{"id":33870,"date":"2015-06-10T00:56:34","date_gmt":"2015-06-09T22:56:34","guid":{"rendered":"http:\/\/hyperbate.fr\/dernier\/?p=33870"},"modified":"2026-04-04T14:18:08","modified_gmt":"2026-04-04T12:18:08","slug":"lyonel-feininger-sans-les-bulles","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/hyperbate.fr\/dernier\/?p=33870","title":{"rendered":"Lyonel Feininger, sans les bulles"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Avouons-le, je suis all\u00e9 voir l&rsquo;exposition <em><a href=\"http:\/\/www.muma-lehavre.fr\/fr\/expositions\/lyonel-feininger-larpenteur-du-monde\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Lyonel Feininger : l&rsquo;arpenteur du monde<\/a><\/em>, au <a href=\"http:\/\/www.muma-lehavre.fr\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Mus\u00e9e d&rsquo;art moderne du Havre<\/a>, dans l&rsquo;unique but de r\u00e2ler. Car avant m\u00eame d&rsquo;entrer, je savais ce que j&rsquo;y trouverais, ou plut\u00f4t, ce que je n&rsquo;y trouverais pas : les extraordinaires bandes dessin\u00e9es de Feininger.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image\"><img decoding=\"async\" width=\"530\" height=\"263\" src=\"\/dernier\/files\/2015\/06\/feininger_muma.jpg\" alt=\"feininger_muma\" class=\"wp-image-33929\"\/><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Lyonel Feininger (1871-1956) est un artiste relativement obscur de la premi\u00e8re moiti\u00e9 du XX<sup>e<\/sup> si\u00e8cle. Obscur, mais pas compl\u00e8tement inconnu, puisque&nbsp;li\u00e9 \u00e0 de nombreuses avant-gardes de son temps. N\u00e9 aux \u00c9tats-Unis dans une famille allemande, il est parti \u00e9tudier les arts (et notamment la musique&nbsp;\u2014 il est aussi compositeur)&nbsp;\u00e0 Berlin \u00e0 l&rsquo;\u00e2ge de dix-huit ans. Il a \u00e9t\u00e9 associ\u00e9 \u00e0 la <em>Berliner Secession<\/em>, aux groupes <em>Die Br\u00fccke<\/em>, <em>Novembergruppe<\/em>, <em>Gruppe 1919<\/em>, <em>Blaue Reiter<\/em> et <em>Blaue Vier<\/em>. Il a fr\u00e9quent\u00e9 la boh\u00e8me parisienne du caf\u00e9 <em>Le D\u00f4me<\/em>, notamment Jules Pascin et le critique et galeriste Wilhelm Uhde<sup><a href=\"#footnote_1_33870\" id=\"identifier_1_33870\" class=\"footnote-link footnote-identifier-link\" title=\"Premier mari de la future Sonia Delaunay,&nbsp;Uhde a &eacute;pous&eacute; Sarah\/Sonia Stern\/Delaunay pour cacher son homosexualit&eacute;, tandis que son &eacute;pouse l&rsquo;a fait pour&nbsp;&ecirc;tre naturalis&eacute;e fran&ccedil;aise.\">1<\/a><\/sup>. Il a fait partie de l&rsquo;\u00e9quipe fondatrice du Bahaus de Weimar, aux c\u00f4t\u00e9s de&nbsp;Johannes Itten, Gerhard Marcks et Walter Gropius. Il avait fait la connaissance de Gropius \u00e0 Berlin la m\u00eame ann\u00e9e au sein du <a href=\"http:\/\/Arbeitsrat f\u00fcr Kunst\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">conseil des travailleurs pour l&rsquo;art<\/a>, une association qui entendait r\u00e9concilier l&rsquo;art et le peuple. Premier professeur nomm\u00e9 au Bahaus, Feininger a d&rsquo;abord \u00e9t\u00e9 consid\u00e9r\u00e9 par les adversaires de la transformation de l&rsquo;\u00e9cole<sup><a href=\"#footnote_2_33870\" id=\"identifier_2_33870\" class=\"footnote-link footnote-identifier-link\" title=\"Le Bauhaus est n&eacute; de la fusion de l&rsquo;&eacute;cole des Beaux-Arts de Weimar et de l&rsquo;&eacute;cole des arts d&eacute;coratifs de Weimar, fond&eacute;e un peu moins de vingt &nbsp;ans plus t&ocirc;t par Henri Van de Velde, qui avait &eacute;t&eacute; forc&eacute; de quitter ses fonctions du fait de sa nationalit&eacute; belge.