Nix + Gerber, The City

Lori Nix et Kathleen Gerber produisent et photographient des maquettes.
Elles sont notamment autrices d’une très belle série d’inspiration post-apocalyptique intitulée The City :

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Library, 2007

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Living room, 2013

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Control room, 2010

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Laudramat at night, 2008

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Subway, 2012

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Shoe Store, 2013

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Mall, 2010

Chinese take-out, 2013

Chinese take-out, 2013

The Drawing Room a produit un film qui montre la manière de travailler des artistes :

Nix + Gerber from The Drawing Room on Vimeo.

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Collapse, un simulateur de fin du monde

Afin d’annoncer la parution du jeu Tom Clancy’s the division, l’éditeur UbiSoft a créé un jeu interactif en ligne, Collapse.

Pour commencer la partie, le joueur doit saisir sa propre adresse, comme dans le clip interactif pour Arcade Fire réalisé par Chris Milk et Aaron Koblin, The Wilderness Downtown. Aussitôt, on navigue dans une carte jusqu’à l’adresse sélectionnée.

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Le jeu commence par une fièvre. Le joueur doit décider dans quel hôpital il doit se rendre. Au fil de ses déplacements, il contamine de nombreuses personnes, car il est porteur du virus fictif Variola Chimera.

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Le système rappelle un vieux jeu informatique de gestion, ancêtre de Sim City, qui se nommait Hamurabi (avec un seul « m » car un nom de fichier de huit lettres était plus adapté au système informatique sur lequel a été créé le jeu.

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Comme dans Hamurabi (où l’on gérait les récoltes et les ressources d’un royaume médsopotamien), le joueur de Collapse n’a pas tellement le choix, chacun de ses mouvements fait progresser l’épidémie, irrémédiablement, jusqu’à l’arrêt de toute production électrique et le début d’une ère sombre.

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Il ne s’agit donc pas vraiment d’un jeu, mais d’une simulation rapide, d’un « teaser », qui s’appuie sur des données (territoire, densité, équipement médicaux) réelles. Il sert juste de prologue au jeu Tom Clancy’s The Division lui-même, un jeu d’action et de stratégie.

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Le scénario du jeu semble en lui-même assez simple : dans New York décimée par la maladie, une équipe de choc doit rétablir l’ordre…
Il ne s’agit pas de vraiment de science-fiction mais du récit qui se veut réaliste des effets d’une pandémie causée par une souche virale échappée d’un laboratoire.

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Le 6 août 1945

Aujourd’hui est le soixante-dixième anniversaire de l’explosion de la bombe atomique qui a ravagé Hiroshima. C’est la triste occasion de rappeler un peu les conditions dans lesquelles les choses se sont passées.

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Keiji Nakazawa (1939-2012) se trouvait à Hiroshima ce jour-là. Devenu un auteur de mangas dans la veine d’Osamu Tezuka, il a d’abord essayé de traiter de l’histoire par la fiction, puis a commencé à publier des travaux autobiographiques tels que Je l’ai vu!, en 1972.

Alerté par une lettre d’Albert Einstein qui lui expliquait en 1939 que l’Allemagne Nazie s’apprêtait à disposer d’une arme d’un genre nouveau et aux capacités de destruction jamais vues, le président Roosevelt avait lancé aussitôt ce qui est devenu en 1942 le Projet Manhattan, programme de construction de la bombe atomique disséminé entre plusieurs universités américaines de premier plan (ainsi que des centres de recherche britanniques et canadiens), coordonné depuis Oak Ridge dans le Tennessee, et dont le développement final s’est fait à Los Alamos, au Nouveau Mexique, lieu que le directeur du projet, Robert Oppenheimer, jugeait un peu plus sûr en cas d’accident. On estime que 130 000 personnes ont collaboré plus ou moins directement au projet, qui a pourtant réussi à rester un secret jusqu’au 6 août 1945 à 8 heures, seize minutes et deux secondes, instant de l’explosion de « Little boy » sur Hiroshima. Des scientifiques de premier plan y ont collaboré, à commencer par les prix Nobel Niels Bohr et Enrico Fermi, mais certains ont refusé, comme Norbert Wiener, le père de la Cybernétique. Le projet a coûté deux milliards de dollars de l’époque, soit 26 milliards d’aujourd’hui — ce qui n’est jamais que le double de ce qu’ont coûté les jeux olympiques d’Athènes en 2004… et la moitié de ce qu’ont coûté les jeux olympiques d’hiver de Sochi, en Russie, il y a deux ans.

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L’œuvre qui l’a rendu célèbre est Gen d’Hiroshima, publié en 1973 sous forme de manga puis adapté deux ans plus tard en dessin animé. Une longue partie de Gen d’Hiroshima est consacrée à raconter la vie de sa famille, plutôt originale du fait du pacifisme affiché de son père, dans les semaines qui ont précédé l’explosion.

