Profitez-en, après celui là c'est fini

Elysium

août 30th, 2013 Posted in Hacker au cinéma, Interactivité au cinéma, Ordinateur au cinéma, Robot au cinéma, Surveillance au cinéma

elysium_affiche(attention, je raconte un peu le film)

J’avais été bluffé par District 9 (2009), du sud-africain Neill Blomkamp, qui, avec un budget plutôt modeste (une trentaine de millions de dollars, ce qui n’est pas rien non plus), était parvenu à produire une science-fiction visuellement innovante, qui immergeait brutalement le spectateur dans les taudis d’un ghetto d’extra-terrestres réfugiés sur terre, autant qu’emprisonnés. Blomkamp, qui n’avait que trente ans à la sortie du film, était déjà l’auteur d’un certain nombre de courts-métrages de science-fiction futés et très bien réalisés. Il faut dire que malgré son jeune âge, ce réalisateur avait déjà une longue carrière dans le domaine des effets visuels puisqu’il a travaillé depuis la fin des années 1990 sur Stargate SG1, Smallville, Dark Angel, et réalisé de nombreuses publicités reposant sur les effets spéciaux.
Avec un budget quatre fois supérieur à celui de District 9, et des acteurs internationaux, il vient donc de sortir Elysium, film américain qu’il a scénarisé, produit et réalisé.

Max Da Costa (Matt Damon), a grandi dans le Los Angeles du XXIIe siècle. Son monde est pollué, crasseux, surpeuplé, pauvre et malade. Il n’existe apparemment plus vraiment d’États, ni d’autre droit que celui du plus fort. C’est un immense bidonville, placé sous une étoile artificielle, ou plus exactement une immense roue céleste1, Elysium, monde de perfection où la maladie n’existe plus, où l’on ne vieillit pas, et où se sont réfugiés les terriens les plus riches. Le nom Elysium fait référence aux Champs-Élysées de la mythologique grecque, le lieu des enfers où les héros et les vertueux reposent après leur mort2. Ce « paradis » high-tech au nom prétentieux a bien quelque chose de morbide car ses habitants paraissent ne plus rien attendre de la vie. Ils ont de grandes villas, nagent dans leurs piscines, organisent des réceptions, mais ne semblent pas être animés par grand chose. Leur Beverley Hills céleste, hygiéniste et policé semble bien ennuyeux, et on peut imaginer qu’il finira par devenir un monde décadent tel que celui des « éternels » dans le film Zardoz (John Boorman, 1974), auquel Elysium a été souvent comparé.

elysium_LA

En fait, l’unique personne qui semble ne pas connaître l’ennui, sur Elysium, c’est l’affreuse Jessica Delacourt (Jodie Foster, impeccable comme toujours), ministre de la défense du satellite artificiel, qui se charge d’une sale besogne : empêcher les terriens d’approcher Elysium. Elle ordonne sans états-d’âme le meurtre des éventuels clandestins et ne craint qu’une chose : l’attendrissement de ses congénères, à commencer par le président d’Elysium, face au sort des terriens, du moins lorsque l’horreur de leur condition est trop flagrante. Avec Carlyle (William Fichtner, que Jodie Foster avait eu comme partenaire dans Contact), le directeur de la société Armadine, qui fabrique des robots et des drones, elle songe à un coup d’État.
Pour le spectateur, qui s’identifie aux pauvres Terriens, Jessica Delacourt est un personnage froid et inhumain, mais dans le même temps, il est impossible de ne pas comprendre son point de vue : elle défend son monde. Beaucoup de gens ont supposé que ce personnage était inspiré d’Hillary Clinton, mais Neill Blomkamp a expliqué s’être en réalité inspiré de Christine Lagarde, la directrice du fonds monétaire international. Elysium parle moins des inégalités aux États-Unis que de l’économie mondiale.

elysium_jodie_foster

Les Terriens ont été abandonnés par les habitants d’Elysium, et pourtant ces derniers ont besoin d’eux, car il faut bien quelqu’un pour fabriquer leurs serviteurs robotiques. Il y a beaucoup de robots sur Terre aussi, dédiés au maintien de l’ordre, et dotés de manières plutôt brutales. Les robots et les drones montrés dans le film sont odieux, non pas parce qu’ils sont faits de métal et de circuits électroniques, mais bien parce qu’ils ont été conçus et programmés par des humains pour maltraiter d’autres humains, physiquement ou administrativement3.

