{"id":39919,"date":"2020-06-22T18:40:00","date_gmt":"2020-06-22T16:40:00","guid":{"rendered":"http:\/\/hyperbate.fr\/dernier\/?p=39919"},"modified":"2023-11-14T18:26:39","modified_gmt":"2023-11-14T17:26:39","slug":"jean-francois-rey-typographie-et-bande-dessinee","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/hyperbate.fr\/dernier\/?p=39919","title":{"rendered":"Jean-Fran\u00e7ois Rey : typographie et bande dessin\u00e9e"},"content":{"rendered":"<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignright is-resized\"><a href=\"https:\/\/www.centrenationaldugraphisme.fr\/le-signe\/expositions\/jean-francois-rey\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\"><img decoding=\"async\" width=\"693\" height=\"1024\" src=\"\/dernier\/files\/2020\/06\/expo_jfr_le_signe-693x1024.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-39947\" style=\"width:173px;height:256px\" srcset=\"https:\/\/hyperbate.fr\/dernier\/files\/2020\/06\/expo_jfr_le_signe-693x1024.jpg 693w, https:\/\/hyperbate.fr\/dernier\/files\/2020\/06\/expo_jfr_le_signe-530x783.jpg 530w, https:\/\/hyperbate.fr\/dernier\/files\/2020\/06\/expo_jfr_le_signe.jpg 720w\" sizes=\"(max-width: 693px) 100vw, 693px\" \/><\/a><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00c0 partir du 11 juillet prochain et jusques au 4 octobre se tient l&rsquo;exposition <em>Jean-Fran\u00e7ois Rey, Typographie et bande dessin\u00e9e<\/em>, au <a href=\"https:\/\/www.centrenationaldugraphisme.fr\/expositions\/jean-francois-rey-typographie-et-bandes-dessinees\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Centre national du graphisme<\/a> (Le Signe), \u00e0 Chaumont. J&rsquo;ai l&rsquo;honneur d&rsquo;en \u00eatre commissaire.<br>Je dois signaler ici qu&rsquo;il n&rsquo;y aura pas vraiment de vernissage le 11 juillet : cette date d&rsquo;inauguration a \u00e9t\u00e9 impos\u00e9e par le calendrier de l&rsquo;\u00e9tat d&rsquo;urgence sanitaire, puisque c&rsquo;est ce jour-l\u00e0 que les lieux culturels seront \u00e0 nouveau autoris\u00e9s \u00e0 accueillir le public. Une forme de c\u00e9l\u00e9bration aura lieu lors des journ\u00e9es europ\u00e9ennes du patrimoine (19-20 septembre).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L&rsquo;exposition est donc consacr\u00e9e au designer Jean-Fran\u00e7ois Rey, et est centr\u00e9e sur le travail typographique de ce dernier, dans le champ de la bande dessin\u00e9e. Jean-Fran\u00e7ois n&rsquo;est pas que typographe, il a une grande production visuelle, souvent interactive (cdrom, web, applications). Ses travaux sont pour beaucoup identifi\u00e9s au Studio Incandescence, dont il est le directeur de cr\u00e9ation depuis 2009, et il a une tendance \u00e0 ne pas mettre beaucoup son nom en avant, ce qui semble presque d\u00e9raisonnable \u00e0 l&rsquo;\u00e8re du <em>personal-branding<\/em>, mais qui est peut-\u00eatre (il faudrait qu&rsquo;on en discute) un trait de sa g\u00e9n\u00e9ration, qui est celle qui a v\u00e9cu et accompagn\u00e9 (lui-m\u00eame mixait et composait) l&rsquo;explosion de la musique \u00e9lectronique du milieu des ann\u00e9es 1990, \u00e9poque caract\u00e9ris\u00e9e par des pochettes de disques graphiques, sans mise en avant des visages ou des noms des artistes, lesquels se dissimulent sous des intitul\u00e9s myst\u00e9rieux (collectif, duo, individu, projet, personnage ?), produisent des clips d&rsquo;ambiance, se m\u00e9fient du statut sup\u00e9rieur de l&rsquo;auteur, et ont une production (visuelle autant que musicale) qui affirme le caract\u00e8re illusoire de la cr\u00e9ation originale, puisqu&rsquo;elle repose souvent sur la r\u00e9appropriation (sampling, mashup), parfois sur le hasard et l&rsquo;accident, et enfin sur l&rsquo;automatisation permise par les outils de cr\u00e9ation num\u00e9rique (logiciels, programmation, boites-\u00e0-rythmes), outils qui ne sont pas cach\u00e9s mais revendiqu\u00e9s. Une g\u00e9n\u00e9ration dont l&rsquo;exigence artistique semble inversement proportionn\u00e9e \u00e0 l&rsquo;envie de se mettre en avant.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-medium is-resized\"><img decoding=\"async\" width=\"530\" height=\"398\" src=\"https:\/\/hyperbate.fr\/dernier\/files\/2020\/06\/mm_jfr_2018-530x398.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-39990\" style=\"width:530px\"\/><figcaption class=\"wp-element-caption\">J&rsquo;ignore si mon hypoth\u00e8se g\u00e9n\u00e9rationnelle tient la route mais c&rsquo;est un fait, Jean-Fran\u00e7ois se cache derri\u00e8re son travail \u2014  et sur cette photo, \u00e0 droite, derri\u00e8re sa casquette. \u00c0 gauche, Marion Montaigne, qui vient de lui d\u00e9dicacer l&rsquo;album <em>Dans la combi de Thomas Pesquet<\/em>.<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La typographie est un domaine qui a de quoi rendre humble, car si les sp\u00e9cialistes du graphisme sont conscients du niveau d&rsquo;exigence impos\u00e9 par ce m\u00e9tier \u2014 qui est un peu la noblesse d&rsquo;\u00e9p\u00e9e du design graphique \u2014, le grand public, lui, en ignore \u00e0 peu pr\u00e8s tout. Pour la plupart des gens, \u00ab\u00a0une typo\u00a0\u00bb, une \u00ab\u00a0fonte\u00a0\u00bb, c&rsquo;est un outil qu&rsquo;on trouve, qu&rsquo;on se fait fournir par Microsoft, Google, Adobe ou Apple, qui tra\u00eene sur Internet, que l&rsquo;on se procure g\u00e9n\u00e9ralement gratuitement et dont on ignore le nom de l&rsquo;auteur, voire dont on ignore qu&rsquo;elle a un auteur : je crois que beaucoup de gens pensent que les typographies poussent sur les arbres. Si l&rsquo;on remarque les typos \u00ab\u00a0fantaisie\u00a0\u00bb qui servent \u00e0 composer les titres ou les enseignes, et qui sont faites pour \u00eatre remarqu\u00e9es, les typographies dites \u00ab\u00a0de labeur\u00a0\u00bb, celles qui sont employ\u00e9es pour les longs textes, sont en revanche invisibles, elles sont con\u00e7ues, sauf contre-emploi intentionnel, non pour \u00eatre vues, mais pour \u00eatre lues, pour servir les textes de la mani\u00e8re la plus fonctionnelle possible. C&rsquo;est un paradoxe : mieux une typographie fonctionne et moins nous sommes cens\u00e9s la remarquer. Le typographe se cache derri\u00e8re la typographie, et la typographie, elle, se cache derri\u00e8re le texte.<br>Les typographies que produit Jean-Fran\u00e7ois Rey dans le domaine de la bande dessin\u00e9e (il en a fait d&rsquo;autres), ont un niveau suppl\u00e9mentaire d&rsquo;invisibilit\u00e9 : chacune est compos\u00e9e \u00e0 partir de l&rsquo;\u00e9criture manuscrite d&rsquo;un auteur, inspir\u00e9e de son trait personnel, de ses tics, de ses bizarreries, de ses imperfections. Alors pour le public, l&rsquo;intervention du typographe est encore moins ostentatoire. <\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Dans le domaine de la bande dessin\u00e9e, la lettre ne se place pas seulement au service du texte, elle doit aussi \u00eatre au service du dessin, et, l\u00e0 encore, sauf dissonance intentionnelle de la part de l&rsquo;auteur, le lecteur n&rsquo;est pas cens\u00e9 distinguer le trait du dessin du dessin de la lettre : tout cela forme un ensemble, c&rsquo;est la sp\u00e9cificit\u00e9 m\u00eame du m\u00e9dium depuis Rodolphe T\u00f6pffer.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-medium is-resized\"><img decoding=\"async\" width=\"530\" height=\"311\" src=\"https:\/\/hyperbate.fr\/dernier\/files\/2020\/06\/topffer_monsieur_jabot-530x311.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-39985\" style=\"width:530px\"\/><figcaption class=\"wp-element-caption\"> Rodolphe T\u00f6pffer n&rsquo;utilisait pas de phylact\u00e8res (\u00ab\u00a0bulles\u00a0\u00bb), mais hybridait n\u00e9anmoins texte et dessin au service d&rsquo;un r\u00e9cit s\u00e9quentiel, ce qui permet de le cr\u00e9diter de l&rsquo;invention de la bande dessin\u00e9e, il y a pr\u00e8s de deux si\u00e8cles. Sa cr\u00e9ation profite d&rsquo;une technique d&rsquo;estampe toute nouvelle \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque : la lithographie autographe, qui a la particularit\u00e9 d&rsquo;\u00eatre dessin\u00e9e dans le sens o\u00f9 elle sera lue : T\u00f6pffer n&rsquo;\u00e9tait pas forc\u00e9 de tracer ses lettres \u00e0 l&rsquo;envers. Il en r\u00e9sulte un grand naturel, qui est depuis toujours, donc, un trait caract\u00e9ristique de la plupart des bandes dessin\u00e9es. Ici : Histoire de monsieur Jabot (1831).<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les rares essayistes \u00e0 avoir parl\u00e9 du sujet<sup><a href=\"#footnote_1_39919\" id=\"identifier_1_39919\" class=\"footnote-link footnote-identifier-link\" title=\"Sur le lettrage en bande dessin&eacute;e, on peut lire aussi deux textes G&eacute;rard Blanchard, qui datent d&rsquo;avant l&rsquo;&egrave;re du graphisme &agrave; l&rsquo;&eacute;cran : Esartinuloc ou les alphabets de la bande dessin&eacute;e, dans Communications et langages #26 -1975 ; Lettrage en bande dessin&eacute;e, dans Communications et langages #64, 1985.Enfin, dans la revue Azimuts #48-49 (2018), on peut lire Gala de Glyphes &agrave; gogo, un entretien avec des membres du studio Speculoos qui adaptent les diff&eacute;rents lettrages d&rsquo;Andr&eacute; Franquin sous forme de typographies num&eacute;riques.