De manière assez ironique, l’avance scientifique américaine, notamment dans son programme nucléaire, était due en grande partie à des savants qui avaient fui l’Europe nazie, et notamment les savants juifs. On connait la phrase célèbre du mathématicien David Hilbert lorsque le ministre de l’éducation Bernhart Rust lui avait demandé comment se portaient les mathématiques à l’université de Göttingen à présent qu’elle était « libérée de l’influence juive ». « Des mathématiques à Göttingen ? Il n’y en a plus guère », avait répondu Hilbert. La mécanique quantique et la théorie de la relativité, qui fondent la physique moderne qui a conduit au développement de la bombe, avaient particulièrement la réputation de constituer une « science juive », et n’étaient de ce fait pas bien vues du régime, ce qui avait un peu entravé les travaux de Werner Heisenberg, prix Nobel, qui était resté en Allemagne moins par conviction nazie que par certitude d’être du côté du plus fort. De fait, si les recherches nazies en armement atomique ont persisté jusqu’à la fin de la guerre, celles-ci ont pâti d’un certain désinvestissement de la part du régime, qui s’intéressait nettement plus au développement des missiles de Wernher Von Braun1, d’un grand intérêt tactique face à la Grande-Bretagne. Quelle que soit la raison du retard allemand, Franklin Roosevelt est mort alors que la capitulation de l’Allemagne mais aussi du Japon n’étaient qu’une question de semaines. Il s’était bien gardé de signaler à son vice-président Harry Truman, dont il se méfiait, l’existence de la bombe atomique, qui avait sans doute vocation à rester un projet ultra-secret comme le célèbre ordinateur britannique Colossus, intégralement détruit après la guerre, et dont on n’a appris l’existence que vingt-cinq ans après. Lorsque Roosevelt est mort, Robert Oppenheimer a organisé une cérémonie d’hommage à Los Alamos, car les scientifiques qui avaient fait la bombe avaient en grande partie accepté cette tâche parce qu’ils étaient convaincus de la grande sagesse de Franklin Roosevelt.

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Nakazawa raconte de manière poignante le moment où, avec sa mère enceinte, il a tenté d’extraire son frère, sa sœur et son père des ruines de leur maison, en flammes, puis les a vu mourir brûlés sans pouvoir faire autre chose que d’emmener sa mère au loin.

Les scientifiques avaient eu raison d’avoir confiance en Roosevelt, et Roosevelt avait eu raison de se méfier de Truman. Il ne devait pas être le seul à le faire, puisque ce n’est que deux semaines après sa prise de fonctions que le nouveau président s’est fait expliquer en détail les capacités de la bombe atomique.
Très enthousiaste, il a voulu qu’un premier test (certes programmé du vivant de Roosevelt) soit réalisé aussitôt, cela a été l’explosion de Trinity, dans le Jornado del Muerte, un bassin désertique du Nouveau-Mexique, le 16 juillet 1945. Le succès de l’opération a été total, et la décision de bombarder le Japon avec le même genre d’engin a été prise.
L’immense savant John Von Neumann, tout aussi enthousiaste que Truman, a calculé lui-même l’altitude optimale à laquelle faire exploser la bombe pour être certain de causer des dégâts maximaux. Il a milité pour que le site choisi soit l’ancienne capitale impériale et culturelle du Japon, Kyoto. D’autres ont proposé des cibles symboliques mais ne causant pas de pertes humaines (par exemple une explosion en mer), mais ce sont finalement les modestes préfectures Hiroshima et Nagazaki qui ont été sélectionnées pour ce qui reste aujourd’hui encore les deux seuls exemples d’utilisation militaire de la bombe atomique.
Dans son article, le New York Times, qui a rapporté la nouvelle le jour même2, insistait sur l’avance scientifique américaine, sur le caractère extraordinaire de ce secret si bien gardé, et égrène divers chiffres : équivalent en tonnes de TNT, kilomètres carrés de terrain des centres de recherches, nombre d’employés, dollars, etc. Sur Hiroshima, s’ils ont bien signalé qu’il s’agissait d’une grande ville industrielle, ils en parlent comme d’un dépôt de munition, se gardant d’estimer combien des trois cent mille habitants de la ville y avaient perdu la vie. La pudeur avec laquelle l’article du New York Times néglige de parler des victimes civiles du bombardement (90 000, selon les estimations les plus basses) n’a pas dû beaucoup choqué, puisque depuis l’attaque de Pearl Harbour, qui vexe encore les étasuniens aujourd’hui, les Japonais n’étaient plus désignés que comme des monstres, des cafards ou autres animaux nuisibles. L’article explique qu’un ultimatum sybillin3 avait été envoyé aux japonais, les assurant qu’un déluge de feu s’abattrait sur eux s’ils ne capitulaient pas, et qu’ils n’en avaient pas tenu compte.

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On croise, au fil du récit, les visions terrifiantes qui marquent encore fortement la culture japonaise aujourd’hui et que l’on retrouve dans Akira, Dragon Head, etc. Mais ces images semblent parfois emprunter des choses aux aux dessins d’horreur qu’ont produit les auteurs d’estampes Kaidan de l’ère d’Edo.

