Le projet Sillex / Face au dragon

Le projet Sillex est un peu différent du système habituel de crowdfunding : ici il s’agit d’un vrai projet éditorial où les manuscrit sont sélectionnés et accompagnés. Le volet crowdfunding sert, évidemment, à limiter la prise de risque, et si la somme prévue n’est pas atteinte, alors le livre ne paraîtra pas (ou en tout cas pas là) et les contributeurs seront remboursés.
L’éditeur troque la prise de risque contre une rémunération généreuse pour l’auteur : trente pour cent, au lieu de dix (ou moins). Bien entendu, il n’est pas question que les auteurs aient à payer quoi que ce soit, il s’agit bien d’une maison d’édition à compte d’éditeur. Et par ailleurs, Sillex a une direction éditoriale puisque les publications prévues relèvent des littératures de l’imaginaire — science-fiction et fantasy.

La formule est étrennée avec Face au Dragon, roman d’Isabelle Bauthian — romancière et scénariste de bandes dessinées. Pour être publié, le livre doit atteindre cinq mille euros pour être publié (aux formats papier et numérique).
L’appel vient d’être lancé et le livre est financé à plus de vingt pour cent. Il reste un mois pour compléter ou dépasser la somme.

Lire ailleurs :

Orion en aéroplane

J’aime beaucoup le travail de Johanna Daniel, dite Joh Peccadille, jeune femme passionnée d’histoire et d’histoire de l’art, qui est titulaire d’un master de muséologie obtenu à l’école du Louvre et d’un master en technologies numériques appliquées au patrimoine obtenu à l’école des Chartes — l’école du Louvre et l’école des Chartes sont deux institutions extrêmement prestigieuses.

En 2012, encore étudiante, elle a lancé le blog d’érudition Orion en aéroplane, où elle met à jour des documents divers glanés ici et là, parle de musées, d’expositions, de photographie, d’estampe, de street-art et même de la guerre de 1914-1918 de son arrière-arrière-grand-père Augustin. En prenant une liste d’articles au hasard, je vois traités les photographies des lendemains de la Commune ; Le diorama de Daguerre ; Les affiches à Paris ; les premiers collectionneurs d’affichesL’espionne danseuse et courtisant Mata Hari ; Le problème des lieux d’aisance au XVIIIe siècle ; etc., j’aurais pu en citer des dizaines d’autres. Johanna aime découvrir et aime transmettre ses découvertes.
Dans la vidéo qui suit, publiée par le compte Youtube de la Bibliothèque nationale, Johanna raconte sa passion pour l’exhumation de documents rares sur le site Gallica :

Johanna n’a pas l’air pressée de se lancer dans une thèse — comment s’imposer de ne travailler qu’à un seul sujet pendant trois ans quand on aime en découvrir tous les jours ? — et elle occupe divers emplois dans le monde culturel, assurant notamment des charges de cours à Paris IV, à Paris VIII et à l’école du Louvre.
Même s’il est de bon ton, dans le monde de la culture, de faire comme si l’argent n’existait pas, il faut bien vivre, alors pour financer son activité de blogueuse (à commencer par la location du serveur), Johanna vient de lancer un Tipeee, qui permet à ses lecteurs de lui verser un salaire mensuel : 1 euro, 2 euros, 5, 10, 15… En espérant que les petits ruisseaux feront les grandes rivières et que ce système offrira un certain confort à Johanna. On commence et on arrête dès qu’on le veut, c’est un crowdfunding dont la contrepartie est d’avoir régulièrement à lire des articles de grande qualité.

Pour financer Orion en aéroplane et les autres sites de Johanna, il faut se rendre sur le site Tipeee. L’inscription est simple et rapide et le système a fait ses preuves depuis longtemps. Par ailleurs, Johanna produit des linogravures, et on peut en acheter les tirages sur sa boutique Etsy.
Investissez dans les jeunes, c’est l’avenir !

The Meek

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(c) Der-Shing Helmer

Au plus profond d’une jungle épaisse, une jeune fille se lance dans une quête aux objectifs peu clairs (« trouver le centre ») qui lui été assignée par un être mystérieux. Dotée de pouvoirs qu’elle maitrise mal, elle entraîne à sa suite un cartographe alcoolique qui accepte de la guider non sans réticences ni protestations.

