Héberger son blog WordPress

1. Pourquoi il faut être son propre hébergeur

On peut créer un blog chez un hébergeur “clés en mains” et gratuit tel que Blogspot/Blogger, BlogspiritOver-Blog, Skyblog, Canalblog, Hautetfort, 20six ou WordPress.com (notez le .com). L’avantage de ces solutions, outre la gratuité, est qu’elles ne réclament que peu de compétences : on s’inscrit, et aussitôt, on peut commencer à travailler. L’inconvénient de ce type de solution, c’est que l’on n’est pas maître de ses données, on est tributaire d’un contrat signé les yeux fermés qui donne tous pouvoirs à l’hébergeur (qui peut supprimer des contenus qui ne lui plaisent pas, cela s’est beaucoup vu) et qui, généralement, permet à ce dernier de s’appuyer sur le contenu des blogs pour diffuser des publicités, à son bénéfice exclusif évidemment.
Donc si l’on accepte de ne pas être maître de son contenu, de l’apparence de son blog et si l’on n’a rien contre le fait qu’il se fasse imposer des publicités, on peut choisir de se faire héberger de la sorte. Notons que les pratiques des uns et des autres diffèrent, du meilleur au pire.
Une solution intermédiaire est de profiter d’hébergement de blogs payants, où toutes les questions techniques sont prises en charge mais où les limitations et les dangers sont généralement plus mesurés. Certains hébergeurs mentionnés plus haut (WordPress.com, par ex.) proposent des services payants en option, d’autres, tels que le populaire TypePad, ne proposent que des services payants. Les blogs payants permettent souvent de disposer d’un nom de domaine personnel, par exemple “monjoliblogamoitoutseul.com”, qui est plus élégant que “monjoliblo.skyblog.com”.
Les hébergeurs de blogs ne permettent par ailleurs généralement pas tous les types de contenus et excluent la possibilité de diffuser des pages web individuelles ou des animations flash, par exemple, réclament un contrat d’hébergement “généraliste”.

2. L’hébergement d’un site internet

Ce qu’on appelle hébergement décrit typiquement un contrat de location d’espace-disque sur un serveur accessible sur le réseau — serveur dont vous ignorerez généralement où il se situe physiquement, s’il est localisé dans un “data center” de Paris, Roubaix, Genève ou Londres, par exemple.

(photo Gregory Maxwell/GFDL)

Très souvent, cet hébergement est lié à un nom de domaine (par exemple : hyperbate.com) mais ce n’est pas une obligation, il n’est pas rare d’acquérir séparément le nom de domaine (par exemple chez gandi.net, spécialisé dans ce commerce) et l’hébergement.
Il existe une grande quantité de formules d’hébergement  dont les tarifs ne sont pas toujours lisibles pour les débutants. Certains ont des limitations en termes d’espace, d’autres en termes de débit, d’autres en termes de fonctionnalité.
Les fournisseurs d’accès à Internet (Free, Orange, SFR, etc.) proposent souvent à leur clientèle, à titre gracieux, un espace d’hébergement web sous le nom “pages perso”, mais il s’agit généralement de contrats limités techniquement.
Pour pouvoir héberger un blog, il faut :

  • un espace disque d’au moins 500 Mo. La plupart des hébergeurs actuels proposent des espaces-disque bien plus importants.
  • la possibilité d’utiliser le langage PHP. Cette option est tellement courante qu’elle est rarement spécifiée.
  • la possibilité d’installer une base de données mySql.

Il est par ailleurs souhaitable :

  • de pouvoir associer l’hébergement avec un nom de domaine (souvent compris dans prix)
  • de disposer de comptes e-mail

Les principaux hébergeurs du marché proposent la totalité de ces possibilités à des prix extrêmement raisonnables : Online.fr pour 15€ par an ; Ovh pour 28€ par an ; OxitoAmen et 1&1 pour 36€.
Ces hébergement “discount” ne sont pas adaptés aux applications très gourmandes en ressources ou aux sites ayant vocation à accueillir des dizaines de milliers de visiteurs chaque jour, mais on peut commencer avec.

3. La commande d’un hébergement

Une fois l’hébergement choisi, voici le déroulement typique des évènements :

  • On s’inscrit sur le site de l’hébergeur, souvent en choisissant le nom de domaine que l’on souhaite associer à l’hébergement. Ce nom de domaine doit être disponible.
  • On choisit éventuellement les options disponibles, et on peut passer commande. Si cela vous est proposé, préférez les serveurs Linux aux serveurs Windows, car PHP et mySql ne sont pas des outils standards sur les serveurs Windows.
  • Lorsque la commande est passée, si tout va bien, on reçoit un ou (plus souvent) plusieurs e-mails qui nous indiquent un grand nombre d’informations. Il faut conserver précieusement (et imprimer, pourquoi pas) ces e-mails.
    Ils contiennent entre autres : 

    • L’identifiant et le mot de passe, qui vous permettent de gérer votre compte client chez l’hébergeur et d’accéder à divers services extérieurs au site lui-même : communication avec le service technique, renouvellement des contrats, modification des options, etc.
    • L’identifiant et le mot de passe “FTP” (file transfert protocol), qui permettent de transférer des fichiers sur le serveur, à l’aide d’un logiciel dédié.
    • L’identifiant, le mot de passe, le nom de la base de données et l’adresse du serveur “mySql”, qui permettent de profiter de la base de données mySql.

