{"id":427,"date":"2008-07-19T23:42:20","date_gmt":"2008-07-19T22:42:20","guid":{"rendered":"http:\/\/www.hyperbate.com\/dernier\/?p=427"},"modified":"2018-06-03T18:10:16","modified_gmt":"2018-06-03T16:10:16","slug":"le-prof-est-un-robot","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/hyperbate.fr\/dernier\/?p=427","title":{"rendered":"Le prof est un robot"},"content":{"rendered":"<h4><img decoding=\"async\" class=\"imageadroite\" style=\"float: right;\" src=\"\/dernier\/files\/2008\/07\/class_of_1984.jpg\" alt=\"\" width=\"180\" height=\"250\" \/>Class of 1984<\/h4>\n<p>Parmi mes mille et une passions honteuses, je dois confesser un go\u00fbt forc\u00e9ment suspect venant d&rsquo;un enseignant pour les films d&rsquo;\u00ab ultra-violence scolaire \u00bb \u2014 terme dont je suis l&rsquo;inventeur si je me fie \u00e0 Google. Ces films, qui ont tous en commun de se d\u00e9rouler dans un futur tr\u00e8s proche (ou dans un pr\u00e9sent l\u00e9g\u00e8rement exag\u00e9r\u00e9), mettent en sc\u00e8ne un\u00a0 syst\u00e8me \u00e9ducatif qui d\u00e9raille, o\u00f9 des professeurs craintifs et d\u00e9pressifs laissent les dealers vendre leur marchandise dans les couloirs des lyc\u00e9es et o\u00f9 la p\u00e9dagogie doit se faire de mani\u00e8re muscl\u00e9e (<em>The Principal, The Substitute<\/em>) voire radicale (<em>Battle Royale<\/em>). Il existe depuis longtemps des fictions consacr\u00e9es \u00e0 l&rsquo;adolescence en roue libre, mais le fait de leur donner l&rsquo;\u00e9cole comme cadre et les rapports \u00e9l\u00e8ves-professeurs comme principale situation dramatique est, je pense, plus r\u00e9cent. L&rsquo;\u00e9cole est r\u00e9put\u00e9e \u00eatre un sanctuaire o\u00f9 les probl\u00e8mes du monde n&rsquo;entrent pas, c&rsquo;est ce qui rend toujours si choquant d&rsquo;y imaginer des violences diverses. Quand au professeur, c&rsquo;est lui qui est cens\u00e9 \u00eatre respect\u00e9, voire craint de ses \u00e9l\u00e8ves, et non le contraire. Cette inversion des r\u00f4les (les adultes doivent \u00eatre prot\u00e9g\u00e9s des enfants), qui est un grand classique du cin\u00e9ma d&rsquo;horreur, fonctionne toujours assez bien. Certains de ces films d&rsquo;angoisse scolaire se veulent plus \u00ab r\u00e9alistes \u00bb : <em>Esprits rebelles<\/em> (avec Michelle Pfeiffer en ancienne militaire devenue prof de lettres et d\u00e9cid\u00e9e \u00e0 amener le dealer local \u00e0 s&rsquo;int\u00e9resser \u00e0 la po\u00e9sie \u2014 vous comprenez pourquoi j&rsquo;ai mis des guillemets au mot \u00ab r\u00e9aliste \u00bb) et <em>187 <\/em>(avec Samuel L. Jackson) sont deux exemples marquants.