{"id":21174,"date":"2012-10-06T19:35:27","date_gmt":"2012-10-06T19:35:27","guid":{"rendered":"http:\/\/hyperbate.fr\/dernier\/?p=21174"},"modified":"2012-10-07T08:00:34","modified_gmt":"2012-10-07T08:00:34","slug":"the-we-and-the-i","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/hyperbate.fr\/dernier\/?p=21174","title":{"rendered":"The we and the I"},"content":{"rendered":"<p>Avant le film, les r\u00e9clames.<br \/>\nUne jeune fille au type scandinave, \u00e0 mi-chemin entre Kirsten Dunst et Bj\u00f6rk, joue avec une cam\u00e9ra pr\u00e9datrice qui la poursuit en vue subjective. Ses cheveux sont blonds, presque blancs, coiff\u00e9s avec une fausse-n\u00e9gligence suffisamment sophistiqu\u00e9e pour lui donner un an ou deux de plus que son \u00e2ge v\u00e9ritable et nous faire oublier qu&rsquo;elle est sans doute coll\u00e9gienne. L&rsquo;image est somptueuse, on pense \u00e0 <em>Melancholia<\/em> et \u00e0 <em>Princesse Mononoke<\/em>. Pour finir, on d\u00e9couvre que le point de vue \u00e9tait celui d&rsquo;un cerf, que la jeune fille enlace tendrement. All\u00e9gorie factice et un peu\u00a0embarrassante de \u00ab\u00a0l&rsquo;\u00e9veil du d\u00e9sir\u00a0\u00bb, pour le compte d&rsquo;une marque de parfum. Ces poncifs mal ma\u00eetris\u00e9s ne nous feront pas oublier la <em>Vraie jeune fille<\/em> de Catherine Breillat.<\/p>\n<div id=\"attachment_21229\" style=\"width: 540px\" class=\"wp-caption alignnone\"><img decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-21229\" class=\"size-full wp-image-21229\" title=\"jeunes_en_carton_1\" src=\"\/dernier\/files\/2012\/10\/jeunes_en_carton_1.jpg\" alt=\"\" width=\"530\" height=\"231\" \/><p id=\"caption-attachment-21229\" class=\"wp-caption-text\">Une jeune fille en fleur perdue dans un sous-bois pour le compte d&rsquo;une marque de parfums.<\/p><\/div>\n<p>Seconde publicit\u00e9 : une marque de pantalons propose \u00e0 ses clients \u00ab\u00a0d&rsquo;entrer dans la l\u00e9gende\u00a0\u00bb sous le pr\u00e9texte incongru que le v\u00eatement vendu est cousu avec un unique fil. On voit d\u00e9filer des jeunes adultes qui prennent une courageuse inspiration avant de se jeter \u00e0 l&rsquo;eau, de participer \u00e0 une audition de violoncelle, de faire leur premier cours en amphith\u00e9\u00e2tre ou d&rsquo;aller montrer un powerpoint \u00e0 des gens en costume s\u00e9rieux dispos\u00e9s autour d&rsquo;une table. Ambiance <em>Flashdance<\/em>, <em>Fame<\/em>, Startup. Le message est clair : sois toi-m\u00eame en portant le m\u00eame pantalon que tout le monde, affirme ta personnalit\u00e9 avec un uniforme. Ordre contradictoire dont raffolent les publicitaires depuis bien longtemps et que pointait Jean Baudrillard en 1970 dans sa <a href=\"http:\/\/www.amazon.fr\/gp\/product\/2070323498\/ref=as_li_qf_sp_asin_tl?ie=UTF8&amp;tag=filmsvus-21&amp;linkCode=as2&amp;camp=1642&amp;creative=6746&amp;creativeASIN=2070323498\" target=\"_blank\"><em>Soci\u00e9t\u00e9 de consommation<\/em><\/a>.