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Le point de vue du robot

juin 1st, 2009 Posted in Images, Robot au cinéma

La vision à la première personne existe au cinéma au moins depuis le Dr Jeckill et Mr Hyde de Rouben Mamouilan (1932). Le tout premier film entièrement tourné de cette manière est La Dame du lac (Lady in the Lake, 1947) de Robert Montgomery. Cet angle de vue, utilisé dans le jeu vidéo depuis 3D Monster maze (1981) est aussi devenu un genre à part entière dans le monde du jeu vidéo, le first person shooter (Wolfenstein 3D, Doom, Quake, Unreal, Half-Life).

Les histoires de robots et parfois d’ordinateurs conscients recourent aussi à la visions à la première personne, moins par souci de donner au spectateur une illusion d’immersion que pour appuyer la nature artificielle du robot — l’effet peut constituer une astuce de mise en scène efficace lorsque le robot a une apparence totalement humaine. Ces visions robotiques recouent à des effets optiques ou visuels particuliers (trame, canevas, etc.), ou à l’ajout de textes ou d’éléments graphiques en surimpression aux images que voit la machine.
Une modeste collection (à compléter) :

2001 l’Odyssée de l’espace (1968)

hal9000.

L’ordinateur Hal9000 peut surveiller l’équipage du Discovery One depuis de multiples caméras. Sa vision est généralement un grand angle mais Hal sait zoomer sur un détail qui l’intéresse, par exemple sur la capsule où deux astronautes se sont isolés pour que l’ordinateur ne puisse pas suivre leur conversation. Malheureusement pour eux, Hal a de très bons yeux et a pu suivre leur conversation en lisant sur leurs lèvres.

Colossus, The Forbin project (1970)

colossus

L’ordinateur de l’armée américaine Colossus, qui a fusionné avec l’ordinateur soviétique Guardian, décide de réduire l’humanité en esclavage. Ses yeux sont toutes les caméras de surveillance qui lui sont reliées. Dans le film, la vision de Colossus est toujours en plongée et est surimpressionnée de traits et de lettres ou de chiffres. Il arrive que plusieurs angles de vue soient montré en même temps.

Westworld (1973)

westworld

La vision du «gunslinger» (Yul Brynner) est un cannevas de pixels assez grossier. Le robot cow-boy est capable de voir la chaleur, ce qui lui permet de suivre la piste de ceux qu’il veut assassiner. À la fin du film, après avoir reçu un jet d’acide au visage, il ne voit plus que la chaleur.

Terminator (1984)

terminator1

Terminator ne voit qu’en rouge et noir. Des informations diverses ou des dialogues à dire s’affichent en lettres blanches surimprimées à l’image.

Robocop (1987)

robocop

L’affichage est composé de lignes qui évoquent la vidéo. Du texte vient en surimpression de l’image. Outre un mode de vision thermique, Robocop est capable de redifuser des choses qu’il a vu.

Class of 1999 (1990)

class1999

Les robots professeurs de Class of 1999 ont le champ de vision surimprimé de textes explicatifs.

Glass Shadow (Cyborg 2, 1993)

glass_shadow

Le champ de vision du robot contient son propre nom (ici, Casella Reese, interprétée par Angelina Jolie) et le nom de la marque qui l’a fabriqué, auxquels s’ajoutent des caractères dont la fonction n’est pas très claire et une vignette noir et blanc qui reproduit, en plus petit, la vue générale. Parfois, un ordre est affiché au centre de l’image, par exemple «Kill the human». Les robots construits par Kobayashi, la société japonaise concurrente de la Pinwheel robotics, ont une vision identique, si ce n’est que les mentions sont rédigées en japonais.

Evolver (1995)

evolver

Un jeu vidéo adapté dans le monde actuel qui tourne mal… (pas vu le film, merci à Cécile pour la capture)

Ghost in the shell (1995)

gits

Le major Kusanagi, qui est un cyborg, a une vision altérée après avoir été quasiment détruite. L’image qu’elle voit est tramée de lignes et parsemée d’interférences.

Android Apocalypse (2006)

android_apocalypse

Vers la fin du film, les héros rencontrent un antipathique robot en forme d’araignée géante et muni de trois yeux rouges. Sa vision est découpée en trois zones circulaires sur lesquelles, en pagaille, sont disposés différents pavés de texte.

