{"id":103,"date":"2008-04-19T14:29:14","date_gmt":"2008-04-19T13:29:14","guid":{"rendered":"http:\/\/www.hyperbate.com\/dernier\/?p=103"},"modified":"2012-05-03T17:16:31","modified_gmt":"2012-05-03T17:16:31","slug":"defendre-son-steak","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/hyperbate.fr\/dernier\/?p=103","title":{"rendered":"D\u00e9fendre son steak"},"content":{"rendered":"<p><a href=\"http:\/\/www.amazon.fr\/gp\/redirect.html?ie=UTF8&amp;location=http%3A%2F%2Fwww.amazon.fr%2FSteak-Compilation%2Fdp%2FB000UPSKVG%3Fie%3DUTF8%26s%3Ddvd%26qid%3D1208610682%26sr%3D1-1&amp;tag=lederniblog-21&amp;linkCode=ur2&amp;camp=1642&amp;creative=6746\" target=\"_blank\"><img decoding=\"async\" class=\"imageadroite\" src=\"\/dernier\/files\/2008\/04\/steak.jpg\" alt=\"Steak\" align=\"right\" \/><\/a>\u00c0 la suite d&rsquo;<a href=\"http:\/\/www.hyperbate.fr\/dernier\/?p=41\" target=\"_blank\">un pr\u00e9c\u00e9dent article<\/a>, une micro-pol\u00e9mique a \u00e9clat\u00e9 en commentaires au sujet de la qualit\u00e9 du film <em><a href=\"http:\/\/www.amazon.fr\/gp\/redirect.html?ie=UTF8&amp;location=http%3A%2F%2Fwww.amazon.fr%2FSteak-Compilation%2Fdp%2FB000UPSKVG%3Fie%3DUTF8%26s%3Ddvd%26qid%3D1208610682%26sr%3D1-1&amp;tag=lederniblog-21&amp;linkCode=ur2&amp;camp=1642&amp;creative=6746\" target=\"_blank\">Steak<\/a><img decoding=\"async\" style=\"border: medium none  ! important; margin: 0px ! important;\" src=\"http:\/\/www.assoc-amazon.fr\/e\/ir?t=lederniblog-21&amp;l=ur2&amp;o=8\" alt=\"\" width=\"1\" height=\"1\" border=\"0\" \/><\/em> (2007), de Quentin Dupieux. Un film quasi-unanimement m\u00e9pris\u00e9 par la critique et totalement ignor\u00e9 du public. Je l&rsquo;ai vu l&rsquo;\u00e9t\u00e9 dernier dans une salle absolument vide, et je viens de raffra\u00eechir mes souvenirs en visionnant le DVD.<br \/>\nOn dit souvent que le chef d&rsquo;\u0153uvre n&rsquo;est jamais tr\u00e8s loin du navet, et c&rsquo;est bien normal. Contrairement au \u00ab\u00a0grand film\u00a0\u00bb qui obtient l&rsquo;excellence en respectant toutes les r\u00e8gles, sans brusquer le public, le chef d&rsquo;\u0153uvre n&rsquo;a pas le droit d&rsquo;\u00eatre un objet banal. Beaucoup de cin\u00e9astes, beaucoup d&rsquo;artistes d&rsquo;ailleurs, ont tent\u00e9 de produire des chefs d&rsquo;\u0153uvre en prenant la question par le mauvais bout : d&rsquo;abord originaux, d&rsquo;abord diff\u00e9rents, et on verra bien si \u00e7a plait. Une originalit\u00e9 qui n&rsquo;ob\u00e9it pas \u00e0 des raisons imp\u00e9rieuses sera par essence artificielle et, sauf malentendu, sauf coup de bol, sans int\u00e9r\u00eat. Les amateurs et les d\u00e9tracteurs du film s&rsquo;affrontent autour de cette question : originalit\u00e9 sinc\u00e8re, ou originalit\u00e9 feinte ?