Profitez-en, après celui là c'est fini

Bientôt, la reconnaissance biométrique dans le métro ?

mai 22nd, 2013 Posted in Filmer autrement, Parano, stationspotting | 9 Comments »

(L’information est caduque, puisque le projet a été abandonné presque sitôt découvert, mais il me semble important de ne pas l’oublier)

L’image ci-dessous est extraite d’un « cahier de spécifications fonctionnelles et techniques » qui émane de la RATP et dont l’existence a été révélée par le blog Sete’Ici, puis relayé par Numérama et PC Inpact, notamment.
Il s’intitule « Fourniture d’un système de biométrie faciale ».
Les auteurs du document sont à la recherche d’entreprises compétentes pour les aider à étudier la mise au point du prototype d’un nouveau genre de péage de transport public, sans portillons, qui reconnaît automatiquement l’usager à son visage.

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Puisqu’il n’y a plus de portillons, les usagers peuvent se sentir incités à frauder. Ceux qui n’auront pas un abonnement en cours de validité paieront tout de même : le programme comparera leur visage à ceux de sa base de données (de clients, mais aussi, j’imagine, de fraudeurs interpellés ?), et calculera automatiquement le tarif de régularisation. Les visages des fraudeurs non-identifiés seront conservés eux aussi dans la base de données.

S’agit-il d’un projet de projet, de l’initiative de quelques ingénieurs, non validée par la RATP1, comme le dit ce tweet de Pierre Serne, militant Europe écologie et administrateur du Syndicat des transports d’Île-de France ?

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La seule chose certaine est qu’un « appel à compétences » assez précis (il spécifie même les langages informatiques à employer) a bien été lancé sur le site PactePME, avec le concours du pôle de compétitivité Systematic, et a reçu la réponse positive d’au moins une société, si l’on se fie à cette page conservée par le cache de Google.

La page qui présente le proje, ainsi que le document pdf qui le détaille, ont été supprimés du site PactePME2, et c’est peut-être ce qu’il y a de plus intéressant dans l’affaire : l’idée d’un métro façon Minority Report existe en germe, mais les décideurs ne pensent pas que le public soit, à ce jour, prêt à l’accepter.

...

Je me suis toujours demandé si la loi dite « anti burqa » n’avait pas été motivée par le problème que représente le fait de cacher son visage dans le cadre d’une utilisation extensive de la reconnaissance biométrique. Les fraudeurs pourront toujours se cacher sous le masque de Guy Fawkes, utiliser le bonnet à infra-rouges de Geoffrey Dorne3, qui aveugle les caméras, ou encore, pencher la tête — les logiciels de reconnaissance du visage que j’ai expérimenté moi-même (qui ne sont sûrement pas les plus performants) étaient en effet très troublés dès que le visage de la personne à reconnaître n’était pas droit.

Simple question de temps, à mon avis : la promesse d’un système plus fluide, moins contraignant  pour l’usager (plus besoin d’avoir une carte sur soi, il suffit de porter sa tête sur les épaules) et les inévitables affaires de terrorisme ou de criminalité dont on dira qu’elles eussent pu être empêchées si le système avait été déployé, se chargeront de façonner l’assentiment du public. La technologie, quand à elle, est disponible et de plus en plus performante.
Il ne reste qu’à parier sur la date.

Quelques vieux articles qui ne sont pas sans rapport : Ordinateur raciste ; On ne sourit plus, le petit oiseau électrique va sortir ; Clic Invisible ; Prison automateTerminaux portables ; Vingt ans de contrôle.

  1. Complément après publication : Numérama a publié cet après-midi un article qui donne la parole aux instances dirigeantes de la RATP, qui confirme qu’une unité de la RATP « a effectivement lancé cet appel à compétences pour un projet d’étude d’un nouveau concept de péage de transport public » mais précise qu’il « s’agit d’une initiative non validée par la hiérarchie et qui ne correspond pas à la déontologie de l’entreprise ». Bonne blague, à mon avis : c’est lorsqu’il a été publiquement révélé que le projet a disparu du site PactePME, pas avant. À l’évidence, ce n’est pas la déontologie qui pose problème à la RATP, mais juste la peur d’une réaction négative de la part du public. []
  2. Le document pdf a été conservé par PixelLibre. []
  3. Voir le projet Hacking citoyen, avec lequel Geoffrey a passé son diplôme des Arts-décoratifs. []