Un certain temps après la commande de l’hébergement (temps qui varie de quelques minutes à quelques heures), on peut vérifier que tout fonctionne bien en saisissant le nom de domaine commandé dans la barre d’adresse de son navigateur. Typiquement, on découvrira alors une page d’attente nous signalant qu’un site est en cours d’installation ou qu’il existe bien un site à l’adresse indiquée mais qu’il ne contient aucun fichier :

Nous pouvons passer à la suite.

4. Le téléchargement (download) du logiciel de gestion de contenu

Les outils de gestion de contenu (CMS, pour content management system) les plus populaires du marché sont des logiciels libres et gratuits :

Nous allons nous concentrer sur le cas de WordPress, qui est le principal moteur de blog disponible. La première étape est de le télécharger sur le site wordpress.org.
Ce que l’on charge est un fichier compacté (au format .tar.gz ou au format .zip) d’environ 3 Mo — ce qui est très léger. On doit ensuite le décompacter, ce qui se fait souvent (tout dépend du système d’exploitation sur lequel on se trouve) en double-cliquant dessus. On obtient alors un dossier qui contient plusieurs sous dossiers et des centaines de fichiers :

5. L’envoi des fichiers sur le serveur

Le contenu du dossier wordpress doit être envoyé sur le serveur.
Pour ce faire, il faut utiliser un logiciel de transfert de fichiers (“client FTP”). Il en existe un grand nombre, et en fait votre ordinateur (Mac, Windows ou Linux) en contient un à votre insu, mais son utilisation en ligne de commande le rend assez inconfortable à manipuler.
Je conseille l’usage de Filezilla, outil maniable et gratuit , disponible sur Macintosh, Windows et Linux. Il en existe d’autres, qui fonctionnent sensiblement de la même manière.

Ce logiciel doit d’abord être téléchargé, puis installé sur l’ordinateur, ce qui se fait très simplement. Une fois l’installation effectuée, on exécute le programme et on peut l’utiliser pour envoyer sur notre serveur le contenu de notre dossier wordpress. Le logiciel se présente ainsi :

En (1), se trouve un champ nommé “Hôte” où l’on est invité à saisir le nom du serveur. Par exemple : ftp.monserveur.com ou monserveur.com ou www.monserveur.com ou ftpperso.free.fr ou 193.54.201.103. La plupart du temps, le nom de domaine que nous avons choisi pour notre serveur convient. En (2), on trouve le champ “Identifiant” où l’on doit saisir l’identifiant (ou login) que nous a fourni notre hébergeur. En (3) on doit saisir le mot de passe associé à ce login, lui aussi fourni par l’hébergeur.
Une fois tous ces paramètres saisis, la connexion peut s’établir entre le client (vous) et le serveur.
On peut alors voir (4) le dossier local (sur votre disque dur) à côté (5) du dossier distant (sur le serveur). Il suffit alors de faire glisser les fichiers et les dossiers locaux (6) vers les dossiers “cible” situés sur le serveur (7). Le déroulement des opérations (succès ou échec) est détaillé dans la partie inférieure de l’interface (8).

Ces opérations sont réalisées à chaque fois que l’on veut mettre à jour les fichiers qui se situent sur le serveur, mais dans le cas d’un blog, on n’a généralement à s’en charger qu’une seule fois pour toutes : il faut envoyer la totalité du dossier du programme WordPress sur le serveur.
Ce transfert peut être effectué à la “racine” du serveur (qui peut être le dossier principal, ou un dossier nommé “web”, “www”, “public”, “public_http”, selon la configuration du serveur) ou dans un sous-dossier, afin que votre blog apparaisse à une adresse telle que : “http://www.monsite.com/monblog/” (ici, le sous-dossier s’appelle “monblog”).
Le chargement des fichiers peut prendre un certain temps, vous devez attendre qu’il soit totalement terminé avant de passer à l’étape suivante.

6. Création de la base de données wordpress

La première fois que vous vous connectez sur votre blog après avoir chargé ses fichiers, il vous signale que son installation est incomplète :

Si votre serveur est configuré de manière typique, il suffit de cliquer sur “créer le fichier de configuration”.
Apparaît alors une première page informative qui récapitule les informations dont WordPress a besoin, suivie par une page qui permet de saisir ces informations :

Il suffit de suivre les instructions.
Le nom de la base de données mySql (1) vous a été fourni par votre hébergeur. Dans certains cas (les bases de données de l’hébergement “premier prix” chez OVH par exemple), vous devrez l’avoir créé mais ce n’est pas le plus typique et je ne vais pas l’expliquer ici.
L’identifiant (2) et le mot de passe (3) mySql vous ont été fournis par votre hébergeur par e-mail lorsque vous avez commandé votre hébergement.
L’hôte de la base de données (3) est généralement localhost. Enfin, le préfixe est une suite de caractères qui précédera le nom de chaque table de votre base de données. Si vous voulez créer plusieurs blogs différents sur la même base de données, il faudra leur attribuer des préfixes différents, par exemple “wp_”, “wp2_”, “blog3_”, etc.