<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" src=\"\/dernier\/files\/2008\/07\/class_of_1984_a.jpg\" alt=\"\" \/><\/p>\n<p>M\u00eame si le principe a essaim\u00e9 dans d&rsquo;autres pays, tous ces films semblent \u00eatre n\u00e9s d&rsquo;une crise de la soci\u00e9t\u00e9 am\u00e9ricaine en mati\u00e8re de criminalit\u00e9, crise qui est tr\u00e8s pr\u00e9cis\u00e9ment dat\u00e9e par les sociologues et qui atteint son pic entre 1985 et 1995. Pour imaginer la psychose de l&rsquo;\u00e9poque, on peut lire ce que d\u00e9clarait Bill Clinton, pr\u00e9sident en exercice, en 1997 : <em>\u00ab Nous savons qu&rsquo;il ne nous reste plus que six ans environ pour inverser la tendance en mati\u00e8re de criminalit\u00e9 juv\u00e9nile, faute de quoi notre pays sera plong\u00e9 dans le chaos \u00bb<\/em>. Malgr\u00e9 ce genre de pr\u00e9dictions, au tournant du mill\u00e9naire, en quelques mois, la criminalit\u00e9 a chut\u00e9 de mani\u00e8re vertigineuse jusqu&rsquo;\u00e0 atteindre son plus bas niveau depuis les ann\u00e9es 1960. De nombreuses personnes s&rsquo;en sont attribu\u00e9 les m\u00e9rites : un gouverneur qui avait tripl\u00e9 les condamnations \u00e0 mort dans son \u00e9tat, un autre qui les avait pratiquement abolies, le maire Giuliani \u00e0 New York, avec sa politique dite \u00ab de la vitre bris\u00e9e \u00bb, d&rsquo;autres hommes politiques avec leurs programmes \u00e9ducatifs ou au contraire r\u00e9pressifs. D\u00e9mocrates ou r\u00e9publicains, chacun s&rsquo;est f\u00e9licit\u00e9 de son action, sans trop se soucier du fait que des m\u00e9thodes apparemment oppos\u00e9es avaient abouti au m\u00eame succ\u00e8s partout en m\u00eame temps.<br \/>\nL&rsquo;\u00e9conomiste politicaly incorrect Steven Levitt s&rsquo;est pench\u00e9 sur le sujet dans son ouvrage <em><a href=\"http:\/\/www.amazon.fr\/gp\/redirect.html?ie=UTF8&amp;location=http%3A%2F%2Fwww.amazon.fr%2FFreakonomics-Steven-D-Levitt%2Fdp%2F2070341798%3Fie%3DUTF8%26s%3Dbooks%26qid%3D1216416202%26sr%3D1-1&amp;tag=lederniblog-21&amp;linkCode=ur2&amp;camp=1642&amp;creative=6746\">Freakonomics<\/a><img decoding=\"async\" style=\"border: none !important; margin: 0px !important;\" src=\"http:\/\/www.assoc-amazon.fr\/e\/ir?t=lederniblog-21&amp;l=ur2&amp;o=8\" alt=\"\" width=\"1\" height=\"1\" border=\"0\" \/><\/em>. Pour lui, l&rsquo;explication de la chute des violences se r\u00e9sume \u00e0 la lib\u00e9ralisation de l&rsquo;avortement, qui a pris effet aux \u00c9tats-Unis entre 1970 et 1973. Son hypoth\u00e8se est que les enfants qui ne sont pas n\u00e9s, vingt-cinq ans plus t\u00f4t, du fait de la promulgation de cette loi, sont justement les enfants qui \u00e9taient susceptibles de poser le plus de probl\u00e8mes du fait d&rsquo;un environnement familial et\/ou social pr\u00e9caire ou tout simplement, du fait d&rsquo;\u00eatre n\u00e9s contre le d\u00e9sir de leurs parents. Cette th\u00e9orie a fait d\u00e9bat, comme on peut l&rsquo;imaginer.<br \/>\nQuoi qu&rsquo;il en soit, on voit que les films d&rsquo;ultra-violence scolaire ont \u00e9t\u00e9 les sympt\u00f4mes d&rsquo;un fait de soci\u00e9t\u00e9. Le cin\u00e9aste Joe Dante pr\u00e9tend dans une interview de ce mois (Charlie Hebdo) que pour comprendre une p\u00e9riode de l&rsquo;histoire des \u00c9tats-Unis, il faut visionner ses films d&rsquo;horreur (affirmation que j&rsquo;\u00e9tendrais pour ma part \u00e0 tous les films dits \u00ab