en Europe, et ce réaménagement est juste insupportable (qui me fait souvenir de ces rixes qui avaient lieu à la Défense dans le complexe 4 temps); (il y a d’autres endroits tout aussi publics, par exemple la Sécurité Sociale, qui elle aussi…) il n’est pas d’autre mot pour qualifier ces travaux, on a juste envie de fuir et c’est (presque) impossible, on se sent comme doivent se sentir les rats de laboratoire pris dans rêts incompréhensibles; ignobles; une société qui se plaît (se plaît) à faire transiter ses acteurs par de tels lieux avant d’aller au travail puis en en revenant est abjecte; insupportable; ne plus aller dans les gares, qu’est-ce donc sinon ne plus sortir de ville qu’en autos embouteillées ? Travail pollué, retour à vomir : que reste-t-il à l’humanité si la ville elle-même se mue en ces écoeurantes entrées et sorties ? Des envies et des frustrations qui elles mêmes se mueront en passages à l’acte… Bienvenue dans le 21 siècle, jeunes gens

  41. By Nicolas on Avr 12, 2012

    La nouvelle gare de Lyon mérite aussi le détour. Les travaux d’aménagements colossaux n’ont pas servi à implanter beaucoup de boutiques supplémentaires mais ils sont surtout réalisés en dépit total du bon sens, de l’ergonomie, du design le plus élémentaire. En voyant l’autre jour les nouveaux affichages, la signalétique, les circulations, j’étais stupéfait de constater à quel point on avait totalement oublié ce que c’est qu’une gare depuis le XIXe siècle.

  42. By gvdmoort on Avr 14, 2012

    @herm2s

    «n’oublions pas que la première raison pour laquelle nous trouvons ce type de magasins dans une galerie marchande c’est parce que « nous » clients et consommateurs achetons et souhaitons consommer de tels produits.»

    C’est faux: nous sommes aussi captifs des infrastructures. Quand le prix de l’immobilier autour des noeuds de communication est tel qu’il faut parcourir de écarts de plusieurs centaines de mètres pour trouver des commerces dont les gérants ne doivent pas payer des loyers de forbans, il est normal que la clientèle se rabatte vers des lieux ou des produits qui ne sont pas nécessairement ceux qu’elle désire.

    Cet argument spécieux est toujours avancé par ceux qui peuvent imposer leur loi.

  43. By gvdmoort on Avr 14, 2012

    Je rajoute: merci pour cet excellent blog.

  44. By Charles on Avr 14, 2012

    Quoi la gare St Lazare ?
    M’enfin n’importe quoi.
    Attaquez vous a cette matraque pompidolienne qu’est la gare Montparnasse et laissez la gare St Lazare tranquille :)

  45. By xkliber on Avr 16, 2012

    J’ai vu “Hugo Cabret” récemment car je ne l’avais pas encore vu et, l’esprit ainsi que l’aspect “vieille” gare des années 1900 y est parfaitement retranscrit, avec ses petites boutiques, son style et son design des origines, c’était tellement plus beau et mystérieux que maintenant…

  46. By Thibaud on Août 19, 2013

    A titre d’information pour ceux qui insistent sur la continuité gare st lazare, de l’est, de lyon.. Elles sont toutes l’oeuvre de l’agence d’architecture AREP, filiale de la SNCF, groupe Gares & Connexions. Vous ne pouvez pas demander à des architectes de concevoir une gare pour les voyageurs, quand d’un autre coté leur hiérarchie leur demande de concevoir une gare rentable.
    La rénovation d’une gare ne se comprend malheureusement pas qu’à travers les besoins des voyageurs. Si tel était le cas, aucun commerces n’y serait accepté. Le commerce fixe, marque le lieu et est en contradiction totale avec le mouvement, les flux qui caractérisent la gare.

  47. By uthagey on Sep 25, 2013

    Je repensais à ce billet en lisant un article décrivant la segmentation des espaces dans les aéroports et l’optimisation marchande des espaces publics sous couvert de sécurité.

    Ou l’on voit que les passages n’ont pas besoin des terroristes pour être pris en otages…

    Je partage le lien : http://www.monde-diplomatique.fr/2013/02/REKACEWICZ/48733

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