Bionic Woman (2007)

bionic_woman

Dans ce remake de la série The Bionic Woman (1976), l’héroïne Jaime Sommers est dotée de sens électroniques. Elle peut effectuer des zooms sur des zones précises de sa vision et des indications plus ou moins compréhensibles se surimpressionnent à ce qu’elle voit.

  1. 10 Responses to “Le point de vue du robot”

  2. By Wood on Juin 1, 2009

    Des astuces similaires peuvent aussi être employées pour donner le point de vue d’un extra-terrestre (Predator, avec et sans son masque) ou même d’un animal (les lions dans « L’ombre et la Proie »).

  3. By Jean-no on Juin 1, 2009

    Oui, ou de quelqu’un qui a pris une substance psychotrope (Harvard Man, par ex). Pour les animaux, il y a le lapin dans « le père noël est une ordure ». Je me demande si des séries qui jouent sur les capacités sensorielles de leurs héros comme « Manimal » ou « The Sentinel » n’utilisent pas aussi sur la « vue subjective créative ».

  4. By antoine bablin on Juin 1, 2009

    J’ai toujours trouvé ça suspect cette interprétation de la vision de l’ordinateur. Autant cela donne un point de vue intéressant au spectateur, autant c’est absurde d’imaginer qu’un ordinateur ou un robot à besoin d’information dans l’image pour comprendre son environnement.
    Il y a quand même une exception : Matrix(1) ou on peu voir ‘le code’, ou Sypher nous explique qu’il peu voir si une femme est blonde ou brune rien que par le code… Pas besoin d’afficher une image. j’ai trouvé ça excellent.

  5. By Jean-no on Juin 1, 2009

    @Antoine : Je vois aussi des exemples de représentation symbolique du monde par l’ordinateur, notamment sous la forme de jeu vidéo, comme dans Superman III ou dans Electric Dreams.
    L’affaire n’est cependant pas si suspecte, car la vue de l’ordinateur (ou du robot) est un sens sur lequel travaillent les chercheurs depuis des décennies, c’est d’ailleurs assez passionnant puisque ça sert aussi à comprendre le fonctionnement du cerveau lui-même (reconnaissance de formes, etc.). Il est amusant que le cinéma ait fait de la vision d’ordinateur un académisme.
    Dans le cas de Matrix, puisque l’ordinateur est le monde, il n’a plus vraiment besoin de voir.

  6. By Cécile on Juin 3, 2009

    Pour compléter le catalogue il y a le robot AMEE dans Planète Rouge, et je crois me souvenir qu’on nous donne la vision de Johnny 5, mais aussi celle d’Evolver et des robots dans Apex (deux navets mais bon…) En fait cela doit être assez commun, enfin disons qu’il y a une certaine logique, à partir du moment où l’on soupçonne qqch (intelligence, prise de conscience ou autre) chez le robot, de nous montrer aussi ce qu’il voit.
    Personnellement je trouve souvent ces images assez réussies (voir le très beau plan de 2001 ici)
    L’image de Forbin Project me plaît bien aussi, mais je n’en ai jamais entendu parler. C’est comment ?

    Encore une bonne thématique en tous les cas ;-)

  7. By Jean-no on Juin 3, 2009

    Merci pour ces références. Par contre johnny 5 je l’ai revu en accéléré pour faire cette sélection (j’avais moi aussi souvenir d’images de ce genre) et je n’ai rien vu.
    Le film Colossus: The Forbin Project est assez distrayant. Chez nous il est assez inconnu.

  8. By Cécile on Juin 3, 2009

    OK pour Johnny 5…je pensais au moment où il entrait chez la fille et se mettait à lire tout ce qu’il trouvait ! mais si tu as vérifié.
    Il faut que je trouve ce Forbin Project ;-)

  9. By Cécile on Juin 3, 2009

    Sinon, je pensais t’envoyer la liste de films avec des androïdes que j’avais commencée, au moment de Robot Blues. Je peux ?

  10. By Jean-no on Juin 3, 2009

    Bien sûr

  11. By Cécile on Juin 3, 2009

    D’accord, je poste sous DARYL, pour garder un semblant d’ordre.

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