de genre \u00bb). Il explique aussi que le cin\u00e9ma actuel lui semble malheureusement \u00e9touff\u00e9 par la qualit\u00e9 hollywoodienne, tr\u00e8s standardis\u00e9e, et perd cette valeur d&rsquo;inconscient collectif. J&rsquo;ignore s&rsquo;il a raison (il faut le recul du temps pour estimer l&rsquo;ad\u00e9quation d&rsquo;un cin\u00e9ma avec son \u00e9poque), mais en tout cas, ce genre de film a cess\u00e9 d&rsquo;\u00eatre produit en m\u00eame temps que les probl\u00e8mes qu&rsquo;ils \u00e9voquaient ont eu cess\u00e9 d&rsquo;obs\u00e9der l&rsquo;Am\u00e9rique.<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" src=\"\/dernier\/files\/2008\/07\/class_of_1984_b.jpg\" alt=\"\" \/><\/p>\n<p>Le premier de ces films (si l&rsquo;on met de c\u00f4t\u00e9 <em>Blackboard Jungle<\/em>, qui date de 1955 et qui parle sans doute plus de la s\u00e9gr\u00e9gation raciale) est peut-\u00eatre <em>Class of 1984<\/em>, un film canadien de Mark Lester sorti en 1982 et cens\u00e9 de d\u00e9rouler aux \u00c9tats-Unis. On y voyait des voyous tellement odieux que l&rsquo;institution scolaire avait \u00e9t\u00e9 amen\u00e9e \u00e0 s&rsquo;\u00e9quiper de d\u00e9tecteurs de m\u00e9taux et de cam\u00e9ras de surveillance. Pr\u00e9dictions qui se sont av\u00e9r\u00e9es justes, mais est-ce le film (qui en plus de rencontrer un certain succ\u00e8s, a provoqu\u00e9 le d\u00e9bat en son temps) qui a influenc\u00e9 la r\u00e9alit\u00e9, ou bien a-t-il juste fait preuve de prescience ? Dans <em>Class of 1984<\/em>, le pervers chef de gang Peter Stegman profitait de l&rsquo;immunit\u00e9 judiciaire li\u00e9e \u00e0 son jeune \u00e2ge pour diriger un r\u00e9seau de prostitution et de vente de drogue au d\u00e9tail. Un professeur de musique, fraichement arriv\u00e9 dans l&rsquo;\u00e9tablissement, cherche d&rsquo;abord \u00e0 r\u00e9gler le probl\u00e8me par la douceur, souvent sans jugeote, puis applique le principe de la r\u00e9ponse proportionn\u00e9e, jusqu&rsquo;\u00e0 d\u00e9cimer la bande de Stegman. Sorti \u00e0 la fin de la vague punk, <em>Class of 1984<\/em> a pour h\u00e9ros des gamins ultra-look\u00e9s qui semblent tout droit sortis de la com\u00e9die musicale <em>Starmania<\/em>. Pour l&rsquo;anecdote, l&rsquo;acteur le plus c\u00e9l\u00e8bre du film est sans doute Michael J. Fox (<em>Retour vers le futur<\/em>), qui \u00e9tait \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque un pr\u00e9-ado joufflu et qui tient dans <em>Class of 1984<\/em> le r\u00f4le d&rsquo;un souffre-douleur. Ce film m\u00e9diocre et, par bien des aspects, putassier, est embl\u00e9matique de son temps et contient d&rsquo;excellentes sc\u00e8nes comme celle o\u00f9 un professeur de biologie effectue son tout dernier cours en profitant pour la premi\u00e8re et unique fois d&rsquo;une attention totale de la part de ses \u00e9l\u00e8ves&#8230; qu&rsquo;il tient en joue avec un revolver.