<\/p>\n<div id=\"attachment_21226\" style=\"width: 540px\" class=\"wp-caption alignnone\"><img decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-21226\" class=\"size-full wp-image-21226\" title=\"jeunes_en_carton_2\" src=\"\/dernier\/files\/2012\/10\/jeunes_en_carton_2.jpg\" alt=\"\" width=\"530\" height=\"298\" \/><p id=\"caption-attachment-21226\" class=\"wp-caption-text\">\u201cSois toi-m\u00eame ! Porte la m\u00eame marque de v\u00eatements que les acteurs de la pub\u201d. Nous sommes des animaux sociaux mais disposant d&rsquo;une conscience, d&rsquo;une personnalit\u00e9, et donc toujours tiraill\u00e9s entre conformisme et affirmation de soi. La publicit\u00e9 sait parfaitement exploiter ce paradoxe.<\/p><\/div>\n<p>Nous ne remarquons plus les spots publicitaires du genre de ceux que j&rsquo;ai d\u00e9crits, tant ils sont devenus banals, mais, diffus\u00e9s juste avant la s\u00e9ance, ils offrent un contraste assez saisissant avec\u00a0<em>The We and the I<\/em>, de Michel Gondry, qui parle aussi\u00a0de jeunesse, d&rsquo;individualit\u00e9 et de conformit\u00e9 mais de mani\u00e8re \u00e9videmment bien diff\u00e9rente et sans doute, bien plus universelle.<\/p>\n<p>Michel Gondry est vu comme un auteur de clips et de publicit\u00e9s, donc un cr\u00e9ateur superficiel. Pour moi, son travail de cin\u00e9aste est \u00e0 comparer \u00e0 celui d&rsquo;Alain Resnais ou de Robert Altman, car c&rsquo;est un cin\u00e9ma \u00e0 contrainte, au sens oulipien du terme, o\u00f9 chaque film r\u00e9pond \u00e0 un cahier des charges formel singulier, qui est toujours li\u00e9 au propos v\u00e9hicul\u00e9 par le sc\u00e9nario. Ici, Gondry s&rsquo;est donn\u00e9 deux contraintes fortes. La premi\u00e8re, c&rsquo;est que le film se d\u00e9roule int\u00e9gralement au cours d&rsquo;un trajet en bus, le dernier de l&rsquo;ann\u00e9e pour une classe de lyc\u00e9ens. Une unit\u00e9 de lieu en perp\u00e9tuel mouvement, dans un espace confin\u00e9 o\u00f9 tout le monde peut se voir ou s&rsquo;entendre mais o\u00f9 des conversations en apart\u00e9 sont possibles. Le premier d\u00e9fi relev\u00e9 par le cin\u00e9aste est que l&rsquo;image n&rsquo;est jamais ennuyeuse, m\u00eame si \u00e0 la fin de la projection on conna\u00eet le bus 80 comme si on l&rsquo;avait pris toute sa vie. Il faut dire que la cam\u00e9ra s&rsquo;attarde r\u00e9guli\u00e8rement sur le paysage travers\u00e9<sup><a href=\"#footnote_1_21174\" id=\"identifier_1_21174\" class=\"footnote-link footnote-identifier-link\" title=\"Gondry est l&rsquo;auteur d&rsquo;un clip qui n&rsquo;est qu&rsquo;un long travelling ferroviaire dans un paysage qui s&rsquo;invente en fonction de la musique diffus&eacute;e : Star Guitar, pour les Chemical Brothers.\">1<\/a><\/sup> et que des\u00a0sayn\u00e8tes\u00a0diverses, notamment des vid\u00e9os diffus\u00e9es sur les t\u00e9l\u00e9phones portables ou des illustrations d&rsquo;anecdotes permettent au spectateur de quitter r\u00e9guli\u00e8rement l&rsquo;int\u00e9rieur du bus. Le v\u00e9hicule se vide petit \u00e0 petit puisque les jeunes gens ne sortent pas tous au m\u00eame arr\u00eat, certains habitent \u00e0 proximit\u00e9 de l&rsquo;\u00e9cole et d&rsquo;autres, \u00e0 des dizaines de kilom\u00e8tres\u00a0\u2014 le trajet est plut\u00f4t long.