L’Évangile selon Caïus

Le centurion Caïus1 avait déjà eu affaire à cette secte juive quelques années plus tôt : un rabbin illuminé avait planifié un coup d’État contre Rome. Ses partisans n’étaient pas assez nombreux pour constituer une menace sérieuse et l’arrestation de leur chef, qu’ils disaient fils d’un Dieu, les avait tétanisés, tant ils semblaient convaincus que sa magie les protégerait de la puissance de l’Empire et les mèneraient même à le détruire. Plutôt que d’exécuter une poignée de fanatiques, le préfet avait préféré faire un exemple en crucifiant le rabbin comme un vulgaire assassin, persuadé que cela suffirait à ce que ses disciples l’abandonnent.
Le préfet Pilate avait eu toutes les peines du monde à comprendre la religion des juifs. À son arrivée en Judée, il avait fait scandale un peu malgré lui avec une histoire absurde d’images représentant l’empereur qu’il avait fournies comme enseignes pour les parades, alors que la proscription des images figuratives était un des plus puissants interdits de la religion locale. Pilate se contentait d’appliquer les usages de Rome, mais ici, rien ne fonctionnait comme ailleurs, et la logique implacable du plus grand empire qui ait jamais existé courbait inexplicablement l’échine face à un peuple qui refusait de célébrer l’Empereur et parmi lequel chaque mois un « nouveau Moïse » descendait d’une montagne en affirmant avoir le pouvoir d’imposer sa loi à Tibère.
Quelques années avant les incidents du jardin des oliviers de Jérusalem, Pilate avait eu à s’occuper d’un autre prédicateur, un homme nommé Jean et surnommé le Baptiste, qui reprochait de manière insultante au tétrarque Hérode son projet de mariage et excitait le peuple avec des idées de révolte. Les autorités religieuses juives officielles n’avaient pas défendu le Baptiste, qui méprisait leur pouvoir et contestait leur pouvoir, alors on l’avait fait emprisonner et tuer. C’est un de ses disciples, qui se disait son cousin et qu’on nommait Jésus le Nazaréen qui avait poursuivi son œuvre et que l’on avait finalement crucifié sur le mont-crâne, le Golgotha.
Le Nazaréen, qui était longtemps passé pour un mystique inoffensif et plutôt discret, préparait un coup d’éclat pour Pessa’h, ainsi qu’on le savait depuis qu’il avait demandé à ses disciples de s’armer2. Son trésorier, Judas Iscariote, sans doute effrayé par la tournure violente que prenaient les événements, l’avait dénoncé et avait aidé les soldats à l’identifier : l’homme était rusé et ne pouvait être distingué de ses disciples, au point que les autorités romaines connaissaient son pouvoir mieux que son nom et son nom mieux que son visage. Lors de l’arrestation, un de ses disciples avait tenté de tuer un serviteur du prêtre Caïphe, le blessant piteusement à l’oreille, mais Jésus avait eu la sagesse d’admettre que le combat était perdu d’avance et avait demandé à son ami de rengainer son arme. Ce même ami, Simon Pierre, s’était ensuite montré plutôt ingrat, désavouant son maître et prétendant ne pas le connaître. Comme les autres, il s’était enfui et avait disparu des rues de Jérusalem pendant trois jours, laissant la mère et les compagnes du rabbin gérer une communauté en état d’absolue sidération. La lâcheté dont il avait fait preuve face aux enquêteurs était sue de tous, mais Simon Pierre était beau parleur et il est parvenu en quelques jours à retourner l’affaire à son avantage et à reprendre le pouvoir, affirmant avoir été témoin de la résurrection du crucifié mystique (dont, effectivement, le corps avait été escamoté), jurant que ce dernier avait prévu et voulu cette trahison, et qu’il lui confiait, à lui, Pierre, le devoir et le pouvoir de mener le destin de sa communauté3.