\">1<\/a><\/sup>, tels que Laurent Gerbier<sup><a href=\"#footnote_2_39919\" id=\"identifier_2_39919\" class=\"footnote-link footnote-identifier-link\" title=\"Par Laurent Gerbier, lire : Le trait et la lettre. Apologie subjective du lettrage manuel, Comicalit&eacute;s 2012 et Lettrage, Neuvi&egrave;me art 2017.\">2<\/a><\/sup> ou Gaby Bazin<sup><a href=\"#footnote_3_39919\" id=\"identifier_3_39919\" class=\"footnote-link footnote-identifier-link\" title=\"De Gaby Bazin : Lettrages et Phylact&egrave;res, chez &eacute;d. Atelier Perrousseaux, 2019.\">3<\/a><\/sup> semblent assez dubitatifs vis-\u00e0-vis de l&rsquo;int\u00e9gration harmonieuse du dessin manuel et des typographies m\u00e9caniques, ce qui n&#8217;emp\u00eache pas Laurent Gerbier de saluer, sans nommer le typographe, le travail r\u00e9alis\u00e9 par Jean-Fran\u00e7ois Rey sur l&rsquo;\u00e9criture de Robert Crumb<sup><a href=\"#footnote_4_39919\" id=\"identifier_4_39919\" class=\"footnote-link footnote-identifier-link\" title=\"&laquo;&nbsp;Pourtant ces d&eacute;fauts ne sont pas propres &agrave; la typographie m&eacute;canique en elle-m&ecirc;me, mais seulement &agrave; son application b&acirc;cl&eacute;e ou irr&eacute;fl&eacute;chie. Un exemple le montre bien : celui de Robert Crumb. Le lettrage de Crumb est une prouesse d&rsquo;&eacute;quilibre entre la singularit&eacute; de la main et la r&eacute;gularit&eacute; du module (&hellip;) Lorsque les &eacute;ditions Corn&eacute;lius ont entrepris de traduire les &oelig;uvres de Crumb, elles ont cr&eacute;&eacute; quatre familles typographiques dans lesquelles chaque caract&egrave;re est repr&eacute;sent&eacute; &agrave; son tour par quatre glyphes subtilement diff&eacute;rents ; l&rsquo;ensemble a ensuite &eacute;t&eacute; agenc&eacute; caract&egrave;re par caract&egrave;re, pour obtenir des variations naturelles de l&rsquo;approche et de la ligne de base, et certains passages ont m&ecirc;me exig&eacute; la num&eacute;risation de bulles ou de cartouches originaux lettre par lettre, pour recomposer ensuite le texte de la traduction &agrave; partir de cet &laquo; alphabet crumbien &raquo; original. Le r&eacute;sultat est d&rsquo;une efficacit&eacute; rigoureuse : la main n&rsquo;est presque jamais intervenue dans la composition du texte fran&ccedil;ais, et pourtant l&rsquo;&oelig;il se laisse parfaitement convaincre qu&rsquo;il a l&agrave; les traces d&rsquo;un geste authentique.&nbsp;&raquo; &ndash; Laurent Gerbier, Lettrage, d&eacute;j&agrave; cit&eacute;.\">4<\/a><\/sup>. Fr\u00e9d\u00e9ric Pomier<sup><a href=\"#footnote_5_39919\" id=\"identifier_5_39919\" class=\"footnote-link footnote-identifier-link\" title=\"Fr&eacute;d&eacute;ric Pomier, Comment lire la bande dessin&eacute;e, Klincksieck, 2005, cit&eacute; par Gaby Bazin.\">5<\/a><\/sup> va jusqu&rsquo;\u00e0 qualifier le recours aux polices num\u00e9riques en bande dessin\u00e9e  de <em>\u00ab\u00a0rupture de contrat\u00a0\u00bb<\/em>. Il faut dire que d&rsquo;innombrables exemples de mauvais emploi de typographies m\u00e9caniques, notamment dans le cadre d&rsquo;adaptations d&rsquo;\u0153uvres \u00e9trang\u00e8res, leur donnent raison.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-medium is-resized\"><img decoding=\"async\" width=\"530\" height=\"563\" src=\"https:\/\/hyperbate.fr\/dernier\/files\/2020\/06\/marvel_vs_artima-1-530x563.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-40027\" style=\"width:530px\" srcset=\"https:\/\/hyperbate.fr\/dernier\/files\/2020\/06\/marvel_vs_artima-1-530x563.jpg 530w, https:\/\/hyperbate.fr\/dernier\/files\/2020\/06\/marvel_vs_artima-1.jpg 635w\" sizes=\"(max-width: 530px) 100vw, 530px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Enfant, je n&rsquo;arrivais pas \u00e0 lire de la m\u00eame mani\u00e8re les bandes dessin\u00e9es publi\u00e9es par les \u00e9ditions Lug (<em>Strange<\/em>, <em>Titans<\/em>, etc.) et celles publi\u00e9s par la maison Ar\u00e9dit\/Artima (<em>Et si,&#8230;?<\/em>, <em>Les Vengeurs<\/em>, etc.). Tous \u00e9taient pourtant des traductions de comic-books Marvel, souvent des m\u00eames dessinateurs, et avec les m\u00eames personnages. La diff\u00e9rence qui me perturbait, et dont je n&rsquo;\u00e9tais pas forc\u00e9ment conscient, c&rsquo;est que les comics Lug \u00e9taient lettr\u00e9s \u00e0 la main, tout comme les bandes dessin\u00e9es dont ils \u00e9taient adapt\u00e9s, tandis que ceux d&rsquo;Ar\u00e9dit\/Artima \u00e9taient tap\u00e9s \u00e0 la machine \u00e0 \u00e9crire.