La nuit de la comète

Le monde entier se prépare à fêter le passage d’une comète à l’orbite tellement longue que son dernier passage à proximité de la terre date d’il y a soixante-cinq millions d’années.
Or soixante-cinq millions d’années, c’est précisément le temps qui nous sépare d’une célèbre catastrophe écologique : la disparition subite des dinosaures. Coïncidence ?

Alors que la comète passe dans le ciel, les lycéennes Regina et Samantha Belmont, le camionneur Hector et quelques autres personnes sont protégés de ses effets puisque abrités derrière des parois d’acier. Au réveil, la ville est vide, ils découvrent partout des vêtements et de petits tas de sable orangé : la population a été transformée en poussière de calcium. Enfin presque toute la population, car les gens qui n’ont été que partiellement exposés à la comète sont, eux, en train de devenir des zombies, à une vitesse qui dépend de l’importance de leur exposition à la comète. Les zombies finissent eux aussi par devenir des tas de poussière. Les survivants se retrouvent grâce à la station de radio dont les émissions, automatiques, continuent d’être diffusées.

Regina et Samantha sont les filles d’un militaire, elles savent se défendre et manier les armes, ce qui leur sert beaucoup. Parmi les personnes en phase de zombification qu’elles croisent, se trouve une équipe de scientifiques qui sait tout de la situation, quoique son niveau intellectuel baisse d’heure en heure, et dont l’obsession est de prendre le sang des survivants « sains » pour en faire un sérum. On pourrait voir là une amusante illustration de la « science sans conscience » mais ce n’est pas spécialement appuyé par le scénario.
Des pom-pom girls qui combattent des zombies, on pense tout de suite à l’excellente série Buffy contre les vampires, voire à l’exécrable film du même nom, mais on reste pourtant sur sa faim. Tourné en 1984 par le documentariste Thom Eberhardt, le film contient de nombreux éléments amusants d’époque : coupes de cheveux et de vêtements, musique, jeux vidéo,… On prendra même un plaisir pervers à apprécier les effets spéciaux extraordinairement cheap, à base de filtres orangés et de prises de vue cache-misère — puisque pour vider une grande ville de ses habitants, il suffit de filmer les bâtiments en contre-plongée et de ne jamais montrer le sol.

Malheureusement, tout ce que la situation pouvait avoir d’amusant est ruiné par une réalisation molle, un scénario mal ficelé et une interprétation généralement médiocre. Beaucoup d’idées gâchées, finalement.
On a souvent dit que les films de zombies modernes servent à parler de la société de consommation. Celui-ci ne fait pas exception : alors que la population du monde entier a disparu, alors qu’elles ont perdu tous leurs amis et qu’elles sont orphelines depuis quelques heures, Regina et Samantha ne sont pas trop abattues et ne rêvent que de faire les boutiques pour se procurer, sans payer, des vêtements à la mode. Pas de chance pour elle, les magasiniers qui se trouvaient au sous-sol, tous transformés en zombies, ont de très mauvaises intentions à leur égard.

Je retiens un détail intéressant : alors que toute vie a disparu, ou presque, de nombreux automates continuent à fonctionner : les jets d’eau arrosent les pelouses, les enseignent animées se mettent en route, les feux de signalisation s’allument et s’éteignent à leur cadence habituelle, les bulles des piscines démarrent, etc.

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5 réponses à La nuit de la comète

  1. Wood dit :

    Oui, les machines qui continuent à fonctionner après la fin du monde, c’est un classique…

    Il y a cette nouvelle de Ray Bradbury, je crois, avec une maison entièrement automatisée, dont les occupants ont manifestement été tués dans une explosion atomique, et qui continue de leur servir le petit déjeuner, etc…

    Et dans Niourk de Stephen Wul, aussi, les enseignes animées de la grande ville continuent de fonctionner.

  2. A propos des automates, voilà une question que je me pose à chaque évocation d’apocalypse, zombie ou autre: combien de temps les infrastructures essentielles (réseaux électriques ou d’eau courante) sont-elles sensées fonctionner en dehors de toute intervention humaine? Cela se compte-t-il en heures, en jours? Y a-t-il des films qui tiennent compte de ceci?

  3. Jean-no dit :

    @Wood : oui, ce n’est pas très original finalement, mais c’est assez appuyé dans le film.
    @Sous la poussière : tout dépend à mon avis du temps pendant lequel l’approvisionnement électrique peut fonctionner sans intervention manuelle, parce que tout le reste en dépend. Ceci dit il existe des mobiliers urbains solaires (parcmètres, surtout) et des habitations « autonomes ». Ça pourrait faire un bon sujet de film, voir les automates s’arrêter les uns après les autres…

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