<\/p>\n<p>On notera que la perversit\u00e9 de Peter Stegman (le vrai m\u00e9chant du film) appara\u00eet de mani\u00e8re d\u00e9finitive au moment o\u00f9 l&rsquo;on comprend qu&rsquo;il est un pianiste virtuose. Il est intelligent et talentueux, sa famille ne vit pas dans des conditions difficiles (le piano est un instrument \u00e9vident pour le montrer), s&rsquo;il est mauvais, c&rsquo;est donc uniquement par son choix personnel. On en a d&rsquo;ailleurs la confirmation plus tard, lorsque le professeur de musique, Andrew Norris, se rend chez Stegman : le sale gamin est bien un enfant g\u00e2t\u00e9, surprot\u00e9g\u00e9 par sa m\u00e8re (c\u00e9libataire a priori).<br \/>\nIl y a une \u00e9tude s\u00e9rieuse \u00e0 faire sur la m\u00e9fiance que provoquent presque toujours, dans ce genre de fictions, le talent et l&rsquo;intelligence. Je rapporterais \u00e7a \u00e0 la mode des serial-killers (sup\u00e9rieurement intelligents, nous disait-on) qui fut le clich\u00e9 le plus p\u00e9nible des fictions des ann\u00e9es 1990 et que l&rsquo;on subit encore \u00e0 pr\u00e9sent. Ce n&rsquo;\u00e9tait cependant pas si neuf : le docteur Corn\u00e9lius de Gustave Le Rouge ou le Fant\u00f4mas de Souvestre et Allain constituent de beaux sp\u00e9cimens du genre.<br \/>\nLorsque l&rsquo;on veut nous montrer la b\u00eatise comme une menace, c&rsquo;est g\u00e9n\u00e9ralement sous une forme collective : La foule, le groupe, lanc\u00e9s comme un troupeau de buffles, manipul\u00e9s, li\u00e9s contre l&rsquo;innocent, le g\u00eaneur, le coupable d\u00e9sign\u00e9, etc.<\/p>\n<h4><img decoding=\"async\" class=\"imageadroite alignright\" style=\"float: right;\" src=\"\/dernier\/files\/2008\/07\/class_of_1999.jpg\" alt=\"\" width=\"180\" height=\"257\" \/>Class of 1999<\/h4>\n<p>Toute cette longue introduction nous am\u00e8ne au sujet de l&rsquo;article : le film <em>Class of 1999<\/em> (1990), du m\u00eame r\u00e9alisateur que <em>Class of 1984<\/em>, Mark Lester (dont la carri\u00e8re culmine en 1985 avec le film <em>Commando<\/em>).<br \/>\nCette fois-ci, le syst\u00e8me scolaire am\u00e9ricain n&rsquo;est plus seulement jug\u00e9 probl\u00e9matique, il est le cadre de 500 000 meurtres par an. Des zones enti\u00e8res du pays sont sous le contr\u00f4le de petits gangs et aucun policier n&rsquo;ose s&rsquo;y aventurer. Il faut pourtant bien assurer le service scolaire, et c&rsquo;est ce qui pousse le \u00ab minist\u00e8re de l&rsquo;\u00e9ducation et de la s\u00e9curit\u00e9 \u00bb \u00e0 tester un nouveau genre de p\u00e9dagogie dans un lyc\u00e9e de Seattle o\u00f9 l&rsquo;ordre ne r\u00e8gne plus depuis longtemps.<br \/>\nL&rsquo;id\u00e9e est d&rsquo;y envoyer des robots humano\u00efdes qui ne paniqueront pas ou ne perdront pas leur calme face \u00e0 des \u00e9l\u00e8ves turbulents, et qui pourront, si cela s&rsquo;av\u00e8re n\u00e9cessaire, profiter de leur entrainement militaire pour assurer un minimum de discipline.