Si la connexion à la base de données du serveur se fait sans problème, WordPress affiche ce message encourageant :

Pour achever l’installation, WordPress demande alors que l’on propose un titre au site (on met ce que l’on veut), un login (là encore, on est libre de ce que l’on veut mettre, mais il ne faut pas l’oublier), un mot de passe (qu’il faut conserver soigneusement) et une adresse e-mail (qui soit impérativement être valide). On peut enfin décider si l’on accepte que le blog soit référencé par les moteurs de recherche.
Toutes ces options pourront ensuite être changées.

Voilà, il n’y a plus qu’à cliquer sur “Installer WordPress”, et c’est terminé, on peut commencer à se concentrer sur le contenu du blog et sa mise en forme.

  1. Manu’s avatar

    Ce serait intéressant de lister des hébergeurs gratuits.

    Reply

    1. Jean-no’s avatar

      @Manu : je suis preneur d’un lien à ce sujet, car je n’en connais plus à vrai dire, en dehors de Free.

      Reply

  2. ben’s avatar

    bravo jnl :)

    Attention à quelques changements sur WordPress 3.2 (le prochain)
    « D’ores et déjà, le code de WP 3.2, en cours de développement, a été modifié pour que cette version ne fonctionne qu’à partir de PHP 5.2.4 et MySQL 5.0. »

    Attention pour free parfois il faut faire quelques « hacks » (mais on trouve facilement ces parades).

    Pour 1and1, la dernière fois j’ai eu une surprise, il fallait ajouter un fichier .htaccess pour avoir du php5.

    Enfin pour savoir la version de php, phpinfo() est ton ami :)

    Reply

    1. Jean-no’s avatar

      @ben : ah oui, zut, je ne parle pas du tout de version PHP, pourtant j’ai souffert avec ça une fois :-)

      Reply

  3. ben’s avatar

    Retour pour free perso :
    1/ forcer php5 avec un .htaccess en racine :
    php 1
    SetEnv PHP_VER 5
    2/ pour mysql : localhost devient sql.free.fr

    C’est faisable mais pas très performant (mémoire), un peu casse-cou.

    Reply

  4. Wood’s avatar

    Si je veux plusieurs blogs, il faut que je chercher une solution d’hébergement avec plusieurs bases mysql ?

    Reply

  5. Jean-no’s avatar

    Non, tu peux faire un blog multiutilisateurs avec WordPress. La manip n’est pas très compliquée (sauf si tu déménages d’anciens blogs) et ça marche bien, tous les blogs hyperbate.fr/… sont en fait un seul wordpress.
    Je peux te donner un coup de main si tu veux faire une telle chose.

    Reply

  6. Wood’s avatar

    Cool. Je dois encore y réfléchir, mais j’ai une ou deux idées à developper. Je t’en reparlerai quand ce sera plus mûr.

    Reply

  7. Wood’s avatar

    Hmmm… mais si j’enregistre un nom de domaine, tout le monde va savoir qui je suis et où j’habite.

    Reply

  8. Jean-no’s avatar

    Oui. Tu peux passer par un homme de paille si ça t’embête :-)

    Reply

  9. Wood’s avatar

    Tu en connais ?

    Reply

  10. Jean-no’s avatar

    Je peux faire ça si tu veux :-)

    Reply

  11. Wood’s avatar

    Mais il n’y a pas des registrar qui proposent une option d’anonymat, plutôt que de t’embarquer dans mes combines ?

    Reply

  12. Jean-no’s avatar

    Ils proposent un anonymat relatif, mais il n’est jamais très difficile de savoir qui se trouve derrière un nom de domaine. Si tu n’as pas l’intention de lancer un truc négationniste, pédophile ou alqaediste, ça ne me pose pas de problème, parce que je dois avoir environ 40 noms de domaines, à moi ou à des clients, alors un de plus ou de moins, hein…

    Reply

  13. Wood’s avatar

    Ca m’embêterait quand même qu’on te casse la gueule à la sortie de chez toi (ou à quelqu’un de ta famille) pour quelque chose que j’aurais dit sur un blog… Non pas que j’aie l’intention de me lancer dans des sujets controversés aujourd’hui, mais dans l’avenir peut-être ?

    Qu’entends-tu par “jamais très difficile de savoir qui se trouve derrière un nom de domaine” ? Si la requête whois donne “anonymous” comme résultat (comme dans le cas de Maître Eolas), quelle solution reste-t-il ?

    Reply

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