{"id":23216,"date":"2013-03-03T14:11:10","date_gmt":"2013-03-03T14:11:10","guid":{"rendered":"http:\/\/hyperbate.fr\/dernier\/?p=23216"},"modified":"2013-03-03T15:45:17","modified_gmt":"2013-03-03T15:45:17","slug":"intouchables","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/hyperbate.fr\/dernier\/?p=23216","title":{"rendered":"Intouchables"},"content":{"rendered":"<p><img decoding=\"async\" class=\"imageadroite\" alt=\"intouchables\" src=\"\/dernier\/files\/2013\/03\/intouchables.jpg\" width=\"180\" height=\"257\" align=\"right\" \/>Un film qui a attir\u00e9 des millions de spectateurs est toujours int\u00e9ressant \u00e0 analyser, parce que son public nombreux est aussi en grande partie son co-auteur. En aimant massivement un film, il affirme que quelque chose de l&rsquo;air du temps, de la mentalit\u00e9 g\u00e9n\u00e9rale, se trouve dans l&rsquo;\u0153uvre. C&rsquo;est en \u00e9tant bien conscients de cela, je pense, que les spectateurs \u00ab\u00a0exigeants\u00a0\u00bb \u00e9vitent souvent d&rsquo;aller voir ce genre de film ou qui, s&rsquo;ils le font, mettent parfois un point d&rsquo;honneur \u00e0 le d\u00e9nigrer. Leur snobisme est parfois fond\u00e9, puisque c&rsquo;est souvent autour du plus petit d\u00e9nominateur intellectuel commun des spectateurs que se fait le plus large consensus. Cet air du temps que les films populaires captent n&rsquo;est jamais une repr\u00e9sentation fid\u00e8le de la r\u00e9alit\u00e9, mais le miroir que le public est pr\u00eat \u00e0 accepter qu&rsquo;on lui tende. Un succ\u00e8s populaire en dit donc beaucoup sur son public et sur ses \u00e9volutions.<br \/>\n\u00c9videmment, un grand succ\u00e8s signifie ensuite qu&rsquo;une population tr\u00e8s \u00e9tendue a \u00e9t\u00e9 soumise aux m\u00eames r\u00e9f\u00e9rences esth\u00e9tiques et id\u00e9ologiques, il est donc l&rsquo;expression de la mentalit\u00e9 g\u00e9n\u00e9rale autant qu&rsquo;un outil apte \u00e0 fa\u00e7onner cette mentalit\u00e9.<br \/>\nTout \u00e7a pour dire que j&rsquo;ai regard\u00e9 <em>Intouchables<\/em>, apr\u00e8s quasiment vingt millions de Fran\u00e7ais et trente millions d&rsquo;autres gens dans le monde : le dernier blog est aussi celui du dernier spectateur. Et puisque ce film a eu tant de succ\u00e8s, je me pose des questions.<\/p>\n<p>Des deux m\u00eames auteurs,\u00a0Olivier Nakache et \u00c9ric Toledano,\u00a0 j&rsquo;avais appr\u00e9ci\u00e9\u00a0<em>Nos jours heureux<\/em>, aimable com\u00e9die qui racontait le quotidien d&rsquo;une colonies de vacances. Sur <em>Intouchables<\/em>, je savais d&rsquo;avance qu&rsquo;il s&rsquo;agissait de la gentille histoire d&rsquo;un gentil t\u00e9trapl\u00e9gique tr\u00e8s riche, vivant dans un h\u00f4tel particulier, qui se lie d&rsquo;amiti\u00e9 avec son auxiliaire de vie, un repris de justice issu quant \u00e0 lui d&rsquo;une cit\u00e9 de banlieue o\u00f9 l&rsquo;on n&rsquo;a pas de tableaux de ma\u00eetres dans sa chambre ni d&rsquo;orchestre dans son salon pour son anniversaire. Je redoutais un peu de ressentir l&#8217;embarras que j&rsquo;avais v\u00e9cu en visionnant <em>Bienvenue chez les Ch&#8217;tis<\/em>, com\u00e9die dont les bons sentiments et les quelques sc\u00e8nes amusantes n&rsquo;arrivent pas \u00e0 m&rsquo;expliquer le succ\u00e8s ph\u00e9nom\u00e9nal. <em>Intouchables<\/em> est nettement au dessus, ne serait-ce que gr\u00e2ce aux acteurs (le rire d&rsquo;Omar Sy est assez irr\u00e9sistible !) et \u00e0 la discr\u00e8te et appr\u00e9ciable distance qu&rsquo;ils entretiennent vis-\u00e0-vis de leurs r\u00f4les : il m&rsquo;a sembl\u00e9 en effet qu&rsquo;Omar Sy et Fran\u00e7ois Cluzet restent toujours conscients d&rsquo;incarner des clich\u00e9s et ne tentent pas de donner \u00e0 ceux-ci une consistance exag\u00e9r\u00e9e<sup><a href=\"#footnote_1_23216\" id=\"identifier_1_23216\" class=\"footnote-link footnote-identifier-link\" title=\"Les dialogues, par ailleurs, ne sont marqu&eacute;s par aucune tentation s&eacute;rieuse de &laquo;&nbsp;faire vrai&nbsp;&raquo;.