<br \/>\n<em>Steak<\/em> parle pr\u00e9cis\u00e9ment de l&rsquo;originalit\u00e9, ou plut\u00f4t de son pendant, le conformisme. Georges, l&rsquo;ancien souffre-douleur, et Blaise, son ami na\u00eff intern\u00e9 injustement, veulent chacun son tour faire partie des \u00ab\u00a0Chivers\u00a0\u00bb, des petites frappes obs\u00e9d\u00e9es par les apparences qui boivent du lait, ne fument pas, n&rsquo;acceptent dans leur bande que ceux qui ont subi une chirurgie esth\u00e9tique, jouent \u00e0 des jeux violents et absurdes et roulent dans d&rsquo;affreux et gigantesques 4&#215;4. Le nom du groupe est un discret hommage au film <em>Shivers<\/em>, de David Cronenberg.<br \/>\nPour appartenir aux Chivers, Georges trahit Blaise, Blaise trahit Georges et bien s\u00fbr, chacun se trahit lui-m\u00eame. Le th\u00e8me est assez grave, mais pas inconnu, puisque c&rsquo;est celui de la grande majorit\u00e9 des <em>teenage movies<\/em> am\u00e9ricains, bons (<em>Breakfast Club<\/em>) ou plus banals (<em>Mean Girls<\/em>), dont le happy-end advient lorsque les h\u00e9ros ont trouv\u00e9 le savant dosage qu&rsquo;il convient d&rsquo;op\u00e9rer entre \u00ab\u00a0personnalit\u00e9\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0int\u00e9gration\u00a0\u00bb, le degr\u00e9 de compromission auquel on doit s&rsquo;astreindre pour ne pas vivre totalement seul sans cesser pour autant d&rsquo;\u00eatre une personne. Le graal de l&rsquo;adolescence.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><img decoding=\"async\" src=\"\/dernier\/files\/2008\/04\/steak2.jpg\" alt=\"Steak\" \/><\/p>\n<p align=\"left\">Les <em>teenage movies<\/em> am\u00e9ricains, et cela peut \u00eatre un trait d\u00e9testable, constituent souvent aussi des catalogues d\u00e9taill\u00e9s de ce qui est \u00ab\u00a0cool\u00a0\u00bb et de ce qui ne l&rsquo;est pas : v\u00eatements, coupes de cheveux, musique, passe-temps, pr\u00e9occupations, attitudes, vocabulaire. \u00c0 la fin de ce genre de film, en plus d&rsquo;une moralit\u00e9 gentillette, le spectateur part avec un assortiment de biens de consommation \u00e0 acheter : le jean&rsquo;s et la cigarette, le skateboard, les patins \u00e0 roulettes, les grosses voitures, le jeu vid\u00e9o, le dernier disque, etc. Dans Steak, rien \u00e0 vendre, et la soci\u00e9t\u00e9 de la consommation est raill\u00e9e de mani\u00e8re plut\u00f4t savoureuse : <em>\u00ab <\/em><em>Qu&rsquo;est-ce que c&rsquo;est que \u00e7a ? Ton blouson bouloche compl\u00e8tement ! <\/em><em>\u00bb<\/em> \u2014 <em>\u00ab<\/em><em> C&rsquo;est p&rsquo;t\u00eat ma m\u00e8re qui l&rsquo;a mal lav\u00e9, \u00e7a se voit beaucoup ? <\/em><em>\u00bb<\/em><br \/>\nG\u00e9n\u00e9ralement, dans le <em>teenage movie<\/em> lambda, les protagonistes positifs du r\u00e9cit sont ceux qui sont d\u00e9j\u00e0 \u00ab\u00a0cool\u00a0\u00bb, d\u00e9j\u00e0 \u00ab\u00a0beaux\u00a0\u00bb, et dont le probl\u00e8me est seulement de rendre leurs qualit\u00e9s \u00e9videntes pour les autres ou pour eux-m\u00eames, et de montrer ou de comprendre en quoi les protagonistes d\u00e9testables (mais souvent envi\u00e9s) m\u00e9ritent d&rsquo;\u00eatre d\u00e9test\u00e9s. Le spectateur n&rsquo;est pas sp\u00e9cialement surpris, car lui sait d\u00e9j\u00e0 depuis le d\u00e9part \u00e0 qui il doit s&rsquo;identifier et qui il doit d\u00e9tester.