L’autre monde

mai 19th, 2013 Posted in Interactivité au cinéma | No Comments »

autre_monde_dvdL’autre monde est un film de Gilles Marchand, dont c’est la seconde réalisation, après Qui a tué Bambi ?
Au début du film, Marion (Pauline Étienne) et Gaspard (Grégoire Leprince-Ringuet), deux jeunes adultes qui s’aiment dans le Sud de la France, découvrent un téléphone mobile oublié dans une cabine de plage et enquêtent sur sa propriétaire, Audrey (Louise Bourgoin), une femme mystérieuse aux penchants auto-destructeurs qu’ils espionnent puis parviennent à empêcher le suicide. En tentant de se donner la mort avec un inconnu, Audrey avait laissé tourner une caméra, que Gaspard a récupéré et dont les images le hantent. Par hasard, en accompagnant un ami chez des dealers, il revoit Audrey, qui le fascine et qu’il essaie de contacter sur Black Hole, un monde virtuel du genre de Second Life. Délaissant sa bande d’amis, et blessant les sentiments de Marion, Gaspard s’enfonce dans une spirale morbide à la poursuite d’Audrey qui ne veut qu’une chose : rester pour toujours sur la plage noire, le lieu où se retrouvent les participants à Black Hole lorsqu’ils meurent. C’est du moins ce qu’elle dit. Avec la complicité ou sous le contrôle de son frère Vincent (Melvil Poupaud), elle semble prendre un plaisir malsain à contrôler les vies des gens que qu’elle rencontre sur le réseau (ou que son frère rencontre en se faisant passer pour elle) et peut-être même à les pousser au suicide.

Ce film m’en a rappelé deux autres. Tout d’abord, le Blue Velvet de David Lynch, sorti en 1986, dont le héros Jeffrey était tiraillé entre son amour pur et simple pour la jolie Sandy, et la fascination qu’exerce sur lui Dorothy Vallens, une chanteuse qui se trouve elle-même sous la coupe d’un psychopathe, Frank Booth. Ensuite, j’ai pensé à The Cat, the Reverend and the Slave, d’Alain della Negra et de Kaori Kinoshita (2010), documentaire dont j’ai déjà parlé ici et qui porte, entre autre, sur le monde virtuel Second Life et sur ceux qui y ont déporté une partie de leur existence.

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Malheureusement, L’Autre monde est loin d’avoir toutes les qualités de ces deux films. Le scénario ne parvient jamais à dépasser le stade de la bonne idée, les personnages manquent d’épaisseur, notamment celui de Gaspard dont les actions ne nous semblent jamais très crédibles. Pourtant, L’Autre monde dispose de quelques qualités, à commencer par l’exceptionnelle opposition entre Marion et Audrey. La première est une « vraie fille », jolie, fraîche, sans mystère mais pas sans caractère, tandis que la seconde est un fantasme, une femme fatale mélancolique à la beauté sophistiquée et aux mœurs déréglées.

En revanche, le rôle de Gaspard fonctionne moins bien, parce que ses actions, ses réactions et ses rapports aux autres manquent un peu de cohérence. Le scénario ne parvient en tout cas pas totalement à convaincre le spectateur que l’enchaînement des situations est crédible et que le récit ne pouvait avoir qu’une issue tragique. On peine aussi un peu à croire aux motivations du duo diabolique d’Audrey et de Vincent et ce qui se veut vraisemblablement une exploration de la folie et de la face la plus sombre de l’âme humaine ressemble plutôt à une accumulation un peu immature de clichés.

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L’image est souvent belle et l’univers en images de synthèse où se déroule une partie du scénario n’est pas ridicule, ce qui est suffisamment singulier pour être noté. Les rares moments un peu humoristiques laissent entrevoir l’excellent film que l’Autre monde n’a pas réussi à être.

Ordinateur et cinéma sur Place de la toile (after)

mai 18th, 2013 Posted in médiatisation, Ordinateur au cinéma | 5 Comments »

Quarante-cinq minutes, c’est toujours un peu court, quand on a plein de choses à raconter. L’émission Place de la Toile de toute à l’heure est donc un peu frustrante si cherche à recenser tout ce qui ne s’y est pas dit et tous les films dont il n’a pas été question. Mais c’est la règle du jeu : on a plus de matière que de temps.