<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">David Turgeon, de son c\u00f4t\u00e9, est plus ouvert \u00e0 l&rsquo;id\u00e9e, mais rappelle qu&rsquo;on ne peut envisager un r\u00e9sultat satisfaisant qu&rsquo;au prix de beaucoup de soin et de r\u00e9flexion : <em>\u00ab\u00a0l\u2019ordinateur n\u2019est pas l\u2019ennemi et, on l\u2019a vu, on peut tr\u00e8s bien concevoir un lettrage m\u00e9canique qui soit \u00e0 la fois \u00e9l\u00e9gant et respectueux du texte. Mais pour cela il faut investir l\u2019espace graphique de l\u2019\u00e9criture avec la m\u00eame force, la m\u00eame pertinence, la m\u00eame intelligence que l\u2019auteur pour son dessin. Ceci parce que peu importe sa forme, calligraphi\u00e9e ou m\u00e9canique, l\u2019\u00e9criture est un dessin : en cela elle participe autant que la figuration \u00e0 la pleine lecture d\u2019une \u0153uvre de bande dessin\u00e9e. La main n\u2019est qu\u2019une machine parmi d\u2019autres : ce qui compte c\u2019est l\u2019artiste qui est au bout.\u00a0\u00bb<\/em><sup><a href=\"#footnote_6_39919\" id=\"identifier_6_39919\" class=\"footnote-link footnote-identifier-link\" title=\"David Turgeon, Le dessin dans l&rsquo;&eacute;criture, Du9 2011.\">6<\/a><\/sup> <\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-medium is-resized\"><img decoding=\"async\" width=\"530\" height=\"398\" src=\"https:\/\/hyperbate.fr\/dernier\/files\/2020\/06\/crumb_lesigne-530x398.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-39994\" style=\"width:530px\"\/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Une case de Robert Crumb agrandie pour l&rsquo;exposition (en cours de montage). <br>Photographie par Jean-Michel G\u00e9ridan.<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La premi\u00e8re incursion de Jean-Fran\u00e7ois Rey dans le domaine du lettrage de bande dessin\u00e9e date de l&rsquo;an 2000 et est li\u00e9e \u00e0 une sollicitation des \u00e9ditions Corn\u00e9lius, qui cherchaient \u00e0 produire les adaptations les plus exigeantes et les plus respectueuses imaginables. Le lettrage num\u00e9rique permet une certaine souplesse de travail \u2014 il est plus facile de revenir dessus que sur un lettrage  calligraphi\u00e9 manuellement \u2014, permet aussi de respecter au plus proche l&rsquo;\u00e9criture de l&rsquo;artiste adapt\u00e9. Il fallait que le r\u00e9sultat soit indiscernable d&rsquo;un lettrage r\u00e9alis\u00e9 manuellement, et pour cela, il fallait que la typographie cr\u00e9\u00e9e ait ait suffisamment de variantes (chaque glyphe existe en plusieurs exemplaires) pour que l&rsquo;\u0153il du lecteur ne per\u00e7oive pas la r\u00e9gularit\u00e9 due \u00e0 son caract\u00e8re m\u00e9canique. Il a rapidement fallu produire un jeu de typographies \u00ab\u00a0Crumb\u00a0\u00bb, correspondant \u00e0 diverses p\u00e9riodes de l&rsquo;artiste, car le trait de celui-ci a chang\u00e9 avec le temps ou avec les outils. Suivront, toujours chez Corn\u00e9lius, des typographies destin\u00e9es aux adaptations de Daniel Clowes, Charles Burns, Adrian Tomine, Luciano Bottaro, Chester Brown, etc. L&rsquo;\u00e9diteur phare de la bande dessin\u00e9e dite \u00ab\u00a0ind\u00e9pendante\u00a0\u00bb, <em>L&rsquo;Association<\/em>, a command\u00e9 \u00e0 Jean-Fran\u00e7ois Rey des typographies ou des am\u00e9liorations de typographies existantes pour les adaptations \u00e9trang\u00e8res de ses auteurs maison : Nine Antico, Rupert et Mulot, David B., Guy Delisle, Marjane Satrapi, etc. Les \u00e9ditions Casterman recourent r\u00e9guli\u00e8rement aussi \u00e0 ses services, et c&rsquo;est ainsi qu&rsquo;il a r\u00e9alis\u00e9 une typographie pour les albums de la s\u00e9rie Alix, dont les dessinateurs changent r\u00e9guli\u00e8rement depuis le d\u00e9c\u00e8s de l&rsquo;auteur, Jacques Martin : ici, la typographie participe \u00e0 l&rsquo;homog\u00e9n\u00e9it\u00e9 visuelle de la s\u00e9rie enti\u00e8re.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-medium is-resized\"><img decoding=\"async\" width=\"530\" height=\"225\" src=\"https:\/\/hyperbate.fr\/dernier\/files\/2020\/06\/jacques_martin-1-530x225.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-40062\" style=\"width:530px\" srcset=\"https:\/\/hyperbate.fr\/dernier\/files\/2020\/06\/jacques_martin-1-530x225.png 530w, https:\/\/hyperbate.fr\/dernier\/files\/2020\/06\/jacques_martin-1-768x326.png 768w, https:\/\/hyperbate.fr\/dernier\/files\/2020\/06\/jacques_martin-1-1024x435.png 1024w, https:\/\/hyperbate.fr\/dernier\/files\/2020\/06\/jacques_martin-1.png 1060w\" sizes=\"(max-width: 530px) 100vw, 530px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Alix en italique. En latin.