On sait pourtant aujourd’hui que non seulement le Japon était à deux doigts de la capitulation, mais que Truman le savait et que son État-major désapprouvait l’utilisation de la bombe, inutile stratégiquement, mais aussi créée pour une raison devenue caduque, à savoir rester au niveau scientifique de l’Allemagne. Car si le Japon avait été un empire martial terrible (les Coréens et les Chinois s’en souviennent), il ne participait pas à la compétition scientifique qui a mené à la bombe atomique.
La bombe n’était sans doute pas destinée qu’à impressionner le Japon, elle était aussi un message destiné à Staline : l’URSS travaillait depuis longtemps sur la bombe et étendait son influence sur l’Europe libérée. Juste après Hiroshima et avant Nagazaki, l’URSS a d’ailleurs déclaré la guerre au Japon (avec qui il se trouvait en conflit meurtrier depuis des années, mais sans que cela ait jamais été officiellement une guerre).
On sait que Truman avait d’ailleurs annoncé en personne à Staline qu’il disposait de la bombe en juillet 1945, et avait été déçu du peu de réaction du « petit père des peuples », lequel était en fait au courant depuis plus longtemps que Truman lui-même !
Quand j’étais collégien, on m’a vendu l’idée que la bombe atomique avait été un mal nécessaire pour interrompre ou du moins pour écourter la guerre. Il sera difficile de le savoir, puisqu’en Histoire avec un grand H, ce genre d’hypothèse ne peut se vérifier autrement que par la spéculation : la capitulation du Japon serait-elle arrivée trois semaines plus tard ou trois mois ? L’archipel aurait-il été occupé par l’armée rouge ? (nous vivrions dans un monde sans doute différent si ç’avait été le cas). En tout cas, la raison du lancement de la bombe me semble avoir été une décision politique plus qu’un choix de stratégie militaire.

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Gen aide sa mère à accoucher d’une petite fille. Ils adoptent aussi un orphelin. La santé de la sœur de Gen décline et elle finit par mourir. L’histoire s’arrête un an et demi plus tard : Keiji Nakazawa ne s’est pas contenté de raconter la bombe, mais fait le récit très vivant d’un Japon en état de choc traumatique.

Ce qu’il est intéressant de voir (et cette fois, les œuvres de fiction nous sont d’un grand secours), c’est que la bombe atomique n’a pas tout de suite traumatisé les États-Unis. Si les scientifiques qui l’ont fabriquée ont eux-mêmes milité pour qu’elle ne soit jamais utilisée4 et que certains acteurs de l’histoire tels qu’Einstein ou Oppenheimer ont rapidement manifesté leurs regrets, le public semble avoir surtout retenu que les États-Unis d’Amérique étaient le pays le plus puissant du monde et le plus avancé scientifiquement5. Pas un mot sur les effets des radiations6 avant… le 29 août 1949, date de la première explosion d’une bombe atomique soviétique, et début officiel de la Guerre Froide. À partir de là, aux États-Unis et en Europe, la bombe atomique est devenu un souci majeur parmi les populations et dans les fictions, notamment cinématographique (Five, 1951 ; Split Second, 1953 ; The Atomic Kid, 1954 ; Kiss Me Deadly, 1955), avec des temps forts fin 1950s-début 1960s (le terrible On the beach, de 1959, et The World, the flesh and the devil, la même année ; Fail-Safe et Doctor Strangelove en 1964 ; etc.) puis au milieu des années 1980 (Malevil, 1981 ; The Atomic Cafe et The Aftermath, 1982 ; Le jour d’après, 1983 ; Wargames, 1983 ; Quand le vent souffle, 1986 ; etc.).
Tant qu’elle n’était qu’étasunienne, donc, la bombe était une arme efficace, utile, qui n’avait servi qu’à abréger les souffrances qu’auraient causé une guerre interminable. Après, elle est devenu un danger existentiel pour toute l’humanité qui, pour la première fois, s’est sue capable de s’autodétruire et donc, d’être la cause de sa propre extinction.