C’est cet homme qui faisait désormais face au centurion Caïus et qui, avec un aplomb extraordinaire, admettait son implication dans deux meurtres. Simon Pierre se savait intouchable : la communauté qu’il dirigeait était désormais incomparablement plus nombreuse qu’à l’époque de son maître le Nazaréen, et depuis le renvoi du préfet Ponce Pilate et la révocation de son allié le grand prêtre Caïphe, il était exclu que l’administration impériale se fourvoie à nouveau en excitant des fanatiques religieux. De plus, Simon Pierre était plus habile que son prédécesseur, il ne chercherait pas à affronter l’Empire tant qu’on le laisserait exercer son pouvoir sur ceux qu’il appelait son troupeau de brebis et qui faisaient sa fortune, une fortune sans doute considérable bien qu’il persistât à ne se vêtir que d’un manteau de laine usée et à prêcher la pauvreté. Simon Pierre, qui considérait que les femmes ne devaient être qu’obéissance et discrétion — et ce fut là encore une trahison des principes de son maître —, avait évincé Marie, que Jésus appelait sa mère, et surtout Madeleine, la compagne favorite du Nazaréen, aussi belle qu’intelligente, sur qui le nouveau chef de la secte avait fait courir des rumeurs infamantes, s’assurant par cette manœuvre que cette femme ne pourrait lui disputer la place qu’il considérait lui étant due.
L’affaire qui attirait Caïus était la suivante : un couple de disciples de la secte avait vendu sa propriété pour en reverser le prix à la communauté. Simon Pierre avait jugé trop faible la somme qui lui avait été remise et avait devinié que les époux, Ananias et Saphira, avaient gardé pour eux une partie de l’argent récolté de la vente de leur bien. Fou de colère, Simon avait convoqué Ananias pour lui reprocher sa tromperie. Ensuite, lui-même ou un de ses gardes avait assassiné Ananias. De jeunes disciples furent appelés pour draper et ensevelir le corps aussitôt. La colère de Simon Pierre ne baissait pas et il convoqua Saphira, ignorante de ce qui venait de se produire, pour l’interroger à son tour. Celle-ci ne nia pas le prix de la vente de ses biens. Simon Pierre apprit à cette femme que son époux venait de payer chèrement leur sens de l’économie : en ne lui donnant pas tout, c’est Dieu que le couple avait trompé. Saphira ne sortit pas vivante elle non plus des quartiers de Simon Pierre et cette histoire servit d’exemple à toute la communauté4. Peut-être n’était-ce effectivement pas l’argent qui souciait Simon Pierre, mais bien l’obéissance aveugle et le don total de leur existence qu’il exigeait de ceux qui lui appartenaient.

Des morts violentes qui se sont produites sans témoin fiable, des cadavres ensevelis à la hâte et désormais introuvables, une communauté dont aucun membre ne voudra ni n’osera parler, un chef despotique qui se prend pour la main de Dieu et qu’il est impensable d’arrêter sans provoquer une émeute ou un carnage… Caïus se dit qu’il n’avait aucune chance d’obtenir justice pour Ananias et Saphira. Il irait retrouver leurs enfants, tenterait de les convaincre de cesser de dire partout que Simon Pierre avait assassiné leurs parents et les avait spoliés de leur héritage. S’il ne parvenait pas à les raisonner, il les ferait emprisonner, car la paix est à ce prix.
Caïus comptait les années qui le séparaient de son retour à Rome et des retrouvailles avec sa villa, il n’était pas question de s’embêter plus longtemps pour régler les litiges internes d’une bande de fous qui croient que la fin du monde est imminente et qui s’entre-tuent pour des questions d’argent. Avec un peu de chance, leur goût pour l’autodestruction les consumerait vite et ils disparaîtraient définitivement5.

  1. J’ignore si les centurions effectuaient des enquêtes policières dans la Judée romaine, ce centurion Caïus n’a peut-être jamais existé, son histoire est un prétexte fictionnel qui m’aide à raconter à ma façon l’histoire d’une galerie de personnages historiques et/ou relevant de la tradition religieuse chrétienne, et pour explorer le sous-texte des Évangiles et autres parties du Nouveau testament. []
  2. Luc 22:35 « Il leur dit encore: Quand je vous ai envoyés sans bourse, sans sac, et sans souliers, avez-vous manqué de quelque chose? Ils répondirent: De rien. Et il leur dit: Maintenant, au contraire, que celui qui a une bourse la prenne et que celui qui a un sac le prenne également, que celui qui n’a point d’épée vende son vêtement et achète une épée ». []
  3. Jean 21:16 « fais paître mes brebis ». []
  4. Actes 5:1 Mais un homme nommé Ananias, avec Saphira sa femme, vendit une propriété, et retint une partie du prix, sa femme le sachant; puis il apporta le reste, et le déposa aux pieds des apôtres. Pierre lui dit: Ananias, pourquoi Satan a-t-il rempli ton cœur, au point que tu mentes au Saint-Esprit, et que tu aies retenu une partie du prix du champ? S’il n’eût pas été vendu, ne te restait-il pas? Et, après qu’il a été vendu, le prix n’était-il pas à ta disposition? Comment as-tu pu mettre en ton cœur un pareil dessein? Ce n’est pas à des hommes que tu as menti, mais à Dieu. Ananias, entendant ces paroles, tomba, et expira. Une grande crainte saisit tous les auditeurs. Les jeunes gens, s’étant levés, l’enveloppèrent, l’emportèrent, et l’ensevelirent. Environ trois heures plus tard, sa femme entra, sans savoir ce qui était arrivé. Pierre lui adressa la parole: Dis-moi, est-ce à un tel prix que vous avez vendu le champ? Oui, répondit-elle, c’est à ce prix-là. Alors Pierre lui dit : Comment vous êtes-vous accordés pour tenter l’Esprit du Seigneur? Voici, ceux qui ont enseveli ton mari sont à la porte, et ils t’emporteront. Au même instant, elle tomba aux pieds de l’apôtre, et expira. Les jeunes gens, étant entrés, la trouvèrent morte; ils l’emportèrent, et l’ensevelirent auprès de son mari. Une grande crainte s’empara de toute l’assemblée et de tous ceux qui apprirent ces choses. []
  5. Vous allez rire, ça ne s’est pas du tout passé de cette manière, la secte a prospéré, elle est devenue une base importante pour plusieurs religions (au nom desquelles on s’est effectivement entre-tué) et a même été la religion officielle de l’Empire romain ! []