\">1<\/a><\/sup> \u2014 bas\u00e9 ou non sur une histoire vraie, <em>Intouchables<\/em> reste un conte et rien d&rsquo;autre. Enfin je l&rsquo;ai ressenti comme \u00e7a.<\/p>\n<div id=\"attachment_23304\" style=\"width: 540px\" class=\"wp-caption alignnone\"><img decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-23304\" class=\"size-full wp-image-23304\" alt=\"intouchables_1\" src=\"\/dernier\/files\/2013\/03\/intouchables_1.jpg\" width=\"530\" height=\"287\" \/><p id=\"caption-attachment-23304\" class=\"wp-caption-text\">\u00abNon mais s\u00e9rieux, vous n&rsquo;allez pas acheter cette cro\u00fbte 30 000 \u20ac ! C&rsquo;est pas possible \u00e7a !\u00bb<\/p><\/div>\n<p>Certains ont vu dans <em>Intouchables<\/em> un film qui prend position contre toutes les formes d&rsquo;exclusion, contre la condescendance. Je ne suis pas tout \u00e0 fait d&rsquo;accord, ne serait-ce que parce qu&rsquo;on ne peut pas obtenir un tel r\u00e9sultat en s&rsquo;appuyant sur des clich\u00e9s pour construire ses personnages. Utiliser des clich\u00e9s, c&rsquo;est aussi les valider.\u00a0Je remarque surtout une tendance lourde au d\u00e9nigrement de la culture \u00ab\u00a0haute\u00a0\u00bb. Il y a par exemple l&rsquo;histoire de la peinture abstraite que n&rsquo;importe qui pourrait faire, mais que l&rsquo;on arrive \u00e0 vendre au premier gogo venu en lui faisant croire que l&rsquo;artiste est en train de percer ; il y a les lettres\u00a0soporifiques et pr\u00e9tentieuses que Philippe, le t\u00e9trapl\u00e9gique, envoie \u00e0 une jeune femme qu&rsquo;il n&rsquo;a jamais rencontr\u00e9, \u00e0 base de citations de Baudelaire ;\u00a0etc. Ce qui est dit explicitement ici c&rsquo;est que ce qui diff\u00e9rencie une cro\u00fbte d&rsquo;un chef d&rsquo;\u0153uvre ou un \u0153uf de Faberg\u00e9 d&rsquo;un \u0153uf Kinder, c&rsquo;est la fortune de celui qui en fixe la valeur, opinion partiellement observable, mais que cette valeur est, au fond, nulle, qu&rsquo;il ne s&rsquo;agit que d&rsquo;une mascarade, que la \u00ab\u00a0culture cultiv\u00e9e\u00a0\u00bb n&rsquo;a ni substance ni int\u00e9r\u00eat, que la litt\u00e9rature ne vaut pas un coup de fil et que toute personne amen\u00e9e \u00e0 \u00eatre un peu franche est forc\u00e9e d&rsquo;en convenir. Driss vient donc chez Philippe avec le message de l&rsquo;enfant des <a href=\"http:\/\/fr.wikisource.org\/wiki\/Les_Habits_neufs_du_Grand-Duc\" target=\"_blank\"><em>Habits neufs de l&rsquo;Empereur<\/em><\/a>, d&rsquo;Andersen : il est celui qui ose dire <em>\u00ab\u00a0le roi est nu\u00a0\u00bb<\/em>. Et ce que tire le personnage de Driss de sa fr\u00e9quentation d&rsquo;un homme passionn\u00e9 de musique savante, c&rsquo;est surtout de pouvoir \u00e9tonner une conseill\u00e8re P\u00f4le-emploi en connaissant Dali et en sachant reconna\u00eetre un alexandrin. Au del\u00e0 du populisme, certaines saillies sont plut\u00f4t bien envoy\u00e9es, comme lorsque Driss reconna\u00eet un morceau de musique classique parce qu&rsquo;il l&rsquo;a entendu dans une publicit\u00e9, et un autre parce que c&rsquo;est la musique d&rsquo;attente du r\u00e9pondeur t\u00e9l\u00e9phonique des