  1. Lequel contribuera aussi à la science américaine, mais après la guerre, en fondant la Nasa. Notons que l’Allemagne avait avant guerre une avance scientifique en informatique, grâce à Konrad Zuse, mais là aussi, le régime, peu avisé, n’a pas investi dans cette invention incompréhensible — ce qui n’a pas empêché l’organisation des camps de concentration de reposer sur la puissance des trieuses de cartes perforées d’une filiale allemande d’IBM, la Dehomag… []
  2. Le décalage horaire entre Tokyo et New York est de treize heures. []
  3.  » If they do not now accept our terms, they may expect a rain of ruin from the air the like of which has never been seen on this earth. » : cela faisait des mois que le Japon était soumis à des bombardements ravageurs — bien plus ravageurs, en termes de destruction, que la bombe atomique, d’ailleurs, il suffit de se souvenir du bombardement de Tokyo qui, dans la seule nuit du 9 au 10 mars 1945 avait tué plus de 100 000 civils. []
  4. Leó Szilárd avait par exemple rencontré Roosevelt pour le convaincre de ne pas utiliser la bombe. []
  5. Albert Camus, dans Combat, fustige cette fascination du progrès : « On nous apprend, en effet, au milieu d’une foule de commentaires enthousiastes que n’importe quelle ville d’importance moyenne peut être totalement rasée par une bombe de la grosseur d’un ballon de football. Des journaux américains, anglais et français se répandent en dissertations élégantes sur l’avenir, le passé, les inventeurs, le coût, la vocation pacifique et les effets guerriers, les conséquences politiques et même le caractère indépendant de la bombe atomique. Nous nous résumerons en une phrase : la civilisation mécanique vient de parvenir à son dernier degré de sauvagerie. Il va falloir choisir, dans un avenir plus ou moins proche, entre le suicide collectif ou l’utilisation intelligente des conquêtes scientifiques ». []
  6. Les effets des retombées radioactives de la bombe ont été observés immédiatement, comme le montre cet extrait de James de Coquet, correspondant du Figaro un mois après l’explosion dans un très bel article : « Les troubles qu’elle [la radiation atomique] provoque dans l’organisme sont encore mal connus. Ce qu’on sait, c’est qu’elle affecte le système sanguin et détruit les globules blancs. Le sang ne coagule plus et les victimes présentent des symptômes d’hémophilie. Des habitants d’Hiroshima qui n’avaient reçu aucune brûlure, aucune contusion, sont morts par centaines dans le mois qui a suivi l’explosion ».
    Mais le grand public n’a largement pris conscience de cette question que des années plus tard, par exemple avec  Apocalypse de l’atome, un livre publié en 1958 par le grand reporter suisse Fernand Gigon. []
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Mad Max: Fury road

Ce nouveau Mad Max est une fable politique sur le pouvoir (laid, malade, fondamentalement mauvais), sur la concentration des richesses dans un monde qui meurt, et sur le gaspillage écologique. Il parle sans doute aussi de religion, mais comme d’habitude lorsqu’aucune n’est désignée, pas une ne se sentira visée : le fanatisme et la superstition, c’est toujours les autres.

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Brutale, spectaculaire, assez belle visuellement, cette longue course-poursuite fait régulièrement penser au cirque Archaos, à la Fura dels Baus, à tout un pan du Heavy Metal ou au festival Burning Man, qui eux-mêmes doivent une bonne partie de leur esthétique aux premiers Mad Max1 : une prise d’intérêts, en quelque sorte.
Quand j’étais adolescent, Mad Max (en tout cas pour les deux premiers films de la série), constituait, avec Rollerball, le comble de la violence au cinéma. La violence est toujours bien présente, mais nos standards ont dû beaucoup changer car le spectateur que je suis à présent n’en a pas exagérément souffert. La caméra de George Miller et peut-être moins complaisante dans ses descriptions de tortures ou de mutilations que celles de séries HBO telles que Game of Thrones, Rome ou Deadwood, et le montage sonore, plutôt moins inutilement agressif que celui de la majorité des films d’action actuels.

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Les héros du film, ce sont les femmes du harem de l’odieux « Immortan Joe », menées par l’impérator Furiosa (Charlize Theron, donc), qui veulent quitter leur condition d’objets — sans doute confortable, pourtant, comparée à celle de la plèbe —, pour aller chercher un peu d’espoir au loin. Max est leur éphémère compagnon de route, hébété, égaré, ne vivant plus que pour survivre. Les scénaristes ont sciemment évité tous les tics sexistes du cinéma : ici, pas de demoiselles en détresse à qui un héros paternaliste aboie des instructions et qui, pour récompenser leur sauveur, finiront dans son lit.
Il y a un véritable engagement féministe (ou au moins une intention) derrière ce scénario, qui a d’ailleurs été validé par Eve Ensler2 et a fait couiner de rage des blogueurs « masculinistes ».

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Dans un premier temps, on se demande comment un monde où des ressources telles que le pétrole3 et l’eau4 sont devenues si rares peut en être si abusivement dispendieux. Cela ne semble pas très rationnel.
Mais à la réflexion, c’est peut-être à l’humanité de 2015 que la question est posée.

  1. Je réalise que le troisième Mad Max (Beyond Thunderdome, avec Tina Turner), a déjà trente ans. Le premier est sorti en 1979. []
  2. l’auteure des Monologues du vagin a d’ailleurs passé une semaine sur les lieux du tournage pour conseiller les actrices. []
  3. L’essence est nommée ici « guzoline. J’imagine qu’il y a un jeu de mot ou une référence à connaître. Les auteurs des sous-titres français ont traduit le mot par le curieux « pétrogaspi ». []
  4. Dans le film, l’eau est nommée « Aqua cola », ce qui semble être une allusion directe aux pratiques de Coca Cola et son concurrent Pepsi Cola, qui revendent un liquide parfois composé de simple eau du robinet augmentée artificiellement de minéraux, sous des noms de marques tels que Bon Aqua, Aquarius, Aquafina,… []
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La presse de la fin des temps

On ignore qui publie Dar Al-Islam, journal rédigé en français qui se revendique de l’État Islamique d’Irak et du Levant (Daesh) et qui se veut l’homologue francophone du journal de propagande Dabiq, lequel était au départ réservé au seul public anglophone, mais à présent traduit dans plusieurs langues, dont le français.