(c) Der-Shing Helmer

(c) Der-Shing Helmer

Pendant ce temps mais beaucoup plus loin, un empereur cherche à concilier sa famille et ses vieux démons, et se trouve face à un choix entre la paix des peuples et sa soif de vengeance.

(c) Der-Shing Helmer

(c) Der-Shing Helmer

(c) Der-Shing Helmer

(c) Der-Shing Helmer

Dans le pays voisin, en plein désert, un duo de hors-la-loi se  lance dans un braquage qui pourrait rapporter gros, en argent comme en ennuis…

(c) Der-Shing Helmer

(c) Der-Shing Helmer

(c) Der-Shing Helmer

(c) Der-Shing Helmer

The Meek est un webcomic écrit et dessiné par Der-Shing Helmer depuis 2009. On peut la soutenir via son Patreon, et un Kickstarter est également en cours pour imprimer le premier volume, qui rassemble les trois premiers chapitres de l’histoire.

 

 

 

Le secret des cailloux qui brillent

Tout comme Les autres gens, projet emmené par Thomas Cadène en 2010 qui avait révélé ou confirmé toute une génération de jeunes auteurs de bande dessinée, Le Secret des cailloux qui brillent est un feuilleton illustré par de nombreux dessinateurs et dessinatrices qui gagnent à être connus : Tarmasz, Emmanuel Espinasse, Jeanne Balas, Luchie, Timothé Le Boucher, Tamia Baudouin, Exaheva, Thomas Mathieu, Mortis Ghost, STC019, Megaboy, Fanny Grosshans, Ima, Xavier Bouyssou, Aurore Vegas, Mirion Malle et Nina Lechartier

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Le premier épisode, par Tarmasz et Thomas Mathieu.

Le système de navigation et les animations fonctionnent de manière plaisante et efficace, l’univers développé est intriguant : tout ça part très bien !

Plutôt qu’un système de lecture réservé aux abonnés, les auteurs proposent la formule du micro-mécénat : tout le monde peut tout lire gratuitement, il n’y a pas de « paywall », et tout le monde peut aussi financer, en passant par la plate-forme Patreon. Le principe est que chaque fois qu’un épisode est publié (chaque mercredi), les patrons sont débités de 1 dollar (au minimum). Il est possible de fixer une limite mensuelle1. Il est possible aussi de financer le projet en effectuant des achats sur la boutique.
Tout est expliqué ici.

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Le second épisode, par Emmanuel Espinasse.

Pour soutenir cette bande dessinée en ligne, cliquez ici : www.patreon.com
O
n peut aussi suivre son actualité sur Facebook et Twitter.

  1. Si vous êtes à la Banque Postale je vous recommande de payer via PayPal plutôt qu’en carte-bleue. En effet, la Banque Postale (et peut-être d’autres) ponctionne 1 euro de commission pour certains achats internationaux. Lorsque l’on effectue un gros achat, cela passe inaperçu, mais comme ceci, le tarif double ! Aucun problème avec Paypal, évidemment. []

Une nouvelle traduction du «Talon de fer», par Jack London

Les éditions Libertalia lancent une souscription en vue de financer une nouvelle traduction du roman Le Talon de Fer, par Jack London. Paru en 1908, ce roman dystopique présente une Amérique industrielle qui bascule brutalement dans un régime totalitaire sanglant dirigé par l’oligarchie capitaliste en réponse à un mouvement syndical massif.

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La traduction actuelle, publiée chez Phébus et 10/18, et désormais librement diffusée sur Wikisource, est due à Louis Postif — le grand traducteur de Jack London mais aussi d’Agatha Christie —… et date de 1923 ! La nouvelle traduction est confiée à Philippe Mortimer, qui a déjà traduit du Jack London, mais aussi du Percy Shelley ou encore du Daniel Defoe. Pour un livre, le montant de la souscription est de 22 euros.