<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Enfin, par bouche-\u00e0-oreille, un certain nombre d&rsquo;auteurs sont eux aussi venus commander des typographies \u00e0 Jean-Fran\u00e7ois, soit pour ma\u00eetriser les adaptations de leurs \u0153uvres \u00e0 l&rsquo;\u00e9tranger, soit pour avoir plus de souplesse dans la composition de leurs textes (notamment lorsqu&rsquo;ils ne les \u00e9crivent pas eux-m\u00eames, ou lorsque leur orthographe spontan\u00e9e est approximative), soit parce que cette partie du travail leur est fastidieuse. Certains, comme Pierre la Police, utilisent la typographie que leur a r\u00e9alis\u00e9 Jean-Fran\u00e7ois Rey afin de r\u00e9aliser leurs mises en pages de la mani\u00e8re la plus pr\u00e9cise&#8230; Puis tracent tous les textes \u00e0 la main ensuite. D&rsquo;autres, comme Aude Picault, n&rsquo;utilisent leur typographie m\u00e9canique que pour certains r\u00e9citatifs<sup><a href=\"#footnote_7_39919\" id=\"identifier_7_39919\" class=\"footnote-link footnote-identifier-link\" title=\"En bande dessin&eacute;e, on nomme r&eacute;citatifs les blocs de texte qui ne rel&egrave;vent pas des dialogues : &laquo;&nbsp;Pendant ce temps, au ch&acirc;teau de Moulinsart&hellip;&nbsp;&raquo;.\">7<\/a><\/sup>. Au fil des ans, Jean-Fran\u00e7ois Rey a travaill\u00e9 avec des auteurs tels que Charles Berb\u00e9rian, Bastien Viv\u00e8s, Marion Montaigne, Doroth\u00e9e de Monfreid, Thibault Soulci\u00e9, Romain Dutreix, Hugues Micol, Aliz\u00e9e De Pin, Ludovic Debeurme, G\u00e9rgory Mardon, Stanislas Gros ou encore Jean-Marc Rochette. Parfois par l&rsquo;entremise de l&rsquo;\u00e9diteur et sans rencontrer les auteurs, parfois au contraire en travaillant de tr\u00e8s pr\u00e8s avec ses derniers.<br>On notera une grande h\u00e9t\u00e9rog\u00e9n\u00e9it\u00e9 dans la mani\u00e8re dont ce travail est signal\u00e9. Pour certains livres, Jean-Fran\u00e7ois n&rsquo;est pas cr\u00e9dit\u00e9 du tout, d&rsquo;autres fois il est mentionn\u00e9 sous les intitul\u00e9s \u00ab\u00a0fonte num\u00e9rique\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0lettrage\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0lettreur\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0typographe\u00a0\u00bb, parfois inad\u00e9quats (il arrive qu&rsquo;il soit cr\u00e9dit\u00e9 pour la typographie alors qu&rsquo;il s&rsquo;est charg\u00e9 de l&rsquo;adaptation graphique, et vice-versa), sympt\u00f4me suppl\u00e9mentaire, s&rsquo;il en fallait, du manque de visibilit\u00e9 de ce travail.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-medium is-resized\"><img decoding=\"async\" width=\"530\" height=\"400\" src=\"https:\/\/hyperbate.fr\/dernier\/files\/2020\/06\/typos_world-530x400.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-40050\" style=\"width:530px\"\/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Il existe une certaine vari\u00e9t\u00e9 de pratiques du texte en bande dessin\u00e9e dans le monde. En Cor\u00e9e (haut \u00e0 gauche) ou au Japon (haut \u00e0 droite), les textes recourent g\u00e9n\u00e9ralement \u00e0 des lettrages m\u00e9caniques qui n&rsquo;essaient pas d&rsquo;imiter la main, mais peuvent varier selon les personnages ou l&rsquo;intensit\u00e9. Dans la bande dessin\u00e9e industrielle (oppos\u00e9e \u00e0 la bande dessin\u00e9e underground ou d&rsquo;auteur) des \u00c9tats-Unis, les lettrages ont longtemps \u00e9t\u00e9 distincts du reste de l&rsquo;encrage, confi\u00e9s \u00e0 des artisans sp\u00e9cialis\u00e9s, les lettreurs, dont le talent donne lieu \u00e0 des prix (<em>Eisner Award for best lettering<\/em>, par exemple). \u00c0 pr\u00e9sent, il est courant de recourir au catalogue de fonderies sp\u00e9cialis\u00e9es telles que Blambot ou Comicraft, qui produisent tout un \u00e9ventail de typographies standardis\u00e9es. En France, le recours aux lettreurs pour des \u0153uvres originales (donc pas pour des traductions) n&rsquo;est pas la r\u00e8gle, mais n&rsquo;est pas rare et a d\u00e9j\u00e0 donn\u00e9 lieu \u00e0 des collaborations m\u00e9morables, comme celle de la lettreuse Anne Delobel et des dessinateurs Jacques Tardi et Philippe Druillet. La cr\u00e9ation de typographies num\u00e9rique sur mesure pour un auteur, voire pour un projet, comme le pratique Jean-Fran\u00e7ois Rey, est extr\u00eamement rare.<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Il arrive souvent, il est vrai, qu&rsquo;on lui confie non seulement la cr\u00e9ation d&rsquo;une typographie, mais aussi la composition des textes et l&rsquo;adaptation graphique des onomatop\u00e9es traduites.