\">2<\/a><\/sup> comme une personnification de la d\u00e9cadence de l&rsquo;enseignement de l&rsquo;art (<em>\u00ab\u00a0un loup-garou\u00a0\u00bb<\/em>, a-t-il \u00e9crit), mais s&rsquo;est rapidement av\u00e9r\u00e9 \u00eatre un artiste assez traditionnel, qui comme Paul Klee \u00e9tait plut\u00f4t effray\u00e9 par le go\u00fbt des nouvelles technologies et&nbsp;l&rsquo;intellectualisme affich\u00e9s par&nbsp;L\u00e1szl\u00f3 Moholy-Nagy lorsque ce dernier a rejoint l&rsquo;\u00e9cole trois ans plus tard. Contrairement \u00e0 certains de ses coll\u00e8gues,&nbsp;Feininger&nbsp;n&rsquo;\u00e9tait pas un enseignant \u00ab\u00a0gourou\u00a0\u00bb, il ne cherchait pas \u00e0 imposer des id\u00e9es ou une esth\u00e9tique \u00e0 ses \u00e9tudiants, mais au contraire \u00e0 les aider \u00e0 tirer le meilleur de leur propre talent. Il a abandonn\u00e9&nbsp;la direction de l&rsquo;atelier d&rsquo;impression&nbsp;lorsque l&rsquo;\u00e9cole a d\u00e9m\u00e9nag\u00e9 \u00e0 Dessau mais a continu\u00e9 \u00e0 y intervenir r\u00e9guli\u00e8rement ensuite.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image alignnone size-full wp-image-33945\"><img decoding=\"async\" width=\"530\" height=\"216\" src=\"\/dernier\/files\/2015\/06\/feininger_bateaux.jpg\" alt=\"...\" class=\"wp-image-33945\"\/><figcaption class=\"wp-element-caption\">\u00e0 gauche, \u00ab\u00a0Flotte de guerre\u00a0\u00bb (1920). \u00c0 droite : \u00ab\u00a0Flotte hans\u00e9atique\u00a0\u00bb (1918).<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Feininger&nbsp;a eu l&rsquo;honneur amer de voir ses \u0153uvres figurer au catalogue de&nbsp;l&rsquo;exposition d&rsquo;\u00abart d\u00e9g\u00e9n\u00e9r\u00e9\u00bb, organis\u00e9e en 1937 par le r\u00e9gime nazi pour d\u00e9noncer l&rsquo;art moderne. Apr\u00e8s avoir fui l&rsquo;Allemagne pour retrouver son Am\u00e9rique natale, il a&nbsp;donn\u00e9 des cours au Black Mountain College puis au Mills College. Malgr\u00e9 un talent ind\u00e9niable, le nom de&nbsp;Lyonel Feininger est loin d&rsquo;avoir atteint la notori\u00e9t\u00e9 de ses camarades&nbsp;tels que Vassily Kandinsky, Paul Klee, Alexej von Jawlensky, Franz Marc et bien d&rsquo;autres. Retenu par l&rsquo;histoire de l&rsquo;art en tant que peintre et xylographe cubiste, dans la veine d&rsquo;un Robert Delaunay m\u00e2tin\u00e9 d&rsquo;expressionnisme, Feininger a une autre carri\u00e8re tout aussi passionnante. De 1893 \u00e0 1906, il a \u00e9t\u00e9&nbsp;dessinateur d&rsquo;humour pour diff\u00e9rents journaux : le <em>Harper&rsquo;s round table<\/em>, le <em>Harper&rsquo;s young people<\/em>,&nbsp;<em>Ulk,<\/em> le&nbsp;<em>Berliner Illustrierte Zeitung<\/em> et surtout, le&nbsp;<em>Lustige Bl\u00e4tter<\/em>.&nbsp;Il a \u00e9t\u00e9 un des dessinateurs d&rsquo;humour les plus en vue d&rsquo;Allemagne et aurait pu consacrer sa carri\u00e8re enti\u00e8re \u00e0 ce support, s&rsquo;il n&rsquo;avait \u00e9t\u00e9 frustr\u00e9 par le peu de soin avec lequel son travail \u00e9tait reproduit et par le fait que le propos de ses dessins lui \u00e9tait bien souvent impos\u00e9 par les r\u00e9dactions qui l&#8217;employaient.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image alignnone size-full wp-image-33936\"><img decoding=\"async\" width=\"530\" height=\"375\" src=\"\/dernier\/files\/2015\/06\/feininger_hautesmaisons_cathedrale.jpg\" alt=\"\u00e0 gauche, &quot;La Haute maison&quot; (1908), qui ressemble \u00e0 un dessin de Nicolas de Cr\u00e9cy. \u00c0 droite, &quot;Kathedrale&quot; (1919)\" class=\"wp-image-33936\"\/><figcaption class=\"wp-element-caption\">\u00e0 gauche,\u00a0\u00ab\u00a0Das Haue Haus\u00a0\u00bb (La Haute maison), encre de Chine et aquarelle de 1908. On pense \u00e0 un dessin de Nicolas de Cr\u00e9cy. \u00c0 droite, \u00ab\u00a0Kathedrale\u00a0\u00bb, une xylogravure utilis\u00e9e par Walter Gropius comme couverture pour le manifeste du Bauhaus, en 1919.