Sans cérémonie

Pour une fois, c’est le maire de la ville en personne et non un adjoint qui célébrait le mariage: si mon père avait toujours été son adversaire politique, je pense que le premier magistrat de la ville lui portait une certaine estime, et il avait donc fait des efforts : la salle d’honneur était ornée d’immenses et sans doute très coûteuses gerbes, et sur le parking, un agent municipal faisait office de placier.
Nous sommes arrivés à la mairie à cinq : Nathalie, moi, notre fille Hannah et nos témoins Myriam et Georges. Le maire a vite compris qu’il s’agissait d’un tout petit mariage. Passé sa stupeur, il a expédié la cérémonie en quelques minutes, semblant plutôt amusé par la situation.

Quand on est sortis, l’agent municipal qui s’occupait du parking nous a regardé avec un air rigolard : « ben alors, ils sont pas venus, les mariés ? ». Nous lui avons dit que c’était nous, les mariés. Aucun détail vestimentaire ne permettait de s’en douter, il faut dire, nous nous étions présentés devant le maire habillés comme tous les jours. Le soir, nous avons fait la fête avec des amis, mais le vrai grand mariage, avec costumes, familles et prêtre1 n’a eu lieu que deux semaines plus tard, le deux avril mille neuf cent quatre-vingt douze.
Reste que pour la loi, cela fait aujourd’hui un quart de siècle que nous sommes mariés !

  1. Eh oui, Nathalie et moi étions aussi mécréants qu’aujourd’hui mais nous nous sommes pourtant mariés à l’église, ce qui nous a permis des discussions amusantes avec le prêtre, qui n’ignorait pas que nous étions athées.  []

4 réflexions au sujet de « Sans cérémonie »

  1. Félicitations, c’est de rigueur. Je lis tes blogs de loin en loin, je te suis sur Twitter et j’ai envie de t’écrire depuis longtemps. Et puis, je renonce que dire ? Là, c’est une belle occasion, célébrer le temps qui pase et pour ta famille qui a l’air de bien passer. De plus mon nom ne va rien te dire, j’ai divorcé et c’est Stéphane qui était ton ami.. Il aurait eu 50 ans dimanche prochain. Je vous souhaite plein de belles années ensemble et garde ton bel esprit critique.

    1. @Cosson Rose ça ne e dit rien, mais Rose Simonet, quand même ! C’est vous ? J’ai voulu vous écrire ou vous appeler quand j’ai appris pour Stéphane, et puis je ne savais pas quoi dire.

      1. C’est bien moi, merci de m’avoir répondu. j’ai maintenant une impression de réalité. Comme tu l’écris si bien que dire dans des moments pareils ? Voilà, maintenant que le contact est établi, j’oserais peut être poster des commentaires.
        Je suis en retraite, je vis à Paris, et 10 ans après bien que différent, le chagrin est toujours là, les gens qui disent que le temps efface tout sont des gugusses. Mais, je suis vivante, je fais plein de trucs, ça va. Je trouve ce que je connais de ton parcours assez extraordinaire, belle vie à toi et aux tiens. Peut-être nous croiserons nous un jour ?

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