<\/p>\n<div id=\"attachment_21242\" style=\"width: 540px\" class=\"wp-caption alignnone\"><img decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-21242\" class=\"size-full wp-image-21242\" title=\"The_double_deckers\" src=\"\/dernier\/files\/2012\/10\/The_double_deckers.jpg\" alt=\"\" width=\"530\" height=\"273\" \/><p id=\"caption-attachment-21242\" class=\"wp-caption-text\">Les \u201cdouble deckers\u201d. Chacun de ces gamins dont le terrain de jeu est un autobus \u00e0 imp\u00e9riale \u00a0o\u00f9 ils peuvent jouer en toute libert\u00e9, loin du monde des adultes, est d\u00e9fini, et parfois nomm\u00e9, par un clich\u00e9 : le glouton, l&rsquo;intelligent, le rigolo, la belle, la candide, etc. La libert\u00e9 n&rsquo;est qu&rsquo;apparente, chacun est enferm\u00e9 dans un r\u00f4le, position \u00e0 la fois rassurante et ali\u00e9nante.<\/p><\/div>\n<p>J&rsquo;ai imm\u00e9diatement pens\u00e9 \u00e0 deux\u00a0\u0153uvres sans aucun lien en regardant le film. Tout d&rsquo;abord, la s\u00e9rie t\u00e9l\u00e9vis\u00e9e anglaise <em>L&rsquo;autobus \u00e0 imp\u00e9riale<\/em>, o\u00f9 des gamins britanniques avaient comme terrain de jeu un bus londonien \u00e0 deux \u00e9tages abandonn\u00e9 dans un terrain vague. Dans cette s\u00e9rie, un peu comme dans une classe d&rsquo;adolescents, les r\u00f4les \u00e9taient tr\u00e8s d\u00e9finis : l&rsquo;inventeur, le leader, la jolie fille, le gourmand en surpoids, le noir rigolo,&#8230;<\/p>\n<p>La seconde \u0153uvre \u00e0 laquelle j&rsquo;ai pens\u00e9 est\u00a0<a href=\"http:\/\/jlggb.net\/jlb\/?page_id=94\" target=\"_blank\"><em>Le Bus<\/em>, de Jean-Louis Boissier<\/a>, qui avait \u00e9t\u00e9 pr\u00e9sent\u00e9e pour la premi\u00e8re fois lors de l&rsquo;exposition <em>Les Immat\u00e9riaux<\/em> au centre Pompidou en 1985. Dans la version que je connais, cette installation interactive est compos\u00e9e d&rsquo;une banquette de bus \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de laquelle est diffus\u00e9 un film montrant un trajet en bus en Seine-Saint-Denis. On peut interrompre le film en appuyant sur le bouton d&rsquo;appel et au prochain arr\u00eat programm\u00e9, un diaporama pr\u00e9sente au spectateur une personne que l&rsquo;on suit hors du bus, jusqu&rsquo;\u00e0 son logis, permettant d&rsquo;entrer dans son intimit\u00e9 : chaque passager du bus est le porteur de tout un univers.<\/p>\n<div id=\"attachment_21246\" style=\"width: 540px\" class=\"wp-caption alignnone\"><img decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-21246\" class=\"size-full wp-image-21246\" title=\"le_bus\" src=\"\/dernier\/files\/2012\/10\/le_bus.jpg\" alt=\"\" width=\"530\" height=\"199\" \/><p id=\"caption-attachment-21246\" class=\"wp-caption-text\">\u201cLe Bus\u201d (1985), installation de Jean-Louis Boissier. Les photographies \u00e9taient r\u00e9alis\u00e9es par des \u00e9tudiants en arts plastiques \u00e0 l&rsquo;Universit\u00e9 Paris 8.