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Dans l’eschatologie islamique, la ville syrienne de Dabiq est un lieu-clé de la fin des temps, comme le mont Megiddo (Har Megiddo/Harmageddon) en Israël, où tous les rois de la Terre livreront bataille au moment de l’Apocalypse. Dans le cas de Dabiq, selon un hadith, l’heure dernière adviendra lorsque les armées des romains (l’Empire romain d’Orient n’a disparu qu’au XVe siècle) se présenteront à Dabiq, où les fidèles viendront les combattre, avant de contre-attaquer en marchant vers Constantinople (Istanbul). Cette référence à la fin des temps rappelle bien des groupes sectaires du passé, aussi destructeurs qu’impatients de changer la face du monde. Ce genre de groupes n’a connu que deux destins : soit ils se sont normalisés, institutionnalisés, soit ils ont été massacrés de la manière la plus brutale. On note que le second numéro de Dabiq fait référence au Déluge de Noé, qui est un épisode important pour l’Islam, et qui est ici utilisé comme métaphore de l’engagement : soit on est du côté de l’État islamique, soit on disparaîtra, submergé.

On se procure facilement une version en pdf de Dar Al-Islam sur Internet, alors je ne vais pas mettre de lien, les curieux n’auront pas de mal à trouver sans mon aide.

Les deux premiers numéros de ce journal contiennent respectivement quinze et quatorze pages, et sont signés du « Centre médiatique Al-Hayat ». Puisque le nombre de pages n’est pas multiple de quatre (et même pas pair, dans le cas du premier numéro), il est fort probable que ces journaux ne sont pas destinés à être imprimés.

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Le contenu n’est pas très bienveillant à l’égard des ressortissants des pays occidentaux, et notamment de France, comme on s’en doute en lisant le titre du second numéro : « Qu’Allah maudisse la France ». On y lit entre autres :

si tu peux tuer un mécréant américain ou européen, et particulièrement un français haineux et impur, un australien, un canadien ou autre que cela parmi les mécréants en état de guerre, habitants des pays qui se sont coalisés contre l’Etat Islamique, alors place ta confiance en Allâh et tue le par n’importe quel moyen. Ne consulte personne, et ne demande de fatwa à personne. Que le mécréant soit un civil ou un militaire, ils ont tous le même jugement, tous les deux sont mécréants, tous les deux sont en état de guerre. (…) Ne désespère pas, ne faiblis pas et que ton slogan soit : « Que je meure si l’adorateur de la croix ou le partisan du Tâghoût vit ». Si tu ne peux pas alors brûle sa maison, sa voiture ou son commerce. Si tu ne peux pas, fais périr ses cultures. Et si tu ne peux pas crache-lui sur le visage.

Ce qui me frappe dans ce journal, c’est sa parenté avec La Tour de Garde ou Réveillez-vous!, les deux fascicules que diffusent, dans le monde entier et dans d’innombrables langues, les Témoins de Jéhovah, des chrétiens millénaristes souvent accusés d’exploiter ou de maltraiter psychologiquement leurs adeptes, mais à qui on ne peut en revanche reprocher aucune forme d’activité terroriste ou militaire, ni même de tentation de prise de pouvoir temporel, puisqu’ils se tiennent bien à l’écart du monde, si ce n’est dans le cadre de leur activité missionnaire.

Le traitement des images de couvertures de Dar Al-Islam, qui impose une ombre artificielle, n’est pas rare dans les publications des Témoins de Jéhovah, mais au delà des questions formelles, c’est le contenu qui, à mon avis, s’apparente : témoignages, personnes citées en exemple de pureté et de piété, instructions aux fidèles, et le tout régulièrement assorti de citations tirées des livres sacrés.
Chez les Témoins de Jéhovah, les citations proviennent de la traduction « maison » de la Bible chrétienne. Dans Dar Al-Islam, les citations proviennent généralement de Hadiths (les paroles et actes du prophète transmis par la tradition).
Les publications des uns et des autres sont très lisiblement rédigées mais recourent par petites touches à un jargon très spécialisé, issu des textes religieux.

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Je remarque un point anecdotique : en lisant Dabiq, Dar Al-Islam, la Tour de Garde et Réveillez-vous!, je suis plusieurs fois tombé sur des images d’argent : monnaies d’or et billets verts. Je n’en tire pas de conclusion précise, c’est une simple observation, peut-être un hasard, et on doit trouver le même genre de détail iconographique dans bien d’autres magazines. Cependant, le détail est suffisamment présent pour m’avoir intrigué.
En parlant d’argent, j’observe que les deux groupes religieux font des promesses matérielles à leurs adeptes. Chez les Témoins de Jéhovah, les personnes qui ne se seront pas converties avant la fin des temps disparaîtront après l’Apocalypse, tandis que ceux qui auront « témoigné du nom de Dieu » renaîtront et pourront se partager les bien de ceux qui ne les auront pas suivi, pour l’éternité. Chez Daesh, on est plus pressé, puisqu’il est dit des mécréants que « Leur sang et leurs biens sont licites », c’est à dire, si je comprends bien, qu’il est permis non seulement de les tuer, mais aussi de s’approprier leurs biens.