L'automate administratif (services sociaux ?) qui gère l

En 21544, notre héros, Max, voit sa vie bouleversée en quelques heures : traité sans ménagement par un robot à cause d’une remarque humoristique et parce qu’il a fait de la prison, il a le bras fracturé, ce qui l’amène à retrouver son amie d’enfance, Frey Santiago (Alice Braga, que l’on a vu dans La Cité de Dieu, I Am Legend et Repo Men), devenue infirmière et dont la fille, Matilda, souffre d’une leucémie. Sur Elysium, elle serait guérie en quelques secondes, mais sur Terre, elle est condamnée.

elysium_roue

Les retrouvailles entre Max et Frey ne durent pas longtemps : piégé par une porte défectueuse dans son usine, Max est gravement irradié et n’a plus que quelques jours à vivre. Son unique chance de survie est d’être soigné sur Elysium. Pour y parvenir, il accepte de travailler avec Spider (Wagner Moura), un caïd et hacker qui organise le passage de terriens vers Elysium. Spider veut sonder l’esprit d’un habitant d’Elysium pour récupérer des mots de passe de comptes bancaires. Max, quant à lui, exige que la proie ne soit pas choisie au hasard, mais soit Carlyle, le directeur d’Armadine, dont le cerveau, Max ne l’apprendra que plus tard, contient une clef pour modifier radicalement Elysium.

elysium_max_spider

Pour avoir les forces nécessaires à son aventure, Max est équipé d’un exosquelette qui le rend aussi fort que les droïdes qu’il va rencontrer sur son chemin, et qui lui permet de se battre avec Kurger (Sharlto Copley, qui tenait le rôle principal dans District 9), un agent « dormant » mentalement dérangé qui vit sur Terre où il travaille pour la ministre Delacourt.

J’imagine que j’en ai déjà beaucoup trop raconté, mais l’important, dans le film, est moins de savoir ce qui va se passer que de le voir se passer. La structure du scénario est très proche de celle de District 9 : un homme infecté cherche à tout prix à survivre, puis comprend que ses actes peuvent changer la vie de bien plus d’êtres, et en tire les bonnes conclusions.

elysium_max_frey

La première qualité d’Elysium, c’est la cohérence et le raffinement de chacun de ses détails visuels. Les armes, vaisseaux, objets divers sont tous pensés avec le plus grand soin, y compris ceux qui n’apparaissent que comme lointain élément de décor. La distribution est, elle aussi, impeccable, jusqu’aux enfants — Matt Damon expliquait dans une interview que l’enfant qui interprète son personnage jeune lui ressemble plus qu’il ne se ressemblait à lui-même lorsqu’il était enfant. Chaque acteur semble connaître sur son personnage des détails biographiques qui ne sont jamais dits au court du récit mais que le spectateur ressent : Jessica Delacourt est sans doute plus que centenaire ; Frey est l’archétype de la jeune femme issue des bidonvilles qui a cherché à améliorer sa condition par l’effort ; au delà de son activité maffieuse, « Spider » a une conscience politique et une forme de patriotisme terrien ; etc. L’usage de plusieurs langues (anglais, espagnol, français, afrikaner) ajoute une dimension intéressante à la civilisation décrite dans le film, et nous permet d’imaginer son histoire et d’imaginer le parcours ou les origines des personnages.

elysium_max

Elysium rappelle District 9, mais se réfère aussi à la littérature cyberpunk, ainsi qu’à de nombreux films. J’ai personnellement vu plus d’un lien avec le Métropolis de Fritz Lang, la science-fiction dystopique des années 1970 (RollerballSoylent Green), avec la série Firefly et le film Serenity, (pour leur manière particulièrement naturelle de traiter les effets spéciaux, mais aussi pour des détails comme le multilinguisme ou le high-tech crade) et même avec les films Wall-E et Idiocracy. John Carpenter, enfin, n’est pas bien loin, et Elysium a plus d’un point commun avec Escape from L.A., par exemple.

J’analyserai avec attention cet aspect avec l’édition DVD, lorsqu’elle sortira, mais j’ai trouvé les interfaces informatiques très intéressantes, en décalage avec l’interactivité élégante que l’on voit, par exemple, dans Iron Man 3. Ici, beaucoup d’interface textuelles, monochromes, rappelant le code informatique, et à qui l’on transmet des commandes simples. La vue subjective des drones ou des véhicules militaires évoque quant à elle très directement les images que produisent les guerres récentes5. Le parti-pris politique de l’auteur ne fait pas de doute.

E

La station spatiale Elysium s’inspire des habitats célestes imaginés par la science-fiction mais aussi par les revues de vulgarisation scientifiques. Par leur caractère lisse et leurs couleurs, ces images rappellent aussi les illustrations de cabinets d’architectes qui servent à vendre des résidences ou des pavillons avant qu’ils ne soient construits.

La critique, qui attendait beaucoup de Neill Blomkamp après District 9, a globalement (mais pas unanimement) exprimé sa déception : naïf, simpliste, caricatural, manichéen, apparenté au jeu vidéo6, ennuyeux, inconsistant, prévisible, sentimental, commercial, raté.
Je trouve ces critiques injustes, car si le propos est simple — il s’agit d’une fable destinée à nous parler de l’inégalité sociale présente —, il n’en est pas moins traité avec talent et efficacité. Le film aurait peut-être gagné à donner un peu moins de place aux combats, qui sont très correctement réalisés mais n’apportent pas grand chose aux situations et aux personnages. On peut, enfin, railler certains détails techniques, comme la dépendance de la station Elysium à la configuration d’un logiciel et la manière dont on le change en effectuant un « reboot », mais je vois là une manière de dire, métaphoriquement, que pour changer la marche du monde, il faut reprendre certaines choses à zéro.
Elysium n’est pas un film sans défauts, sans doute, mais je l’ai plutôt apprécié.