L’hospitalité à l’époque biblique (Juges 19:1-30)

L’infortuné héros de l’histoire est un membre de la tribu de Lévi (comme Moïse) dont la concubine, infidèle, était retournée chez son père. Quatre mois passent, l’homme décide d’aller chercher sa compagne pour parler à son cœur et la convaincre de le suivre. Il est chaleureusement accueilli par son beau-père, qui lui offre le pain et la boisson et le traite si bien qu’il n’arrive pas à partir : chaque soir, l’hôte retient son beau-fils en lui faisant valoir qu’il est tard et qu’il est plus avisé de repousser le départ au lendemain. Après cinq jours, le Lévite refuse finalement l’hospitalité et préfère partir, malgré le déclin du jour, avec sa concubine, son serviteur et ses deux ânes. Ils arrivent devant Jebus (Jérusalem) mais, malgré la suggestion de son serviteur, il refuse d’y entrer : « Nous n’entrerons pas dans une ville d’étrangers, où il n’y a point d’enfants d’Israël, nous irons jusqu’à Guibea (…) ou Rama et nous y passerons la nuit »1. Sur la place de la ville, personne ne se propose pour leur donner l’hospitalité pour la nuit, mais finalement, un vieil homme qui rentrait des champs leur demande qui il sont et où ils vont, et se propose de les héberger, mais cela dégénère car les villageois qui s’étaient montrés si peu hospitaliers sont pris par l’envie de coucher avec l’étranger :

Le vieillard dit : Que la paix soit avec toi! Je me charge de tous tes besoins, tu ne passeras pas la nuit sur la place.
Il les fit entrer dans sa maison, et il donna du fourrage aux ânes. Les voyageurs se lavèrent les pieds ; puis ils mangèrent et burent.
Pendant qu’ils étaient à se réjouir, voici, les hommes de la ville, gens pervers, entourèrent la maison, frappèrent à la porte, et dirent au vieillard, maître de la maison : Fais sortir l’homme qui est entré chez toi, pour que nous le connaissions2.

Le vieillard est révolté par ce projet, et propose une solution qui arrange (presque) tout le monde : au lieu de coucher avec son invité, ses voisins n’ont qu’à coucher avec sa fille à lui ainsi qu’et avec la concubine du Lévite. Il suffisait d’y penser. Les villageois ne sont pas convaincus, alors le Lévite prend la situation en mains et jette sa compagne dehors.

Le maître de la maison, se présentant à eux, leur dit : Non, mes frères, ne faites pas le mal, je vous prie ; puisque cet homme est entré dans ma maison, ne commettez pas cette infamie.
Voici, j’ai une fille vierge, et cet homme a une concubine ; je vous les amènerai dehors ; vous les déshonorerez, et vous leur ferez ce qu’il vous plaira. Mais ne commettez pas sur cet homme une action aussi infâme.
Ces gens ne voulurent point l’écouter. Alors l’homme prit sa concubine, et la leur amena dehors. Ils la connurent, et ils abusèrent d’elle toute la nuit jusqu’au matin ; puis ils la renvoyèrent au lever de l’aurore.
Vers le matin, cette femme alla tomber à l’entrée de la maison de l’homme chez qui était son mari, et elle resta là jusqu’au jour.

L’histoire ne dit pas si l’homme a dormi paisiblement pendant que sa compagne se faisait violer par toute la ville, mais le lendemain, il s’attendait à ce que cette dernière reprenne la route comme si de rien n’était :

Et le matin, son mari se leva, ouvrit la porte de la maison, et sortit pour continuer son chemin. Mais voici, la femme, sa concubine, était étendue à l’entrée de la maison, les mains sur le seuil. Il lui dit : Lève-toi, et allons-nous-en. Elle ne répondit pas. Alors le mari la mit sur un âne, et partit pour aller dans sa demeure.

La pauvre était raide morte. Une fois arrivé chez lui, le Lévite a découpé sa concubine en douze morceaux pour les envoyer aux quatre coins du territoire.

Arrivé chez lui, il prit un couteau, saisit sa concubine, et la coupa membre par membre en douze morceaux, qu’il envoya dans tout le territoire d’Israël. Tous ceux qui virent cela dirent : Jamais rien de pareil n’est arrivé et ne s’est vu depuis que les enfants d’Israël sont montés du pays d’Egypte jusqu’à ce jour ; prenez la chose à cœur, consultez-vous, et parlez !

