L’école du mercredi

Je remets la main sur mon cahier de catéchisme.
Car oui, j’ai fait mon catéchisme. J’ai même été enfant de chœur. Pourtant, pour autant que je m’en souvienne, je n’ai jamais été croyant, et j’ai fini par comprendre qu’à peu près toute ma famille était athée ou agnostique (tout en ayant une culture religieuse), mais des copains m’avaient vendu les soporifiques séances du mercredi comme une sorte d’école où on ne faisait que dessiner : comment résister ?
L’arnaque ! Des dames de catéchisme revêches qui nous envoyaient des regards de démentes de films d’horreur si on avait eu le malheur de rater une séance d’endoctrinement ou une messe; un curé gentil mais pas très fin ; des copains qui avaient une vision bien hypocrite de la religion à laquelle ils adhéraient pourtant…  Bref, j’aurais bien tort de me plaindre, j’ai énormément appris.

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Je me rappelle que j’avais été impressionné d’entendre mon père dire « mon père » au curé en venant m’inscrire — j’ignorais tout de ce code. Et je me souviens encore que ma mère — de culture protestante — avait été choquée que le prêtre, qui trouvait que j’étais trop vieux pour commencer en première année, me demande de mentir et de faire croire que j’avais déjà fait une année de catéchisme ailleurs. C’est dans ce genre d’occasion qu’on voit la différence entre les catholiques et les parpaillots, j’imagine : les premiers font du mal en étant hypocrites, les seconds se font du mal en ne l’étant pas.

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En tout cas, je remarque une chose : quand je faisais des dessins niais et sans texte, les dames de catéchisme écrivaient « B » ou « TB » sur mes dessins. Par contre, les dessins un peu comiques avec des phylactères n’ont pas eu droit à des « TB » ni à des « B ».
Si on avait voulu me forcer à choisir entre la foi et la bande dessinée, on ne s’y serait pas pris autrement. Devinez qui a gagné.

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