A-t-on le droit de faire simple quand on veut parler de progrès social ?

Lors d’une discussion sur Twitter avec Stanislas Gros et Thomas Cadène au sujet du traitement médiatique d’Elysium, Stanislas a eu une intuition qui mériterait d’être vérifiée méthodiquement : le reproche d’être trop « simpliste » est plus facilement fait aux films qui défendent un point de vue pacifiste et/ou social — osons même dire : un point de vue de gauche7 — qu’à des films qui promeuvent l’individualisme et la justice expéditive ou même, assument une philosophie réactionnaire8 comme The Dark Knight Rises, qui prend parti, et certainement pas avec l’ambiguïté que certains lui prêtent généreusement, contre la mobilisation façon Occupy Wall Street.

Si cette intuition devait se vérifier, qu’est-ce que cela signifierait au juste ? Est-ce que, comme me l’ont dit certains, on s’attend plus à une idéologie simpliste lorsqu’il s’agit de soutenir un propos réactionnaire ? Est-ce, au contraire, que l’on n’aime les discours « gauchistes » qu’à la condition d’être certain qu’ils n’aient qu’une poignée de spectateurs dans une salle d’art et d’essai ? Tout cela pose beaucoup de questions, me semble-t-il.

Le film a en tout cas révolté les médias conservateurs américains (Fox, par exemple), qui y ont vu du « sci-fi socialism », et ont regretté qu’il s’agisse d’un des films hollywoodiens « les plus ouvertement communistes de l’histoire, battant lourdement le tambour non seulement pour une sécurité sociale universelle, mais pour l’ouverture des frontières, l’amnistie inconditionnelle et l’abolition des distinctions de classe »9.

  1. Ce satellite en forme de roue doit en fait être appelé tore de Stanford, ai-je appris chez le Traqueur Stellaire. []
  2. Les Champs-Élysées des Grecs et des Romains, ainsi que leurs autres enfers (le morne Pré de l’Asphodèle, où erre le tout-venant des morts, et le Tartare, où sont punis les méchants) ont été repris par les Chrétiens : Paradis, Purgatoire et Enfer. Les premiers chrétiens, comme les juifs des siècles qui précèdent Jésus Christ, n’avaient pas de notion de lieu pour le repos ou le tourment des morts, mais croyaient en une résurrection de tous les morts qui le méritent au moment de la fin des temps. Avant leur rencontre avec les Zoroastriens à Babylone, les Juifs n’avaient développé aucune notion de vie après la mort : ce que l’éternel offrait à celui qui suivait ses commandements, c’était essentiellement un grand troupeau et une longue descendance. []
  3. Je renvoie le lecteur à l’article Machines hostiles, que Le Monde diplomatique m’a fait l’honneur de publier il y a deux ans et où je développais moi aussi une vision pessimiste de la machine, comme outil d’oppression : si un automate n’est mû par aucune ambition personnelle, ses actions sont le fruit de la volonté de celui qui l’a conçu ou programmé, et il n’aura, contrairement à un humain, aucun scrupule à exécuter les ordres qu’on lui a donnés. []
  4. 2154 n’est sans doute pas une date choisie au hasard : c’est la même année que se déroule l’action du Avatar de James Cameron, apprend-on dans la critique d’Alexis Hyaumet. []
  5. Voir par exemple Keep shoot’n, Keep shoot’n []
  6. De fait, il existe un lien entre Elysium et le jeu vidéo, mais il est dommage d’utiliser le mot pour dénigrer le film. Autrefois, on disait « c’est une bande dessinée ». À présent, on dit « c’est un jeu vidéo ». Il s’agit chaque fois, avant tout, d’une démonstration d’ignorance de ce que peuvent apporter les médiums cités. []
  7. Pensons par exemple à Avatar, de James Cameron, que le critique de l’Humanité avait jugé « simpliste » et celui de Marianne « sans audace ». Des idées politiques progressistes, c’est moins bien quand on réussit à convaincre des dizaines de millions de spectateurs ? []
  8. Citons au hasard Matthieu Santelli, pour Critikat : « Le décor, on commence à le deviner, est ce qui motive vraiment Blomkamp, pas en tant que sujet de révolte, le discours politique de Elysium étant trop inconsistant pour qu’on croit à sa prétendue indignation, mais comme objet de folklore. Il y a chez lui, sous couvert de le dénoncer, une fascination assez dégoûtante pour l’univers du bidonville. Soudain, ce ne sont plus les oripeaux futuristes qui déguisent la réalité sociale mais la misère tiers-mondiste qui colore la SF. Cette perversité était déjà en gestation avancée dans District 9. Dans Elysium, elle est carrément accablante ». Sur The Dark Knight Rises, le même critique avait été excessivement indulgent : « Bruce Wayne (Christian Bale, décidément dans le rôle de sa vie) est un personnage fascinant parce qu’il redoute la quête qu’il s’impose et qui consiste à le mettre face à ce qu’il sait déjà, mais qu’il tente désespérément de fuir. C’est dire sa complexité ». []
  9. Voir la critique de Variety : « one of the more openly socialist political agendas of any Hollywood movie in memory, beating the drum loudly not just for universal healthcare, but for open borders, unconditional amnesty and the abolition of class distinctions as well ». []
  1. 33 Responses to “Elysium”

  2. By Wood on Août 31, 2013

    J’ai vu ce film juste après avoir lu dans le magazine XXI un article sur les « Gated communities » d’Afrique du Sud, où les riches vivent à l’abri de hauts murs et de systèmes de sécurités qui les protègent des pauvres. Sachant d’où vient le réalisateur, j’imagine que c’est une de ses influences, mais pas seulement.