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Michael Douglas en train de chercher à récupérer des fichiers dans un espace virtuel, dans le film « Disclosure » (Harcèlement), en 1994.

Si on avait eu plus d’espace pour ça, j’aurais aimé rebondir sur la remarque d’Emmanuel Burdeau, qui disait que l’ordinateur servait parfois à réactiver d’anciennes formes du cinéma, notamment muet, comme les inter-titres. Et effectivement, je suis frappé de la manière dont certains scénarios basés sur des correspondances épistolaires ne (re-)deviennent « filmogéniques » que grâce à l’intervention de l’ordinateur comme accessoire du scénario. Les exemples qui me viennent spontanément sont You got m@ail (1998), de Nora Ephron (remake « high-tech » du Shop around the corner de Lubitsch) et Harcèlement (1994) d’après Michael Crichton (où l’e-mail a une importance scénaristique énorme). Dans un esprit comparable, on peut parler aussi des ordinateurs « de bord » (Alien, Ulysse 31, Sunshine, Barbarella, Flight of the navigator, Blake’s 7,…) que la science-fiction utilise pour expliciter des événements particulièrement difficiles à figurer à l’écran.
J’aurais pu parler des spécialistes de la création d’interfaces de cinéma, comme Mark Coleran, ou pourquoi pas, rappeler Les Sous-doués, par Claude Zidi, qui parle d’informatique éducative d’une manière assez grinçante.

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De gauche à droite : Alexis Blanchet, Thibault Henneton et Xavier de la Porte.

Même si je ne me sens pas complètement prêt à synthétiser la question, j’aurais bien voulu parler aussi des grandes époques de l’utilisation de l’ordinateur comme élément central du scénario, car j’en distingue : la fin des années 1950, avec Planète Interdite, mais surtout Desk Set et The Invisible Boy, qui l’un rationnellement et l’autre irrationnellement, présentent l’ordinateur comme une menace ; la deuxième moitié des années 1960, avec 2001: l’Odyssée de l’espace, The Forbin Project, et d’autres ordinateurs chargés de prendre des décisions à la place d’une humanité qui ne semble plus capable de le faire elle-même ; les années 1980, avec des films sans doute isolés, mais marquants, comme TronWargames, Live and let die et The Last Starfighter ; la première moitié des années 1990, et notamment l’année 1995, avec l’arrivée des thèmes cyberpunks (Le Cobaye 2, Johnny Mnemonic, VirtuosityGhost in the shell) et du réseau (The Net, Hackers, HarcèlementSneakers) dans les scénarios ; Le passage du millénaire a aussi été une période riche en films marquants dans le domaine : Matrix, eXistenZ, Swordfish,…

Le film Hackers, sur lequel je n'ai toujours pas fait d'article...

Le film « Hackers », sur lequel je n’ai toujours pas fait d’article…

Pour conclure l’émission, Xavier de la Porte m’a posé une question qui m’a pris un peu de court : de quel film méconnu je conseillerais le visionnage ? J’ai finalement proposé Antitrust, film que je n’ai pas encore chroniqué ici et que je trouve intéressant à beaucoup d’égards. Bien sûr, choisir un unique film est impossible, alors après réflexion, voici une sélection de quinze films que je recommande, classés par date.

Quinze films plus ou moins méconnus mettant en scène l’ordinateur

Desk Set (1957), par Walter Lang, avec Spencer Tracy et Katharine Hepburn.

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Bunny Watson dirige le service de documentation d’un grand quotidien. L’ingénieur Richard Sumner vient y installer un ordinateur. Toutes les employées du service ont peur pour leur emploi et sont persuadées que la machine est destinée à les remplacer. Sumner, qui tombe amoureux de Bunny Watson, devra dépenser beaucoup d’énergie pour convaincre tout le monde que l’ordinateur n’est pas une menace, d’autant qu’un autre ordinateur, à l’étage du dessous, émet des fiches de paie roses, synonymes de licenciement.
Le thème du remplacement de l’homme par la « machine à penser » était tout nouveau lorsque Desk Set a été monté comme pièce de théâtre, puis adapté au cinéma. La société IBM, qui souhaitait répondre par avance à ces angoisses a été partie-prenante dans la production du film.