Consciemment ou non, il me semble assez évident que les personnes qui s’occupent de publier Dar Al-Islam l’ont fait en s’inspirant de La Tour de Garde pour ce qui est des choix éditoriaux et de la mise-en-page.

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Noah (2014)

Intéressant objet que ce film où Darren Aronofsky tente de raconter les quatre courts chapitres de la Genèse1 qui font le récit de l’histoire du patriarche Noé. Il le fait sans chercher à en évacuer les bizarreries et en s’inspirant vraisemblablement d’apocryphes comme le livre d’Henoch, puisque l’on y rencontre notamment des anges déchus. Il y amène une hypothèse pour le coup très contemporaine : Dieu (jamais nommé ni surnommé, mais juste désigné comme « il » ou « lui »), dégoûté de la corruption des hommes, décide de supprimer de la face de la Terre la vilaine bestiole qu’il a créée à son image, et charge Noé (Russell Crowe, très bien) de sauver toutes les autres espèces.

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Comme Noé et sa famille ne pourront pas avoir de descendance, l’intention du tout-puissant semble claire pour le patriarche : les siens ont pour destin d’être les derniers de leur race, ils ne sont pas bénis ou sauvés, ils ont une tâche à accomplir, et pour cela ils doivent se montrer égoïstes, sans pitié, et laisser mourir noyées des millions de personnes. Sa famille comprend mal son acharnement et sa cruauté lorsque Noé refuse une compagne à Cham, interdit à Sem d’avoir des enfants, et décrète que son cadet Japhet enterrerait tous les siens et serait l’ultime homme à avoir vécu sur la Terre2. Mais finalement, Noé se laisse attendrir et ne parvient pas à assassiner les deux petites-filles que lui ont donné Sem et Ila (Emma Watson). Arrivé sur la terre sèche, il part vivre à l’écart, se saoule et se retrouve nu et minable, puis finit par retrouver son épouse, tandis que son fils Cham quitte la tribu.

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Darren Aronofsky tente ici une synthèse personnelle et investie, comme on dit, de différentes traditions canoniques et apocryphes. Il essaie aussi d’accorder le mythe de la création à l’évolutionnisme darwinien (qui est en quelque sorte validé par une vision accélérée de l’histoire de la vie sur Terre), et de donner au récit biblique ce que lui ôtent systématiquement les autres adaptations : son statut de premier livre de « Fantasy », avec géants et anges déchus. Sans surprise, la 3D s’accorde assez bien au romantisme pompier du XIXe (les déluges de Francis Danby, Gustave Doré ou Léon Comerre ont sans doute servi de source d’inspiration), mais on regrettera, du point de vue visuel ou scénaristique, un étonnant manque de force des ténèbres : on ne se demande à aucun instant si même Noé a été abandonné, si le Soleil a disparu pour toujours (nous connaissons la fin de l’histoire, bien sûr, mais on a l’impression que Noé et sa famille aussi !), on s’inquiète surtout d’une histoire de passager clandestin pour le moins cousue de fil blanc.

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Le Noé d’Aronofsky est végétarien, et refuse de faire le moindre mal à la moindre bête inutilement, et ce, bien avant d’avoir été chargé de sa mission de gardien de zoo flottant.
Or si on se souvient du livre,  la première chose que fait Noé en sortant de l’Arche, c’est de sacrifier des animaux, pour le plus grand plaisir du tout-puissant :

« Noé bâtit un autel à l’Éternel ; il prit de toutes les bêtes pures et de tous les oiseaux purs, et il offrit des holocaustes sur l’autel. L’Éternel sentit une odeur agréable, et l’Éternel dit en son cœur : Je ne maudirai plus la terre, à cause de l’homme, parce que les pensées du cœur de l’homme sont mauvaises dès sa jeunesse ; et je ne frapperai plus tout ce qui est vivant, comme je l’ai fait.  Tant que la terre subsistera, les semailles et la moisson, le froid et la chaleur, l’été et l’hiver, le jour et la nuit ne cesseront point »3

Après quoi, il institue l’homme en maître de la Terre, lui donne le droit d’être aussi carnivore qu’il en a envie, à condition de vider les bêtes de leur sang (ici associée à l’âme, du moins dans la traduction de Louis Segond) avant de les consommer :

« Dieu bénit Noé et ses fils, et leur dit : Soyez féconds, multipliez, et remplissez la terre. Vous serez un sujet de crainte et d’effroi pour tout animal de la terre, pour tout oiseau du ciel, pour tout ce qui se meut sur la terre, et pour tous les poissons de la mer: ils sont livrés entre vos mains. Tout ce qui se meut et qui a vie vous servira de nourriture : je vous donne tout cela comme l’herbe verte. Seulement, vous ne mangerez point de chair avec son âme, avec son sang »4

Dans le film, Cham s’attire la méfiance de Noé parce qu’il est attiré par la chasse, par le sang, et trahit même sa famille et Dieu lui-même, en s’alliant avec l’homme qui a assassiné son grand-père !