    J’ai trouvé le film très pertinent dans sa dénonciation de tout ce qui ne va pas dans la société actuelle, mais très naïf quand à la solution proposée. Je serais curieux de savoir à quoi ressemblerait le monde un an ou deux après le reboot. Ca m’étonnerait beaucoup que les riches n’aient pas trouvé un nouveau moyen de protéger leur « mode de vie » c’est à dire leurs privilèges.

  3. By Jean-no on Août 31, 2013

    @Wood : le film est clairement plus du côté du constat que de celui des solutions (véritables), mais pourquoi pas ? On évite, par exemple, le dénouement attendu avec les « Elyséens » qui prendraient conscience des injustices, et voudraient les réparer, l’œil ému, main dans la main avec les misérables d’en bas… Là, le réalisateur s’en tire sur ce qui ressemble à une connerie, ou une conquête provisoire en tout cas, et ça me rappelle Miracle à Milan, de Vittorio de Sica, où les pauvres s’envolent vers le paradis sur des balais pour vivre une vie meilleure : ça n’arrive pas dans la vie, et c’est ce que rappelle le « miracle » en question.

  4. By Stanislas Gros on Août 31, 2013

    Sans compter que le « miracle » n’en est un qu’à demi, car celui qui prend le pouvoir à la fin n’est pas totalement un gentil non plus : c’est le truand qui emploie Matt Damon et vit entre autres des trajets clandestins vers Elysium, autant dire qu’on n’est pas totalement sortis de l’auberge.

  5. By Jean-no on Août 31, 2013

    @Stanislas : « Spider » est-il un méchant ? On sent une motivation politique chez lui, et aussi une forme d’humanité, par exemple quand il avertit Max, à la toute fin, de ce qui va se produire si le téléchargement est lancé.

  6. By nathalie on Août 31, 2013

    C’est annoncé dans la scène, très habile, où Frey ne sauve pas la Delacourt alors que les codes du genre l’exigeraient presque : il n’y aura pas de rédemption complaisante. Au fond, mieux vaut sans doute ce happy end un peu foutraque dont chacun peut se dire qu’en vérité, ça ne suffirait pas.

  7. By Stanislas Gros on Août 31, 2013

    Sinon, c’est marrant que tu mettes l’histoire du reboot dans les défauts (moi effectivement c’est ce qui me gênait le plus, les raccourcis techniques, il y en a quelques autres.), la plupart des gens n’ont rien remarqué, ce qu’on trouve « simpliste » c’est plutôt la petite fille malade (Critikat : « la bassesse du scénario qui nous prend en otage en nous faisant le coup de la gamine leucémique »). J’ai vraiment l’impression que ce qui est dénoncé comme simpliste c’est le dispositif du scénario (Critikat, encore : « Cette structure sociétale, reprise à bras le corps dans Elysium, fait généralement office de discours politique »). Et autour de moi j’ai beaucoup entendu « démago », « putassier », « juste un décor pour des scènes d’action », etc.

  8. By Stanislas Gros on Août 31, 2013

    Ce n’est pas un méchant, mais ce n’est pas un personnage très clair, ça fait partie des choses que je voudrais revoir dans le film : comment il est présenté au départ, quelle est la part de son intérêt personnel et celle de sa motivation politique. Enfin je ne peux pas m’empêcher de le voir lui-même comme une sorte d’oppresseur.

  9. By Jean-no on Août 31, 2013

    @Stanislas : il m’a semblé un peu inspiré du « révolutionnaire » de Escape from L.A., y compris physiquement. Un personnage qui tirait avantage de la situation d’emprisonnement pour régner sur son petit monde…
    Celui-ci est un oppresseur, mais on perçoit un fond idéaliste, peut-être qu’à un moment il croit, lui aussi (comme Max), qu’il peut aider le monde. Mais c’est difficile à dire en fait.

  10. By Stanislas Gros on Août 31, 2013

    Il croit qu’il peut aider le monde, et il le fait effectivement puisqu’à la fin il fait profiter les terriens de la technologie d’Elyseum, mais que fera-t-il ensuite? Que peut-on attendre d’un personnage comme celui-ci? il y a ce que nous montre le film et ce qu’il ne nous montre pas. (il faudra que je voie Escape from L.A., je suis loin d’avoir ta culture en s-f…)

  11. By Jean-no on Août 31, 2013

    @Stanislas : Escape From L.A. est un « reboot » de Escape from New York (New York 1997), qui tire plus vers la comédie. Je n’avais pas aimé ce film à sa sortie mais à la revoyance, il a des éléments intéressants. J’ai une culture de la SF plutôt limitée au cinéma, je pense. En littérature, j’ai des lacunes terribles et innombrables.