<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">En 1906, alors qu&rsquo;un quart de la population de Chicago est originaire d&rsquo;Allemagne, le&nbsp;r\u00e9dacteur-en-chef du&nbsp;<em>Chicago Tribune<\/em><sup><a href=\"#footnote_3_33870\" id=\"identifier_3_33870\" class=\"footnote-link footnote-identifier-link\" title=\"Le Chicago Tribune &eacute;tait &agrave; l&rsquo;&eacute;poque un grand journal, mais ce n&rsquo;est que quelques ann&eacute;es plus tard que Joseph&nbsp;Medill-Patterson en fera un dangereux concurrent&nbsp;pour les publications Hearst, notamment gr&acirc;ce &agrave; la bande dessin&eacute;e : Gasoline Alley, Little Orphan Annie, Dick Tracy ou encore Terry and the pirates. Il publiait cependant d&eacute;j&agrave; le Buster Brown de Richard&nbsp;Felton Outcault, et la superbe et m&eacute;connue s&eacute;rie The Naps of Polly Sleepyhead, par Peter Newell. Pour l&rsquo;anecdote, signalons que&nbsp;James Keeley a fini par quitter le Tribune pour fonder son propre journal, le Chicago Herald (ult&eacute;rieurement rachet&eacute; par Randolf Hearst) o&ugrave; il sera notamment le d&eacute;couvreur d&rsquo;Elzie Crisler Segar, futur cr&eacute;ateur des aventures du marin Popeye.\">3<\/a><\/sup>, James Keeley, a traverser l&rsquo;Atlantique&nbsp;dans le but de trouver&nbsp;des auteurs allemands de talent \u00e0 publier. Dans ses valises, il reviendra en ayant sign\u00e9 des contrats&nbsp;avec <a href=\"https:\/\/www.lambiek.net\/artists\/p\/pommerhanz_karl.htm\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Karl Pommerhanz<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.lambiek.net\/artists\/s\/schramm_victor.htm\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Victor Schramm<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.lambiek.net\/artists\/m\/meggendorfer_lothar.htm\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Lothar Meggendorfer<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.lambiek.net\/artists\/v\/von-meissl_august.htm\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">August von Meissl<\/a>,&nbsp;<a href=\"https:\/\/www.lambiek.net\/artists\/h\/horina_hans.htm\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Hans Horina<\/a> et, sans doute le plus populaire de tous \u00e0 cette \u00e9poque,&nbsp;Feininger. La plupart de ces auteurs enverront leurs dessins depuis l&rsquo;Europe, c&rsquo;est le cas de Feininger qui travaillait \u00e0&nbsp;Paris, o\u00f9 il \u00e9tait venu \u00e9tudier la sculpture, \u00e0 l&rsquo;\u00e2ge de trente-cinq ans, et collaborait au <em>T\u00e9moin<\/em>, revue cocardi\u00e8re anti-communiste et anti-am\u00e9ricaine&nbsp;fond\u00e9e par le dessinateur Paul Iribe.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">En&nbsp;1906 et 1907, Feininger a publi\u00e9 deux s\u00e9ries dominicales en grand format et en couleurs \u00e0 la mani\u00e8re du&nbsp;<em>Little Nemo<\/em> de Winsor McCay&nbsp;(1905)&nbsp;:&nbsp;<em>Kin-der-Kids<\/em>&nbsp;et <em>Wee Willie Winkies&rsquo;s World<\/em>. Et c&rsquo;est l\u00e0 qu&rsquo;il m&rsquo;int\u00e9resse. Et c&rsquo;est le point aveugle de l&rsquo;exposition.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image\"><img decoding=\"async\" width=\"530\" height=\"760\" src=\"\/dernier\/files\/2015\/06\/kin-der-kids.jpg\" alt=\"kin-der-kids\" class=\"wp-image-33904\"\/><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Dans <em>Kin-der-Kids<\/em>, trois enfants (un surdou\u00e9, un sportif et un gourmand) partent faire le tour du monde dans une baignoire, poursuivis par une tante qui veut leur faire avaler de l&rsquo;huile de ricin, mais prot\u00e9g\u00e9s par&nbsp;<em>Mysterious Pete<\/em>, un \u00e9trange personnage qui appara\u00eet toujours \u00e0 temps&nbsp;pour sauver la famille Kin-der des p\u00e9rils qui la guettent.