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Jean-Fran\u00e7ois Rey a tir\u00e9 parti des \u00e9volutions des formats de fontes num\u00e9riques et de leur prise en charge par les logiciels de la cha\u00eene graphique. Ses premi\u00e8res typographies \u00e9taient souvent compos\u00e9es de plusieurs fichiers, un par variante, assembl\u00e9s par intervention manuelle, puis par des scripts sp\u00e9cifiques aux logiciels de pr\u00e9-presse. Ses derni\u00e8res typographies int\u00e8grent toutes les variantes de chaque glyphe, lesquelles sont agenc\u00e9s (s\u00e9quence, ligatures) par des r\u00e8gles inscrites dans la typographie elle-m\u00eame.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-medium is-resized\"><img decoding=\"async\" width=\"530\" height=\"160\" src=\"https:\/\/hyperbate.fr\/dernier\/files\/2020\/06\/typo_Lili_Sohn-530x160.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-39979\" style=\"width:530px\"\/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Typographie r\u00e9alis\u00e9e pour un album \u00e0 para\u00eetre de la jeune autrice Lili Sohn. Ici chaque caract\u00e8re est li\u00e9 aux suivants, les variantes des caract\u00e8res d\u00e9pendent de leur place dans le mot, dans la phrase, et des caract\u00e8res qui le jouxtent.<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les visiteurs de l&rsquo;exposition pourront appr\u00e9cier ce travail en contemplant dix cases agrandies (par des peintres, manuellement !) sur des cimaises ; en consultant une biblioth\u00e8que de livres lettr\u00e9s \u00e0 l&rsquo;aide des typographies r\u00e9alis\u00e9es par Jean-Fran\u00e7ois Rey ; en manipulant eux-m\u00eames ces typographies \u00e0 l&rsquo;aide d&rsquo;une application d\u00e9di\u00e9e ; et, enfin, en assistant \u00e0 la projection d&rsquo;un documentaire qui donne la parole au typographe, aux auteurs Romain Dutreix, Doroth\u00e9e de Monfreid et Marion Montaigne, mais aussi \u00e0 un lettreur manuel (et lui-m\u00eame auteur), Philippe Glogowski. <\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-medium is-resized\"><img decoding=\"async\" width=\"530\" height=\"198\" src=\"https:\/\/hyperbate.fr\/dernier\/files\/2020\/06\/10_jeux_d_ecoute-530x198.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-40046\" style=\"width:530px\"\/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Deux \u00e9cran du cdrom d&rsquo;apprentissage de la musique <em>10 jeux d&rsquo;\u00e9coute<\/em> (Ircam\/Hyptique 2000), con\u00e7u et r\u00e9alis\u00e9 dans le cadre d&rsquo;ateliers \u00e9ducatifs par  le compositeur Jacopo Baboni-Schilingi et par Jean-Fran\u00e7ois Rey, qui est intervenu sur tous les aspects du projet : p\u00e9dagogie, interactivit\u00e9, et graphisme. Un travail remarquable auquel j&rsquo;ai eu le plaisir de collaborer en tant que programmeur informatique.<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Jean-Fran\u00e7ois Rey est n\u00e9 en 1975. Il est entr\u00e9 \u00e0 l&rsquo;\u00e9cole sup\u00e9rieure d&rsquo;art et design d&rsquo;Amiens au d\u00e9but des ann\u00e9es 1990, \u00e9poque de conqu\u00eate des outils de cr\u00e9ation num\u00e9rique, lesquels devenaient accessibles \u00e0 un large public et se g\u00e9n\u00e9ralisaient dans diff\u00e9rents domaines de la cr\u00e9ation : graphisme imprim\u00e9, image de synth\u00e8se, image anim\u00e9e, interactivit\u00e9, son. Jean-Fran\u00e7ois s&rsquo;est autant enthousiasm\u00e9 pour des domaines \u00e9mergents, comme le cdrom ou le web, que pour ce domaine jusqu&rsquo;ici traditionnellement indissociable des m\u00e9tiers de l&rsquo;imprimerie qu&rsquo;est la cr\u00e9ation typographique. Quand je l&rsquo;ai rencontr\u00e9, il faisait partie de l&rsquo;\u00e9quipe men\u00e9e par Jean-Louis Boissier (dont j&rsquo;\u00e9tais \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque \u00e9tudiant), qui r\u00e9alisait le cdrom de la troisi\u00e8me biennale de Lyon (1995), un objet historique \u00e0 plusieurs titres. Deux ans plus tard, je l&rsquo;ai retrouv\u00e9 \u00e0 l&rsquo;\u00c9sad d&rsquo;Amiens o\u00f9 il terminait ses \u00e9tudes tandis que je commen\u00e7ais \u00e0 enseigner. Dans le cadre de son dipl\u00f4me, il a pr\u00e9sent\u00e9 une s\u00e9rie de typographies exp\u00e9rimentales ou audacieuses qui ont tap\u00e9 dans l&rsquo;\u0153il du jury. <\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-medium is-resized\"><img decoding=\"async\" width=\"530\" height=\"269\" src=\"https:\/\/hyperbate.fr\/dernier\/files\/2020\/06\/kidy_1997_2rebels-530x269.