  12. By Wood on Août 31, 2013

    Mais Spider prend-il réellement le pouvoir ? Je ne me souviens plus… Il donne à tous les terriens le statut de citoyen d’Elysium, mais se donne-t-il à lui même des pouvoirs particuliers ?

    Oui c’est un personnage trouble… Dans le monde réel, les personnages dans son genre (trafiquants, chefs de gangs de passeurs,) sont souvent beaucoup moins sympathiques et n’ont aucun scrupules à exploiter la misère de leurs semblables, même si souvent ils aiment à se poser en « protecteurs ».

  13. By Jean-no on Août 31, 2013

    @Wood : le méchant Kruger est un peu la version sombre de Spider, lui aussi profite de la situation, mais sans le moindre début de justification morale. Je ne pense pas que Spider dispose du pouvoir à la fin du film effectivement, même si c’est sans doute dans ce but qu’il est monté sur Elysium.

  14. By Stanislas Gros on Août 31, 2013

    Mais si ce n’est pas lui, qui envoie la technologie médicale sur Terre à la fin? Et si il a le pouvoir de faire de tous les terriens un citoyen d’Elysium c’est bien qu’il a le pouvoir… Bon il faut que je retourne le voir, d’ailleurs je voudrais bien revoir aussi de plus près les rôles de Kruger et de Delacourt.

  15. By Stephane on Août 31, 2013

    Si certains conservateurs voient en Elysium un film socialiste, c’est que l’idée d’une sécurité sociale leur hérisse le poil! Il suffit de se rappeler des réactions extrémistes suscitées par la (tentative) de réforme du système de santé (portrait d’Obama affublé d’une moustache d’Hitler etc.. )L’idée insupportable que tout le monde puisse avoir accès aux mêmes soin, de manière uniformisée (avec l’idée derrière que si on veut une bonne couverture santé, on paie plus!).

  16. By Jean-no on Août 31, 2013

    Je me demande s’il n’y a pas ici l’affrontement de deux théories de la société antagoniste : l’une qui suppose que chacun appartient à une classe et n’a de marge de liberté qu’au sein de son groupe social, ce qui serait une vision marxiste des choses, disons, et l’autre qui maintient l’idée que l’individu peut toujours échapper au destin, décider pour lui-même, qui correspond à la vision « de droite », disons, et au rêve américain bien entendu. Mais ça se complique ensuite quand les « de gauche » (mais pas tous) proposent l’émancipation de l’individu tandis que les « de droite » (mais pas tous) œuvrent à la sclérose sociale…

  17. By blaz on Août 31, 2013

    sur la question de la fin d’article, oui très clairement, pour moi, un discours réactionnaire est toujours mieux servi par un discours simpliste.
    Sans doute parce que ces dernières années, les rhétoriques délirantes de « personnages » politiques type sarah palin (pour ne citer qu’elle tellement elle en est la caricature) nous y ont habitués servi à toutes les sauces par les médias type FoxNews que tu cites à juste titre.

    Pour revenir sur le film, j’ai été très déçu.
    D’abord, parce que la finesse et l’ambiguïté des personnages dans district 9 ne se retrouvent pas dans Elysium.
    Après on peut avoir un film à scénario simple et des personnages bien campés (le gentil, le truand qui veut changer le monde en s’en mettant dans les poches, la princesse miséricordieuse, le méchant bien méchant ) qui fonctionnent : star wars (période 79-80) ou avatar en sont les exemples parfaits.

    Dans elysium, cette simplicité n’a pas marché sur moi, car celà semblait « trop »: on sentait la patte forcée des services marketing hollywoodiens : et vasy que j’ajoute une petite leucémique pour faire pleurer dans la chaumière, le gentil truand qui justement à le logiciel qui va bien pour pirater la station, la méchante bien méchante parce voilà, ( et qui parle français, ce qui dans les films US depuis 2003 est la marque des personnages fourbes) , la figure du président gentil qui pense aux pauvres et qui se fait abuser par la méchante ministre…
    Trop de clichés tue le clichés.

    Simplisme bancal dans le scénario : tant qu’à rendre la station elysium inacessible aux pauvres, soit, mais alors autant faire sauter les vaisseaux avant qu’ils n’arrivent sur elysium, plutot que de les laisser se crasher et tâcher les pelouses.
    Illogique pour une ministre de la défense qui se targue justement de faire dans le rationnel sécuritaire face au président pusillanime.
    Comme s’il avait fallu rajouter une scène ou la veuve et l’orphelin se font bien tabasser devant le médi-pod pour bien attendrir le spectateur avec des sentiments qui effectivement flirtent avec la putasserie tellement on frôle la scène de propagande. (là est le levier de la critique foxnewsienne à mon sens )

    Simplisme ensuite dans la mise en scène technologique.
    On est au XXIIème siècle, les interfaces à claviers pourris bon pourquoi pas on est dans le low-tech dans les favelas post-apocalypse.
    Mais si tu regardes la maison du héros, tu y trouves une radio, un four micro onde, les voitures marchent encore au diesel…manque plus qu’un nokia 3310 tant qu’on y est.
    Bon d’accord cest du low-tech mais au XXIIème siècle tous ces objets seraient aussi antiques que le poêle à bois et le pantographe pour nous.
    Bref contrairement à toi, tout ça me donnait une impression de faux, et de manque de cohérence, farci avec des scènes larmoyantes imposés par les services de marketing comme n’importe quel film standard hollywoodien.