Colossus : The Forbin Project (1970), par Joseph Sargent, avec Eric Braeden.

colossus

Charles Forbin est un grand scientifique qui a mis au point le moyen ultime pour empêcher les États-Unis d’être menacés par l’URSS : le super-ordinateur Colossus, enterré dans une montagne, totalement autonome, qui répondra à la moindre agression par la destruction du pays rival. À peine branché, Colossus entre en contact avec son homologue soviétique, Guardian. Les deux machines fusionnent et décident de prendre en mains la destinée humaine de manière despotique.

Dark Star (1974), par John Carpenter, sur un scénario de Dan O’Bannon.

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L’équipage du vaisseau Dark Star parcourt le Cosmos pour détruire les planètes qui risquent d’être dangereuses. Personne ne se rase, on fume, on s’ennuie. L’ordinateur de bord s’appelle « mother » et un passager extra-terrestre sème la terreur… C’est la trame du film Alien, dont Dan O’Bannon écrira le scénario quelques années plus tard, sauf qu’ici, la créature indésirable ressemble à un ballon de plage géant… Pour une fois, la parodie précède le film parodié.
Un des moments marquants du film est celui où l’équipage doit utiliser la phénoménologie pour convaincre une bombe « intelligente » de se retenir d’exploser.

Rollerball (1975), de Norman Jewison, avec James Caan.

Dans un futur proche, les gouvernements ont disparu au profit de corporations qui dirigent le monde technocratiquement et offrent à tous la sécurité et une certaine prospérité. Le peuple est abruti par le spectacle d’un jeu ultra-violent, le Rollerball. Il n’existe plus qu’une bibliothèque, dans le monde, qui ne contient plus de livres mais juste un ordinateur dépressif nommé Zéro.

Looker (1981), par Michael Crichton, avec Albert Finney, James Coburn, Susan Dey, Leigh Taylor-Young et Dorian Harewood.

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Un chirurgien esthétique que l’on soupçonne d’être lié à la mort de ses patientes, des top-models, découvre un procédé informatique mis au point pour manipuler optimalement le spectateur à qui l’on montre des publicités et destiné à faire élire un homme politique peu recommandable. Ce n’est pas le film le plus célèbre de Michael Crichton, sorte de Jules Verne du XXe siècle à qui l’on doit (comme romancier et/ou réalisateur et/ou scénariste) The Andromeda StrainThe Terminal ManWestworldJurassic ParkRunnawayHarcèlementSphereTwister ou encore la série Urgences.

Electric Dreams (1984), par Steve Barron, avec Lenny Von Dohlen et Virginia Madsen.

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Un architecte renverse par mégarde du champagne sur le clavier de son ordinateur, qui devient conscient. Mélomane, la machine s’éprend d’une violoncelliste qui habite l’appartement voisin et avec qui, sans qu’elle la voie, elle communique en produisant à son tour des mélodies. Le propriétaire de l’ordinateur est forcé de faire semblant d’être l’auteur des improvisations musicales, ce qui rapproche le film du Cyrano de Bergerac d’Edmond Rostand. Mais l’ordinateur finit par devenir jaloux et tente de tuer son propriétaire.
Concentré de l’esthétique des années 1980, ce film est réalisé par l’auteur de clips de Michael Jackson, de Toto ou de A-ha, et contient des chansons de Human League, Culture Club, Heaven 17, Philip Oakey ou encore Giorgio Moroder.

Une créature de rêve (1985), par John Hughes, avec Anthony Michael Hall, Kelly LeBrock et Ilan Mitchell-Smith.

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Dans ce « teenage movie », Gary et Wyatt fabriquent la femme idéale à l’aide d’un ordinateur. Celle-ci prend vie et les aide à perdre leurs complexes. Au delà de l’apparente sottise du prétexte fantastique, ce film, réalisé par l’auteur de Breakfast Club et La Folle journée de Ferris Bueller, parle assez bien des adolescents et du nécessaire besoin qu’ils ont d’oser entrer dans la vie réelle.
Pour l’anecdote, on voit Robert Downey Junior, dans le rôle d’un garçon rival des héros du film. En France, ce film est nettement moins connu que la série qui en est dérivée, Code Lisa.

