Sans pitié

Jeu de regards à la boulangerie le dimanche matin : une femme me mime l’exténuement que lui font subir ses enfants turbulents pour que je lui cède ma place dans la file. « Je n’ai que deux bras, et ils sont trois », disent ses yeux. « Plus vite je serai passée et plus vite on sera sortis », ajoute-t-elle avec une grimace d’espoir franchement impudique et, peut-être, légèrement menaçante. Seulement je vois qu’il y a encore trois personnes devant moi et que le stock de baguettes « tradition » s’épuise dangereusement. Je décide d’être impitoyable et lui renvoie un sourire semi-compatissant qui dit clairement que les préservatifs et la pilule sont en vente libre dans ce pays, et que je ne suis aucunement responsable si elle n’a pas voulu en profiter ou si elle les a mal utilisés.
Elle baisse les yeux, résignée.
Non mais ho.

Une réflexion sur « Sans pitié »

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