Le message a fait son petit effet et des centaines d’hommes de toutes les tribus d’Israël (sauf les Benjamins) se sont rendus à Guibea pour y tuer les pervers criminels. Comme ceux-ci ont été défendus par tous les Benjamins, des dizaines de milliers de gens sont morts, ainsi que le raconte le chapitre 20 du livre des Juges, qui précise que toutes les villes des Benjamins furent brûlés et qu’on sacrifia jusqu’à leur bétail. Après quoi, les onze tribus assaillantes regrettèrent d’avoir failli faire disparaître la douzième tribu, ils décidèrent de tuer tous les habitants de Yabesh, en Galaad3, car ceux-ci n’avaient pas pris part au conflit et n’avaient pas prêté serment de ne pas marier leurs filles aux Benjamins. On épargna leurs femmes vierges, qui ont ainsi pu être mariées aux six cent Benjamins survivants. Tout était arrangé !

  1. Guibea/Gibeon et Rama/Ramah sont deux villes bibliques qui appartenaient à la tribu de Benjamin. Ces deux villes sont identifiées comme El-Jib et Er-Ram, à 8km au nord de Jérusalem, en territoire palestinien occupé. []
  2. Dans la Bible, « connaître quelqu’un » est un euphémisme pour « avoir des relations sexuelles avec quelqu’un ». []
  3. Le pays de Galaad se trouve en Jordanie. []

L’histoire du prophète Élisée

J’ai définitivement su que 2016 était l’année la plus horrible qui ait jamais été avant-hier lorsque ma fille cadette qui se trouvait debout à côté de moi, assis, m’a fait remarquer que les cheveux du dessus de ma tête s’éclaircissaient et qu’on percevait le rose de mon crâne.
Puisqu’il faut toujours échanger les tragédies contre de belles histoires, ça me donne l’occasion de raconter l’histoire du prophète Élisée.

Élisée (Elisha), disciple d’Élie, fut un prophète important, et près de trois mille ans après son temps, on continue de raconter ses miracles : il a ouvert le Jourdain en deux1 en se servant du manteau d’Élie2, a assaini une source polluée en y jetant du sel, a multiplié l’huile pour permettre à une femme de payer ses dettes, a ressuscité un enfant mort, a guéri un chef de guerre syrien de la lèpre (lèpre qu’Élysée a refilée à son serviteur, ce dernier ayant tenté d’extorquer de l’argent au syrien), prophétisé des victoires, des famines, des défaites, la fin de famines, des grossesses,… Il a accompli son ultime miracle un an après son décès, en ressuscitant un homme dont on avait placé le cadavre dans son tombeau3.

Élisée n’a pas fait que des miracles sympathiques, comme le raconte le second livre des rois (2:23-25) :

Il monta de là à Béthel ; et comme il cheminait à la montée, des petits garçons sortirent de la ville, et se moquèrent de lui. Ils lui disaient : Monte, chauve ! monte, chauve ! Il se retourna pour les regarder, et il les maudit au nom de l’Éternel.
Alors deux ours sortirent de la forêt, et déchirèrent quarante-deux de ces enfants.
De là il alla sur la montagne du Carmel, d’où il retourna à Samarie.

Vous avez bien lu : le prophète a demandé à Dieu d’envoyer des ours zigouiller quarante-deux mômes insolents. En ce temps-là, les châtiments corporels et les punitions collectives étaient tolérées.
Bref, Élisée était sympathique, serviable et talentueux, mais il était chatouilleux sur la question de la perte de cheveux.
À bon entendeur salut.

  1. Bien malin qui arrivera à raconter ce qu’ouvrir le Jourdain en deux signifie. []
  2. Élie avait fait le même tour lui-même quelques heures avant, puis avait été enlevé par un « char de feu », laissant Élisée seul avec son manteau. []
  3. On notera que Jésus s’est montré assez dédaigneux envers Élisée, dont il juge le rendement médiocre en termes de miracles : « Et il y avait plusieurs lépreux en Israël au temps d’Élisée le prophète ; et aucun d’eux ne fut rendu net, sinon Naaman, le Syrien. » (Luc 4:27). []

Charité bien ordonnée commence par ma gueule

En Hongrie aujourd’hui, on vote pour savoir si oui ou non le pays doit se conformer aux décisions européennes relatives à l’accueil des réfugiés. Comme 80% de ses compatriotes, une dame à qui on a tendu le micro votera « non ». Elle résume ça devant la caméra en disant : « Je prie pour que le NON passe ».

Je me demande si elle prie pour Belzébuth ou pour Satan, mais j’imagine mal qu’elle prie Jésus, car même si je suis le premier à taper sur la religion en général et les christianismes en particulier, mais je dois admettre une chose : s’il y a un point sur lequel les Évangiles sont à la fois modernes, universelles, belles et en aucun cas ambiguës, c’est bien sur l’accueil que l’on doit faire au pauvre et à l’étranger1.

"Je prie pour que le NON passe"
« Je prie pour que le NON passe » (une hongroise, sur BFM, le 02/10/2016)

C’est le genre de choses qui apporte de l’eau au moulin de ceux qui (et j’en fais partie) pensent que les gens brandissent les belles idées que contient leur religion le font souvent non pour s’en inspirer, mais pour se dispenser d’avoir à le faire2, et qui utilisent moins leur religiosité comme outil d’édification morale que comme un moyen de se bâtir une estime de soi : puisque je suis adepte de la religion de l’amour, de la charité ou de la paix, je suis dispensé d’aimer, d’être charitable ou pacifique. On trouve le même mécanisme dans d’autres engagements politiques et sociaux qu’en religion, bien sûr.

  1. Et d’ailleurs, la Torah aussi, sans être exempte de xénophobie, rappelle qu’on est toujours l’étranger d’un autre : Tu ne contristeras [ne feras de peine] point l’étranger ni ne le molesteras; car vous-mêmes avez été étrangers en Egypte. (Exode 22:20). []
  2. C’est ce que tend à démontrer une étude récente qui montrait que les enfants d’athées étaient plus altruistes que les enfants de croyants.  []

L’école du mercredi

Je remets la main sur mon cahier de catéchisme.
Car oui, j’ai fait mon catéchisme. J’ai même été enfant de chœur. Pourtant, pour autant que je m’en souvienne, je n’ai jamais été croyant, et j’ai fini par comprendre qu’à peu près toute ma famille était athée ou agnostique (tout en ayant une culture religieuse), mais des copains m’avaient vendu les soporifiques séances du mercredi comme une sorte d’école où on ne faisait que dessiner : comment résister ?
L’arnaque ! Des dames de catéchisme revêches qui nous envoyaient des regards de démentes de films d’horreur si on avait eu le malheur de rater une séance d’endoctrinement ou une messe; un curé gentil mais pas très fin ; des copains qui avaient une vision bien hypocrite de la religion à laquelle ils adhéraient pourtant…  Bref, j’aurais bien tort de me plaindre, j’ai énormément appris.

catechisme_1

Je me rappelle que j’avais été impressionné d’entendre mon père dire « mon père » au curé en venant m’inscrire — j’ignorais tout de ce code. Et je me souviens encore que ma mère — de culture protestante — avait été choquée que le prêtre, qui trouvait que j’étais trop vieux pour commencer en première année, me demande de mentir et de faire croire que j’avais déjà fait une année de catéchisme ailleurs. C’est dans ce genre d’occasion qu’on voit la différence entre les catholiques et les parpaillots, j’imagine : les premiers font du mal en étant hypocrites, les seconds se font du mal en ne l’étant pas.

catechisme_2

En tout cas, je remarque une chose : quand je faisais des dessins niais et sans texte, les dames de catéchisme écrivaient « B » ou « TB » sur mes dessins. Par contre, les dessins un peu comiques avec des phylactères n’ont pas eu droit à des « TB » ni à des « B ».
Si on avait voulu me forcer à choisir entre la foi et la bande dessinée, on ne s’y serait pas pris autrement. Devinez qui a gagné.

Retour au calme

Un geste à éviter sur les plages se sécher les cheveux peut être interprété comme une tentative de radicalisation.
Attention, se sécher les cheveux sur une plage peut être interprété comme un signe de radicalisation.

Afin d’apaiser les tensions qui agitent le monde depuis quelques milliers d’années déjà, je propose que l’on interdise toute religion dont les dévots n’auront pas été fichus de produire, sous quinzaine, une preuve tangible de l’existence de leur dieu, ou de leurs dieux.

Le décalogue

Nul n’est censé ignorer la loi, mais même lorsque le texte ne fait que dix lignes, la loi est souvent mal connue. À la décharge du public, il faut admettre que les lois sont souvent rédigées d’une manière que ne comprennent que ceux qui l’ont créée ou ceux ont pour profession de savoir l’exploiter à leur profit. Beaucoup de gens pensent que les dix commandements gravés sur de la pierre pour Moïse sur le Mont Sinaï1 sont une collection de conseils de bon sens élémentaires pour instituer un « vivre ensemble » acceptable y compris par les lecteurs de Valeurs actuelles, mais c’est plus compliqué que ça, voici le texte d’origine (Exode 20 2-17) dans la traduction de Louis Segond, qui fait autorité chez les protestants :