<\/p><\/div>\n<p>La deuxi\u00e8me contrainte autour de laquelle a \u00e9t\u00e9 construit le film, c&rsquo;est la nature de sa distribution : une quarantaine de jeunes gens scolaris\u00e9s dans un lyc\u00e9e du South Bronx et rencontr\u00e9s par l&rsquo;auteur \u00e0 l&rsquo;occasion d&rsquo;un atelier-cin\u00e9ma qui, si j&rsquo;ai compris, s&rsquo;est \u00e9tal\u00e9 sur deux ans. Tous ceux qui ont particip\u00e9 \u00e0 l&rsquo;atelier ont \u00e9t\u00e9 embauch\u00e9s pour le film, sans audition, sans s\u00e9lection. Ce sont de v\u00e9ritables adolescents issus d&rsquo;un v\u00e9ritable quartier pauvre de New York. Bien que de nombreuses anecdotes ou r\u00e9cits secondaires du film soient issus de leur propre exp\u00e9rience, le film n&rsquo;est pas un documentaire ni un projet social plein de bonnes intentions\u00a0\u2014 chaque lyc\u00e9en a \u00e9t\u00e9 r\u00e9mun\u00e9r\u00e9 pour sa prestation d&rsquo;acteur et non pour son \u00e9tat de lyc\u00e9en pauvre. L&rsquo;auteur a eu des contacts avec des \u00e9tablissements de quartiers et de conditions sociales tr\u00e8s diverses jusqu&rsquo;\u00e0 trouver celui qui accueillerait son projet, car il n&rsquo;\u00e9tait pas question pour lui de parler d&rsquo;un lieu et d&rsquo;une \u00e9poque<sup><a href=\"#footnote_2_21174\" id=\"identifier_2_21174\" class=\"footnote-link footnote-identifier-link\" title=\"&Agrave; propos d&rsquo;&eacute;poque, le film est presque exclusivement rythm&eacute; par du rap &laquo;&nbsp;old school&nbsp;&raquo; : The World supreme team, The Young MC, Run DMC, Big Daddy Kane,&hellip;\">2<\/a><\/sup>, d&rsquo;une jeunesse pr\u00e9cise, issue de quartiers pr\u00e9cis, mais bien de parler de parler d&rsquo;un sujet assez universel, l&rsquo;adolescence. Pour une fois, le <em>making-of<\/em> risque d&rsquo;\u00eatre int\u00e9ressant. La chauffeuse du bus est une authentique chauffeuse de bus et la vieille dame raciste qui traite les passagers de \u00ab\u00a0singes d&rsquo;Afrique\u00a0\u00bb est une voisine de Michel Gondry \u00e0 Brooklyn qui se trouve \u00eatre une authentique vieille dame raciste elle aussi.<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-21260\" title=\"the_we_and_the_i_1\" src=\"\/dernier\/files\/2012\/10\/the_we_and_the_i_1.jpg\" alt=\"\" width=\"530\" height=\"287\" \/><\/p>\n<p>Chaque acteur a apport\u00e9 au sc\u00e9nario des anecdotes, un langage et des improvisations. Gondry prend\u00a0\u00e9norm\u00e9ment\u00a0de libert\u00e9s avec les faits : il a voulu que son bus soit un bus de la ville de New York (avec le num\u00e9ro du bus parisien o\u00f9 il a eu l&rsquo;id\u00e9e de son sc\u00e9nario) et non un bus jaune de transport scolaire (o\u00f9 des passagers non-lyc\u00e9ens ne seraient pas mont\u00e9s), et il laisse ses occupants bien plus libres de chahuter qu&rsquo;ils ne peuvent l&rsquo;\u00eatre en r\u00e9alit\u00e9. Si certains de ses acteurs portent en eux des histoires tragiques, et plus tragiques que tout ce qui est racont\u00e9 dans le film, ils sont, explique l&rsquo;auteur, bien moins d\u00e9lur\u00e9s. Quand aux situations, elles sont le fruit d&rsquo;inventions ou de t\u00e9moignages, parfois forts lointains, comme une sombre histoire de pantalon perdu dont le dialogue a \u00e9t\u00e9 int\u00e9gralement pris au fils de Gondry et \u00e0 un de ses amis, \u00e0 des milliers de kilom\u00e8tres du Bronx. Si le r\u00e9alisme et la vraisemblance des situations ne sont pas respect\u00e9es, c&rsquo;est bien que ce qui compte n&rsquo;est jamais l&rsquo;anecdote singuli\u00e8re mais bien la difficile \u00e9quation entre affirmation de soi et appartenance \u00e0 un groupe.