Profitez-en, après celui là c'est fini

Débâcle à Cybernia

octobre 26th, 2009 Posted in Lecture

cybernia_1973J’ignorais que la célèbre « Série Noire » de Gallimard contenait des ouvrages de science-fiction en dehors des Racines du mal, de Maurice G. Dantec. Débacle à Cybernia, paru en 1973, (Série noire n°1578, sorti en anglais un an plus tôt sous le titre Cybernia), peut d’ailleurs être qualifié de roman « noir » autant que de roman de science-fiction, de la même manière que l’on peut dire du Alphaville de Godard qu’il est autant un film de science-fiction qu’un « film noir » — genre dont il emprunte du reste les codes et l’esthétique. Aux États-Unis, Cybernia a été publié comme roman de science-fiction.
L’auteur, Lou Cameron, a eu une carrière discrète mais bien remplie : né en 1924, il a été journaliste de faits-divers, auteur de plus d’une soixantaine de romans sous divers noms, mais aussi dessinateur de bande dessinée et illustrateur. Son roman Un furet dans le métro a été adapté au cinéma par Jean-Pierre Mocky sous le titre Le Furet.

Le début du récit nous plonge dans les histoires d’ordinateurs tueurs et despotes qui étaient alors en vogue (2001: a space odysseyColossus, l’épisode Killer de la série The Avengers, etc.).
Le héros du récit, Ross Mac Lean, informaticien, est appelé à l’aide par un l’ancien mari d’une de ses amies à l’école, Ed Morton, qui se trouve aux prises avec l’ordinateur central de la petite ville dont il est le maire. Cette ville, Cybernia, fondée en 1950 est assez particulière puisque tout y est géré par la machine. J’ignore  quel nom est donné à cet ordinateur en anglais mais dans la version française, il prend le savoureux nom de « bidule à gamberge » — sobriquet qui fait très « Série noire » pour le coup.
L’ordinateur semble avoir des mouvements d’humeur, certaines de ses réponses paraissent insolentes, ce qui est inquiétant. Plus grave, une vague de décès accidentels endeuille la communauté et même si personne n’ose le dire, c’est bien l’ordinateur qui est soupçonné par chacyb car à chaque fois, des systèmes automatisés sont en cause. Je ne vais pas raconter le dénouement du livre (inspiré par Un bonheur insoutenable d’Ira Levin ?), mais je note deux détails intéressants. Tout d’abord la présence d’un robot féminin dédié au plaisir de son concepteur — un ingénieur sans vie sociale — qui fait penser à Stepford Wives, toujours d’Ira Levin, sorti la même année ; Ensuite, la mention de la responsabilité informatique et la résignation face aux pannes : Qu’un boucher triche sur le poids avec une balance mal réglée et il n’a pas la moindre chance d’invoquer une erreur mécanique que l’esprit humain n’aurait pu corriger. Mais qu’on supprime le crédit de quelqu’un ou qu’on lui lessive son compte en banque à cause d’une erreur d’ordinateur, tout le monde a l’air de prendre ça pour une visite du bon dieu.
On ne peut pas dire que Débâcle à Cybernia soit un chef d’œuvre de la littérature de science fiction ni de la littérature policière. C’est juste une pièce à ajouter au dossier des fictions dont l’action se situe dans une ville cybernétique contrôlée par un ordinateur despote.

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