Le débat qui ne voulait pas de moi ce soir là

Une fois de plus, c’est en traînant sur Twitter et en lisant des phrases telles que « Valls est quand même meilleur orateur » ou « Hamon n’a pas tort sur la nature de la loi de 1905 #PrimaireLeDébat » que j’ai réalisé qu’un débat de la primaire du Parti Socialiste (et satellites) était en cours et que j’en avais raté plus d’une heure.
Je cours donc devant mon téléviseur.
Benoît Hamon (mon choix de dimanche dernier et prochain) et Manuel Valls débattent dans un esprit relativement civilisé, ils ne sont pas d’accord mais ils discutent, et malgré des approches difficilement conciliables on a l’impression qu’ils s’entendent sur le but à atteindre. En revanche, David Pujadas est insoutenable, il coupe constamment l’un ou l’autre des débatteurs (et plus souvent Hamon que Valls) pour « revenir à la question », ce qui dans son esprit revient purement et simplement à exiger des réponses absurdes à des questions mal posées. Il ne veut pas comprendre, il cherche à établir des oppositions idéologiques par des réponses sommaires à des questions difficiles.
Je ne sais pas si David Pujadas est bête, mais il connaît parfaitement son rôle d’animateur, qui est de poser des questions bêtes, de ne jamais prendre de hauteur, car il ne faudrait pas humilier le spectateur en se montrant subtil que lui ou en ayant un vocabulaire complexe. Mais parfois il fait trop de zèle. S’il est intelligent, alors il sous-estime gravement son public. S’il ne l’est pas, il faudrait lui trouver des émissions un peu moins importantes à animer.

Assez vite, j’ai envie d’intervenir : je veux tweeter pour me moquer de Pujadas, pour m’indigner au sujet de Pujadas, pour expliquer la faille logique de la position fourestobadinterrienne qu’a Manuel Valls à propos du voile, etc.
Mais voilà, je dois choisir : mon téléviseur se trouve dans une pièce de la maison, et l’ordinateur (d’où je tweete) dans une autre. J’ai bien tenté de faire tourner le direct de France 2 sur mon ordinateur, mais voilà, ma connexion, ou le site, ou les deux, n’ont pas le débit suffisant, et le débat est haché, laggue, s’interrompt.
Après une tentative malheureuse de quelques minutes, je déclare forfait : je ne pourrai pas écouter et tweeter. Je finis par choisir de ne plus regarder le débat : si je ne peux pas agir, participer au débat à ma manière (ou en tout cas m’exprimer, voire simplement me défouler et plaisanter), ça ne m’intéresse pas. Je n’ai plus vraiment la patience suffisante pour subir passivement des discours auxquels j’ai envie et besoin de réagir — fut-ce d’une manière aussi inoffensive qu’en donnant mon avis sans intérêt particulier aux gens qui me suivent sur Twitter.

Une réflexion sur « Le débat qui ne voulait pas de moi ce soir là »

  1. J’ai vu 10 minutes du débat. Je regarde pas souvent la télé et ce soir, tiens pourquoi pas? Après un détour par top chef qui me gave au bout de 8 minutes, une histoire d’oeuf mollet, qu’est-ce qu’il y aurait ailleurs.. Ah bah merde, le débat. Et en même temps… Les programmes, il suffit de les lire à la rigueur, mais voir les candidats dans l’action j’avoue c’est intéressant. Les 10 dernières minutes , assez pour voir un  » manuel  » essoufflé. C’est ce qui m’a le plus choqué je crois. Voir quelqu’un parler sans respirer. J’ai presque envie de lui dire, hé ! Respire. À côté un homme qui nous montre qu’il sait de quoi il parle sans avoir à nous le dire. Un candidat qui ne se challenge pas, qui veut que je réfléchisse. Je trouve ça bien. Je comprend son programme, j’ai des divergences d’avis et j’ai l’impression que c’est un gouvernement à l’écoute qu’il veut amener au pays, qui se demande comment on va.. Valls, il est rouge, comme au bord de l’explosion, plus calme que dans mon souvenir. On dirait qu’il commence à comprendre les incohérences de ce qu’il veut faire et ce qu’il propose. Il sera peut-être prêt pour l’élection de 2022, qui sait. Mais je ne veux pas d’un dirigeant qui se projète. Je veux un président qui observe avant toute chose, pour un dessin d’ensemble. Débat entre journalistes intéressant, interventions d’un homme corpulent qui m’interpelle. Merci pour le post et le bout de débat en plus. À dimanche

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