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C’est peut-être le passage troublant du film, qui ne dit pas tout : sa lignée a été maudite par Noé car Cham a vu ce dernier dénudé et a été dénoncé de ce crime (par son frère Sem, selon la tradition) :

« Noé commença à cultiver la terre, et planta de la vigne. Il but du vin, s’enivra, et se découvrit au milieu de sa tente. Cham, père de Canaan, vit la nudité de son père, et il le rapporta dehors à ses deux frères. Alors Sem et Japhet prirent le manteau, le mirent sur leurs épaules, marchèrent à reculons, et couvrirent la nudité de leur père; comme leur visage était détourné, ils ne virent point la nudité de leur père. Lorsque Noé se réveilla de son vin, il apprit ce que lui avait fait son fils cadet. Et il dit: Maudit soit Canaan ! qu’il soit l’esclave des esclaves de ses frères ! Il dit encore: Béni soit l’Éternel, Dieu de Sem, et que Canaan soit leur esclave ! Que Dieu étende les possessions de Japhet, qu’il habite dans les tentes de Sem, et que Canaan soit leur esclave ! »5

Ce récit a pesé sur l’histoire du monde, puisqu’on s’en est servi à plusieurs reprises : le pays de Canaan, le maudit, c’est la Palestine, que quelques générations plus tard les Hébreux recevront « en héritage », c’est à dire par la conquête militaire (mais l’archéologie actuelle semble démontrer que, contrairement à leur vantardises macabres, les Hébreux n’ont pas exterminé les Cananéens, ils ont cohabité). Par ailleurs, la traite esclavagiste arabe s’est appuyée sur les textes religieux pour justifier la traite des noirs6, les « fils de Cham », selon leur tradition.
Darren Aronofsky ne s’étend pas sur ces questions qui fâchent, du moins dans le film, car je suis curieux de voir ce que raconte sa bande dessinée7.

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Est-ce que je recommande ce film ? Il y a, derrière, une vision d’auteur, l’envie de réconcilier des univers distincts, et des moyens sérieux pour le faire. Bien entendu, c’est parfois un peu kitsch, et malheureusement, il arrive qu’on pique un peu du nez. Je l’ai vu en version française, j’imagine que j’y perds quelque chose. Les acteurs sont bien, notamment, pour ceux que je n’ai pas cités, Jennifer Connely (l’épouse de Noé), Anthony Hopkins (Mathusalem), et même Nike Nolte, qui a la forme d’un ange déchu devenu un monstre de pierre. Mais tout ça reste du spectacle, à la manière du Seigneur des anneaux, dans la version de Peter Jackson : bien fichu, de bons acteurs, beaucoup de moyens, mais un peu trop distancié pour être vraiment marquant.

  1. Genèse 678 et 9. []
  2. Dans la tradition, les trois fils de Noé emmènent leurs épouses, à qui ils ne tardent pas à donner des enfants. []
  3. Genèse 8:20-22 []
  4. Genèse 9:1-4 []
  5. Genèse 9:20-27 []
  6. La traite des noirs par les arabes commence au IXe siècle et n’a cessé qu’au milieu du XXe siècle, quoiqu’elle subsiste clandestinement au Soudan, notamment. Bien qu’elle se réclame de la religion, la traite raciste n’aurait pas plu au prophète de l’Islam qui avait été très clair en défendant Bilal, esclave affranchi et premier muezzin, et en disant que ses amis, ce n’était pas sa tribu, mais les gens pieux. []
  7. Avant d’être un film, Noé est une bande dessinée, scénarisée par Aronofsky et son ami Ari Handel, et mise en images par le canadien Niko Henrichon. []
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Take Shelter (2011)

Take Shelter est un film de Jeff Nichols, sorti en 2011.
L’histoire racontée est celle de Curtis LaForche, un habitant de l’Ohio assailli par des cauchemars et des hallucinations qui, peu à peu, se persuade qu’une catastrophe est imminente. Obsédé par l’idée de protéger sa femme et sa fille, il prend le risque de perdre son emploi par son comportement étrange, son absentéisme régulier, et en empruntant du matériel de chantier pour installer dans son jardin un abri contre les tornades. Il se méfie de ceux qui l’agressent dans ses rêves, comme son chien ou son collègue et meilleur ami Dewart.

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Conscient de ne pas être dans son état normal, il tente de se faire aider par des psychologues et des psychiatres. Après tout, sa propre mère est schizophrène et a été diagnostiquée à l’âge qu’il a lui-même.

Par son obsession, Curtis perd ses amis et inquiète sa famille. Est-il fou, ou prophète ? Comme lui-même, le spectateur n’en sait rien et attend de voir si la catastrophe qui s’annonce sera en lui ou au dehors.
Un beau film, assez logiquement salué par la critique et primé dans divers festivals.