20.2 Je suis l’Éternel, ton Dieu, qui t’ai fait sortir du pays d’Égypte, de la maison de servitude.
20.3 Tu n’auras pas d’autres dieux face à moi.
20.4 Tu ne te feras point d’image taillée, ni de représentation quelconque des choses qui sont en haut dans les cieux, qui sont en bas sur la terre, et qui sont dans les eaux plus bas que la terre.
20.5 Tu ne te prosterneras pas devant d’autres dieux que moi, et tu ne les serviras point ; car moi, l’Éternel, ton Dieu, je suis un Dieu jaloux, qui punis l’iniquité des pères sur les enfants jusqu’à la troisième et la quatrième génération de ceux qui me haïssent
20.6 et qui fais miséricorde jusqu’en mille générations à ceux qui m’aiment et qui gardent mes commandements.
20.7 Tu n’invoqueras point le nom de l’Éternel, ton Dieu, en vain ; car l’Éternel ne laissera point impuni celui qui invoque son nom en vain.
20.8 Souviens-toi du jour du repos, pour le sanctifier.
20.9 Tu travailleras six jours, et tu feras tout ton ouvrage.
20.10 Mais le septième jour est le jour du repos de l’Éternel, ton Dieu : tu ne feras aucun ouvrage, ni toi, ni ton fils, ni ta fille, ni ton serviteur, ni ta servante, ni ton bétail, ni l’étranger qui est dans tes portes.
20.11 Car en six jours l’Éternel a fait les cieux, la terre et la mer, et tout ce qui y est contenu, et il s’est reposé le septième jour : C’est pourquoi l’Éternel a béni le jour du repos et l’a sanctifié.
20.12 Honore ton père et ta mère, afin que tes jours se prolongent dans le pays que l’Éternel, ton Dieu, te donne.
20.13 Tu ne tueras point.
20.14 Tu ne commettras point d’adultère.
20.15 Tu ne déroberas point.
20.16 Tu ne porteras point de faux témoignage contre ton prochain.
20.17 Tu ne convoiteras point la maison de ton prochain ; tu ne convoiteras point la femme de ton prochain, ni son serviteur, ni sa servante, ni son bœuf, ni son âne, ni aucune chose qui appartienne à ton prochain.

Je propose plus bas une interprétation un peu explicite du texte.

Prise_de_Jéricho
Les dix commandements ne servent pas qu’une loi, ils sont aussi une arme de guerre. En faisant tourner le coffre de bois qui les contient sept fois autour de Jéricho (Cisjordanie), Josué et ses amis trompettistes sont parvenus à faire tomber les murs de la ville fortifiée, afin de pouvoir ensuite la piller, n’épargnant que la maison de la prostituée Rahab qui avait caché des espions chez elle et baratiné que oui elle les avait bien vu mais qu’ils étaient repartis. Rahab est une ancêtre de David et donc, de Jésus Christ.

1. Je suis ton seul dieu, il t’est interdit de regarder ailleurs, les autres dieux ne doivent pas t’intéresser, moi seul dois compter à tes yeux.
2. Toute forme d’art figuratif est totalement interdite2.
1. (bis) Je te rappelle que tu n’as pas le droit de t’intéresser aux autres dieux, et que je suis un gros jaloux3.
3. Ne m’appelle pas à tout bout de champ car j’ai autre chose à faire.
4. Tu as droit à un jour de congé par semaine. Si tu es juif, c’est le samedi, si tu es chrétien, le dimanche, si tu es musulman, le vendredi.
5. Sois gentil avec tes parents4.
6. Ne tue pas (sauf exceptions énumérées dans les pages suivantes).
7. Ne couche qu’avec tes épouses et tes servantes à toi5.
8. Ne vole pas. C’est la propriété privée, c’est nouveau, tu vas t’habituer.
9. Ne baratine pas au sujet des autres.
10. Ne sois pas envieux de ton voisin car sa femme, sa servante, son âne sont sa propriété et pas la tienne. Tu as tes ânes, tes femmes, tes servantes, occupe t’en, chacun ses affaires6.

Si on fait tout ce qui est dit là, on aura un beau troupeau de chèvres et de brebis, une nombreuse descendance, des oliviers et des figuiers qui donnent bien et l’assurance de victoires militaires diverses pour mille générations.

  1. Le texte a été remis à Moïse sans témoins. L’édition originale de ce texte, actuellement en piteux état, serait conservée dans un coffre (« arche d’alliance ») lui-même rangé dans une caisse en bois située dans un entrepôt secret américain. Si on l’ouvre, on peut s’électrocuter, surtout si on est un nazi. Tout ça est expliqué dans un documentaire, Les Aventuriers de l’arche perdue. []
  2. Ce commandement relatif à la création artistique disparaît heureusement chez les catholiques qui n’ont pas grand chose à faire de Moïse, soyons honnêtes. []
  3. La jalousie est mentionnée plus loin dans le texte : « Tu ne te prosterneras point devant un autre dieu ; car l’Éternel porte le nom de jaloux, il est un Dieu jaloux ». On sent un dieu fragile, pas très sûr de lui-même et de ses qualités, qui, implicitement, admet qu’il n’est pas vraiment unique. []
  4. On note que la version actuellement retenue par le Vatican ne parle pas que des parents : « Tes père et mère honoreras, tes supérieurs pareillement ». []
  5. Ce qui est grave dans le péché d’adultère tel que l’entend l’éternel est sans doute moins de tromper son épouse que de coucher avec celle du voisin. []
  6. Dans la version du Vatican, ce dernier commandement devient deux commandements successifs : « En pensées, désirs veilleras à rester pur entièrement » et « Bien d’autrui ne convoiteras pour l’avoir malhonnêtement ». []

