Une addition salée

On s’arrête en famille dans un village. Beau soleil. Au centre de la grand’place, on prend un délicieux repas sur l’unique table d’un restaurant. Je paie l’addition, puis arrivent deux gendarmes, un homme et une femme, qui viennent me réclamer 135 euros par personne. On les avait vus, leur gendarmerie est aussi sur la place et ils nous avaient patiemment regardé manger. On n’avait rien voulu faire de mal, on avait juste complètement oublié le confinement. Bien sûr, tout le village était de mèche, c’était un traquenard.
Je paie. Je ne moufte pas. J’essaie même un sourire beau joueur, pour couvrir mes mâchoires crispées.
Au fond de mon cœur, je me promets, je me jure, qu’un jour je reviendrai tout brûler, Et je prends d’avance plaisir en entendant ces villageois hurler de douleur face à la désolation que j’aurai laissé derrière moi.
Cette fois mon sourire devient sincère.

(premier rêve de quarantaine)

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