{"id":351,"date":"2008-06-21T02:20:39","date_gmt":"2008-06-21T01:20:39","guid":{"rendered":"http:\/\/www.hyperbate.com\/dernier\/?p=351"},"modified":"2008-06-21T02:20:39","modified_gmt":"2008-06-21T01:20:39","slug":"temps-et-espace","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/hyperbate.fr\/dernier\/?p=351","title":{"rendered":"Temps et Espace"},"content":{"rendered":"<p><a href=\"http:\/\/www.ecrans.fr\/Vu-sur-le-www-Un-jeu-de-fleurs-un,4414.html\" target=\"_blank\">Rep\u00e9r\u00e9<\/a> par l&rsquo;\u00e9quipe d&rsquo;\u00c9crans, le tr\u00e8s int\u00e9ressant <a href=\"http:\/\/lala.cursivebuildings.com\/tagged\/loops\" target=\"_blank\">projet de Joshua Heineman<\/a>, qui cr\u00e9e des boucles rudimentaires \u00e0 partir de photographies anciennes extraite du fonds de la biblioth\u00e8que publique de New York. Tout n&rsquo;est pas bien expliqu\u00e9 mais il me semble avoir compris que Joshua Heineman monte des photographies st\u00e9r\u00e9oscopiques (prises par deux objectifs simultan\u00e9ment) sous formes d&rsquo;animations gif.<br \/>\nLe r\u00e9sultat est une sensation spatiale assez forte qui d\u00e9montre que le temps et le mouvement permettent d&rsquo;appr\u00e9hender l&rsquo;espace aussi bien que la vision st\u00e9r\u00e9oscopique. La magie du cin\u00e9ma repose en partie sur cette propri\u00e9t\u00e9, mais celle-ci est ici r\u00e9duite \u00e0 son minimum : deux images !<\/p>\n<p>J&rsquo;ai test\u00e9 la chose moi-m\u00eame sur une vieille antiquit\u00e9 st\u00e9r\u00e9ophotographique acquise au march\u00e9 de la photographie de Cormeilles-en-Parisis. Ce st\u00e9r\u00e9ogramme, sans doute issue d&rsquo;une s\u00e9rie de photos l\u00e9g\u00e8res, \u00e9tait intitul\u00e9 <em>\u00ab\u00a0Cherchant une position\u00a0\u00bb<\/em>.<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" src=\"\/dernier\/files\/2008\/06\/stereoscopie_530.gif\" alt=\"\" \/><\/p>\n<p>C&rsquo;est un peu l&rsquo;expression la plus rudimentaire possible du \u00ab\u00a0<em>bullet time\u00a0\u00bb<\/em>, tr\u00e8s \u00e0 la mode dans les films d&rsquo;action (<em>Matrix<\/em>, par exemple), o\u00f9 une m\u00eame sc\u00e8ne est photographi\u00e9e simultan\u00e9ment par un certain nombre d&rsquo;appareils dispos\u00e9s r\u00e9guli\u00e8rement autour du sujet. Les photographies, une fois mont\u00e9e en film, transforment le d\u00e9placement spatial en temps. Dans certains cas, les photographies ne sont pas prises simultan\u00e9ment mais \u00e0 un intervalle r\u00e9gulier plus ou moins rapide (g\u00e9n\u00e9ralement extr\u00e8mement rapide) qui permet de faire se d\u00e9placer la prise de vue autour d&rsquo;une action ralentie \u00e0 l&rsquo;extr\u00eame plut\u00f4t que fig\u00e9e.<\/p>\n<p>Le proc\u00e9d\u00e9 semble avoir \u00e9t\u00e9 invent\u00e9 (ou utilis\u00e9 pour la premi\u00e8re fois dans un but esth\u00e9tique) par l&rsquo;artiste Emmanuel Carlier avec son \u0153uvre <em>Temps Mort<\/em>, pr\u00e9sent\u00e9e dans le cadre de la troisi\u00e8me biennale de Lyon en 1995. On a d&rsquo;ailleurs parl\u00e9 d&rsquo;un <em>\u00ab\u00a0effet temps mort<\/em>\u00a0\u00bb avant de parler de <em>\u00ab\u00a0bullet time\u00a0\u00bb<\/em>. Le nom <em>\u00ab\u00a0bullet time\u00a0\u00bb<\/em> (le temps d&rsquo;une balle), qui est une marque d\u00e9pos\u00e9e par Warner, a semble-t-il \u00e9t\u00e9 invent\u00e9 par les fr\u00e8res Warshowski (<em>Matrix<\/em>) et se justifie par le grand nombre de fois o\u00f9 ce type d&rsquo;animation a \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9e pour montrer des balles de revolver au ralenti (Matrix, Blade, Buffy, Smallville) \u2014 bien que souvent les balles comme leur d\u00e9placement dans l&rsquo;air sont r\u00e9alis\u00e9s en 3D. Quel que soit le moyen, l&rsquo;id\u00e9e de montrer des balles au ralenti n&rsquo;est pas neuve ainsi que le prouve <a href=\"http:\/\/www.youtube.com\/watch?v=V30oRuE-tXQ\" target=\"_blank\">cet extrait<\/a> de l&rsquo;obscur film d&rsquo;action americano-sud-africain <a href=\"http:\/\/www.youtube.com\/watch?v=V30oRuE-tXQ\" target=\"_blank\"><em>Kill and Kill again<\/em><\/a> (1981).<br \/>\nLes premi\u00e8res images arr\u00eat\u00e9es de type <em>\u00ab\u00a0bullet time\u00a0\u00bb<\/em>, tr\u00e8s spectaculaires, mettaient en sc\u00e8ne des personnes et des accessoires qu&rsquo;on ne peut pas facilement observer \u00e0 l&rsquo;arr\u00eat dans l&rsquo;espace, comme un jet d&rsquo;eau ou une projection de farine.<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/www.nanarland.com\/glossaire-definition-211-B-comme-bullet-time.html\"><img decoding=\"async\" src=\"\/dernier\/files\/2008\/06\/emmanuel_carlier_temps_mort.jpg\" alt=\"\" \/><\/a><\/p>\n<p>Le syst\u00e8me a \u00e9t\u00e9 r\u00e9utilis\u00e9 par Michel Gondry, dans son clip \u00ab\u00a0Like a rolling stone\u00a0\u00bb et pour une publicit\u00e9 Smirnoff, notamment. Interview\u00e9 sur le CDrom de la 3e Biennale de Lyon, Emmanuel Carlier se r\u00e9f\u00e8re explicitement \u00e0 Muybridge, ce photographe britannique \u00e9tabli aux \u00c9tats-Unis qui a lui aussi \u00e0 sa mani\u00e8re \u00ab\u00a0arr\u00eat\u00e9 le temps\u00a0\u00bb \u2014 et pratiquement invent\u00e9 le cin\u00e9ma \u2014  pour aider Leland Stanford, ancien gouverneur de Californie (qui a par la suite donn\u00e9 son nom \u00e0 l&rsquo;Universit\u00e9 de Stanford) \u00e0 v\u00e9rifier si pendant leur galop, les chevaux touchaient terre ou non. Le syst\u00e8me mis au point par Muybridge entre 1872 et 1878  \u00e9tait relativement complexe : des appareils photographiques \u00e9taient dispos\u00e9s sur le bord d&rsquo;une piste. Lorsque le cheval passait devant l&rsquo;un d&rsquo;eux, il cassait une ficelle, ce qui d\u00e9clenchait la prise de vue. Mais c&rsquo;\u00e9tait loin d&rsquo;\u00eatre simple : pour prendre des photographies instantan\u00e9es dans les ann\u00e9es 1870, il fallait utiliser une \u00e9mulsion humide (collodion humide) qui devait \u00eatre pr\u00e9par\u00e9e dans les minutes pr\u00e9c\u00e9dant la prise de vue. Chaque appareil de prise de vue se trouvait donc \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur d&rsquo;une chambre noire o\u00f9 un op\u00e9rateur attendait un coup de sifflet pour fabriquer l&rsquo;\u00e9mulsion et pr\u00e9parer la prise de vue. Lorsque la qualit\u00e9 des ficelles utilis\u00e9es \u00e9tait mal choisie, les chevaux au galop entra\u00eenaient avec eux les cabines, les appareils et les op\u00e9rateurs.<br \/>\nL&rsquo;existence de Muybridge est un v\u00e9ritable roman (du reste Philipp Glass en a tir\u00e9 un op\u00e9ra en 1982, <em>The Photographer<\/em>). Photographe itin\u00e9rant en Am\u00e9rique centrale ou dans des r\u00e9gions inhospitali\u00e8res des \u00c9tats-Unis, reporter des guerres indiennes pour le compte des chemins de fer, il a assassin\u00e9 l&rsquo;amant de son \u00e9pouse d&rsquo;un coup de revolver (son proc\u00e8s, financ\u00e9 par Stanford, a ralenti ses recherches mais il fut acquit\u00e9, la justice ayant estim\u00e9 son indignation l\u00e9gitime) et a fini par se brouiller avec son m\u00e9c\u00e8ne car ce dernier avait publi\u00e9 un ouvrage compos\u00e9 de gravures et consacr\u00e9 \u00e0 la course des chevaux, qui ne rendait pas justice au travail de Muybridge. Les photographies de Muybridge ont connu un succ\u00e8s rapide dans le monde entier, notamment aupr\u00e8s des scientifiques. Les peintres pr\u00e9tendaient que la photographie voyait faux.<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" src=\"\/dernier\/files\/2008\/06\/muybridge.gif\" alt=\"\" \/><\/p>\n<p>Les travaux de Muybridge et de Stanford avaient \u00e9t\u00e9 inspir\u00e9s par ceux d&rsquo;un physiologiste fran\u00e7ais, \u00c9tienne-Jules Marey. Les histoires simplifi\u00e9es de la photographie ou du cin\u00e9ma disent souvent que c&rsquo;est le contraire qui s&rsquo;est pass\u00e9, c&rsquo;est \u00e0 dire que Marey a \u00e9t\u00e9 influenc\u00e9 par Muybridge. Les deux sont en fait exacts. Marey avait mis au point un proc\u00e9d\u00e9 non-photographique pour analyser le rythme du mouvement des animaux : un cylindre enduit de noir de fum\u00e9e \u00e9tait en mis en contact avec un stylet qui \u00e9crivait en fonction de certains param\u00e8tres, comme les traceurs d&rsquo;observation scientifique qui servent \u00e0 mesurer une donn\u00e9e dans le temps (\u00e9lectrocardiogramme, \u00e9lectroenc\u00e9phalogramme, hygrographe, sismographe,&#8230;) ou comme les premiers enregistrements sonores sur rouleaux de cire par Edison.<br \/>\nC&rsquo;est pr\u00e9cis\u00e9ment pour v\u00e9rifier la v\u00e9racit\u00e9 des observations de Marey que Muybridge et Stanford se sont lanc\u00e9s dans l&rsquo;aventure de la photographie de s\u00e9quences de mouvement.<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" src=\"\/dernier\/files\/2008\/06\/marey_1.gif\" alt=\"\" \/><\/p>\n<p>En 1882, alors que Muybridge effectue un s\u00e9jour en Europe, Marey d\u00e9couvre son travail et d\u00e9cide d&rsquo;utiliser la photographie \u00e0 son tour. Il perfectionne le revolver photographique de l&rsquo;astronome Jules Janssen, mis au point pour observer les phases de V\u00e9nus, et cr\u00e9e son \u00ab\u00a0fusil photographique\u00a0\u00bb qui est un peu la premi\u00e8re cam\u00e9ra de l&rsquo;histoire. Mais son invention la plus int\u00e9ressante est sans doute la chronophotographie (1882), bien plus simple que le syst\u00e8me de Muybridge : ici, une m\u00eame \u00e9mulsion photographique est impressionn\u00e9e plusieurs fois \u00e0 intervalle r\u00e9gulier par l&rsquo;ouverture d&rsquo;un obturateur rotatif. Les \u00e9tapes du mouvement se retrouvent donc m\u00eal\u00e9es sur une m\u00eame photographie.  