La talonnette de fer

Nota : Le titre fait référence au Talon de fer, dystopie de Jack London, publiée en 1908, et dans laquelle un pouvoir fasciste prenait le pouvoir aux États-Unis, contre la classe ouvrière.

Le mantra médiatique du jour semble être : « C’est une victoire personnelle pour Nicolas Sarkozy, qui a passé avec succès le test de la première élection importante, ce qui l’installe pour la primaire,… ».
Sa victoire, pourtant, il devrait la partager avec François Hollande, qui a fait perdre toute substance au parti nommé « socialiste » (pour des raisons historiques que personne ne comprendra plus, désormais), et avec le Front National, qui reste suffisamment repoussant pour ne remporter que les premiers tours d’élections.

bfm_election_29_03

Je dois admettre que Sarkozy est doué ! En un quinquennat, il a doublé la dette de la France, plaçant le pays dans une situation budgétaire si dramatique que le gouvernement en place, s’il tente de redresser la barre, ne pouvait que se faire durablement haïr : on préfère le marchand de crédit à la consommation aux huissiers qui défilent ensuite par sa faute.

J’ai entendu l’ancien président dire ce soir qu’il allait lutter avec énergie contre « l’assistanat, ce cancer de la France ». Entendez par là qu’il ne compte pas s’en prendre à la pauvreté, mais bien aux pauvres.

4 réflexions au sujet de « La talonnette de fer »

    1. Oui, on s’identifie plus volontiers à un milliardaire qu’à un chômeur en fin de droits, peut-être en se disant que ça porte malheur d’admettre qu’on n’est pas très riche.

  1. Voir cette ville des USA où les habitants bénéficient massivement du programme « food stamps » et qui pourtant vote à 95% pour les républicains qui veulent le supprimer.

    Comme disait Steinbeck :

    Socialism never took root in America because the poor see themselves not as an exploited proletariat but as temporarily embarrassed millionaires.

    Avec quelques décennies de retard, on finit toujours par rattraper les Etats-Unis.

    1. La phrase de Steinbeck est très juste. Je crois que cette réalité s’explique par le besoin qu’on a d’avoir une bonne image de soi, mais aussi de se sentir le choix : on préfère un « possible » inaccessible et illusoire à un présent confortable mais sans possibilité d’évolution.

Répondre à Jean-no Annuler la réponse

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *