Profitez-en, après celui là c'est fini

Je crois bien que j’ai quitté Twitter

mars 16th, 2025 Posted in Interactivité, Personnel

Je me posais la question il y a quelques semaines : partir ou ne pas partir ?

Je n’avais pas tranché, car il n’est pas si aisé de délaisser un lieu que l’on a fréquenté tant d’années — et surtout de risquer de perdre de vue les gens que l’on y a connus — juste parce que le propriétaire a changé et que sa personnalité et ses vues politiques nous dérangent. Est-ce que je suis d’accord avec les opinions politiques de mon poissonnier, de mon boulanger, de mon crémier ? Je préfère, à vrai dire, les ignorer, mais même quand je les connais et que je m’en sens très éloigné, ma foi, si les produits sont bons…

Twitter n’est pas un produit comme les autres, puisque sa matière première, c’est le lien social, et un lien social que chacun tente de construire à l’aide de l’algorithme, ou désormais, contre l’algorithme, algorithme qui fonctionne de manière opaque, aussi discrète que précisément ciblée — il faut le rappeler sans cesse, nous croyons « aller » sur Internet, mais c’est Internet, et tout particulièrement les réseaux sociaux, qui vient chez nous, qui nous observe, nous classe, détermine ce qu’il nous est permis ou non de voir ou de faire. Un pouvoir aussi exorbitant ne peut s’exercer que dans un climat de relative confiance. Et le lien de confiance est rompu, non parce qu’Elon Musk est un libertarien qui s’interdit d’exercer la moindre censure, comme le disent certains (qui répètent candidement ses éléments de langage), mais parce qu’il décide, en fonction de ses buts commerciaux et idéologiques, de ce à quoi chacun a accès. Et il le fait de manière déloyale et en en sachant bien plus que nous. Quand chacun de mes tweets a commencé à m’attirer les commentaires insultants de personnes avec qui je n’ai jamais demandé à être en contact et qui n’ont jamais demandé à l’être avec moi, mais à qui mes tweets ont été présentés puisque nos divergences garantissent de la controverse et donc ce qu’on appelle dans ce contexte « de l’engagement », tandis que les personnes dont j’apprécie la conversation ont commencé à disparaître de mon fil Twitter, l’expérience de ce réseau social a très logiquement commencé à devenir déplaisante, et il me semble que le projet d’Elon Musk est de me faire croire que l’opinion française actuelle est majoritairement complotiste, poutiniste, eurosceptique, raciste et bien sûr, trumpiste. Pour un animal social, sur un réseau social, l’impression d’être en décalage avec la mentalité générale peut avoir des effets très pernicieux — sentiment de désespoir et/ou contagion progressive des idées, notamment. Donc autant se l’épargner.

Alors voilà, ça fait deux mois que je n’ai rien posté sur Twitter.
Et cela s’est fait assez naturellement puisque ce réseau m’était devenu pesant, non en fonction d’une position théorique, morale et réfléchie, mais de manière psychologique, épidermique. Si le plaisir, la stimulation ont disparu, s’il ne reste qu’un poids, pourquoi se faire du mal ?
Je conserve mon compte Twitter, d’une part pour ne pas nuire à la lisibilité des conversations passées (j’ai émis 238 000 tweets, en seize ans), mais aussi par acte dérisoire de résistance, enfin pour embêter Elon Musk, car pour une plate-forme qui se nourrit des interactions, les comptes fantômes sont, je pense, bien plus un problèmes que les départs définitifs.
Et puis allez savoir, peut-être qu’un jour Twitter redeviendra Twitter…

On me trouve sur BlueSky, Mastodon, Instagram (code créatif), Instagram (dessins), Pixelfed (y’a quelqu’un ?), Facebook (ben oui, j’ai cinquante-six ans hein), Linkedin et même Threads. Et ici, bien sûr.

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