L&rsquo;effet rendu est souvent assez beau, plastiquement parlant. Gr\u00e2ce aux progr\u00e8s des \u00e9mulsions photographiques (Marey utilise alors du g\u00e9latino bromure d&rsquo;argent, plus stable et plus facile \u00e0 manipuler que le collodion humide), il parvient \u00e0 faire des prises de vues tr\u00e8s rapides, allant jusqu&rsquo;\u00e0 une centaine de clich\u00e9s par seconde. Une telle pr\u00e9cision permettait de d\u00e9tailler et de comprendre le mouvement d&rsquo;une mani\u00e8re tout \u00e0 fait extraordinaire. Aujourd&rsquo;hui, pour \u00e9tudier de nombreux ph\u00e9nom\u00e8nes (impacts de gouttes d&rsquo;eau ou de balles, explosions, vol d&rsquo;insectes, etc.), les scientifiques ont recours au ralenti, selon des proc\u00e9d\u00e9s sans obturateur, de plus en plus rapides (jusqu&rsquo;\u00e0 plusieurs millions d&rsquo;images par seconde). \u00c0 ces vitesses, les sujets film\u00e9s doivent \u00eatre soumis \u00e0 des \u00e9clairages intenses. L&rsquo;imagerie scientifique utilise parfois aussi l&rsquo;acc\u00e9l\u00e9ration : filmer la croissance d&rsquo;une plante, sa rotation h\u00e9liotropique ou la putr\u00e9faction d&rsquo;un organisme \u00e0 une vitesse normale ne permet pas de produire un film passionnant ni m\u00eame signifiant, tandis que, \u00e0 une cadence d&rsquo;un clich\u00e9 par minute, ces ph\u00e9nom\u00e8nes deviennent extr\u00e8mement lisibles et int\u00e9ressants.<br \/>\nMarey a aussi utilis\u00e9 le stroboscope : l&rsquo;obturateur de l&rsquo;appareil photo reste ouvert et c&rsquo;est la source lumineuse qui est d\u00e9clench\u00e9e \u00e0 intervalle r\u00e9gulier. Il l&rsquo;a notamment fait pour des images d&rsquo;analyse de la course ou de la marche pour lesquelles les mod\u00e8les \u00e9taient v\u00eatus de noir mais dont les membres \u00e9taient marqu\u00e9s \u00e0 l&rsquo;aide de bandes blanches. On cherchait alors \u00e0 comprendre en quoi la marche des soldats allemands (qui avaient gagn\u00e9 la guerre de 1870) \u00e9tait sup\u00e9rieure \u00e0 celle des soldats fran\u00e7ais. Avec ce genre d&rsquo;image, nous sommes \u00e0 mi-chemin entre l&rsquo;art optique et le \u00ab\u00a0motion capture\u00a0\u00bb auquel ont recours les sp\u00e9cialistes de l&rsquo;animation en 3D.<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" src=\"\/dernier\/files\/2008\/06\/marey_2.gif\" alt=\"\" \/><\/p>\n<p>Les besoins de l&rsquo;observation scientifique ont jou\u00e9 un grand r\u00f4le dans l&rsquo;invention de toutes ces nouvelles images. En retour, de nombreux artistes se sont inspir\u00e9s de ces nouvelles mani\u00e8res d&rsquo;appr\u00e9hender le r\u00e9el : Marcel Duchamp et les Futuristes sont des r\u00e9f\u00e9rences \u00e9videntes \u00e0 ce sujet.<br \/>\nParmi les techniques de manipulation d&rsquo;images fixes dans le temps, on peut citer le stop-motion (animation image par image) qui n&rsquo;a pas d&rsquo;inventeur officiel \u00e0 ma connaissance, mais des r\u00e9alisations embl\u00e9matiques comme le <em>Neighbours <\/em>de Norman McLarren.<br \/>\nLes artistes vid\u00e9astes ou les artistes sp\u00e9cialistes des nouveaux m\u00e9dias ont eux aussi manipul\u00e9 le temps et le mouvement : Bill Viola, avec son \u00e9tirement du temps, et Jean-Louis Boissier, avec ses chronophotographies interactives, me semblent incontournables.