&nbsp;Les planches sont somptueuses, on sent une forte influence des <em>Katzenjammer kids<\/em> de Dirks<sup><a href=\"#footnote_4_33870\" id=\"identifier_4_33870\" class=\"footnote-link footnote-identifier-link\" title=\"Connue en France sous le nom Pim Pam Poum, la&nbsp;s&eacute;rie Katzenjammer kids&nbsp;est n&eacute;e en 1897 et para&icirc;t toujours, pr&egrave;s de cent-vingt ans plus tard, ce qui constitue&nbsp;un record absolu de long&eacute;vit&eacute; dans le domaine. Son auteur, Rudolf Dirks, &eacute;tait originaire d&rsquo;Allemagne et s&rsquo;inspirait clairement du Max und Moritz&nbsp;(1865) de&nbsp;son compatriote&nbsp;Wilhelm Bush.\">4<\/a><\/sup> autant que du <em>Yellow Kid<\/em> d&rsquo;Outcault.&nbsp;La s\u00e9rie s&rsquo;interrompra brusquement apr\u00e8s trente pages,&nbsp;apparemment pour une sombre question de contrat<sup><a href=\"#footnote_5_33870\" id=\"identifier_5_33870\" class=\"footnote-link footnote-identifier-link\" title=\"cf.&nbsp;Une Aventure inachev&eacute;e, par Jean-Claude Glasser, dans 9e Art #10 (Avril 2004), p.21.\">5<\/a><\/sup>.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image\"><img decoding=\"async\" width=\"530\" height=\"459\" src=\"\/dernier\/files\/2015\/06\/wee_willie_winkie_2.jpg\" alt=\"wee_willie_winkie_2\" class=\"wp-image-33924\"\/><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Si ces planches sont dr\u00f4les et belles, celles de&nbsp;<em>Wee Willie Winkie&rsquo;s World<\/em>&nbsp;sont bien plus originales. Le nom de Wee Willie Winkie est issu d&rsquo;une comptine \u00e9cossaise de 1841, dans laquelle un petit gar\u00e7on en chemise&nbsp;de nuit parcourt la ville \u00e0 huit heures du soir et frappe aux portes pour demander si les enfants sont bien couch\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ici, Wee Willie Winkie porte la blouse et le chapeau de marin typique des enfants bourgeois de l&rsquo;\u00e9poque, et il parcourt en solitaire un monde onirique o\u00f9 les humains passent comme des ombres mais o\u00f9 tous les objets ont un visage et des expressions : les arbres ont un visage, le soleil a un visage, les maisons ont un visage, les locomotives ou encore les falaises ont un visage. Le sous-titre du premier \u00e9pisode est : <em>How things looked to Wee Willie Winkie<\/em> \u2014 \u00e0 quoi&nbsp;les choses ressemblaient pour Wee Willie Winkie. Le dessin nous livre le regard fantaisiste d&rsquo;un enfant que les objets, eux-m\u00eames, regardent.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image\"><img decoding=\"async\" width=\"530\" height=\"268\" src=\"\/dernier\/files\/2015\/06\/wee_willie_winkie_1.jpg\" alt=\"wee_willie_winkie_1\" class=\"wp-image-33916\"\/><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Citons Thierry Smolderen dans&nbsp;son formidable&nbsp;<em>Naissances de la bande dessin\u00e9e<\/em><sup><a href=\"#footnote_6_33870\" id=\"identifier_6_33870\" class=\"footnote-link footnote-identifier-link\" title=\"Naissances de la bande dessin&eacute;e, &eacute;d. Les Impressions nouvelles, 2009. Publi&eacute; aux &Eacute;tats-Unis sous le titre&nbsp;The Origins of Comics: From William Hogarth to Winsor McCay, ce livre est nomm&eacute; aux prestigieux Eisner Awards dans la cat&eacute;gorie Educational\/Academic work.