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Paris-Le Havre. Une femme trentenaire assez potelée, cheveux noirs formant une crête tenue par des pinces dont je ne comprends pas si elles sont censées faire partie de la coiffure de manière permanente ou non. Elle a un pantalon de cuir noir. Elle est entrée en même temps que moi dans le train et s’est installée plus loin. Elle parle très fort au téléphone, avec plusieurs personnes différentes, se plaignant d’une femme qui « veut foutre la merde ». Ses boucles d’oreilles font du bruit chaque fois qu’elle secoue la tête, et elle la tourne beaucoup.

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La dernière conversation se tient vraisemblablement avec un homme, qu’elle appelle d’abord « bébé » avant de se fâcher subitement : « toi, t’as appelé le père de mes enfants ? Toi t’as fait ça ? Mais pourquoi t’as fait ça ? Me mens pas. Tu m’écoutes jamais ! Attends, là je suis dans le train, j’arrive à Saint Lazare, c’est pour toi que je suis venue, mais walla, sur Allah, ce soir, j’dors pas avec toi. Sur Allah ! ».
Après quoi elle raccroche, se crème avec des gestes amples et énergiques, se maquille avec un assez grand miroir rectangulaire, se parfume fort et chante du R’n’B en français, une histoire de mère célibataire qui essaye de convaincre un homme qu’il est le père de l’enfant qu’elle va avoir. Elle a une voix assez puissante et chante juste, je suppose qu’elle est la star du R’n’B de son quartier, mais je ne l’imagine pas faire carrière au delà.

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Son parfum – agréable mais vraiment trop fort – m’agresse à huit rangées de sièges de distance. À mon avis, malgré son serment, ce soir, elle dort avec lui.

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