Soleil jaune

Article publié le : lundi 31 octobre 2011. Rédigé par : Jean-no

En pleine campagne présidentielle, lors de l’émission Face aux Français, sur TF1, on avait demandé au candidat Nicolas Sarkozy pourquoi il avait recours à certains éléments de langage et surtout à certaines images (le mouton égorgé dans une baignoire…) habituellement employées par le Front National.
La réponse du futur président avait été :

« Ça n’est pas parce que Jean-Marie Le Pen dit que le soleil est jaune que je vais dire le contraire. »

Hors de l’anecdote politique, cette réponse est très intéressante, parce que le soleil n’est pas jaune. En effet, lorsqu’il se trouve au zénith, notre astre de tutelle émet une lumière blanche dont la « température de couleurs » est de 5800° Kelvin, ce qui est plus ou moins identique à la lumière produite par les flashs d’appareils photo. Avec une température de couleurs plus élevée, la lumière devient bleutée et d’apparence dite « froide », tandis qu’avec une température de couleurs plus basse, la lumière devient orangée et prend une apparence dite « chaude ».

La lumière produite par le soleil est bien plus blanche qu’il ne nous semble au travers de l’atmosphère, qui agit comme un filtre. Lorsque le soleil est à l’horizon, la distance parcourue dans l’atmosphère est bien plus importante, le filtre est donc plus fort et la température de couleurs du soleil descend jusqu’à 2000° Kelvin, ce qui pour nous a une apparence franchement jaunâtre qui teinte le ciel en orange ou même en rouge.

En voyant le soleil de la même couleur qu’un de ses adversaires politiques, le candidat à l’élection admettait peut-être sans le savoir qu’il partageait son point de vue, que son jugement était tributaire du même filtre.

Maquillage et compétence

Article publié le : lundi 31 octobre 2011. Rédigé par : Jean-no

Une étude commandée par la multinationale Procter & Gamble, spécialisée dans les produits d’hygiène notamment, établit que le maquillage influe sur la perception de l’intelligence et de la compétence. Quatre maquillages ont été testés : sans maquillage, un maquillage « naturel », un maquillage « professionnel » et enfin un maquillage « glamour » et ostentatoire.

Des photos neutres (sans expression particulière, éclairage constant, cadrage serré pour ne montrer ni la coiffure ni les vêtements) de vingt-cinq femmes différentes âgées de 25 à 50 ans ont été soumises à un échantillon de 280 adultes, dont 90 hommes, qui ont regardé chaque photographie pendant une durée d’un quart de seconde, pour un premier groupe, et pour une durée indéfinie pour un second groupe. Les personnes auxquelles ont été montrées les images devaient placer arbitrairement un curseur censé évaluer quatre qualités : l’attractivité, la sympathie, la loyauté/fiabilité et la compétence. Dans chaque cas, le maquillage léger ou professionnel semble faire paraître les femmes plus compétentes et plus fiables, mais le maquillage « glamour », tout en inspirant la compétence, fait perdre la sensation de fiabilité. L’étude émane d’un groupe de chercheurs en psychaiatrie, médecine, biostatistique et informatique de centres de recherches de Boston, et a été publiée le 3 octobre 2011.
On peut prendre connaissance de la méthodologie complète et des tableaux de résultats sur le site Plosone.

L’œil compare

Article publié le : samedi 18 juin 2011. Rédigé par : Jean-no

Les illusions d’optique ne sont pas du tout le sujet de ce blog mais permettent souvent de comprendre à quel point notre cerveau interprète ce qui lui est envoyé par le nerf optique, comme dans le cas de l’expérience célèbre que je reproduis ci-dessus, où nous sommes incapables d’accepter que les carrés A et B du damier ont exactement la même couleur.


Comme le disait mon professeur de retouche-photo, Jean-Claude Ronceray, l’œil humain est particulièrement doué pour comparer mais pas vraiment pour analyser. Il existe des animaux dont la perception repose sur l’analyse, par exemple les insectes qui identifient les fleurs qu’ils doivent butiner à la fréquence ultra-violette exacte qu’émettent ces dernières, ou d’autres qui sont quasiment aveugles à ce qui se trouve devant eux mais n’est pas en mouvement.

Dans un genre similaire au damier ci-dessus, une image encore plus simple : les « cubes » isométriques sont tous identiques, mais notre perception de leur luminosité dépend totalement de l’arrière-plan.