Nirvana (1997), de Gabriele Salvatores, avec Christophe Lambert et Diego Abatantuono.

nirvana

Cas sans doute unique de film cyberpunk italien, Nirvana raconte l’histoire d’un personnage de jeu vidéo, Solo, qui devient conscient de son état et qui supplie son créateur de l’effacer, car il ne supporte plus de revivre encore et encore les mêmes choses.

23 (1998), par Hans-Christian Schmid, avec August Diehl.

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Ce film allemand raconte l’histoire vraie du hacker Karl Koch, paranoïaque, passionné de théorie du complot et coupable d’avoir vendu des informations confidentielles au KGB avant la chute du mur. On l’a retrouvé dans une forêt, brûlé à l’essence, en 1989. La police a conclu au suicide. La véracité historique du film a été contestée par la famille de Karl Koch.

Thomas est amoureux (2000), de Pierre-Paul Renders, avec Benoît Verhaert, Aylin Yay, Magali Pinglaut, Micheline Hardy et Frédéric Topart.

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Thomas, agoraphobe, est en contact visiophonique avec sa mère possessive et son psychiatre. Ce dernier l’inscrit dans des services de rencontre, et le jeune homme tombe amoureux de deux de ses correspondantes, une prostituée médicale et une jeune femme très « new age ». Il aimerait sortir de chez lui mais sa maladie l’en empêche.
Tourné en vue subjective (on ne voit jamais Thomas, mais seulement ce qu’il voit sur son écran), ce film d’auteur mérite d’être vu.

Antitrust (2001), de Peter Howitt, avec Ryan Phillippe, Rachael Leigh Cook, Claire Forlani et Tim Robbins.

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Gary Winston (Tim Robbins) est un personnage charismatique qui dirige une société informatique à vocation hégémonique. Milo (Ryan Phillippe), le héros du film, est un jeune programmeur idéaliste qui déteste tout ce que représente Winston mais qui finit par se laisser séduire par l’offre d’embauche de ce personnage qui le fascine irrésistiblement. Le film parle de programmation, de logiciel libre et de logiciel propriétaire. Il me semble assez unique dans son genre.

Code 46 (2003), de Michael Winterbottom, avec Tim Robbins et Samantha Morton.

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Ce film d’auteur mélancolique est un peu la version réussie du très populaire (mais à mon avis un peu surestimé) Bienvenue à Gattaca, et constitue une illustration convaincante de la société de contrôle prophétisée par Gilles Deleuze. Ici, les gens vivent dans une dictature molle, où leur existence est tracée à chaque instant mais où l’envie de rébellion est absente, ou bien n’existe qu’à l’état d’ébauche. Le héros, qui mène une enquête sur un trafic de faux-papiers, tente de protéger celle qu’il croit coupable.

Sleep Dealer (2008), par Alex Riviera, avec Luis Fernando Peña, Leonor Varela, Jacob Vargas.

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Dans ce film cyberpunk tiers-mondiste, les travailleurs mexicains aux États-Unis n’ont pas besoin de passer la frontière, ils travaillent dans des sweat shops numériques d’où ils pilotent des robots domestiques, des robots de chantier, sans savoir où se trouvent ceux-ci. Un des personnages importants du film, Ramirez, est un américain d’origine mexicaine qui pilote des drones depuis les États-Unis pour empêcher des mexicains d’accéder à l’eau, confisquée par des sociétés américaines.

The cat, the Reverend and the Slave (2009), film documentaire d’Alain della Negra et Kaori Kinoshita.

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Film d’artiste, The Cat, the Reverend and the Slave va à la rencontre de gens qui inventent leur vie, sur Second Life, dans le monde des Furries ou à Burning Man.
Les mêmes auteurs ont réalisé un excellent court-métrage sur les Sims, Neighborhood, que l’on trouve en bonus au DVD de The Cat, the Reverend and the Slave.

8th Wonderland (2010), par Nicolas Alberny et Jean Mach.

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Des citoyens de divers pays du monde créent une république utopique sur Internet et s’entendent pour faire des farces, à la manière des Yes Men, dans le but de dénoncer des scandales écologiques ou autres. Mais peu à peu ils se prennent au jeu et envisagent des actions terroristes. Sorti dans une indifférence certaine, ce film préfigure le printemps arabe et le mouvement « occupy ».