<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-21264\" title=\"the_we_and_the_i_4\" src=\"\/dernier\/files\/2012\/10\/the_we_and_the_i_4.jpg\" alt=\"\" width=\"530\" height=\"288\" \/><\/p>\n<p>Je ne vais pas tout raconter, mais voil\u00e0 l&rsquo;histoire : les jeunes du bus se chamaillent, se \u00ab\u00a0chambrent\u00a0\u00bb, comme on dit, avec dr\u00f4lerie et cruaut\u00e9, et parfois avec violence. Les terreurs du fond qui fracassent une guitare, les filles courtis\u00e9es qui humilient, chacun essaie de se donner une contenance, en utilisant l&rsquo;art (dessin, musique), l&rsquo;imaginaire, la tchatche, etc. Une part de l&rsquo;intrigue tourne autour de flash-backs : le personnage d&rsquo;Elijah (qui n&rsquo;est pas dans le bus et qui a toutes les malchances, comme Kenny dans <em>South Park<\/em> ou Eugene dans <em>Hey Arnold!<\/em>) glissant sur du beurre, le presque-viol dont une jeune fille,\u00a0saoule, a \u00e9t\u00e9 la victime, ou encore les infid\u00e9lit\u00e9s qui d\u00e9chirent un couple homosexuel. Les vid\u00e9os en question sont diffus\u00e9es plusieurs fois (parfois avec des modifications, je pense) et cet effet de r\u00e9p\u00e9tition fonctionne tr\u00e8s bien : les images reviennent mais leur sens change.Peu \u00e0 peu, alors que le bus se vide, on d\u00e9couvre, comme promis, les personnes derri\u00e8re les postures.\u00a0Contrairement \u00e0 de nombreux films qui traitent de l&rsquo;adolescence, Michel Gondry n&rsquo;impose aucun happy-end confortable : la situation est expos\u00e9e, la suite est ouverte, chaque personnage, peut-\u00eatre aussi chaque acteur, peut choisir o\u00f9 il emm\u00e8nera sa vie.<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-21261\" title=\"the_we_and_the_i_2\" src=\"\/dernier\/files\/2012\/10\/the_we_and_the_i_2.jpg\" alt=\"\" width=\"530\" height=\"287\" \/><\/p>\n<p>Lorsqu&rsquo;il se penche sur les incertitudes, les douleurs et les contentieux de l&rsquo;adolescence (le rapport individu\/groupe et le rapport \u00e0 la sexualit\u00e9), qui fondent l&rsquo;adulte que chacun de nous essaie de devenir, le <em>teenage-movie<\/em> est un genre noble, qu&rsquo;il avance sous le masque du divertissement ou non : <em><a href=\"https:\/\/hyperbate.fr\/dernier\/?p=6430\">Les beaux gosses<\/a><\/em>,<em> <a href=\"https:\/\/hyperbate.fr\/dernier\/?p=103\">Steak<\/a><\/em>, <em>Saved!<\/em>, <em>But I&rsquo;m a cheerleader<\/em>,\u00a0<em>Breakfast club<\/em>, <a href=\"https:\/\/hyperbate.fr\/dernier\/?p=7266\"><em>Weird science<\/em><\/a>, <em>Pretty in pink<\/em>, <em>Diabolo Menthe<\/em>, <em>Superbad<\/em>, la s\u00e9rie <em>Buffy<\/em><sup><a href=\"#footnote_3_21174\" id=\"identifier_3_21174\" class=\"footnote-link footnote-identifier-link\" title=\"Et pourquoi pas, malgr&eacute; leur absolue l&eacute;geret&eacute;, les films La Boum 1 et 2, dont le r&eacute;alisateur, Claude Pinoteau, vient de mourir ? Le film Camille redouble, par No&eacute;mie Lvovsky, m&rsquo;a l&rsquo;air tr&egrave;s bien, aussi, mais je ne l&rsquo;ai pas vu. Sur la cat&eacute;gorisation de Steak comme &laquo;&nbsp;teenage movie&nbsp;&raquo;, je sais bien qu&rsquo;un acteur du film n&rsquo;est adolescent, bien s&ucirc;r. C&rsquo;est un teenage movie au cent-vingt-troisi&egrave;me degr&eacute;.