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Jusqu’à ce que la fin du monde nous sépare (2012)

Le titre originel de ce film sorti en 2012 et réalisé par Lorene Scafaria est Seeking a Friend for the End of the World.
L’histoire démarre sans le moindre suspense : toutes les tentatives de dévier une comète meurtrière ont échoué, et la Terre est perdue. Dans trois semaines, environ, l’impact de l’astéroïde Matilda provoquera un tel cataclysme que toute vie disparaîtra.
Le héros, Dodge Petersen (Steve Carell), est quitté par sa femme aussitôt. Elle n’a jamais été vraiment heureuse avec lui, et il le découvre à cette occasion. Il se rapproche, un peu par hasard, de sa voisine Penny (Keira Knightley), et découvre cette dernière a reçu par erreur une lettre qui lui était destinée à lui, et où un amour de jeunesse lui avouait n’avoir jamais aimé personne d’autre que lui. Puisque c’est la fin du monde, il décide de retrouver cette femme, Olivia, et d’aider Penny à retrouver ses parents, qui se trouvent en Grande-Bretagne. Leur périple a lieu dans un monde en décomposition, où chacun réagit à sa manière aux événements : les uns veulent mourir, les autres croient pouvoir survivre, certains cherchent à se réconcilier avec le monde entier, d’autres tentent, jusqu’à leur dernier souffle, de faire comme si de rien n’était et de sauver leur mode de vie.

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Cette comédie romantique est une version légère de Melancholia, des Derniers jours du Monde ou de The Last Night. On s’attend à ce que les deux héros finissent par s’embrasser voluptueusement, en constatant que leurs quêtes respectives sont sans objet, mais cela leur arrive très tôt dans le film, comme une sorte de formalité à évacuer, ce qui débarrasse la scénariste de la question. Romantique, voire un rien moraliste, le scénario montre Dodge fuyant le baiser de la femme de son meilleur ami, ou le couple qu’il forme avec Penny s’enfuir du restaurant amical dont les employés et les clients semblent partis pour terminer la soirée les uns dans les bras des autres.
De tous les films qui présentent une fin du monde inévitable, celui-ci est sans doute le moins cruel et le moins pesant que j’aie vu, alors qu’il ne se termine pas autrement.
Peut-être est-ce parce que l’on n’y croit jamais réellement.

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Moyen-âge’s not dead

Le festival Bobines et Parchemins explore la représentation du moyen-âge au cinéma par la projection de films en rapport avec cette période.
Cette année, le thème retenu est la Fin du monde.

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J’y serai présent pour le débat qui suivra la projection de l’excellent La Rose et la Flèche (1976), de Richard Lester, le 30 novembre à 20 heures au cinéma le Desperado.
On pourra par ailleurs m’entendre pendant une heure et demie sur Radio Goliards (Radio Libertaire, 89,4 FM) le jeudi 21 novembre à 16h30 pour l’émission Radiocalypse médiévale, avec William Blanc, Adrien Genoudet et Exomène.

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Les couvertures auxquelles vous avez échappé

Pendant la création du livre, j’ai voulu tester différents visuels : extraits de peintures, photographies,… C’était bien avant que le titre « Les fins du monde », au pluriel, ne s’impose, et avant que le sous-titre définitif soit « de l’antiquité à nos jours ».

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Pour rédiger les titres, je n’ai pas fait de grosses recherches en termes de typographie, du reste je ne suis pas graphiste. C’étaient vraiment les visuels qui m’intéressaient : actualité, art, jeu vidéo, histoire, peinture,…

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J’ai soumis ces images à ceux qui me suivent sur twitter, en leur proposant un système de vote. Le visuel qui a recueilli le plus de suffrages est le tout premier, qui représente des auto-tamponneuses à Pripyat (Tchernobyl), suivi d’un cadrage de la peinture The Edge of Doom (1836) par Samuel Colman. Les images 3, 9 et 12 (un arbre dans la chaussée de Pripyat, une caravane après le passage d’un ouragan et une peinture/sculpture de Gerry Judah) ont reçu un accueil timidement favorable. Les deux images qui ont reçu le plus de réactions négatives sont la dixième (issue d’un jeu vidéo) et la huitième (la terre vue depuis la lune).

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Chacune de ces couvertures amenait un point de vue trop marqué sur le sujet et pouvait créer un contresens par l’univers qu’elle évoque.
La jaquette finale (ci-dessus), par Didier Gatepaille, le graphiste, isole un énigmatique détail du jardin des délices de Jérôme Bosch et n’entretient pas de lien direct trop grossier avec le contenu de l’ouvrage. Ça fonctionne bien.

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Colloque eschatologique

Les 18 et 19 octobre se tiendra à l’École des Hautes Études en Sciences Sociales
(Salle 1, au 105 Bd. Raspail à Paris) un colloque intitulé Penser la fin du monde, organisé par Emma Aubin-Boltanski et Claudine Gauthier. Il est découpé en quatre sessions : L’histoire au prisme de l’eschatologie ; Des dogmes et des figures ; Temporalité mondaine et temps de l’Au-delà  ; Les schèmes contemporains de l’eschatologie.

penserLaFinDuMonde

Le programme est centré sur les religions monothéistes (Zoroastrisme, Judaïsme, Samaritanisme, Christianisme et Islam) mais ne s’y limite pas.
On trouvera plus d’informations sur le site de l’Ehess.
Le programme complet est disponible au format pdf en cliquant sur ce lien.

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