\">6<\/a><\/sup> :<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote extrait_Livre is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em>Wee Willie Winkie&rsquo;s World<\/em> d\u00e9veloppe une merveilleuse interrogation sur le monde des formes naturelles et laisse entrevoir des pistes \u00ab\u00a0non cin\u00e9matographiques\u00a0\u00bb (malheureusement abandonn\u00e9es) pour la bande dessin\u00e9e europ\u00e9enne de l&rsquo;\u00e9poque.<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L&rsquo;inventivit\u00e9 formelle de Feininger explose&nbsp;dans cette s\u00e9rie pleine de po\u00e9sie. L&rsquo;ann\u00e9e suivante, il abandonnera non seulement la bande dessin\u00e9e, mais aussi le dessin d&rsquo;humour, pour embrasser la carri\u00e8re de peintre et de graveur qui l&rsquo;a rendu c\u00e9l\u00e8bre jusqu&rsquo;aujourd&rsquo;hui. Il n&rsquo;est pas interdit de penser que la carri\u00e8re d&rsquo;auteur de bande dessin\u00e9e de Feininger n&rsquo;a pas \u00e9t\u00e9 une simple parenth\u00e8se, mais a \u00e9t\u00e9 d\u00e9terminante dans la constitution de son \u0153uvre ult\u00e9rieure.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image\"><img decoding=\"async\" width=\"530\" height=\"161\" src=\"\/dernier\/files\/2015\/06\/wee_willie_winkie_3.jpg\" alt=\"wee_willie_winkie_3\" class=\"wp-image-33927\"\/><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L&rsquo;histoire de la bande dessin\u00e9e n&rsquo;a, pour autant que je sache, pas sp\u00e9cialement \u00e9tabli l&rsquo;influence directe des bandes dessin\u00e9es de Feininger sur des auteurs de films d&rsquo;animation tels que Walt Disney&nbsp;ou Leon Schlesinger. Les <em>Silly Symphonies<\/em> du premier et les <em>Merrie Melodies<\/em> du second pr\u00e9sentent de mani\u00e8re r\u00e9currente des objets \u00ab\u00a0vivants\u00a0\u00bb : arbres, nuages, et bien entendu v\u00e9hicules, comme dans les&nbsp;classiques&nbsp;<em>Streamlined Greta Green<\/em> (Warner 1937) et <em>Little Toot<\/em> (Disney 1942).&nbsp;Disney est n\u00e9 \u00e0 Chicago, mais a quitt\u00e9 la ville \u00e0 l&rsquo;\u00e2ge de quatre ans en 1906, l&rsquo;ann\u00e9e pr\u00e9cise de la cr\u00e9ation des <em>Kin-der-Kids<\/em>, pour n&rsquo;y revenir qu&rsquo;en 1917. Quant au <em>Tribune<\/em>, ce n&rsquo;\u00e9tait que le troisi\u00e8me quotidien de Chicago en termes de diffusion, son suppl\u00e9ment dominical n&rsquo;a pas connu le succ\u00e8s voulu, et Feininger n&rsquo;y a \u00e9t\u00e9 publi\u00e9 que deux ans, peut-\u00eatre est-il pass\u00e9 \u00e0 peu pr\u00e8s&nbsp;inaper\u00e7u \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image alignnone size-full wp-image-33911\"><img decoding=\"async\" width=\"530\" height=\"306\" src=\"\/dernier\/files\/2015\/06\/feininger_lettres.jpg\" alt=\"...\" class=\"wp-image-33911\"\/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Le catalogue de l&rsquo;exposition au MuMa r\u00e9sume l&rsquo;incursion de Feiniger dans la bande dessin\u00e9e \u00e0 un accident li\u00e9 aux contingences. Pourtant, l&rsquo;\u00e9tude de sa correspondance de la fin des ann\u00e9es 1880, soit quinze ans plus t\u00f4t, montre un jeune homme d\u00e9j\u00e0 amateur de dessin narratif, sans doute nettement influenc\u00e9 par le\u00a0travail de Wilhelm Busch.<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Il faut admettre&nbsp;que sa notori\u00e9t\u00e9 en tant qu&rsquo;auteur de bande dessin\u00e9e reste bien discr\u00e8te aujourd&rsquo;hui encore, et pas seulement au mus\u00e9e. En France, Pierre Horay a publi\u00e9 un grand album en 1974, assorti d&rsquo;une courte&nbsp;pr\u00e9face&nbsp;de&nbsp;Claude Moliterni (traduit de l&rsquo;italien, est-il pr\u00e9cis\u00e9, quoique l&rsquo;on ne sache pas de quel ouvrage ou quelle revue a \u00e9t\u00e9 extrait ce texte dont l&rsquo;auteur \u00e9tait pourtant bien fran\u00e7ais), et l&rsquo;histoire s&rsquo;arr\u00eate l\u00e0. Il existe des \u00e9ditions des <em>Kin-der-Kids<\/em> et de <em>Wee Willie Winkie<\/em> en Allemagne (Melzer, 1975) ou aux \u00c9tats-Unis (Dover 1980, Kitchen sink 1994, Fantagraphics 2007).