<\/p>\n<p>L&rsquo;homme qui dirige le projet est inqui\u00e9tant albinos dot\u00e9 d&rsquo;un l\u00e9ger strabisme (\u00e0 mon avis non voulu, et d\u00fb au fait que les lentilles sont mal pos\u00e9es). Il est interpr\u00e9t\u00e9 par Stacy Keach, acteur au physique familier puisqu&rsquo;il\u00a0 avait incarn\u00e9 le d\u00e9tective Mike Hammer dans la s\u00e9rie \u00e9ponyme des ann\u00e9es 1980\u00a0\u2014 avant de dispara\u00eetre totalement des \u00e9crans, emprisonn\u00e9 en Grande-Bretagne pour cause d&rsquo;usage de stup\u00e9fiants. Sous les ordres de cet inqui\u00e9tant albinos, plusieurs techniciens, cach\u00e9s dans l&rsquo;\u00e9tablissement, ont pour charge de surveiller les r\u00e9actions des robots en situation p\u00e9dagogique.<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" src=\"\/dernier\/files\/2008\/07\/class_of_1999_1.jpg\" alt=\"\" \/><\/p>\n<p>Les trois andro\u00efdes sont professeurs de chimie, d&rsquo;\u00e9ducation physique et d&rsquo;histoire. Eux aussi sont interpr\u00e9t\u00e9s par des acteurs dont le physique ne nous est pas compl\u00e8tement inconnu : Patrick Killpatrick, habitu\u00e9 aux r\u00f4les secondaires dans les films d&rsquo;action (Minority report, par exemple), John Ryan, plus \u00e2g\u00e9, lui aussi abonn\u00e9 aux r\u00f4les de millitaires (longtemps lieutenant, jusqu&rsquo;\u00e0 atteindre le grade de g\u00e9n\u00e9ral). Le troisi\u00e8me professeur est interpr\u00eat\u00e9 par Pam Grier, figure embl\u00e9matique du cin\u00e9ma de blaxploitation (Coffy, Foxy Brown), qui n&rsquo;avait pas encore \u00e9t\u00e9 re-d\u00e9couverte par Quentin Tarantino avec <em>Jackie Brown<\/em>.<br \/>\nPour compl\u00e9ter le tableau, mentionnons que le proviseur du lyc\u00e9e est interpr\u00eat\u00e9 par Malcom McDowell, le tragique Alex du <em>Orange M\u00e9canique<\/em> de Stanley Kubrick.<br \/>\nAlors que Class of 1984 adoptait le point de vue d&rsquo;un enseignant, Class of 1999 suit le destin d&rsquo;un \u00e9l\u00e8ve, Cody (Bradley Gregg), qui d\u00e9cide de se montrer studieux malgr\u00e9 la pression de son ancienne bande et de son propre fr\u00e8re, Angel. Au moindre \u00e9cart, il sait qu&rsquo;il sera renvoy\u00e9 dans la prison dont il sort.<\/p>\n<p>Les professeurs-robots s&rsquo;acquittent de leur t\u00e2che avec un z\u00e8le qui s&rsquo;av\u00e8re rapidement probl\u00e9matique. La premi\u00e8re correction vient de Mme Connors (Pam Grier), qui parvient \u00e0 calmer ses \u00e9l\u00e8ves avec poigne. Le v\u00e9n\u00e9rable professeur Hardin, enseignant en histoire, r\u00e9tablit pour sa part l&rsquo;ordre en administrant des fess\u00e9es douloureuses aux \u00e9l\u00e8ves turbulents. Enfin, monsieur Bryles, qui enseigne l&rsquo;\u00e9ducation physique, fait preuve d&rsquo;un go\u00fbt certain pour la violence gratuite et les vexations, comportement qui, sugg\u00e8re le film, ne permet pas vraiment de le distinguer d&rsquo;un autre professeur de la m\u00eame mati\u00e8re.