<br \/>\nDans <em>Steak<\/em>, personne ne m\u00e9rite ni n&rsquo;obtient le salut. Les deux h\u00e9ros sont l\u00e2ches et pr\u00eats \u00e0 toutes les bassesses pour gagner une illusion de consid\u00e9ration, les Chivers sont ridicules et les filles qui les suivent sont idiotes. Les inconnus s&rsquo;adressent les uns aux autres comme \u00e0 des chiens. Les parents de Blaise abandonnent leur fils, le corps m\u00e9dical est absolument inhumain. L&rsquo;enseignement devient une activit\u00e9 r\u00e9p\u00e9titive et monotone (on voit ainsi les cours \u00e9tranges d&rsquo;un prof de sciences, d&rsquo;un prof de sport et d&rsquo;un prof de piano). Quelques personnages plus compassionels font une br\u00e8ve apparition : un infirmier, un serveur dans un caf\u00e9, un infirme sur fauteuil \u00e9lectrique et une m\u00e8re (apparemment) c\u00e9libataire. Tous semblent pourtant poursuivre un but qui leur appartient et dont l&rsquo;objet de leur attention passag\u00e8re, Blaise, n&rsquo;est que l&rsquo;instrument.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><img decoding=\"async\" src=\"\/dernier\/files\/2008\/04\/steak3.jpg\" alt=\"Steak\" \/><\/p>\n<p>Quentin Dupieux a dit avoir intitul\u00e9 son film <em>Steak<\/em> parce que ce mot n&rsquo;\u00e9voque rien de pr\u00e9cis et qu&rsquo;il est universel (en fait c&rsquo;est un vieux mot scandinave), informant le spectateur que le r\u00e9cit ne se d\u00e9roule pas \u00e0 Limoges, \u00e0 Saint-Tropez ou \u00e0 Las Vegas, mais qu&rsquo;au contraire il pourrait se passer n&rsquo;importe o\u00f9 (le film est tourn\u00e9 au Canada). Mais n&rsquo;importe o\u00f9, bien entendu, c&rsquo;est nulle part. Dystopie (utopie non positive), <em>Steak<\/em> constitue pourtant un patchwork familier car il nous rappelle le monde \u00e0 venir, brutal, o\u00f9 chacun se sert des autres comme il peut, o\u00f9 la tendance hygi\u00e9niste (<em>\u00ab\u00a0un chivers se doit d&rsquo;\u00eatre irr\u00e9prochable au niveau de la tenue comme du mental\u00a0\u00bb<\/em>) ne sert aucun projet coh\u00e9rent (ne pas fumer mais rouler dans un v\u00e9ritable tank ; passer des vacances dans un chalet en for\u00eat mais n&rsquo;aimer que les physiques d\u00e9natur\u00e9s ; boire du lait mais jouer \u00e0 s&rsquo;esquinter \u00e0 coup de battes de cricket) et de sens (absurdit\u00e9 des passe-temps, m\u00e9pris pour la culture, disparition des liens amicaux et familiaux&#8230;). Le film est aussi un peu l&rsquo;illustration fantasm\u00e9e de cette promesse habituelle, de ce clich\u00e9 qui \u00e9nonce que nous ne faisons que reproduire les travers des am\u00e9ricains \u00ab\u00a0avec dix ans de retard\u00a0\u00bb.<br \/>\nMais comme rien n&rsquo;est jamais vraiment nouveau sous le soleil, ce futur proche est constitu\u00e9 de beaucoup d&rsquo;\u00e9l\u00e9ments fin 1970 d\u00e9but 1980 (et parlera sans doute pour cette raison, je pense, plus ceux de ma g\u00e9n\u00e9ration qu&rsquo;\u00e0 d&rsquo;autres plus jeunes) : la typo utilis\u00e9e pour Steak, les morceaux de musiques \u00e9lectro inspir\u00e9s par les compositions de John Carpenter, de Fran\u00e7ois de Roubaix, de Wendy Carlos ou de Giorgio Moroder, par le <em>Rock It!