Ordinateur et cinéma sur Place de la toile

mai 17th, 2013 Posted in Brève, médiatisation, Ordinateur au cinéma | No Comments »

La seule émission de radio que j’écoute régulièrement est Place de la toile, sur France-Culture, « le magazine hebdomadaire des technologies numériques ».

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Je suis donc particulièrement fier d’avoir été invité à venir y parler, demain samedi, de dix-huit heures dix à dix-huit heures cinquante-six. Le sujet, en clin d’œil au festival de Cannes, sera celui de l’ordinateur au cinéma. Outre Xavier de la Porte, qui produit l’émission, et Thibaut Henneton, qui la co-anime, on pourra entendre Alexis Blanchet, notamment auteur de Les Jeux vidéo au cinéma, et Emmanuel Burdeau, critique de cinéma et co-fondateur de Capricci, l’excellent éditeur de (entre autres) The Cat, the reverend and the slave, d’Alain de la Negra et de Kaori Kinoshita. La bande musicale sera un duel assez jouissif entre Giorgio Moroder et Jean-Sébastien Bach.

Comme chaque semaine, des auditeurs réagiront interactivement sur Twitter avec le « hashtag » #pdlt. Si vous ratez la diffusion de l’émission sur les ondes de France-Culture (ou sur le site) vous pourrez  vous rattraper en différé ici.

Bande dessinée et histoire

mai 15th, 2013 Posted in Bande dessinée, Brève, Fictionosphère, médiatisation | No Comments »

Demain jeudi 16 mai, entre 16h30 et 18h00 aura lieu la diffusion de l’émission « Bande dessinée et histoire » de Radio Goliard[s], sur Libertaire (89.4 Mhz FM, ou en ligne).
Présentée et préparée par Adrien Genoudet (doctorant en histoire), cette émission se penche sur les rapports qui lient la bande dessinée et l’histoire : outil de propagande ou d’éducation, document historique,…

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Les participants sont : Étienne Rouillon (Rédacteur en chef de Trois couleurs), Patrick Peccatte (Culture Visuelle/Lhivic), William Blanc (co-auteur de Les Historiens de garde), Exomène (créateur multimédia) et moi-même.

mise à jour 17/05 : l’émission est désormais disponible à l’écoute sur le site Goliard[s].

Tablette tactile (2004)

mai 12th, 2013 Posted in Interactivité, Vintage | 13 Comments »

À la recherche d’images sur un autre sujet, je tombe sur une séquence étonnante dans le film Alien vs. Predator (Paul W.S. Anderson, 2004), que j’avais vu à sa sorti mais plus depuis. On y voit une assemblée de scientifique, dont l’un utilise une tablette numérique. Avec son doigt, il navigue dans la carte en trois dimensions d’une pyramide souterraine découverte en Antarctique (où il découvrira à ses dépens que des extraterrestres joueurs, les predators, ont dissimulé d’autres extraterrestres, les affreux Aliens,…).
La séquence m’a d’abord semblé bien naturelle. Mais voilà : lorsque le film a été tourné, il y a dix ans exactement, les tablettes tactiles n’existaient pas.

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Il existait bien des « tablet-PC », mais on les manipulait avec des stylets, et le concept de l’informatique portable que l’on manipule au doigt n’a été disponible pour le public qu’en 20071, avec l’iPhone, puis en 2010 avec l’iPad.
En fait, les premiers brevets dans le domaine datent précisément de 2003 et émanent de la société Fingerworks, qui produisait des interfaces tactiles destinées aux gens souffrant d’une incapacité physique à manipuler le clavier et la souris. En 2005, cette société a brutalement interrompu ses activités, expliquant que ses technologies avaient été acquises par une autre société — dont on a appris plus tard qu’il s’agissait d’Apple.

Est-ce que les créateurs des accessoires du film étaient au courant des produits qui étaient en cours d’élaboration, ou bien n’ont-ils fait qu’imaginer la convergence de deux technologies existantes, l’interface tactile et l’ordinateur-tablette ? Et pourquoi voit-on le logo de la société Hewlett-Packard, dont la première tablette tactile n’est sortie qu’il y a deux ans2 ?
Reste qu’il est amusant de voir qu’une interface qui se voulait futuriste dans un film de 2004 nous semble pour le moins banale aujourd’hui, banale au point que la plupart des spectateurs du film, comme moi, ne verront pas tout de suite que la situation est anachronique.

