Viens bébé, viens !

Le chat qui miaulait sous une voiture depuis ce matin, que tout le monde entendait mais que personne ne voyait se trouvait en fait sous le capot de la voiture, posté sur la batterie, seul, incapable de sortir, au chaud et sans rien à boire ou à manger. Une voisine est sortie, son compagnon, une autre voisine, des gamins qui passaient, tout le monde s’est retrouvé à tourner autour du véhicule en tentant d’y voir mieux (« il est gris, il a les yeux bleus » — « ouf ! Ça veut dire que c’est pas Macha » — « elle est comment ? » — « ben elle a des taches blanches, noires et orange » — « ah ben c’est pas elles alors »), chacun tentant de proposer une solution. On a glissé sous le pare-brise un mot disant : « Attention, il y a un chaton sous le capot de votre voiture ! ». Mais tout de même : et si la personne ne voyait pas le mot ?

(photo Nathalie Mislov)

On a appelé les pompiers qui nous ont demandé d’appeler la police qui nous a demandé d’appeler la police municipale qui est venue immédiatement mais en maugréant : « ils vous ont dit de nous appeler ? Mais là on va être obligés de les appeler… Rhah, faut pas qu’j’y pense, ça va m’énerver ! ». Une bonne occasion de montrer à ces policiers que dans notre rue, les gens accélèrent alors qu’il ne faut pas et que c’est même dangereux : « et là encore c’est rien, ils ralentissent parce qu’ils vous voient. Ah si vous étiez là tout le temps… Enfin vous pouvez pas être partout, hein » — « ben non » — « ben non. ».
Le chef m’a trouvé l’air sérieux et m’a confié sa veste tactique, pleine de talkie-walkies, pour pouvoir s’allonger au sol et passer la tête sous l’essieu en disant d’une voix subitement devenue aiguë les paroles d’un R’n’B improvisé : « Bébé ! Minou minou minou, viens bébé ! Viens me voir ! Viens bébé ! ». Un cintre de pressing a été endommagé pendant l’opération, sans permettre d’extraire l’animal en péril.
La propriétaire du véhicule a fini par être jointe et le chat, par être libéré. On a félicité les agents : « Vous avez fait votre B.A. de la journée ! ». Grimace. « Euh, parmi plein d’autres, sûrement ». Mine sombre : « Ouais. ».
Un jeune homme qui faisait partie des badauds et qui portait un tee-shirt auto-accusateur (« je suis foncedé ») a décidé d’emmener l’animal, après que tout le quartier lui ait donné des conseils sur l’alimentation et les problèmes de miction des tout petits chats.

Il fallait absolument que je raconte ça à quelqu’un

Je suis le dernier de la maison à se coucher, et elle doit sortir passer la nuit dans le jardin. On a un rituel, tous les deux. Vers une ou deux heures du matin, elle me voit arriver, elle sait que l’heure est venue. Elle se met alors sur le dos, et émet des petit « rrrr » en attendant que je lui caresse le ventre, et sous le maxillaire. Je n’ai jamais eu aucun chat qui se mette si facilement et si spontanément sur le dos.

barbouille

Après une demie-minute de ce traitement, je la prends dans mes bras. Je descends l’escalier avec elle. Une fois arrivés en bas, elle se débat pour que je la pose sur le sol. J’ouvre la porte et elle sort, qu’il fasse chaud, froid, qu’il pleuve, qu’il vente ou qu’il neige.
C’EST INTÉRESSANT, HEIN !

L’appétit des chats

Alors le roi des chats s’adressa à ses sujets en ces termes :

« Allez de par le monde, côtoyez l’humain, et que chacun d’entre vous goûte et aime un aliment des hommes, afin que nous les connaissions tous. Et si on ne vous offre pas spontanément ces nourritures, chapardez sans honte. »

Et c’est ainsi que j’ai eu : le chat qui aime la salade assaisonnée ; le chat qui mange les olives ; la chatte que les petits beurres rend dingue.