    A l’exact opposé de ce que j’avais ressenti face à district 9.

  18. By Jean-no on Août 31, 2013

    @blaz : je n’ai pas du tout été frappé par le côté larmoyant, sentimental, etc., qui a gêné toi ou d’autres.
    Sur les clichés, je trouve le film plutôt amusant, parce qu’il ne fait justement pas ce qu’on attend : l’amour d’enfance n’évolue à aucun instant en histoire d’amour ; la petite fille leucémique, le héros ne s’y intéresse pas plus que ça ; la mort de Delacourt est comique ; le traitement du président est particulièrement irrévérencieux (il dit clairement : « faites ce que vous voulez mais faut pas que ça se voie » et il est destitué sans rien piger), alors que le schéma habituel est : il y a un méchant qui cache la vérité au gentil président, lequel finit par être un héros (Independance Day est le summum du genre mais on trouve ça partout). Ici la méchante Delacourt est une peste, mais dans sa logique, elle a raison, et le président est particulièrement inconsistant face à elle. Pour le coup, je ne pense pas que la langue française de Delacourt soit utilisée pour la dénigrer particulièrement, c’est sans doute né de la référence à Christine Lagarde (qui elle aussi défend son monde dans une certaine logique) et de l’opportunité d’avoir l’unique actrice hollywoodienne totalement bilingue. Mais justement, dans Elysium, les nationalités n’existent visiblement plus, seules comptent les classes.
    Sur le mot « propagande », rappelle-toi qu’il signifie juste : rendre publiques ses idées. Ce n’est pas un mal en soi, même si bien sûr, personne n’aime se faire asséner des leçons moralisatrices.

  19. By Stanislas Gros on Août 31, 2013

    @blaz : « tant qu’à rendre la station elysium inacessible aux pauvres, soit, mais alors autant faire sauter les vaisseaux avant qu’ils n’arrivent sur elysium, plutot que de les laisser se crasher et tâcher les pelouses. » Mais justement faire sauter les vaisseaux avant qu’ils n’arrivent sur Elysium, c’est ce que le Président ne veut pas qu’elle fasse, parce qu’on lui fait la leçon sur les Droits de l’Homme, etc. C’est une situation hypocrite, mais pas incohérente (et qui rappelle bien entendu celle des pays riches face à l’immigration : on est pour les Droits de l’Homme, mais on veut que les immigrés restent chez eux.). A l’arrivée je ne trouve pas que ce soit si simpliste que ça finalement.

  20. By André Gunthert on Sep 1, 2013

    Le projet est évidemment de produire une fable accessibles aux jeunes d’aujourd’hui (d’où les combats ou la fascination pour les armes), mais Elysium n’a clairement pas la force et l’évidence de District 9. Il y a, comme tu le dis, pas mal d’idées sympathiques (entre autre de faire parler latino les héros), mais Matt Damon est comme toujours un problème: on n’arrive jamais à trembler pour lui, et on est presque soulagé au moment de son exit final. De même, alors que le personnage de méchant était particulièrement réussi dans D9, avec un psychopathe qui faisait froid dans le dos, Kruger reste falot et caricatural, à peine esquissé…

    Si on ajoute à ça les erreurs manifestes (tu a noté le code – ça me ferait bien rire qu’un PDG multimilliardaire sache encore écrire un programme en 2100 -, on peut aussi ajouter les câbles et les prises, no comment…) et la fin niaise comme un catéchisme, ça fait quand même beaucoup…

  21. By Jean-no on Sep 1, 2013

    @André : je ne crois pas que ce que tu qualifie d’erreurs en soit vraiment : les câbles ou le code, j’ai vu ça comme un hommage au Cyberpunk, qui a eu si peu d’existence au cinéma.
    C’est vrai qu’on ne s’inquiête pas trop pour Matt Damon, et c’est vrai aussi que Kruger n’est pas le point fort du film.
    Je dois dire que, si les combats m’ont rasé, j’ai trouvé que les armes étaient bien, comme dans District 9, du reste.

