La dernière camionnette

Le Super Bowl, est la finale du championnat de football américain. Cette compétition est à ce point populaire qu’elle rassemble plus de cent millions de téléspectateurs chaque année, ce qui constitue un record. C’est toujours l’occasion pour les marques de dévoiler leurs nouvelles campagnes de publicité, ou parfois, de présenter des publicités qui ne seront jamais rediffusées par la suite. Il n’est pas exagéré de dire que les publicités du Super Bowl sont devenues une institution au même titre que le Super Bowl lui-même.

Cette année, la marque automobile Chevrolet a diffusé deux spots, dont un, qui vante le modèle « Chevy Silverado 2012 » joue avec la question de la fin du monde. On y voit un monde dévasté par plusieurs désastres (robot géant, météorite, soucoupe volante, volcan) où un homme et son chien ont survécu et émergent des décombres tandis que Barry Manilow chante Looks like we made it. L’homme et son compagnon sont dans une voiture Chevrolet. Ils se rendent à un lieu de rendez-vous où les attendent trois hommes, eux aussi possesseurs du même modèle de voiture.
Il en manque un, Dave, dont on apprend qu’il ne conduisait pas la plus durable et la plus fiable des voitures, mais qu’il roulait en véhicule Ford — la marque la plus populaire pour les camionnettes de ce genre.
Pour consoler l’assemblée de la disparition de l’imprudent Dave, un des survivants distribue des Twinkies, biscuit à base de génoise, qui sont une institution américaine depuis trois quart de siècle, qui ont la réputation d’avoir une durée de conservation hors du commun et qui sont au centre de la comédie Zombieland.
À la toute fin du film, une (molle) pluie de grenouilles tombe sur le petit groupe.

Ce film publicitaire associe plusieurs éléments de la mythologie américaine : le pickup des fermiers américains, la marque centenaire Chevrolet, l’amitié virile (où sont les femmes ?) middle-class, le Super Bowl et même une marque de biscuit. L’Amérique éternelle ?
La fin du monde qui est décrite accumule toutes les catastrophes qui ont été prédites pour le 21 décembre 2012 et fait une allusion aux punitions divines, avec la pluie de grenouilles, mais évite soigneusement les questions liées au pétrole et au réchauffement climatique.
La dernière scène se situe au milieu de ruines qui rappellent l’architecture romaine plus qu’autre chose. Avec un peu de mauvais esprit, on peut voir ici une métaphore de l’effondrement de l’empire américain, à peine gêné de son déclin tant que les voitures roulent et qu’il y a des gâteaux à manger.

(Merci à Sylvia L. de m’avoir signalé ce film)

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2 réponses à La dernière camionnette

  1. Laurent dit :

    Pas vu la pub, mais un type et son chien dans un monde post-apo: A Boy and his dog, non?

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