Pourquoi je ne comprendrai jamais la psychanalyse

(Pour un long trajet en train, vendredi dernier, j’ai acheté le Charlie Hebdo de la semaine. J’aime bien avoir un journal dans le train, même si je ne le lis en général pas très attentivement. Souvent, ce journal est Charlie Hebdo, que je n’ai pas d’états d’âme à abandonner sur place : si quelqu’un d’autre veut le lire, si quelqu’un veut vérifier que Charlie n’est pas exactement le brûlot raciste que disent certains, eh bien libre à cette personne de le faire. Tout ça pour dire que je n’ai plus le dernier Charlie Hebdo sous la main, et que je vais parler d’un article de mémoire)

L’article est celui d’un psychanalyste1, qui parle d’un client âgé de dix-sept ans qui a fait un séjour dans une institution psychiatrique après des crises d’angoisse et des bouffées délirantes. En enquêtant, le praticien découvre un élément majeur de l’affaire : le jeune homme était très engagé dans les luttes contre la loi Travail, a beaucoup manifesté, et ses crises d’angoisse sont directement consécutives à une forte exposition à des gaz lacrymogènes.
La suite est intéressante : pour moi qui ne réfléchit pas très loin, l’affaire est entendue : les gaz lacrymogènes sont de puissants neurotoxiques interdits en temps de guerre comme arme contre ses ennemis, mais étrangement autorisés en temps de paix comme moyen de calmer les citoyens qui ne se tiennent pas sages. Il existe plusieurs molécules différentes de gaz utilisés par les forces de l’ordre mais il semble que plusieurs d’entre celles qui sont employées sont connues pour provoquer, justement, de fortes crises d’angoisse chez ceux qui y ont été exposés — et pour causer des séquelles durables de l’appareil respiratoire, mais c’est une autre question, peut-être2.

Sylvain SZEWCZYK (CC BY 2.0)
Photographie de Sylvain Szewczyk (licence CC BY 2.0)

Si vous faites le même raisonnement que moi, peut-être aurez-vous du mal à comprendre les conclusions du psychanalyste auteur de l’article. Pour lui, l’important est invisible pour les yeux, et les yeux ne pleurent pas à cause du gaz ni à cause du tarif de la consultation, mais pour des raisons plus profondes et moins triviales : le jeune homme a dans sa famille quelqu’un qui n’est pas revenu des camps, et qui avait d’ailleurs son âge. Alors voir les fumées policières et lire des slogans tels que « CRS=SS » ou « Bernard Gazeneuve » lui a fait remonter les heures les plus sombres de l’histoire de sa famille, qu’il tentait jusqu’ici de refouler avec énergie. Le gaz ne lui a pas fait du mal, il lui a rappelé le gaz des camps d’extermination. Par association d’idées.

Voilà exactement ce qui me gène profondément avec la psychanalyse : elle écarte ce qui est évident, au profit d’une improbable construction intellectuelle qui relève du se non è vero è bene trovato : si ce n’est pas vrai, c’est bien trouvé.
Ce qui impressionne souvent, avec la psychanalyse, c’est que c’est une marotte de gens intelligents, et l’intelligence force le respect. C’est un peu comme le complotisme. Il s’agit d’ailleurs peut-être de deux réponses semblables (l’une appliquée à la psychologie, l’autre à l’actualité) à un même sain besoin de regarder au delà des apparences. Mais l’une et l’autre souffrent d’un même caractère systématique : ce qu’on voit est faux, ce qu’on ne voit pas est vrai, ce qui semble simple doit être complexifié jusqu’à perdre tout lien avec une quelconque réalité, et ce qui ne relève pas du jeu intellectuel sophistiqué est décidément trop trivial pour mériter d’être considéré.
Je sais ce qu’on va me dire : je prends un exemple extrême, pas forcément représentatif de toute la profession, etc. Mouais.

  1. Le goût béat pour la psychanalyse est pour moi la plus horripilante scorie du passage du sinistre Philippe Val à la tête de l’hebdomadaire bête-et-méchant. []
  2. Peut-être, mais peut-être pas, car rien n’est plus angoissant que d’avoir des problèmes pour respirer, surtout en en ignorant les raisons. []

Le Dieu miséricordieux

Les malheureux Charb, Tignous et Cabu se sont fait imposer cette semaine une légion d’honneur dont beaucoup pensent qu’ils l’auraient refusée de leur vivant. Ce geste autoritaire de la part de l’État est assez banal : d’innombrables gens morts dans les tranchées où on les avait envoyés contre leur gré, souvent contre leurs convictions personnelles, en sont revenus  médaillés. Il n’en reste pas moins un peu malhonnête de laisser entendre que les journalistes de Charlie Hebdo sont « morts pour la France », comme il est malhonnête, du reste, de décider qu’un français terroriste n’est plus français. Je crois que, parmi les survivants — c’est à dire ceux qui pouvaient refuser ou accepter leur médaille —, seul l’urgentiste Patrick Pelloux (et je n’ai rien à y redire, ce n’est pas une critique) a reçu la décoration qui fait de lui, je le cite, «chevalier de la légion du bonheur d’être en France».