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-40041\" style=\"width:530px\"\/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Jean-Fran\u00e7ois Rey \u00e9tait encore \u00e9tudiant, en 1997n lorsque son travail est entr\u00e9 au catalogue de la turbulente fonderie 2rebels, ici avec la typographie <em>Kidy<\/em>.<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L&rsquo;id\u00e9e de cette exposition remonte \u00e0 quelques ann\u00e9es. Je m&rsquo;\u00e9tais dit, pour l&rsquo;avoir suivi pendant deux d\u00e9cennies, qu&rsquo;il serait bel et bon de mettre en lumi\u00e8re le travail de typographe de Jean-Fran\u00e7ois, soit sous forme de livre, soit sous forme d&rsquo;exposition, enfin je ne savais pas trop mais j&rsquo;\u00e9tais certain qu&rsquo;il fallait faire quelque chose de cet \u0153uvre singuli\u00e8re. J&rsquo;en ai parl\u00e9 \u00e0 deux amis : Thierry Smolderen, sc\u00e9nariste, th\u00e9oricien de la bande dessin\u00e9e et enseignant \u00e0 l&rsquo;\u00e9cole d&rsquo;art d&rsquo;Angoul\u00eame, et Jean-Michel G\u00e9ridan, qui \u00e9tait alors directeur de l&rsquo;\u00e9cole d&rsquo;art de Cambrai (cadre dans lequel, \u00e0 c\u00f4t\u00e9 des questions p\u00e9dagogiques, il produisait des expositions et des publications). L&rsquo;un et l&rsquo;autre ont trouv\u00e9 l&rsquo;id\u00e9e tr\u00e8s bonne et m&rsquo;ont sugg\u00e9r\u00e9 des pistes, et puis le projet est retourn\u00e9 dans le tiroir \u00e0 id\u00e9es. Un an ou deux plus tard, Jean-Michel est devenu directeur du Centre national du graphisme, et il m&rsquo;a propos\u00e9 d&rsquo;organiser l&rsquo;exposition dans ce cadre. Qu&rsquo;il en soit remerci\u00e9, comme bien entendu Jean-Fran\u00e7ois Rey \u2014  qu&rsquo;il a fallu convaincre, mais qui, je crois, en a profit\u00e9 pour porter un regard r\u00e9trospectif sur cet aspect de son travail \u2014 , et comme l&rsquo;\u00e9quipe du Signe, notamment Clo\u00e9 Caisman, Justine Fuzellier, Virginie Guillaume et Mariina Bakic. Enfin, j&rsquo;en profite pour saluer et remercier les auteurs et les \u00e9diteurs qui nous ont autoris\u00e9 \u00e0 reproduire leurs \u0153uvres, et ceux qui ont accept\u00e9 de se faire filmer.<\/p>\n<ol class=\"footnotes\"><li id=\"footnote_1_39919\" class=\"footnote\">Sur le lettrage en bande dessin\u00e9e, on peut lire aussi deux textes G\u00e9rard Blanchard, qui datent d&rsquo;avant l&rsquo;\u00e8re du graphisme \u00e0 l&rsquo;\u00e9cran : <em>Esartinuloc ou les alphabets de la bande dessin\u00e9e<\/em>, dans Communications et langages #26 -1975 ; <em>Lettrage en bande dessin\u00e9e<\/em>, dans Communications et langages #64, 1985.<br>Enfin, dans la revue Azimuts #48-49 (2018), on peut lire <em>Gala de Glyphes \u00e0 gogo<\/em>, un entretien avec des membres du studio Speculoos qui adaptent les diff\u00e9rents lettrages d&rsquo;Andr\u00e9 Franquin sous forme de typographies num\u00e9riques. <span class=\"footnote-back-link-wrapper\"> [<a href=\"#identifier_1_39919\" class=\"footnote-link footnote-back-link\">&#8617;<\/a>]<\/span><\/li><li id=\"footnote_2_39919\" class=\"footnote\">Par Laurent Gerbier, lire : <em><a rel=\"noreferrer noopener\" aria-label=\"Le trait et la lettre. Apologie subjective du lettrage manuel (s\u2019ouvre dans un nouvel onglet)\" href=\"https:\/\/journals.openedition.org\/comicalites\/1202?lang=en\" target=\"_blank\">Le trait et la lettre. Apologie subjective du lettrage manuel<\/a><\/em>, Comicalit\u00e9s 2012 et <em><a rel=\"noreferrer noopener\" aria-label=\"Lettrage (s\u2019ouvre dans un nouvel onglet)\" href=\"http:\/\/neuviemeart.citebd.org\/spip.php?article1171\" target=\"_blank\">Lettrage<\/a><\/em>, Neuvi\u00e8me art 2017. <span class=\"footnote-back-link-wrapper\"> [<a href=\"#identifier_2_39919\" class=\"footnote-link footnote-back-link\">&#8617;<\/a>]<\/span><\/li><li id=\"footnote_3_39919\" class=\"footnote\">De Gaby Bazin : <em><a rel=\"noreferrer noopener\" aria-label=\"Lettrages et Phylact\u00e8res (s\u2019ouvre dans un nouvel onglet)\" href=\"https:\/\/www.adverbum.fr\/atelier-perrousseaux\/gaby-bazin\/lettrages-et-phylacteres_7hm5itpweg0t.html\" target=\"_blank\">Lettrages et Phylact\u00e8res<\/a><\/em>, chez \u00e9d. Atelier Perrousseaux, 2019. <span class=\"footnote-back-link-wrapper\"> [<a href=\"#identifier_3_39919\" class=\"footnote-link footnote-back-link\">&#8617;<\/a>]<\/span><\/li><li id=\"footnote_4_39919\" class=\"footnote\"><em>\u00ab\u00a0Pourtant ces d\u00e9fauts ne sont pas propres \u00e0 la typographie m\u00e9canique en elle-m\u00eame, mais