<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image alignnone size-full wp-image-33943\"><img decoding=\"async\" width=\"530\" height=\"347\" src=\"\/dernier\/files\/2015\/06\/feininger_st_michel_Gelmeroda.jpg\" alt=\"\u00e0 gauche, \" class=\"wp-image-33943\"\/><figcaption class=\"wp-element-caption\">\u00e0 gauche, \u00ab\u00a0Types urbains\u00a0II\u00a0\u00bb (1908). \u00c0 gauche, \u00ab\u00a0Gelmeroda\u00a0\u00bb\u00a0(1920) &#8211; Gelmeroda est un quartier de la ville de Weimar.<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L&rsquo;exposition du Mus\u00e9e Malraux<sup><a href=\"#footnote_7_33870\" id=\"identifier_7_33870\" class=\"footnote-link footnote-identifier-link\" title=\"M&ecirc;me si l&rsquo;on n&rsquo;y voit quasiment aucune peinture, Feininger : l&rsquo;arpenteur du monde&nbsp;est la premi&egrave;re exposition d&rsquo;envergure consacr&eacute;e &agrave; l&rsquo;artiste. Il&nbsp;s&rsquo;est par ailleurs vu consacrer une importante r&eacute;trospective en 1944, de son vivant, au MoMa, puis tout r&eacute;cemment, en 2011-2012, au Whitney, toujours &agrave; New York, puis&nbsp;au mus&eacute;e des Beaux-Arts de Montr&eacute;al.\">7<\/a><\/sup>, est tributaire du fonds qu&rsquo;a fourni un collectionneur (qui n&rsquo;est pas nomm\u00e9, me semble-t-il), lequel&nbsp;couvre principalement l&rsquo;\u0153uvre graphique de Feininger sur une p\u00e9riode comprise pour l&rsquo;essentiel entre 1907 et 1949. Il n&rsquo;est pas \u00e9tonnant que l&rsquo;on n&rsquo;y voie pas expos\u00e9es les <em>Sunday strips<\/em> de Feininger, mais il est dommage que ceux-ci ne soient m\u00eame pas \u00e9voqu\u00e9s. En effet, les textes p\u00e9dagogiques qui \u00e9tablissent la chronologie de la biographie de l&rsquo;artiste se bornent \u00e0 dire qu&rsquo;il fr\u00e9quentait les caf\u00e9s de Montparnasse en 1906 et qu&rsquo;il a peint son premier tableau en 1907. Le catalogue passe tr\u00e8s vite sur la question.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00c0 l&rsquo;entr\u00e9e de l&rsquo;exposition, se trouve un petit espace p\u00e9dagogique o\u00f9 les enfants peuvent admirer&nbsp;une presse \u00e0 xylographie, voir \u00e0 quoi ressemblent les instruments du graveur, manipuler des jouets inspir\u00e9s de l&rsquo;\u0153uvre de Feininger (qui en a lui-m\u00eame cr\u00e9\u00e9s, d&rsquo;ailleurs) et feuilleter quelques catalogues et quelques ouvrages critiques parmi lesquels le <em>Feininger<\/em> \u00e9dit\u00e9 par Horay il y a quarante ans.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image\"><img decoding=\"async\" width=\"530\" height=\"265\" src=\"\/dernier\/files\/2015\/06\/feininger_bd.jpg\" alt=\"feininger_bd\" class=\"wp-image-33947\"\/><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">On peut y feuilleter le catalogue de la r\u00e9trospective am\u00e9ricaine r\u00e9cente \u2014 qui n&rsquo;a pas peur de consacrer de nombreuses pages \u00e0 la bande dessin\u00e9e. On trouve aussi le num\u00e9ro&nbsp;10&nbsp;de la revue <em>9e Art<\/em>, qui contient un bel article sur Feininger, mais aussi&nbsp;l&rsquo;album <em>La fille pench\u00e9e<\/em>, par Schuiten et Peeters. Je ne voyais pas bien le rapport, mais je lis dans le document&nbsp;de pr\u00e9sentation de l&rsquo;exposition que les auteurs des <em>Cit\u00e9s obscures<\/em>&nbsp;(dont on r\u00eaverait qu&rsquo;ils s&rsquo;int\u00e9ress\u00e2ssent au Havre d&rsquo;Auguste Perret) sont invit\u00e9s \u00e0 rencontrer le public du mus\u00e9e car leur travail&nbsp;<em>\u00ab\u00a0a pour point commun avec l\u2019\u0153uvre de Lyonel Feininger l\u2019attrait pour le monde urbain, le go\u00fbt du dessin&#8230;\u00a0\u00bb<\/em>. Hmmm. Certes.