\">3<\/a><\/sup>&#8230; La liste des r\u00e9ussites n&rsquo;est pas si longue, et <em>The We and the I<\/em> en fait indubitablement partie.<br \/>\nEst-ce que le dossier de presse de\u00a0<em>The We and the I<\/em>\u00a0\u00e9tait b\u00e2cl\u00e9 ? Je suis surpris par le nombre de clich\u00e9s qui sont r\u00e9p\u00e9t\u00e9s d&rsquo;article en article : Michel Gondry serait\u00a0<em>\u00ab\u00a0un \u00e9ternel adolescent\u00a0\u00bb<\/em>, un\u00a0<em>\u00ab\u00a0enfant de la t\u00e9l\u00e9\u00a0\u00bb<\/em>, un\u00a0<em>\u00ab\u00a0clipeur\u00a0\u00bb<\/em>, un\u00a0<em>\u00ab\u00a0pubeux\u00a0\u00bb<\/em>\u00a0voire un\u00a0<em>\u00ab\u00a0fils de pub\u00a0\u00bb<\/em>, un\u00a0<em>\u00ab\u00a0bricoleur\u00a0\u00bb<\/em>, et son film, bien entendu,\u00a0<em>\u00ab\u00a0d\u00e9routera les fans\u00a0\u00bb<\/em>\u00a0puisque son auteur\u00a0<em>\u00ab\u00a0n&rsquo;est jamais l\u00e0 o\u00f9 on l&rsquo;attend\u00a0\u00bb\u00a0\u2014<\/em>\u00a0Gondry s&rsquo;appr\u00eate \u00e0 sortir son neuvi\u00e8me long-m\u00e9trage, une adaptation de\u00a0<em>L&rsquo;\u00c9cume des jours<\/em>, de Boris Vian, et on doit toujours \u00e9couter les m\u00eames formules un peu vides \u00e0 son sujet<sup><a href=\"#footnote_4_21174\" id=\"identifier_4_21174\" class=\"footnote-link footnote-identifier-link\" title=\"Beaucoup de critiques ont compar&eacute;&nbsp;The We and the I&nbsp;aux films de Spike Lee. Je pense qu&rsquo;ils ont &eacute;t&eacute; victimes d&rsquo;une image subliminale : on voit&nbsp;fugacement&nbsp;l&rsquo;auteur de&nbsp;Do The Right Thing&nbsp;(ou un acteur qui lui ressemble beaucoup &mdash; pas pu v&eacute;rifier, l&rsquo;acteur n&rsquo;&eacute;tant pas cr&eacute;dit&eacute;) en organisateur d&rsquo;un jeu de bonneteau.\">4<\/a><\/sup>.<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-21262\" title=\"the_we_and_the_i_3\" src=\"\/dernier\/files\/2012\/10\/the_we_and_the_i_3.jpg\" alt=\"\" width=\"530\" height=\"285\" \/><\/p>\n<p>M\u00eame si les critiques publi\u00e9es au sujet de\u00a0<em>The We and the I<\/em>\u00a0ont \u00e9t\u00e9, pour la plupart, tr\u00e8s enthousiastes, j&rsquo;ai l&rsquo;impression que leur vacuit\u00e9 a donn\u00e9 au public une fausse id\u00e9e du film, et l&rsquo;a d\u00e9tourn\u00e9 des salles obscures : en deux semaines d&rsquo;exploitation, le film n&rsquo;a attir\u00e9 que quelques dizaines de milliers de spectateurs.<br \/>\nS&rsquo;il passe encore pr\u00e8s de chez vous,&#8230;<\/p>\n<ol class=\"footnotes\"><li id=\"footnote_1_21174\" class=\"footnote\">Gondry est l&rsquo;auteur d&rsquo;un clip qui n&rsquo;est qu&rsquo;un long travelling ferroviaire dans un paysage qui s&rsquo;invente en fonction de la musique diffus\u00e9e : <em>Star Guitar<\/em>, pour les Chemical Brothers.