<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" src=\"\/dernier\/files\/2008\/07\/class_of_1999_2.jpg\" alt=\"\" \/><\/p>\n<p>L&rsquo;histoire d\u00e9g\u00e9n\u00e8re assez rapidement. Le professeur Hardin provoque l&rsquo;overdose d&rsquo;un \u00e9l\u00e8ve en le for\u00e7ant \u00e0 avaler toute la drogue qui se trouve dans son casier et le professeur Bryles, de son c\u00f4t\u00e9, rompt le cou d&rsquo;un autre \u00e9l\u00e8ve qui se trouvait lui aussi sous l&#8217;emprise de la drogue et le mena\u00e7ait.<\/p>\n<p>Cody, qui s&rsquo;est amourach\u00e9 de la fille du proviseur, d\u00e9cide d&rsquo;aller avec cette derni\u00e8re chez le professeur Hardin pour y trouver la preuve qu&rsquo;il est bien un meurtrier.<br \/>\nL\u00e0, il d\u00e9couvre que les trois professeurs habitent le m\u00eame appartement et que cet appartement n&rsquo;est \u00e9quip\u00e9 ni de meubles ni de nourriture, qu&rsquo;on n&rsquo;y trouve que quelques bombonnes de gaz et des stocks de produit anti-rouille.Pris sur le fait pendant la fouille de l&rsquo;appartement, Cody et son amie s&rsquo;enfuient. N&rsquo;\u00e9tant pas parvenu \u00e0 le rattraper, les trois membres de l&rsquo;\u00e9quipe p\u00e9dagogique cybern\u00e9tique d\u00e9cident d&rsquo;adopter une nouvelle strat\u00e9gie, celle d&rsquo;une guerre totale contre tous les \u00e9l\u00e8ves de l&rsquo;\u00e9tablissement. Tout d&rsquo;abord tent\u00e9s par une approche psychologique, les professeurs montent les deux bandes rivales du lyc\u00e9e l&rsquo;une contre l&rsquo;autre (en tuant notamment Angel, le petit fr\u00e8re de Cody). Mais Cody, justement, finit par comprendre ce qui se passe et cherche \u00e0 s&rsquo;allier avec tous les autres lyc\u00e9ens contre ces trois professeurs assassins.<\/p>\n<p>Du c\u00f4t\u00e9 de l&rsquo;administration, les choses s&rsquo;enveniment aussi : le proviseur est assassin\u00e9 par les robots qui ne tardent pas \u00e0 massacrer toute l&rsquo;\u00e9quipe qui s&rsquo;occupait de leur surveillance, \u00e0 l&rsquo;exception de leur sup\u00e9rieur hi\u00e9rarchique direct. Ce dernier, en bon savant fou, est enchant\u00e9 de la situation et jubile d&rsquo;admiration pour la capacit\u00e9 dont font preuve ses machines pour prendre des initiatives.<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" src=\"\/dernier\/files\/2008\/07\/class_of_1999_3.jpg\" alt=\"\" \/><\/p>\n<p>L&rsquo;affrontement final se d\u00e9roule de nuit, dans les couloirs du lyc\u00e9e. D\u00e9luge de coups de feu, peau cybern\u00e9tique qui fond, d\u00e9voilant les m\u00e9caniques d&rsquo;acier qui se trouvent en dessous, accessoires gore (le professeur Hardin fend les cr\u00e2nes avec une perceuse dissimul\u00e9e dans sa main ; le professeur Connors quand \u00e0 elle dissimule un lance-flamme dans son bras), incendies, explosions, rien ne manque. Puni comme il se doit, Forrest, le papa des cr\u00e9atures, est finalement assassin\u00e9 par un de ses robots.<br \/>\nFin de l&rsquo;histoire.<\/p>\n<p>Nous trouvons ici un arch\u00e9types familier, celui du scientifique rendu compl\u00e8tement fou par sa propre cr\u00e9ation (ou dont la folie se r\u00e9v\u00e8le lorsque sa cr\u00e9ation est mise en route), qui observe avec jubilation les actions de ses machines alors m\u00eame qu&rsquo;il devrait tout mettre en \u0153uvre pour les stopper. Comme souvent, ce genre de personnage est marqu\u00e9 par un physique particulier qui le distingue d&#8217;embl\u00e9e des autres humains. Ici, ce sont ses cheveux et ses iris, parfaitement blancs.