Pour la couverture du numéro anniversaire, Riss, qui, rappelons-le, a pris une balle dans l’épaule le 7 janvier, désigne le dieu monothéiste comme coupable :

assassin_court_toujours

J’apprends que cette image chagrine le président du Conseil français du culte musulman, Anouar Kbibech, qui dit dans Le Parisien :

«Globalement, nous avons besoin de signes d’apaisement, de concorde. Manifestement, cette caricature n’y contribue pas au moment où l’on a besoin de se retrouver côte à côte. Elle vise l’ensemble des croyants des différentes religions. Il faut respecter la liberté d’expression pour les journalistes mais aussi la liberté d’expression des croyants»

J’essaie de comprendre le message de manière un tant soit peu positive, mais ce que je lis en fait, c’est une mise en balance étrange : la liberté d’expression pour les journalistes, d’une part, et la liberté d’expression des croyants d’autre part, comme si ces deux libertés s’excluaient mutuellement. À moins de considérer le meurtre de journalistes comme une liberté d’expression des croyants, il n’y a pas de raisons que ces deux libertés soient incompatibles. Aucun journaliste de Charlie Hebdo n’a jamais réclamé la censure d’un curé ou d’un imam, critiquer les religions ne revient pas à leur interdire de s’exprimer, et la liberté des religions ne dont pas consister à nier la liberté des athées.
Enfin, ne devrait pas, puisque nous savons que dans bien des lieux et des époques il en va autrement. J’espère que le président français du Culte musulman proteste (au moins de manière intérieure — car après tout ce n’est pas spécialement son rôle) lorsque l’Arabie saoudite décapite des gens qui ont renoncé à leur religion.
Soyons honnête, une fugace bouffée de haine m’a envahi lorsque j’ai lu ces mots. Mais c’est vite passé, je me doute que cette personne ne comprend pas à quel point il est inacceptable pour ceux qui aiment la liberté d’imaginer que la paix se fasse au prix de l’interdiction de parler. Et puis je sais aussi que lors d’une interview, on peut être maladroit et mal inspiré, formuler son propos de manière à dire autre chose que ce qu’on voudrait si on avait eu un peu plus de temps pour le faire.
Le monsieur m’a finalement amusé :

«Je ne me reconnais pas dans cette image de Dieu contraire aux valeurs véhiculées par les religions monothéistes. Dieu est pour moi symbole de miséricorde. Un Dieu miséricordieux, c’est un Dieu qui incarne des valeurs de paix, de fraternité»

Bien sûr, le body-count de quelques millénaires d’existence du Dieu miséricordieux contredit un peu son penchant pour la paix et la fraternité, mais ce qui m’amuse le plus dans cette citation, c’est le début de la première phrase : se reconnaître dans une image de Dieu, voilà qui semble assez présomptueux, mais que j’interprète comme l’aveu implicite de ce que ne sont pas les Dieux qui font les hommes, mais les hommes qui font les Dieux. N’est-il pas étrange, au fait, de se demander si un croyant doit souscrire à la vision qu’un athée donne de Dieu ? Il est évident que ce n’est pas de Dieu lui-même que veut parler Riss, mais bien de ceux qui prétendent être son bras armé.
Enfin, espérant peut-être donner le coup de grâce, l’interviewé termine en jugeant le dessin de Riss «médiocre sur le plan artistique». Eh bien voilà, on y arrive : ça c’est de la liberté d’expression ! La liberté d’expression des uns ne consiste pas à obliger les autres à se taire, ce n’est pas d’interdire un dessin, c’est le droit de donner son avis, y compris lorsqu’il porte sur un sujet aussi subjectif que l’appréciation d’un dessin.

Liberté de conscience, mais nuancier imposé

Pour la banque d’images Shutterstock, on a le droit de choisir en quoi on croit : on peut être athée ou normal. Par contre on ne choisit pas son nuancier, les athées n’ont droit qu’à des couleurs toutes tristes :

atheist_vs_christian

On remarque que le mot-clé « Christian » amène souvent des images de groupes, tandis que les athées n’ont pas l’air sociables, ils sont généralement tout seuls.

Le doute religieux n’a pas l’air d’être une expérience très gaie non plus, comme on le voit avec l’image suivante qui montre un « jeune homme caucasien interpellant dieu pour lui demander pourquoi il permet tant de souffrance en ce monde ».

whygodwhy