Lire aussi : La presse électronique en 2001 (1968).

  1. Lucas Papillon me signale que les PADD de la série Star Trek Next Generation (fin des années 1980) étaient déjà des tablettes tactiles. Il faut que je voie ça. Mais à vrai dire ce qui m’étonne ici ce n’est pas tant l’invention de la tablette tactile que le fait que le spectateur actuel verra un bête iPad, et pas une interface « du futur ». []
  2. Mathias Girel me signale qu’HP a sorti un ordinateur (fixe) à écran tactile en 1983, le 150 Touchscreen, qui repérait la position du doigt à l’occultation de faisceaux infra-rouges. En commentaire, Casaubon me signale que le modèle HP, le TC11000, a bien existé. En revanche il s’utilisait avec un stylet. []

Franciscopolis

mai 8th, 2013 Posted in Images, Lecture | 3 Comments »

Franciscopolis a été le premier nom de la ville du Havre, fondée il y a un peu moins de cinq cent ans par François premier (d’où le nom : la ville de François), dans le but de placer à l’embouchure de la Seine un port important pour aller pêcher la morue, se protéger d’éventuelles incursions des flottes du roi Henri VIII puis de l’Empereur Charles Quint, et partir à la découverte du nouveau monde.

à dessein

Le premier livre édité par Franciscopolis est la transcription inédite d’une conférence de Jacques Derrida sur le dessin, intitulée À dessein, le dessin (distribution : Presses du réel).

À présent, Franciscopolis est une maison d’édition fondée par mes deux excellents collègues Yann Owens et Jean-Michel Géridan, où se sont engagés avec eux Mariina Bakic, Agnès Maupré, Jacques-Olivier-Ponce et Yves Troyard.

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De gauche à droite : Ludovic Boulard Le Fur, Pèlerin. 2013 (matrice d’une gravure sur bois); Shoboshobo, Untitled. 2012 (taille-douce) ; Jeremy Boulard Le Fur, Combat, 2013 (aquatinte avec report de sérigraphie sur plaque de zinc et utilisation de la programmation…).

Ils éditent des livres (deux, à ce jour) et des multiples (Thomas CimolaïShoboshoboJean-Louis BoissierVladimir Mavounia-Kouka, Jeremy Boulard le Fur, Ludovic Boulard le Fur).

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De gauche à droite, des sérigraphies de Jean-Louis Boissier, Les Perspecteurs. 2010 ; Vladimir Mavounia-Kouka & Clémence Passot, Joséphine. 2012 ; Thomas Cimolaï, Les Trophées du sixième continent. 2012

Leur toute dernière publication est le catalogue de l’édition 2013 de la manifestation Une saison graphique. On m’a invité à y signer un texte sur Hervé Tullet.

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Catalogue de l’édition 2013 de Une saison graphique, avec Mariina Bakic, Nawal Bakouri, Pierre-Yves Cachard, Jochen Gerner, Jean-Noël Lafargue, Fanette Mellier, Vincent Perrottet et Thomas Huot-Marchand.

Organisé par l’École supérieure d’art et de design Le Havre/Rouen, par l’espace d’art contemporain Le Portique, par la Bibliothèque Universitaire et par Graphisme au Havre, Une saison graphique en est à sa cinquième édition, et présentera du 13 mai au 29 juin les expositions Ahn Sang Soo, Helmo, Julian House, Damien Poulain, Hervé Tullet, Un Imprimeur et Lézard Graphique.

On peut suivre l’actualité de Franciscopolis sur Facebook et sur franciscopolis.com.

Old school

mai 8th, 2013 Posted in L'art et moi, Vintage | 6 Comments »

J’ai régulièrement un coup de vieux quand je réalise que j’ai commencé à m’intéresser vraiment à la culture Hip-hop en 1983, donc il y a trente ans, à l’époque de l’Electro-Funk et de la New Wave. La plupart de mes étudiants actuels sont nés bien après, et souvent même bien après que j’aie abandonné ma dernière bombe de peinture, à la fin des années 1980.
L’époque était bon-enfant et je n’en garde que de bons souvenirs. J’espère juste que mes poumons ne sont pas trop encombrés de métaux lourds et de particules de peinture émaillée.