<span class=\"footnote-back-link-wrapper\"> [<a href=\"#identifier_1_21174\" class=\"footnote-link footnote-back-link\">&#8617;<\/a>]<\/span><\/li><li id=\"footnote_2_21174\" class=\"footnote\">\u00c0 propos d&rsquo;\u00e9poque, le film est presque exclusivement rythm\u00e9 par du rap \u00ab\u00a0old school\u00a0\u00bb : The World supreme team, The Young MC, Run DMC, Big Daddy Kane,&#8230;<span class=\"footnote-back-link-wrapper\"> [<a href=\"#identifier_2_21174\" class=\"footnote-link footnote-back-link\">&#8617;<\/a>]<\/span><\/li><li id=\"footnote_3_21174\" class=\"footnote\">Et pourquoi pas, malgr\u00e9 leur absolue l\u00e9geret\u00e9, les films <em>La Boum<\/em> 1 et 2, dont le r\u00e9alisateur, Claude Pinoteau, vient de mourir ? Le film <em>Camille redouble<\/em>, par No\u00e9mie Lvovsky, m&rsquo;a l&rsquo;air tr\u00e8s bien, aussi, mais je ne l&rsquo;ai pas vu. Sur la cat\u00e9gorisation de <em>Steak<\/em> comme \u00ab\u00a0teenage movie\u00a0\u00bb, je sais bien qu&rsquo;un acteur du film n&rsquo;est adolescent, bien s\u00fbr. C&rsquo;est un teenage movie au cent-vingt-troisi\u00e8me degr\u00e9.<span class=\"footnote-back-link-wrapper\"> [<a href=\"#identifier_3_21174\" class=\"footnote-link footnote-back-link\">&#8617;<\/a>]<\/span><\/li><li id=\"footnote_4_21174\" class=\"footnote\">Beaucoup de critiques ont compar\u00e9\u00a0<em>The We and the I<\/em>\u00a0aux films de Spike Lee. Je pense qu&rsquo;ils ont \u00e9t\u00e9 victimes d&rsquo;une image subliminale : on voit\u00a0fugacement\u00a0l&rsquo;auteur de\u00a0<em>Do The Right Thing<\/em>\u00a0(ou un acteur qui lui ressemble beaucoup \u2014 pas pu v\u00e9rifier, l&rsquo;acteur n&rsquo;\u00e9tant pas cr\u00e9dit\u00e9) en organisateur d&rsquo;un jeu de bonneteau.<span class=\"footnote-back-link-wrapper\"> [<a href=\"#identifier_4_21174\" class=\"footnote-link footnote-back-link\">&#8617;<\/a>]<\/span><\/li><\/ol>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Avant le film, les r\u00e9clames. Une jeune fille au type scandinave, \u00e0 mi-chemin entre Kirsten Dunst et Bj\u00f6rk, joue avec une cam\u00e9ra pr\u00e9datrice qui la poursuit en vue subjective. Ses cheveux sont blonds, presque blancs, coiff\u00e9s avec une fausse-n\u00e9gligence suffisamment sophistiqu\u00e9e pour lui donner un an ou deux de plus que son \u00e2ge v\u00e9ritable et [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[5],"tags":[],"class_list":["post-21174","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-au-cinema"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/hyperbate.fr\/dernier\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/21174","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/hyperbate.fr\/dernier\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/hyperbate.fr\/dernier\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/hyperbate.fr\/dernier\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/hyperbate.fr\/dernier\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=21174"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/hyperbate.fr\/dernier\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/21174\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/hyperbate.fr\/dernier\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=21174"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/hyperbate.fr\/dernier\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=21174"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/hyperbate.fr\/dernier\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=21174"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}