Assedics. Plus discr\u00e8tement, on le voit aussi retourner dans sa cit\u00e9 sur fond de Vivaldi. Mais traiter des centaines d&rsquo;ann\u00e9es d&rsquo;histoire de l&rsquo;art comme une culture morte, scl\u00e9ros\u00e9e, impotente, est une prise de position assez terrible de la part des auteurs du sc\u00e9nario. C&rsquo;est le sens de la fameuse sc\u00e8ne o\u00f9 Driss danse sur <em>Boogie Wonderland<\/em> apr\u00e8s avoir \u00e9cout\u00e9 sans plaisir des concertos classiques : tout le personnel de la maison prend en quelque sorte son parti en dansant avec lui \u2014 sc\u00e8ne qui aurait \u00e9t\u00e9 terriblement\u00a0embarrassante\u00a0sinon, mais peut-\u00eatre plus int\u00e9ressante.<\/p>\n<div id=\"attachment_23310\" style=\"width: 540px\" class=\"wp-caption alignnone\"><img decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-23310\" class=\"size-full wp-image-23310\" alt=\"intouchables_3\" src=\"\/dernier\/files\/2013\/03\/intouchables_3.jpg\" width=\"530\" height=\"288\" \/><p id=\"caption-attachment-23310\" class=\"wp-caption-text\">\u00ab\u00e0 votre avis on peut en tirer combien ?\u00bb<\/p><\/div>\n<p>Le film parle donc de la rencontre de deux \u00ab\u00a0exclus\u00a0\u00bb, l&rsquo;un parce qu&rsquo;il habite de l&rsquo;autre c\u00f4t\u00e9 du Boulevard P\u00e9riph\u00e9rique et l&rsquo;autre parce qu&rsquo;il est en fauteuil roulant<sup><a href=\"#footnote_2_23216\" id=\"identifier_2_23216\" class=\"footnote-link footnote-identifier-link\" title=\"On dit que les Am&eacute;ricains ont jug&eacute; ce film raciste. Je veux bien croire que nos clich&eacute;s ne correspondent pas aux leurs, mais j&rsquo;aurais &eacute;t&eacute; curieux de conna&icirc;tre leurs arguments, car pour ma part, ce n&rsquo;est pas quelque chose qui me frappe. En revanche, l&rsquo;utilisation de la culture classique europ&eacute;enne comme repoussoir m&rsquo;a sembl&eacute; justement tr&egrave;s am&eacute;ricain.\">2<\/a><\/sup>. Consid\u00e9r\u00e9 comme un conte, donc, \u00e7a fonctionne assez bien. Consid\u00e9r\u00e9 comme une histoire vraie\u00a0\u2014 qui n&rsquo;est jamais qu&rsquo;un cas particulier du conte, rien n&rsquo;est plus fabriqu\u00e9, souvent que la r\u00e9alit\u00e9 que l&rsquo;on raconte et que les faits que l&rsquo;on rapporte<sup><a href=\"#footnote_3_23216\" id=\"identifier_3_23216\" class=\"footnote-link footnote-identifier-link\" title=\"Je me rappelle avoir lu que l&rsquo;homme qui a v&eacute;cu l&rsquo;histoire et &eacute;crit le livre dont est inspir&eacute; le film disait que celui-ci &eacute;tait avait &laquo;&nbsp;un ton juste&nbsp;&raquo; non parce qu&rsquo;il s&rsquo;agit de son histoire, racont&eacute;e avec rigueur, mais parce que le public est &eacute;mu, y a adh&egrave;re.\">3<\/a><\/sup> \u2014, \u00e7a marche encore. Mais je tique sur le d\u00e9g\u00e2t collat\u00e9ral que constitue la\u00a0concurrence\u00a0entre cultures : l\u00e0, pas de rencontre, juste une guerre. Driss restera persuad\u00e9 que la seule chose enviable dans l&rsquo;univers culturel de son h\u00f4te, c&rsquo;est sa grande salle de bains et la grosse cylindr\u00e9e qui serait rest\u00e9e couverte d&rsquo;une b\u00e2che sans son intervention. Ce qui m&rsquo;\u00e9tonne le plus c&rsquo;est la culture \u00ab\u00a0jeune\u00a0\u00bb qui est oppos\u00e9e \u00e0 Vivaldi et \u00e0 Schubert : ni graffitis, ni mangas, ni rap, ni musique \u00e9lectronique, mais principalement du Earth, Wind and Fire de la fin des ann\u00e9es 1970, du George Benson de la m\u00eame \u00e9poque et du Nina Simone encore plus ancien. C&rsquo;est \u00e0 dire de la musique qui appartient plus \u00e0 la g\u00e9n\u00e9ration du personnage de Philippe qu&rsquo;\u00e0 celle de Driss, et qui est forc\u00e9ment famili\u00e8re \u00e0 tout spectateur.