 

Liz Prince

(Liz Prince)

(c) Liz Prince

Liz Prince s’est fait connaitre en 2005 avec Will you still love if I wet the bed, recueil de petits strips autobiographiques, un format qu’elle poursuit dans ses ouvrages suivants, tels que Delayed Replays ou Alone Forever. En 2014 elle passe au format graphic novel pour Tomboy, récit autobiographique de son enfance et adolescence de « garçon manqué ». Tous ces ouvrages sont également publiés en français par les éditions ça et là.

(c) Liz Prince

(c) Liz Prince

 

En 2016, Liz Prince a décidé de revenir au format du strip, et d’en dessiner un par jour tout au long de l’année en les diffusant via la plate-forme de micro-mécénat Patreon. Les lecteurs peuvent, selon le montant qu’ils engagent, avoir accès au strips de la semaine sur le site ou recevoir le recueil du mois dans leur boîte aux lettres.

(c) Liz Prince

(c) Liz Prince

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Smut Peddler

Publiés en 2012 et 2014, les deux premiers volumes de l’anthologie Smut Peddler ont connu un succès foudroyant de crowdfunding sur la plate-forme Kickstarter. La formule : de la BD érotique créée par des femmes, pour tout le monde.

(c) Iron Circus Comics

(c) Iron Circus Comics

Pour 2016, l’éditeur Iron Circus Comics choisit l’option « quitte ou double » en publiant deux ouvrages à la fois :

(c) Kinomatika

(c) Kinomatika

Yes, Roya est un graphic novel de 135 pages dont les trois protagonistes sont engagés dans une relation polyamoureuse et BDSM sous fond de Californie des années 60 (imaginez Mad Men, avec des palmiers)…

(c) Ghost Green et C. Spike Trotman

(c) Ghost Green et C. Spike Trotman

Un jeune dessinateur cherchant conseil auprès d’un professionnel aguerri se retrouve engagé avec ce dernier et son imposante et résolue compagne dans une relation un peu plus que professionnelle. Le scénario est de C. Spike Trotman, le dessin de Ghost Green et la couverture de Kinomatika

(c) Skoptsy

(c) Skoptsy

Smut Peddler presents : My Monster Boyfriend est le troisième volume de la désormais célèbre anthologie, et le premier en couleur. 135 pages de beaux garçons monstrueux et de celles et ceux qui ont la chance d’obtenir leurs faveurs. Couverture de Skoptsky, avec des BD de EK Weaver, Gail Simone, Trudy Cooper, Jess Fink et bien d’autres…

(c) Noora Heikkilä

(c) Noora Heikkilä

Le crowdfunding permet de pré-commander les deux ouvrages, séparément, ou ensemble, sous format PDF ou papier, et par ailleurs de payer les artistes, car les profits sont redistribués aux contributeur. Pour chaque 10.000 $ au dessus du but initial, chaque contributeur reçoit 5,00 $ de plus par page.

(c) Jess Fink.

(c) Jess Fink.

Il ne reste que 5 jours pour contribuer et le projet en est à 295% de son but initial. Il est encore possible de le porter à 300% !

 

Stand Still, Stay Silent

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90 ans après qu’une épidémie ait quasiment exterminé l’humanité, le Monde Connu se limite à présent à l’Islande et quelques colonies et villes fortifiées dans les pays Scandinave, où la population s’emploie à repousser les assauts des monstres qui peuplent désormais le Monde Silencieux.

(c) Minna Sundberg

(c) Minna Sundberg

Si la magie est à présent pratiquée sous de nombreuses formes, de nombreuses connaissances de l’ancien monde se sont perdues. C’est pourquoi une petite équipe est envoyée en exploration dans des territoires désertés par l’humanité depuis presque un siècle. Il sont terriblement mal équipés et fort peu qualifiés, et les dieux seules savent ce qu’ils vont y découvrir.

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(c) Minna Sundberg

Stand Still Stay Silent est un webcomic écrit et dessiné par Minna Sundberg depuis novembre 2013. Les six premiers chapitres ont été collectés dans un livre (publié grâce à un crowdfunding), disponbile ici, au format papier et ebook. Vous pouvez également soutenir l’artiste en achetant un fond d’écran à $2.

(c) Minna Sundberg

(c) Minna Sundberg