<br \/>\nCe genre de docteur Folamour poss\u00e8de toujours un don surnaturel pour convaincre les autorit\u00e9s de le soutenir dans ses projets, jusqu&rsquo;au moment o\u00f9 il est trop tard et o\u00f9 sa folie appara\u00eet au grand jour. Est-ce que, comme dans les publicit\u00e9s pour les lessives, c&rsquo;est la blouse blanche qui fait s\u00e9rieux et qui impressionne ?<\/p>\n<h4><img decoding=\"async\" class=\"imageadroite\" style=\"float: right;\" src=\"\/dernier\/files\/2008\/07\/class_of_1999ii.jpg\" alt=\"\" width=\"180\" height=\"257\" \/>Class of 1999 II : le rempla\u00e7ant<\/h4>\n<p>La s\u00e9rie contient un troisi\u00e8me film, <em>Class of 1999 II: The Substitute<\/em> (parfois appel\u00e9 <em>Class of 2001<\/em>). Tourn\u00e9 en 1994 avec des moyens nettement plus modestes que le pr\u00e9c\u00e9dent film, il est cens\u00e9 en \u00eatre la suite directe. Il en recycle d&rsquo;ailleurs de nombreuses images sous forme de flashbacks documentaires. L&rsquo;histoire commence cette fois d&rsquo;un point de vue ext\u00e9rieur, celui du d\u00e9tective Ash, qui a enqu\u00eat\u00e9 sur l&rsquo;affaire des enseignants-robots de Seattle et qui a l&rsquo;intime conviction qu&rsquo;un quatri\u00e8me robot a \u00e9t\u00e9 construit et qu&rsquo;il continue, seul, \u00e0 rendre justice dans les lyc\u00e9es mal fam\u00e9s du pays. Et effectivement, dans une \u00e9cole de l&rsquo;Oregon, un professeur rempla\u00e7ant nomm\u00e9 John Bolen emploie des m\u00e9thodes exp\u00e9ditives pour faire r\u00e9gner l&rsquo;ordre. Il pr\u00e9cipite notamment un de ses \u00e9l\u00e8ves depuis le toit de l&rsquo;\u00e9tablissement et en br\u00fble un autre dans une explosion de gaz.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s avoir vu <em>Class of 1984<\/em> et <em>Class of 1999<\/em>, on a pourtant l&rsquo;impression que le lyc\u00e9e de l&rsquo;Oregon o\u00f9 se d\u00e9roule le r\u00e9cit cette fois-ci est relativement calme. On y croise bien quelques petits ca\u00efds mais ceux-ci sont loin d&rsquo;avoir le culot de ceux des films pr\u00e9c\u00e9demment cit\u00e9s. Du reste, l&rsquo;encadrement p\u00e9dagogique se montre ici assez confiant dans la m\u00e9thode douce et cherche \u00e0 obtenir l&rsquo;adh\u00e9sion des \u00e9l\u00e8ves avec des activit\u00e9s telles que le paintball.<\/p>\n<p>Quand il ne tue pas ses \u00e9l\u00e8ves, Bolen assure la s\u00e9curit\u00e9 de Jenna, une coll\u00e8gue qui s&rsquo;appr\u00eate \u00e0 t\u00e9moigner contre un de ses \u00e9l\u00e8ves, meurtrier, malgr\u00e9 l&rsquo;avis de tous ses coll\u00e8gues. Jenna, d\u00e9\u00e7ue par la l\u00e2chet\u00e9 de son proviseur mais aussi de son fianc\u00e9 Emmett (interpr\u00eat\u00e9 par le r\u00e9alisateur Nick Cassavetes &#8211; fils de John Cassavetes), est heureuse de trouver en John Bolen un soutien efficace et infaillible. Ce dernier semble de son c\u00f4t\u00e9 \u00eatre tomb\u00e9 amoureux. Amoureux, un robot ? Hmmm&#8230; Bizarre, bizarre, vous dites-vous. Bizarre et m\u00eame assez comique lorsque le robot assiste en voyeur, dents serr\u00e9es et larmes aux yeux, \u00e0 une torride sc\u00e8ne d&rsquo;amour entre Jenna et Emmett.