  22. By Stanislas Gros on Sep 2, 2013

    Alors je suis retourné le voir (encore avec quelqu’un qui est sorti atterré par tant de simplisme) et donc, on peut voir Spider comme politisé dès le départ même si il n’y a rien qui permette de trancher. En tout cas il est dur en affaire et constamment entouré d’hommes armés (mais un révolutionnaire le serait aussi). Ce n’est pas évident non plus de dire si il prend le pouvoir à la fin : il dit au Président « A qui appartient Elysium, maintenant? », et c’est à nous d’imaginer la réponse (soit à tout le monde, soit à lui). Les soins ne sont pas envoyés sur Terre sur son ordre, mais automatiquement, parce que des maladies sont détectées chez les nouveaux citoyens.
    Sinon, je pense que l’esthétique low-tech sert simplement à faire passer cette histoire de reboot, qui reste malgré tout pour moi la plus grosse faiblesse du scénario, avec ces lignes de codes que Kruger et Spider sont capables d’interpréter du premier coup d’oeil (mais bon si vous voulez on peut parler du traitement des nouvelles technologies dans ce chef-d’oeuvre unanimement acclamé qu’est Skyfall).
    Pour ma part j’ai bien aimé le personnage de Kruger, je le trouve plutôt meilleur que le méchant de District 9, un raciste un peu « facile ». Chez Kruger on devine toute une vie de vieux légionnaire habitué à la mort et à la violence, avec ses hommes grossiers et rigolards qui montrent un doigt à chaque fois qu’ils tuent. Habitué aussi à être méprisé par sa hiérarchie et à profiter d’une situation dès qu’elle tourne à son avantage. Ce n’est ni le tueur stupide qui ne sait rien faire d’autre que tuer, ni le génie du mal qui tire les ficelles devant un écran en caressant son chat, du coup il a quelque chose d’un peu imprévisible.

    Enfin, pour revenir aux films gauchistes perçus comme « simplistes », je pense après réflexion que le problème c’est qu’à chaque fois ils finissent effectivement sur une solution simpliste et peu vraisemblable (dans Avatars la Nature qui vient en aide au héros qui a prié très fort, même dans un film un peu plus sophistiqué comme Total Recall, Mars est sauvée un peu miraculeusement par une machine providentielle), alors que les autres proposent des solution simplistes mais vraisemblables, applicables dans la réalité : torturer le Joker, remettre un homme à la place d’une femme au poste de M, etc.

  23. By Ardalia on Sep 2, 2013

    A propos de Delacourt française, il faut le mettre en balance avec le latino sur terre : c’est un indice de luxe. Quand il est question de la France dans le cinéma américain, c’est toujours (sauf exception Montmartroise) sous l’angle du luxe, la haute-couture. A noter qu’on la voit dans des activités d’hôtesse d’accueil… Cela rejoint d’ailleurs très bien l’image de C.Lagarde : argent, magnats, cirage de pompes, etc.

  24. By André Gunthert on Sep 3, 2013

    De façon un peu plus générale, ne peut-on pas regretter que les films à thèse ne mettent en exergue qu’un seul facteur: alimentation dans Soylent Green, santé dans Elysium? Nous comprenons et admettons l’économie narrative dans un cadre fictionnel, mais la simplification exagérée du social (domaine dans lequel nous sommes tous compétents) n’est-elle pas l’élément qui nous choque?

  25. By Stanislas Gros on Sep 3, 2013

    Mais Batman simplifie encore plus : le crime y est symbolisé par un Joker qui n’a aucune autre motivation que le mal pour le mal. Pourtant le Dark Knight passe pour une œuvre « adulte », je ne me souviens pas que quiconque ait dénoncé son simplisme, alors qu’il est criant.

  26. By André Gunthert on Sep 3, 2013

    En contexte, j’ai perçu The Dark Knight comme une allusion au terrorisme. L’évocation allégorique d’un crypto-Ben Laden animé par la seule volonté du mal est bien conforme à la grille américano-centrée. Cette hypothèse de lecture donne à l’opération de simplification un caractère d’explication d’un traumatisme dont les ressorts restent mystérieux (pourquoi nous a-t-on attaqué alors que nous sommes les gentils?). Ce n’est pas la même chose dans Elysium, ou la simplification du social fonctionne comme un préalable à l’intrigue.

  27. By Jean-no on Sep 3, 2013

    @André : Elysium est assumé comme une fable, je pense. D’où l’idée de résumer des tas de questions sociales à la seule médecine, qui est ici traitée comme une opération magique, d’ailleurs. Mais l’auteur a bien dit qu’il parle d’ici et maintenant, pas de l’an 2140. Soylent green, pareil, non ? Ce qu’on découvre à la fin est, si on le prend littéralement, un peu absurde en termes de rendement agricole, mais c’est une métaphore, et une métaphore assez frappante, aussi – vu vers dix ans, je n’ai jamais pu oublier ce film.

  28. By André Gunthert on Sep 3, 2013

    L’intrigue de SG n’est pas conçue de la même façon: il y a révélation d’une vérité cachée à la fin. Dans E, on a simplement la tentative de contourner ou de renverser (temporairement?) un système. La question est de savoir si le héros va réussir à sauver la petite fille – et poser la question, c’est y répondre… ;)

  29. By Stanislas Gros on Sep 3, 2013

    Pour le DK, je maintiens : effectivement le Joker est clairement une allusion au terrorisme, mais c’est bien cette vision simplifiée du terrorisme qui sert de base à l’intrigue, qui nous fait passer pour inévitables toutes les pires solutions, comme la torture ou l’utilisation d’une arme non éthique (à l’aise aussi farfelue que le logiciel de reboot d’Elysium). C’est intéressant de noter que dans la scène de torture, le commissaire Gordon se trouve plus ou moins dans la position de Delacourt, et Batman dans celle de Kruger.