<\/em> de Herbie Hancock, mais aussi les plans, les couleurs, les ambiances, l&#8217;emploi de focales longues (qui me rappellent par exemple <em>Footloose<\/em>), le tout assorti de d\u00e9tails vol\u00e9s au clip <em>Thriller <\/em>de Michael Jackson ou aux films d&rsquo;horreur de la m\u00eame \u00e9poque. Des r\u00e9f\u00e9rences plus nobles ne sont pas difficiles \u00e0 trouver : <em>Elephant <\/em>ou <em>Orange m\u00e9canique<\/em> notamment.<br \/>\nEn bon deejay, Dupieux mixe harmonieusement les ambiances et les \u00e9poques et obtient au r\u00e9sultat un film qui ne ressemblera jamais qu&rsquo;\u00e0 lui-m\u00eame &#8211; sur ce point les thurif\u00e9raires comme les d\u00e9tracteurs du films semblent pouvoir s&rsquo;entendre.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><img decoding=\"async\" src=\"\/dernier\/files\/2008\/04\/steak6.jpg\" alt=\"Steak\" \/><\/p>\n<p>Vielle histoire bien connue : le roi Cr\u00e9sus, avant de partir en guerre contre la Perse avait demand\u00e9 \u00e0 la Pythie de Delphes ce qu&rsquo;il fallait en penser. L&rsquo;Oracle lui avait r\u00e9pondu qu&rsquo;<em>\u00ab\u00a0un grand royaume sera d\u00e9truit\u00a0\u00bb<\/em>. Optimiste, le roi de Lydie ne s&rsquo;est pas demand\u00e9 de quel pays il \u00e9tait question et a persist\u00e9 dans son projet, pour son malheur puisque c&rsquo;est son propre royaume qui a \u00e9t\u00e9\u00a0an\u00e9anti. <em>Steak <\/em>fait partie de ces \u0153uvres que je qualifie d&rsquo;oracles, car elles apportent \u00e0 nos questions sur l&rsquo;avenir une r\u00e9ponse qui ne sera sans doute claire qu&rsquo;une fois qu&rsquo;il sera trop tard et font des pr\u00e9dictions que nous ne pouvons pour l&rsquo;instant pas interpr\u00e9ter compl\u00e8tement.<em> Steak<\/em> est un film moraliste qui ne nous inflige pas de morale explicite. Le sc\u00e9nario de Dupieux condamne tout ses protagonistes sans tendresse et n&rsquo;offre au spectateur aucun r\u00f4le plaisant auquel s&rsquo;identifier. Cette position qui consiste \u00e0 ne pas se mettre le spectateur dans la poche en lui faisant croire que \u00ab\u00a0les m\u00e9chants, ce sont les autres\u00a0\u00bb nous \u00e9loigne consid\u00e9rablement des pratiques habituelles du <em>teenage movie<\/em> (en dehors peut-\u00eatre de productions ind\u00e9pendantes comme <em>But I&rsquo;m a cheerleader<\/em> et <em>Saved! <\/em>qui attaquent des cat\u00e9gories politiques ou culturelles pr\u00e9cises).<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><img decoding=\"async\" src=\"\/dernier\/files\/2008\/04\/steak5.jpg\" alt=\"Steak\" \/><\/p>\n<p>Alors oui, bien entendu, c&rsquo;est un vrai film (chef d&rsquo;\u0153uvre, je ne sais pas, attendons de voir \u00e0 quel point il nous sera rest\u00e9 en m\u00e9moire dans dix, vingt, trente ans), il a un propos particulier, un ton unique, un grain musical et visuel tr\u00e8s \u00e0 part. Je ne pense en tout cas pas que ce soit un malentendu si Steak a \u00e9t\u00e9 appr\u00e9ci\u00e9 par <em>les Cahiers du cin\u00e9ma<\/em>, <em>Chronic&rsquo;art<\/em> ou <em>Lib\u00e9ration <\/em>mais s&rsquo;est fait incendier par <em>Premiere<\/em>, <em>Le Parisien Lib\u00e9r\u00e9 <\/em>et <em>Le Quotidien du dimanche<\/em>. Que les spectateurs un peu bourrins qui attendaient une grosses com\u00e9die franchouille (<em>Taxi 4<\/em> ou <em>Le Boulet<\/em>) n&rsquo;aient rien compris au film, je le con\u00e7ois sans peine, mais je connais aussi des personnes dont les go\u00fbts ne sont pas born\u00e9s et qui ont cordialement d\u00e9test\u00e9 <em>Steak<\/em>. Et cela m&rsquo;a \u00e9tonn\u00e9.<br \/>\n<a href=\"http:\/\/www.ericetramzy.com\" target=\"_blank\"> \u00c9ric et Ramzy<\/a>, qui se mettent courageusement en danger en participant \u00e0 ce genre de film, donnent ici un sens diff\u00e9rent \u00e0 leurs r\u00f4les habituels de gentils imb\u00e9ciles et \u00e0 leurs dialogues de cour d&rsquo;\u00e9cole primaire (<em>La tour montparnasse infernale<\/em>) sans en modifier grand chose, pourtant.<br \/>\nLe fait que ces deux acteurs jusqu&rsquo;ici exclusivement cantonn\u00e9s \u00e0 la com\u00e9die tiennent les premiers r\u00f4les dans un film au genre mal balis\u00e9 (com\u00e9die, anticipation, fable,&#8230; aucun mot ne peut \u00e0 soi seul d\u00e9finir <em>Steak<\/em>) a \u00e9t\u00e9 la cause d&rsquo;une grande incompr\u00e9hension d&rsquo;une part du public, <a href=\"http:\/\/www.allocine.fr\/film\/critiquepublic_gen_cfilm=110872&amp;note=0.html\" target=\"_blank\">les 200 critiques n\u00e9gatives des spectateurs sur Allocine.fr<\/a> sont \u00e9loquentes (je ne r\u00e9siste pas au plaisir de conserver leur orthographe) : <em>\u00ab Je n&rsquo;ai pas ris de tout le film, c&rsquo;est pourtant sens\u00e9 \u00eatre une com\u00e9die, non ? Bref, c&rsquo;est vraiment de l&rsquo;humour au 36e degr\u00e9. Le r\u00e9alisateur Quentin Dupieux nous montre ici un film pas dr\u00f4le, glauque, et sans aucun int\u00e9r\u00eat et absolument pas une com\u00e9die, ou du moins un humour plut\u00f4t \u00ab\u00a0sp\u00e9cial\u00a0\u00bb \u00bb<\/em> \u2014 <em>\u00ab On ne rit pas, l&rsquo;histoire d&rsquo;un ridule, et le film fait piti\u00e9. J&rsquo;esp\u00e9re qu&rsquo;Eric et Ramzy vont au prochain film retrouv\u00e9 leur c\u00f4t\u00e9 hilarant qui leur va bien \u00bb<\/em> \u2014 <em>\u00ab A \u00e9viter&#8230; histoire incomprehensible, humour nul, film nul.. Bref, meme gratuit c est \u00e0 fuir, ennuyeux a mourir&#8230;Des sois disant \u00ab\u00a0critique de cinema\u00a0\u00bb qui ecrivent dans certains prestigieux magazine l&rsquo;ont qualifi\u00e9 de \u00ab\u00a0bon film\u00a0\u00bb&#8230; Sans doutes ont ils recut des cadeaux pour ecrire ce mensonge&#8230; \u00bb<\/em> \u2014 <em>\u00ab Les blagues sont path\u00e9tique, bien lourdes, pas dr\u00f4le enfantine&#8230; Les acteurs s&rsquo;en donne pas \u00e0 coeur joie, enfin bref, j&rsquo;ai trouv\u00e9 ce film extremement plat avec rien deriere et je ne vous le conseille pas!! \u00bb<\/em> \u2014 <em> \u00ab J&rsquo;ai rarement vu un film qui respire autant l&rsquo;amateurisme \u00bb <\/em>\u2014<em> \u00ab Plus ca va plus eric et ramzy sont mauvais. [&#8230;] Pour dire j&rsquo;apprehende meme leur prochain film \u00bb<\/em>.