\u00a0Je remarque par ailleurs que la t\u00e9l\u00e9vision et la radio n&rsquo;occupent aucune place dans le film. J&rsquo;imagine qu&rsquo;il s&rsquo;agissait de montrer le personnage de Philippe en handicap\u00e9 volontaire, qui refuse la passivit\u00e9 de la position de spectateur&#8230;<\/p>\n<div id=\"attachment_23308\" style=\"width: 540px\" class=\"wp-caption alignnone\"><img decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-23308\" class=\"size-full wp-image-23308\" alt=\"intouchables_2\" src=\"\/dernier\/files\/2013\/03\/intouchables_2.jpg\" width=\"530\" height=\"290\" \/><p id=\"caption-attachment-23308\" class=\"wp-caption-text\">\u00c0 l&rsquo;op\u00e9ra : \u00abC&rsquo;est un arbre qui chante (&#8230;) c&rsquo;est de l&rsquo;allemand en plus\u00bb<\/p><\/div>\n<p>La personne qui m&rsquo;a pr\u00eat\u00e9 le DVD m&rsquo;a aussi confi\u00e9 le coffret des \u0153uvres compl\u00e8tes d&rsquo;Agn\u00e8s Varda. J&rsquo;ai commenc\u00e9 par <em>Jacquot de Nantes<\/em>, qui raconte l&rsquo;enfance de Jacques Demy et qui a \u00e9t\u00e9 tourn\u00e9 alors que ce dernier \u00e9tait en train de mourir. Le rapport de ce film \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9 est \u00e9tourdissant : certains passages sont \u00e9crits pour coller \u00e0 des citations de films de Demy, le garage de Demy p\u00e8re a \u00e9t\u00e9 reconstitu\u00e9 dans un garage qui a pris sa place, o\u00f9 l&rsquo;on a m\u00eame retrouv\u00e9, sous des strates de fourbi, les d\u00e9cors confectionn\u00e9s par l&rsquo;auteur des <em>Demoiselles de Rochefort<\/em> pour les petits films d&rsquo;animation qu&rsquo;il r\u00e9alisait adolescent. \u00c0 aucun moment on n&rsquo;arrive \u00e0 admettre que les images ont \u00e9t\u00e9 tourn\u00e9es en 1990, ni que ce film sur la vie et la cr\u00e9ation a \u00e9t\u00e9 tourn\u00e9 devant un moribond\u00a0\u2014 puisque Demy a assist\u00e9 \u00e0 tout le tournage et est mort dix jours apr\u00e8s son dernier clap. Ici, pas de clins d&rsquo;\u0153ils d\u00e9magogiques, pas de guerre entre g\u00e9n\u00e9rations, juste l&rsquo;histoire d&rsquo;un enfant qui aimait tellement le cin\u00e9ma qu&rsquo;il a voulu en faire lui-m\u00eame plut\u00f4t que de devenir, comme pr\u00e9vu, m\u00e9canicien automobile. Un tr\u00e8s beau film, \u00e0 vrai dire, o\u00f9 la musique joue aussi, \u00e9videmment, un r\u00f4le immense mais tout \u00e0 fait pacifique, ce n&rsquo;est pas une arme de guerre, mais au contraire, un moyen pour mettre tout le monde d&rsquo;accord. Chez Demy, enfin le Demy de Varda, l&rsquo;art et la cr\u00e9ation sont un moyen de partage autant qu&rsquo;un moyen d&rsquo;affirmer son individualit\u00e9, on peut \u00e9couter Tr\u00e9net et Gounod, <em>Les quatre saisons<\/em> et <em>\u00c7a vaut mieux que d&rsquo;attraper le scarlatine<\/em>.<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-23322\" alt=\"jacquot_de_nantes_studio\" src=\"\/dernier\/files\/2013\/03\/jacquot_de_nantes_studio.jpg\" width=\"530\" height=\"318\" \/><\/p>\n<p>M\u00eame si <em>Intouchables<\/em> se regarde sans d\u00e9plaisir, le soir o\u00f9 la t\u00e9l\u00e9vision vous donnera le choix entre <em>Intouchables<\/em> et <em>Jacquot de Nantes<\/em>, je conseille <em>Jacquot de Nantes<\/em>. Oui, je sais ce qu&rsquo;on va me dire, je tombe moi-m\u00eame dans le travers qui consiste \u00e0 opposer une certaine culture \u00e0 une autre, alors que c&rsquo;est justement ce qui m&rsquo;a g\u00ean\u00e9 dans <em>Intouchables<\/em>&#8230;<\/p>\n<p><small><em>Lire ailleurs : <a href=\"http:\/\/culturevisuelle.org\/luciddreams\/archives\/293\" target=\"_blank\"><em>Bienvenue chez les Intouchables&#8230; notes sur la pros\u00e9cog\u00e9nie d&rsquo;un film<\/em><\/a>, par Olivier Beuvelet.