<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" src=\"\/dernier\/files\/2008\/07\/class_of_1999ii_a.jpg\" alt=\"\" \/><\/p>\n<p>L&rsquo;unique bonne id\u00e9e du film est que Bolen n&rsquo;est en fait pas un robot, mais un ancien militaire qui est parvenu \u00e0 se faire croire qu&rsquo;il n&rsquo;\u00e9tait pas un \u00eatre humain et qui, accessoirement, porte sur lui un maillot de corps pare-balles .<br \/>\nL&rsquo;affaire se termine dans une d\u00e9bauche pyrotechnique comme on n&rsquo;en voit que dans les films am\u00e9ricains destin\u00e9s au march\u00e9 de la vid\u00e9o : on en fait de jolies explosions avec un peu d&rsquo;essence !<\/p>\n<p><em>Class of 1984<\/em> est un film int\u00e9ressant pour de nombreuses raisons. <em>Class of 1999<\/em> est un honn\u00eate film de s\u00e9rie B, nettement moins r\u00e9ussi que <em>Robocop <\/em>et <em>Escape from New York<\/em>, dont il s&rsquo;inspire, moins proprement r\u00e9alis\u00e9 que <em>The Faculty<\/em> de Robert Rodriguez (auquel je pense car les \u00e9l\u00e8ves s&rsquo;y trouvaient confront\u00e9s \u00e0 des professeurs dirig\u00e9s par un parasite extra-terrestre), mais tout de m\u00eame regardable.<br \/>\nEn revanche je ne vois pas tellement ce qui permettrait de sauver <em>Class of 1999 II<\/em>, qui fera bailler d&rsquo;ennui les spectateurs les plus indulgents.<\/p>\n<h4>Robots professeurs<\/h4>\n<p>Les robots professeurs et les robots policiers ont \u00e9t\u00e9 promis sans discontinuer par la science-fiction depuis les ann\u00e9es 1930. L&rsquo;id\u00e9e d&rsquo;associer ces deux fonctions est plus r\u00e9cente.<br \/>\nJ&rsquo;ignore s&rsquo;il est capable de violences, mais\u00a0 l&rsquo;andro\u00efde Geminoid HI-1, clone du professeur Hiroshi Ishiguro de l&rsquo;universit\u00e9 d&rsquo;Osaka, n&rsquo;a pas l&rsquo;air commode du tout.<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" src=\"\/dernier\/files\/2008\/07\/hiroshi_ishiguro_osaka.jpg\" alt=\"\" \/><\/p>\n<p>Ce robot, dot\u00e9 de tics faciaux troublants, remplace parfois son cr\u00e9ateur lorsque ce dernier se trouve \u00e9loign\u00e9 de ses amphith\u00e9\u00e2tres. Il peut en effet r\u00e9pliquer \u00e0 l&rsquo;exacte les gestes et les mouvements de la bouche de son mod\u00e8le.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Class of 1984 Parmi mes mille et une passions honteuses, je dois confesser un go\u00fbt forc\u00e9ment suspect venant d&rsquo;un enseignant pour les films d&rsquo;\u00ab ultra-violence scolaire \u00bb \u2014 terme dont je suis l&rsquo;inventeur si je me fie \u00e0 Google. 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