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter\"><img decoding=\"async\" width=\"267\" height=\"267\" src=\"\/dernier\/files\/2015\/06\/wee_willie_winkie_soleil.png\" alt=\"wee_willie_winkie_soleil\" class=\"wp-image-33952\" srcset=\"https:\/\/hyperbate.fr\/dernier\/files\/2015\/06\/wee_willie_winkie_soleil.png 267w, https:\/\/hyperbate.fr\/dernier\/files\/2015\/06\/wee_willie_winkie_soleil-180x180.png 180w\" sizes=\"(max-width: 267px) 100vw, 267px\" \/><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Bien entendu, cette exposition est utile et m\u00eame, importante. On y voit des pi\u00e8ces grav\u00e9es superbes&nbsp;et, \u00e0 mon go\u00fbt, plus int\u00e9ressantes que les toiles du m\u00eame auteur. Mais j&rsquo;ai peur que le traitement qui y est fait de la bande dessin\u00e9e ne soit un \u00e9ni\u00e8me sympt\u00f4me du terrible embarras que ce m\u00e9dium suscite dans le monde de la culture cultiv\u00e9e.<\/p>\n<ol class=\"footnotes\"><li id=\"footnote_1_33870\" class=\"footnote\">Premier mari de la future Sonia Delaunay,&nbsp;Uhde a \u00e9pous\u00e9 Sarah\/Sonia Stern\/Delaunay pour cacher son homosexualit\u00e9, tandis que son \u00e9pouse l&rsquo;a fait pour&nbsp;\u00eatre naturalis\u00e9e fran\u00e7aise.<span class=\"footnote-back-link-wrapper\"> [<a href=\"#identifier_1_33870\" class=\"footnote-link footnote-back-link\">&#8617;<\/a>]<\/span><\/li><li id=\"footnote_2_33870\" class=\"footnote\">Le Bauhaus est n\u00e9 de la fusion de l&rsquo;\u00e9cole des Beaux-Arts de Weimar et de l&rsquo;\u00e9cole des arts d\u00e9coratifs de Weimar, fond\u00e9e un peu moins de vingt &nbsp;ans plus t\u00f4t par Henri Van de Velde, qui avait \u00e9t\u00e9 forc\u00e9 de quitter ses fonctions du fait de sa nationalit\u00e9 belge.<span class=\"footnote-back-link-wrapper\"> [<a href=\"#identifier_2_33870\" class=\"footnote-link footnote-back-link\">&#8617;<\/a>]<\/span><\/li><li id=\"footnote_3_33870\" class=\"footnote\">Le <em>Chicago Tribune<\/em> \u00e9tait \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque un grand journal, mais ce n&rsquo;est que quelques ann\u00e9es plus tard que Joseph&nbsp;Medill-Patterson en fera un dangereux concurrent&nbsp;pour les publications Hearst, notamment gr\u00e2ce \u00e0 la bande dessin\u00e9e : <em>Gasoline Alley<\/em>, <em>Little Orphan Annie<\/em>,<em> Dick Tracy<\/em> ou encore <em>Terry and the pirates<\/em>. Il publiait cependant d\u00e9j\u00e0 le <em>Buster Brown<\/em> de Richard&nbsp;Felton Outcault, et la superbe et m\u00e9connue s\u00e9rie <em>The Naps of Polly Sleepyhead<\/em>, par Peter Newell. Pour l&rsquo;anecdote, signalons que&nbsp;James Keeley a fini par quitter le Tribune pour fonder son propre journal, le <em>Chicago Herald<\/em> (ult\u00e9rieurement rachet\u00e9 par Randolf Hearst) o\u00f9 il sera notamment le d\u00e9couvreur d&rsquo;Elzie Crisler Segar, futur cr\u00e9ateur des aventures du marin Popeye.<span class=\"footnote-back-link-wrapper\"> [<a href=\"#identifier_3_33870\" class=\"footnote-link footnote-back-link\">&#8617;<\/a>]<\/span><\/li><li id=\"footnote_4_33870\" class=\"footnote\">Connue en France sous le nom <em>Pim Pam Poum<\/em>, la&nbsp;s\u00e9rie <em>Katzenjammer kids<\/em>&nbsp;est n\u00e9e en 1897 et para\u00eet toujours, pr\u00e8s de cent-vingt ans plus tard, ce qui constitue&nbsp;un record absolu de long\u00e9vit\u00e9 dans le domaine. Son auteur, Rudolf Dirks, \u00e9tait originaire d&rsquo;Allemagne et s&rsquo;inspirait clairement du <em>Max und Moritz<\/em>&nbsp;(1865) de&nbsp;son compatriote&nbsp;Wilhelm Bush.