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Il y a presque dix ans (déjà), j’ai mis sur Internet un texte qui racontait mon parcours dans le graffiti (cliquez ici pour le lire). Je pense que j’étais plutôt un mauvais graffiti-artist du point de vue artistique, mais au moins, je garde une petite fierté d’avoir fait partie des premiers à Paris, puisque « de mon temps », il y avait peut-être dans la capitale six ou sept « possees » (collectifs), au maximum, parmi lesquels le Twilight Zone Crew que j’avais fondé avec mon frère Jérôme (Risk), son ami Stéphane (Shaz), et mes amis Arnaud (Won) et Georges (34 Skidoo).

Toujours sur le même site, j’ai placé des scans de mes photos de l’époque, puisque je sortais beaucoup pour regarder les graffitis des autres.

Paris-BD, la boutique de Jérôme Lafargue

mai 6th, 2013 Posted in Bande dessinée, Personnel | No Comments »

Après avoir fait de la publicité au collectif Super Fourbi Géant, dont fait partie ma fille aînée, Hannah, je fais de la réclame pour la librairie de bandes dessinées de mon frère Jérôme, boutique que j’avais déjà évoquée il y a quelques années à propos de son blog, mais qui a depuis quelques mois un site Internet permettant l’achat en ligne.

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La boutique est installée dans un ancien restaurant oriental, dans le quartier asiatique du 18e arrondissement, à quelques mètres de la Place Hébert. On remarque une station Vélib’ située juste devant. Les bus 35 et 60 passent à proximité.

La boutique physique est située au numéro 83 de la rue Pajol, dans le dix-huitième arrondissement de Paris, métro Marx Dormoy (ligne 12), pas très loin du marché de l’Olive. Le lieu est ouvert chaque après-midi, du mardi au samedi.
On peut appeler pour demander des renseignements au 01 53 26 99 34.

Jérôme vend deux types de bandes dessinées : de l’occasion et de la collection.
Pour dire les choses rapidement, occasion signifie que l’on paie moins cher que le prix d’origine, et collection signifie que les livres ont une cote et sont généralement plus chers qu’ils ne l’étaient à leur sortie.

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Jérôme a des goûts très éclectiques et il peut donner des conseils sur plus d’un siècle de bandes dessinées, de Benjamin Rabier à Naoki Urasawa en passant par les comics américains, les petits formats italiens, les classiques Franco-belges et la bande dessinée « indépendante » plus récente.

Vu à la télé !

Vu à la télé ! Jérôme a accueilli une équipe de France 2 pour un sujet sur la collection de bande dessinée, il y a une dizaines de jours. L’émission ne traitait que des collectionneurs, qui entretiennent un rapport parfois névrotique aux livres (qu’ils n’osent plus lire, comme le disait Pierre Arditi, l’invité de l’émission et collectionneur repenti), mais la boutique accueille aussi les gens qui lisent leurs bandes dessinées, et pas uniquement ceux qui les conservent précieusement sous plastique.

La diversité du stock est telle que je mets au défi quiconque de ne pas être assailli par une bouffée d’émotion en tenant dans ses mains, des années après les avoir perdus, les Blek, les Tarzan, les Pif Gadget, les Spirou ou les Strange chamarrés de son enfance.

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En plus il est sympathique, et je ne dis pas ça seulement parce qu’il s’agit de mon frère.
J’ai chargé sur Youtube un (médiocre) film qui donne une idée du lieu et de son propriétaire. On peut s’abonner à sa page Facebook.

Super Fourbi Géant

mai 6th, 2013 Posted in Lecture | 2 Comments »

L’équipe de Super Fourbi Géant est composé d’étudiants en quatrième année à l’atelier d’illustration de l’École des Arts décoratifs de Strasbourg : Isabelle Azemar, Florian Duchesne, Hannah Lafargue, Mathilde Millot, Guy Pradel, Lola Félin et Richard Marsal.
Cette année, ils ont édité leur première publication, Super Fourbi Géant numéro 1, composé de 96 pages à découper et à coller. Déjà épuisée, cette publication ne sera pas réimprimée.

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Ils ont aussi édité une série de cartes postales, imprimées en sérigraphie, permettant de fabriquer des personnages.

La devise de Super Fourbi Géant est « Fabrique tes propres trucs avec tes propres mains ».

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On peut les suivre sur Facebook et sur leur blog. On peut aussi acheter leurs patrons prêts à imprimer sur BigCartel.