<\/p>\n<p>Au cin\u00e9ma, enfin, le ralenti (diffuser les images moins rapidement qu&rsquo;elles n&rsquo;ont \u00e9t\u00e9 enregistr\u00e9es) fait partie du langage filmique depuis des d\u00e9c\u00e9nies. Cette technique a \u00e9t\u00e9 invent\u00e9e en 1904 par l&rsquo;autrichien August Musger. Mais il existe aussi une tradition d&rsquo;immobilit\u00e9 des sujets, ainsi que l&rsquo;a racont\u00e9 Caroline Chick lors de la journ\u00e9e d&rsquo;\u00e9tude Mobile-Immobile (8 mai 2008) \u00e0 l&rsquo;Universit\u00e9 Paris 8. Parmi les \u0153uvres cit\u00e9es, il y avait le <em>Paris qui dort<\/em> (1925), par Ren\u00e9 Clair, un film de science-fiction dans lequel un savant immobilise les parisiens \u00e0 l&rsquo;aide d&rsquo;un rayon capable de provoquer un tel r\u00e9sultat. Le gardien de nuit de la tour Eiffel, qui se trouvait hors de port\u00e9e du rayon, d\u00e9couvre une ville vide de vie, o\u00f9 chacun est immobile comme une statue. Tout en cherchant \u00e0 comprendre ce qu&rsquo;il se passe, il modifie l&rsquo;instant, par exemple en glissant un billet dans la main d&rsquo;un homme qui s&rsquo;appr\u00eate \u00e0 se suicider, o\u00f9 en d\u00e9robant \u00e0 un voleur l&rsquo;objet qu&rsquo;il vient de voler.<\/p>\n<p>Depuis <em>Paris qui dort<\/em>, le cin\u00e9ma a connu de nombreuses sc\u00e8nes de ce genre, o\u00f9 une intervention surnaturelle fige chacun dans sa positon et permet \u00e0 celui qui n&rsquo;est pas immobile de modifier l&rsquo;instant et donc de modifier le futur. Les films ou les s\u00e9ries qui ont recours \u00e0 la magie utilisent souvent l&rsquo;id\u00e9e du temps fig\u00e9, mais cela n&rsquo;est pas exclusif au fantastique, la science fiction s&rsquo;en sert aussi volontiers. Je me souviens par exemple d&rsquo;un \u00e9pisode de la s\u00e9rie <em>The Time Tunnel<\/em> (1966), o\u00f9 un homme prisonnier d&rsquo;une machine \u00e0 remonter le temps qui l&rsquo;exp\u00e9die d&rsquo;\u00e9poque en \u00e9poque, n&rsquo;arrive \u00e0 rejoindre son \u00e9poque que dans une temporalit\u00e9 fig\u00e9e, pour une raison que je serais bien incapable d&rsquo;expliquer aujourd&rsquo;hui et qui, je crois, \u00e9tait r\u00e9sum\u00e9e sous le nom d&rsquo;\u00e9clipse temporelle.<br \/>\nIl faut enfin citer l&rsquo;ann\u00e9e derni\u00e8re \u00e0 Marienbad, d&rsquo;Alain Resnais, film dont le mouvement est fait par la cam\u00e9ra et dans lequel les acteurs sont la plupart du temps fig\u00e9s.<\/p>\n<p>La ma\u00eetrise du d\u00e9filement du temps d&rsquo;enregistrements visuels ou sonores (ralenti, acc\u00e9l\u00e9ration, inversion, r\u00e9p\u00e9tition, boucle)  offre aux scientifiques comme aux artistes une boite-\u00e0-outils tout \u00e0 fait extraordinaire pour l&rsquo;\u00e9tude des ph\u00e9nom\u00e8nes physiques et biologiques tout autant que pour la cr\u00e9ation plastique.<\/p>\n<p>Voil\u00e0 qui nous a entra\u00een\u00e9s bien loin des boucles anim\u00e9es de deux images !<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Rep\u00e9r\u00e9 par l&rsquo;\u00e9quipe d&rsquo;\u00c9crans, le tr\u00e8s int\u00e9ressant projet de Joshua Heineman, qui cr\u00e9e des boucles rudimentaires \u00e0 partir de photographies anciennes extraite du fonds de la biblioth\u00e8que publique de New York. 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