<span class=\"footnote-back-link-wrapper\"> [<a href=\"#identifier_4_33870\" class=\"footnote-link footnote-back-link\">&#8617;<\/a>]<\/span><\/li><li id=\"footnote_5_33870\" class=\"footnote\">cf.&nbsp;<em>Une Aventure inachev\u00e9e<\/em>, par Jean-Claude Glasser, dans<em> 9e Art<\/em> #10 (Avril 2004), p.21.<span class=\"footnote-back-link-wrapper\"> [<a href=\"#identifier_5_33870\" class=\"footnote-link footnote-back-link\">&#8617;<\/a>]<\/span><\/li><li id=\"footnote_6_33870\" class=\"footnote\"><em>Naissances de la bande dessin\u00e9e<\/em>, \u00e9d. Les Impressions nouvelles, 2009. Publi\u00e9 aux \u00c9tats-Unis sous le titre&nbsp;<em>The Origins of Comics: From William Hogarth to Winsor McCay<\/em>, ce livre est nomm\u00e9 aux prestigieux Eisner Awards dans la cat\u00e9gorie Educational\/Academic work.<span class=\"footnote-back-link-wrapper\"> [<a href=\"#identifier_6_33870\" class=\"footnote-link footnote-back-link\">&#8617;<\/a>]<\/span><\/li><li id=\"footnote_7_33870\" class=\"footnote\">M\u00eame si l&rsquo;on n&rsquo;y voit quasiment aucune peinture, <em>Feininger : l&rsquo;arpenteur du monde<\/em>&nbsp;est la premi\u00e8re exposition d&rsquo;envergure consacr\u00e9e \u00e0 l&rsquo;artiste. Il&nbsp;s&rsquo;est par ailleurs vu consacrer une importante r\u00e9trospective en 1944, de son vivant, au MoMa, puis tout r\u00e9cemment, en 2011-2012, au Whitney, toujours \u00e0 New York, puis&nbsp;au mus\u00e9e des Beaux-Arts de Montr\u00e9al.<span class=\"footnote-back-link-wrapper\"> [<a href=\"#identifier_7_33870\" class=\"footnote-link footnote-back-link\">&#8617;<\/a>]<\/span><\/li><\/ol>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Avouons-le, je suis all\u00e9 voir l&rsquo;exposition Lyonel Feininger : l&rsquo;arpenteur du monde, au Mus\u00e9e d&rsquo;art moderne du Havre, dans l&rsquo;unique but de r\u00e2ler. Car avant m\u00eame d&rsquo;entrer, je savais ce que j&rsquo;y trouverais, ou plut\u00f4t, ce que je n&rsquo;y trouverais pas : les extraordinaires bandes dessin\u00e9es de Feininger. Lyonel Feininger (1871-1956) est un artiste relativement [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[53,8],"tags":[],"class_list":["post-33870","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-bande-dessinee","category-cimaises"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/hyperbate.fr\/dernier\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/33870","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/hyperbate.fr\/dernier\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/hyperbate.fr\/dernier\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/hyperbate.fr\/dernier\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/hyperbate.fr\/dernier\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=33870"}],"version-history":[{"count":3,"href":"https:\/\/hyperbate.fr\/dernier\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/33870\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":47338,"href":"https:\/\/hyperbate.fr\/dernier\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/33870\/revisions\/47338"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/hyperbate.fr\/dernier\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=33870"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/hyperbate.fr\/dernier\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=33870"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/hyperbate.fr\/dernier\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=33870"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}