<\/em><\/small><\/p>\n<ol class=\"footnotes\"><li id=\"footnote_1_23216\" class=\"footnote\">Les dialogues, par ailleurs, ne sont marqu\u00e9s par aucune tentation s\u00e9rieuse de \u00ab\u00a0faire vrai\u00a0\u00bb.<span class=\"footnote-back-link-wrapper\"> [<a href=\"#identifier_1_23216\" class=\"footnote-link footnote-back-link\">&#8617;<\/a>]<\/span><\/li><li id=\"footnote_2_23216\" class=\"footnote\">On dit que les Am\u00e9ricains ont jug\u00e9 ce film raciste. Je veux bien croire que nos clich\u00e9s ne correspondent pas aux leurs, mais j&rsquo;aurais \u00e9t\u00e9 curieux de conna\u00eetre leurs arguments, car pour ma part, ce n&rsquo;est pas quelque chose qui me frappe. En revanche, l&rsquo;utilisation de la culture classique europ\u00e9enne comme repoussoir m&rsquo;a sembl\u00e9 justement tr\u00e8s am\u00e9ricain.<span class=\"footnote-back-link-wrapper\"> [<a href=\"#identifier_2_23216\" class=\"footnote-link footnote-back-link\">&#8617;<\/a>]<\/span><\/li><li id=\"footnote_3_23216\" class=\"footnote\">Je me rappelle avoir lu que l&rsquo;homme qui a v\u00e9cu l&rsquo;histoire et \u00e9crit le livre dont est inspir\u00e9 le film disait que celui-ci \u00e9tait avait \u00ab\u00a0un ton juste\u00a0\u00bb non parce qu&rsquo;il s&rsquo;agit de son histoire, racont\u00e9e avec rigueur, mais parce que le public est \u00e9mu, y a adh\u00e8re.<span class=\"footnote-back-link-wrapper\"> [<a href=\"#identifier_3_23216\" class=\"footnote-link footnote-back-link\">&#8617;<\/a>]<\/span><\/li><\/ol>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Un film qui a attir\u00e9 des millions de spectateurs est toujours int\u00e9ressant \u00e0 analyser, parce que son public nombreux est aussi en grande partie son co-auteur. En aimant massivement un film, il affirme que quelque chose de l&rsquo;air du temps, de la mentalit\u00e9 g\u00e9n\u00e9rale, se trouve dans l&rsquo;\u0153uvre. C&rsquo;est en \u00e9tant bien conscients de cela, [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[5,100],"tags":[],"class_list":["post-23216","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-au-cinema","category-fictionosphere"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/hyperbate.fr\/dernier\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/23216","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/hyperbate.fr\/dernier\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/hyperbate.fr\/dernier\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/hyperbate.fr\/dernier\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/hyperbate.fr\/dernier\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=23216"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/hyperbate.fr\/dernier\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/23216\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/hyperbate.fr\/dernier\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=23216"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/hyperbate.fr\/dernier\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=23216"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/hyperbate.fr\/dernier\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=23216"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}