Le nœud du problème

Éric Zemmour n’a pas la virilité exacerbée d’un Jason Statham, d’un Bruce Willis, d’un Hugh Jackman, d’un Idris Elba, d’un Sean Connery, d’un Samuel L. Jackson. Je ne me moque pas, hein : la plupart des hommes qui sont en train de lire ces lignes, et en tout cas celui qui les écrit, sont dans le même cas, et ne passeraient pas très bien sur l’affiche d’un film de la série Expendables.
Mais bon, Zemmour, ça le travaille visiblement plus que d’autres, ces questions de virilité, puisqu’une de ses obsessions est la manière dont les femmes, à l’en croire, ont pris le pouvoir dans la société française.
Il semble toujours à deux doigts de se lancer dans un monologue comparable à celui du général de brigade Jack D. Ripper dans Dr. Strangelove, qui provoque la troisième guerre mondiale parce que les communistes et les femmes altèrent la pureté de ses « precious bodily fluids ». Il y a une certaine folie dans les obsessions de Zemmour.

Au cours d’une émission télévisée, Sophia Aram, qui cite des passages du livre de Zemmour au cours de son dernier spectacle, a résumé la question sans ambiguïté1 :

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Sur Twitter, les réactions venues de gens visiblement obsédés par l’identité nationale, dont j’ai collecté un petit extrait (ci-dessus) sont d’une violence pénible à encaisser, mais n’en donnent pas moins raison à la cible de leurs attaques. Ils font à leur insu l’aveu implicite que toutes leurs obsessions de fierté nationaliste et leur panique xénophobe peuvent sans doute être réduites à un problème de manque d’assurance virile, et le fait de le dire — surtout si c’est une femme qui s’en charge — les fait sortir de leurs gonds.
Ce qui était attendrissant et rigolo avec un lutin2 médiatique névrosé devient un peu angoissant venant de dizaines de ses supporters. Dites-donc, les gars, vos mamans savent que vous êtes aussi perturbés ?

  1. Le titre de l’article du Figaro est un extrait des propos de Sophia Aram lors d’une discussion. Elle se moquait notamment du fait qu’Éric Zemmour reprenne comme une vérité la phrase d’un académicien oublié du siècle précédent qui affirmait que « Les femmes préfèrent les hommes qui les prennent sans les comprendre, aux hommes qui les comprennent sans les prendre ». []
  2. Avec son rire de lutin, son nez pointu, sa physionomie maigrichonne, Éric Zemmour m’a toujours rappelé le goblin Finaud (Gobbo), dans les aventures de Oui-Oui (Noddy), par Enid Blyton. []

2 réflexions au sujet de « Le nœud du problème »

  1. La citation de Sophia Aram est FAUSSE. Eric Zemmour ne dit nulle part dans son livre que les femmes préféreraient être prises plutôt que comprises. Il semble qu’Aram reprenne Zemmour lorsqu’il parle du film de Claude Sautet « Vincent, François, Paul et les autres » où il décrit l’attitude de ses personnages qui appartiendraient à une autre époque.

    Extrait du Suicide français (chapitre : « 1974″) :

    « Vincent, François, Paul et les autres sort sur les écrans en 1974. Même s’il continuera de tourner après, Claude Sautet reste le témoin incomparable de la France des années Pompidou. Ses héros ont une fière allure virile, de ceux qui préfèrent prendre les femmes sans les comprendre plutôt que de les comprendre sans les prendre. Ils incarnent cette nouvelle bourgeoisie qui a découvert sur le tard la puissance de l’industrialisation et de la croissance ; ils sont petits et grands patrons, médecins, ingénieurs, journalistes, dessinateurs ou écrivains. Ils roulent en DS. Mais l’illusion de l’éternelle croissance s’est dissipée depuis la crise du pétrole. (…) »

    La préférence n’est donc nullement celle des femmes tel que l’aurait asséné Eric Zemmour dans son livre mais celle des personnages de Claude Sautet ! C’est plutôt un bon mot comme on dit pour résumer rapidement une idée.

    De plus : il apparaît que ce jeu de mots « prises / comprises » n’est absolument pas une invention de Zemmour mais une référence à une expression bien connue que l’on peut retrouver dans la bouche de… Coluche :

    « Les femmes préfèrent les hommes qui les prennent sans les comprendre, aux hommes qui les comprennent sans les prendre. »

    Le mensonge chez les Aram c’est de famille :
    Sophia Aram : la mère de l’humoriste condamnée à deux ans de prison.

    1. @Destin : mon article n’est pas très long, vous auriez pu le lire, quand même ! En note je rappelle que la phrase n’est pas de Zemmour. Cependant, vous esquivez la question : Zemmour est-il obsédé par la virilité ? Citation ou pas (je n’ai pas lu le livre), ça me semble être son moteur. Et le moteur de ceux qui s’acharnent sur Sophia Aram à la suite du tweet du Figaro – c’est plus de vous (ceux que l’existence de Sophia Aram rend dingues) que de Zemmour ou Aram que je veux parler, en fait.
      Sur l’histoire de sa mère : elle appartient à sa mère, non ? Notoirement, ça fait des années (et bien avant cette affaire) qu’elles ne sont plus vraiment en contact. À moins que vous n’ayez de solides éléments à apporter, il semble que Sophia Aram elle-même n’ait rien à se reprocher dans cette affaire.

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