  30. By llf on Sep 5, 2013

    Dans la liste des éléments bien pensés il me semble que le choix de Los Angeles est particulièrement pertinent.
    Peut-être parce que j’ai lu Mike Davis il ya a pas longtemps (Au-delà de Blade Runner : Los Angeles et l’imagination du désastre).
    C’est peut-être la ville la plus appropriée aux USA pour un discours sur les inégalité, les ghetto de riches et la robotisation de l’oppression.

  31. By Jean-no on Sep 6, 2013

    @llf : j’ai pensé aussi à l’excellent petit livre de Mike Davis, aussi. Pas sûr que Neill Blomkamp ait eu besoin de le lire, car comme le disait Wood plus haut, il s’inspire peut-être tout bêtement d’une réalité qu’il connaît bien lui-même. L’utilisation de Los Angeles a été un peu à double-tranchant car certains y ont vu la prophétie d’une généralisation de la culture « latino » dans cette ville, ce qui fait qu’il y a aussi des site de la droite raciste qui ont aimé le film, pour dire : « voyez ce qui nous attend le jour où il n’y aura plus de frontières avec le Mexique ».

  32. By llf on Sep 7, 2013

    Oui je suis tombé je suis tombé sur des propos du style.
    Mais il me semblait (naïvement ?) qu’il avait cherché une autre ville que celle du Cap, pour ne pas tourner au même endroit que pour D9.
    Et du coup je me suis dit, en cherchant une ville aux USA il a choisi Los Angeles, et c’est pertinent.
    Il me semble que parmi les villes aux USA c’est celle dont l’histoire collait le plus avec le propos. Par exemple « l’imaginaire » de la ville de la Nouvelle Orléans est plus chargée (pour moi) du désastre écologique d’origine humaine et de la réponse qu’on apporté les politiques ; Detroit avec la place de l’industrie, et son caractère éphémère surprenant ; San Francisco…

    Le choix du lieu ne peut pas être anodin.

    Et oui, une fiction peu servir plusieurs discours..

  33. By h on Sep 22, 2013

    tout d’abord, merci pour cet article. J’avais décidé de ne pas aller le voir après avoir entendu quelques critiques, et vos premières lignes m’ont fait changer d’avis.
    De D9 à Elysium, il y a quelques régressions pour moi qui pourraient faire que je le qualifie de simpliste :
    que ce soit dans le traitement du son (franchement littéral et surtout trop présent) ou dans l’inconfort de l’image (j’ai le souvenir que District 9 m’avait plu dans l’utilisation des vidéos. Une montée en puissance qui commence à travers l’écran d’une caméra et de flash info, une sorte de documentaire en train de se faire qui lâche complètement les pédales, en parallèle du héros, là, je trouve moins d’inventivité dans les plans, des combats plutôt plus sympathiques que d’habitudes mais avec tout de même des scènes ou on ne voit rien, des flashback lumineux un peu niais… ), dans D9 il y avait nettement plus d’ambiguité. La pour le coup, les personnages sont assez caricaturaux. Le voir comme une fable donne du coup pas mal de sens à ce caractère « personnages types ». D’où la qualification de simpliste sans doute.
    Pourtant, je trouve qu’il y a beaucoup plus de qualités dans Elysium que dans Iron man 3 par exemple. Beaucoup plus de justesse dans l’anticipation, et toujours cet univers cradingue, que pour le coup, j’aurais vraiment aimé voir plus. Le plan d’introduction où l’on voit ces tours rehaussées de constructions type échafaudage en bambous chinois m’a tout de suite accrochée. Oui à votre « raffinement de chacun de ses détails visuels », mais un peu déçue par un aspect un peu moins original (ou brutal) que dans D9. Car on reste quand même dans la même gamme de film. J’attends le prochain donc, pour voir s’il se lisse et s’holywoodise comme il se l’est fait reproché, où si effectivement il traite son sujet comme une fable.

    une remarque aussi @blaz sur le côté larmoyant : j’ai eu terriblement peur d’un flashback + tardif où l’on comprendrai que la petite fille leucémique est en fait la sienne. Ouf, il n’a pas eu lieu. Je le vois plutôt comme un « chacun pour soi » : effectivement, lui il s’en fout un peu, et ne comprend que tard qu’il peut changer la face du monde. Au départ, et même quand il monte dans le vaisseau de Kruger (on est déjà à la moitié du film je pense), il y va pour lui. Nous, spectateurs, voyons bien ce qui se joue à travers lui, mais il est quand même complètement utilisé par tout le monde et ne pense en premier lieu qu’à sa propre survie. Le larmoyant arrive peut-être à la fin avec les images d’envois de vaisseaux médicaux sur terre, mais à part ça, il ne m’a pas semblé voir tant de compassion que ça.

  34. By Jean-no on Sep 22, 2013

    @h. : je souscris à votre analyse. J’ai aussi eu peur du moment où on nous dirait que la petite fille est la sienne :-)
    Sur le son, j’ai du voir le film dans une salle particulièrement bonne, parce qu’il ne m’a pas gêné plus que ça (mais pas emballé non plus), or beaucoup ont dit comme vous.

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