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\" align=\"center\"><img decoding=\"async\" src=\"\/dernier\/files\/2008\/04\/steak4.jpg\" alt=\"Steak\" \/><\/p>\n<p>Mais Steak n&rsquo;a pas seulement d\u00e9\u00e7u ceux qui n&rsquo;ont aucune id\u00e9e qu&rsquo;un film ne se juge pas \u00e0 l&rsquo;aune des blockbusters les plus banalement fabriqu\u00e9s. Comme je le disais plus haut il a aussi \u00e9t\u00e9 d\u00e9test\u00e9 par un public plus choisi, et ce avant m\u00eame sa sortie et dans des proportions qui ne lassent pas de m&rsquo;\u00e9tonner consid\u00e9rant le nombre pour le moins symbolique de ses entr\u00e9es en salles. Je n&rsquo;irais pas dire qu&rsquo;il y a plus de gens qui ont d\u00e9test\u00e9 le film que de gens qui l&rsquo;ont vu mais pas loin. Je pense en tout cas que tout \u00e7a est d\u00fb \u00e0 un pr\u00e9jug\u00e9.<br \/>\nLes gens comme Quentin Dupieux, issus du clip et du monde de la musique (Dupieux est aussi Mr Oizo, c\u00e9l\u00e9brit\u00e9 internationale de la French Touch il y a pr\u00e8s de dix ans &#8211; on notera au passage que les membres des Chivers sont pour l&rsquo;essentiel eux aussi des acteurs importants du monde de la musique) , rencontrent souvent des difficult\u00e9s \u00e0 \u00eatre pris au s\u00e9rieux dans leurs r\u00f4les de cin\u00e9astes : Spike Jonze, Sofia Coppolla, Roman Coppolla , Tarsem Singh ou encore les Daft Punk ont tous essuy\u00e9 ce genre de critiques&#8230; M\u00eame un r\u00e9alisateur aussi aguerri que Michel Gondry (cinq longs-m\u00e9trages !) se voit souvent reprocher (sans v\u00e9ritables preuves) de faire de jolies images sans grandes id\u00e9es, tout dans la forme, rien dans le fond. Je pense au contraire que ces cin\u00e9astes sont souvent extr\u00e8mement cr\u00e9atifs ou en tout cas tr\u00e8s ouverts \u00e0 l&rsquo;exp\u00e9rimentation conceptuelle, sc\u00e9naristique, sonore et visuelle.<br \/>\nEt il me semble par ailleurs qu&rsquo;on ne peut pas aborder notre \u00e9poque (et encore moins la suivante) avec le cin\u00e9ma sans tenir compte de la richesse de l&rsquo;iconosph\u00e8re &#8211; le monde des images &#8211; et du syndrome d&rsquo;accumulation et de confusion qui proc\u00e8de de l&rsquo;hyper-m\u00e9moire audiovisuelle actuelle (hyper-m\u00e9moire n\u00e9e des proc\u00e9d\u00e9s de reproduction invent\u00e9s depuis Edison mais qui prend, avec Youtube et Dailymotion, des proportions qui auraient \u00e9t\u00e9 compl\u00e8tement inimaginables il y a peu).<br \/>\nJe suis du reste plus convaincu par la pertinence du t\u00e9lescopage des images et des \u00e9poques qu&rsquo;op\u00e8re Dupieux que par les citations parfois jubilatoires mais au fond plus nostalgiques et pass\u00e9istes qu&rsquo;autre chose de Tarantino (un autre Quentin, tiens).<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00c0 la suite d&rsquo;un pr\u00e9c\u00e9dent article, une micro-pol\u00e9mique a \u00e9clat\u00e9 en commentaires au sujet de la qualit\u00e9 du film Steak (2007), de Quentin Dupieux. 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