seulement \u00e0 son application b\u00e2cl\u00e9e ou irr\u00e9fl\u00e9chie. Un exemple le montre bien : celui de Robert Crumb. Le lettrage de Crumb est une prouesse d\u2019\u00e9quilibre entre la singularit\u00e9 de la main et la r\u00e9gularit\u00e9 du module (&#8230;) Lorsque les \u00e9ditions Corn\u00e9lius ont entrepris de traduire les \u0153uvres de Crumb, elles ont cr\u00e9\u00e9 quatre familles typographiques dans lesquelles chaque caract\u00e8re est repr\u00e9sent\u00e9 \u00e0 son tour par quatre glyphes subtilement diff\u00e9rents ; l\u2019ensemble a ensuite \u00e9t\u00e9 agenc\u00e9 caract\u00e8re par caract\u00e8re, pour obtenir des variations naturelles de l\u2019approche et de la ligne de base, et certains passages ont m\u00eame exig\u00e9 la num\u00e9risation de bulles ou de cartouches originaux lettre par lettre, pour recomposer ensuite le texte de la traduction \u00e0 partir de cet \u00ab alphabet crumbien \u00bb original. Le r\u00e9sultat est d\u2019une efficacit\u00e9 rigoureuse : la main n\u2019est presque jamais intervenue dans la composition du texte fran\u00e7ais, et pourtant l\u2019\u0153il se laisse parfaitement convaincre qu\u2019il a l\u00e0 les traces d\u2019un geste authentique.\u00a0\u00bb<\/em> &#8211; Laurent Gerbier, <em>Lettrage<\/em>, d\u00e9j\u00e0 cit\u00e9. <span class=\"footnote-back-link-wrapper\"> [<a href=\"#identifier_4_39919\" class=\"footnote-link footnote-back-link\">&#8617;<\/a>]<\/span><\/li><li id=\"footnote_5_39919\" class=\"footnote\">Fr\u00e9d\u00e9ric Pomier, <em>Comment lire la bande dessin\u00e9e<\/em>, Klincksieck, 2005, cit\u00e9 par Gaby Bazin. <span class=\"footnote-back-link-wrapper\"> [<a href=\"#identifier_5_39919\" class=\"footnote-link footnote-back-link\">&#8617;<\/a>]<\/span><\/li><li id=\"footnote_6_39919\" class=\"footnote\">David Turgeon, <em><a rel=\"noreferrer noopener\" aria-label=\"Le dessin dans l&apos;\u00e9criture (s\u2019ouvre dans un nouvel onglet)\" href=\"https:\/\/www.du9.org\/dossier\/dessin-dans-l-ecriture-le\/\" target=\"_blank\">Le dessin dans l&rsquo;\u00e9criture<\/a><\/em>, Du9 2011. <span class=\"footnote-back-link-wrapper\"> [<a href=\"#identifier_6_39919\" class=\"footnote-link footnote-back-link\">&#8617;<\/a>]<\/span><\/li><li id=\"footnote_7_39919\" class=\"footnote\">En bande dessin\u00e9e, on nomme r\u00e9citatifs les blocs de texte qui ne rel\u00e8vent pas des dialogues : <em>\u00ab\u00a0Pendant ce temps, au ch\u00e2teau de Moulinsart&#8230;\u00a0\u00bb<\/em>. <span class=\"footnote-back-link-wrapper\"> [<a href=\"#identifier_7_39919\" class=\"footnote-link footnote-back-link\">&#8617;<\/a>]<\/span><\/li><\/ol>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00c0 partir du 11 juillet prochain et jusques au 4 octobre se tient l&rsquo;exposition Jean-Fran\u00e7ois Rey, Typographie et bande dessin\u00e9e, au Centre national du graphisme (Le Signe), \u00e0 Chaumont. J&rsquo;ai l&rsquo;honneur d&rsquo;en \u00eatre commissaire.Je dois signaler ici qu&rsquo;il n&rsquo;y aura pas vraiment de vernissage le 11 juillet : cette date d&rsquo;inauguration a \u00e9t\u00e9 impos\u00e9e par [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[53,13],"tags":[],"class_list":["post-39919","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-bande-dessinee","category-design"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/hyperbate.fr\/dernier\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/39919","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/hyperbate.fr\/dernier\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/hyperbate.fr\/dernier\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/hyperbate.fr\/dernier\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/hyperbate.fr\/dernier\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=39919"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/hyperbate.fr\/dernier\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/39919\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":43378,"href":"https:\/\/hyperbate.fr\/dernier\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/39919\/revisions\/43378"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/hyperbate.fr\/dernier\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=39919"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/hyperbate.fr\/dernier\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=39919"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/hyperbate.fr\/dernier\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=39919"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}