Profitez-en, après celui là c'est fini

In the year 2889

avril 30th, 2009 Posted in Bande dessinée, Personnel, Vintage

in_the_year_2889_couvIl est dix heures, on sonne à la porte, c’est le facteur, pour un cadeau qui sent bon l’encre d’imprimerie toute fraîche. Ce sont mes exemplaires de  La journee d’un Journaliste Americain en 2889, de Guillaume Guerse d’après Michel Verne, édité par 6 Pieds sous terre.

Je ne vais pas raconter la genèse et la paternité du texte adapté, questions complexes et disputées, puisque l’illustre Monsieur Vandermeulen, directeur du programme Science Fiction pour Tous du collège de la Petite Bibliothèque des Cultures contemporaines fait le point sur le sujet dans une postface à sa manière. 
Pour dire les choses vite et en espérant ne pas éventer le suspense, expliquons que le texte d’origine a été publié en anglais sous le titre In the year 28891, puis a connu plusieurs rééditions francophones avec des changements de noms (Fritz Napoleon Smith devient Francis Bennett) ou de dates. Il est par ailleurs vraisemblable que l’on puisse intégralement attribuer ce texte à Michel Verne, le fils de Jules.

Le texte raconte la journée d’un magnat de la presse du futur, Francis Bennett, qui fait et défait la politique et l’économie à son profit. Les plus grands pays l’implorent de médiatiser leurs points de vue et il n’hésite pas à imposer ses propres options politiques. L’adaptation de MM. Guerse et Vandermeulen rend justice à la causticité de la nouvelle d’origine qui, à ce sujet, rappelle celle de Paris au XXe siècle, un texte de jeunesse de Jules Verne que l’on n’a retrouvé dans le coffre de Michel Verne que des années après la mort de ce dernier.

Guillaume Guerse, que l’on connaît pour ses pages d’humour en collaboration avec Marc Pichelin pour les éditions Les Requins Marteaux (dont il est un des fondateurs) et 6 pieds sous terre, ainsi que pour le mensuel Fluide Glacial, s’est pris au jeu de l’adaptation en apposant à son dessin un traitement discrètement dix-neuvième, en accord avec le sujet. L’adaptation de cette fable steampunk est claire et efficace, bien plus que la nouvelle d’origine, du reste. 

2889_1

En janvier dernier, j’ai assisté à une réunion des Algoristes à Paris, et il y a justement été question de la nouvelle de Michel et/ou Jules Verne, La Journée d’un journaliste américain en 2889, d’ailleurs publiée sur le site de cette association d’artistes programmeurs. Trois jours plus tard, en parcourant les allées du festival d’Angoulême, je croise Jean-Philippe Garçon (de 6 pieds sous terre) et David Vandermeulen (apparenté, si l’on en croit la rumeur, à Monsieur Vandermeulen), qui me proposent d’ajouter au livre — dont j’avais aperçu des dessins du coin de l’œil — quelques lignes consacrées à la qualité visionnaire du texte de Michel Verne : télévision, ordinateur, cryogénisation et centres d’appels téléphoniques modernes, notamment. 

Le résultat des efforts des uns et des autres est un bien bel ouvrage de quarante-huit pages imprimé en quadrichromie sur papier offset satin de 170gr/m2, mesurant vingt-et-un par vingt-sept centimètres cinquante et ne coûtant, tenez-vous bien, que treize euros. Mais oui messieurs et mesdames  vous m’avez bien lu, treize. Non pas seize euros, non pas quinze euros, non pas quatorze euros, mais bien treize euros et pas un de plus, messieurs et mesdames.
L’ouvrage est publié en collaboration avec l’Association des parents désespérés de France, on peut donc l’employer comme support pédagogique sans la moindre hésitation.

La journee d’un Journaliste Americain en 2889
Éd. 6 pieds sous terre, coll. Monotrème, mai 2009
ISBN 978-2-35212-046-9

  1. Il existe un téléfilm de science-fiction post-apocalyptique américain de 1967 intitulé In the year 2889, mais celui-ci n’a aucun rapport avec la nouvelle de Michel Verne, pas plus que la chanson In the year 2525, par Zager and Evans,  sortie elle aussi en 1967 et qui distilait une vision sombre de l’avenir depuis la première place du hit-parade américain au moment précis où Neil Armstrong plantait le drapeau de son pays sur la surface de la lune. En 1969, justement, Richard Anthony puis Dalida ont chanté une reprise de In the year 2525 intitulée L’an 2005. La meilleure version de cette chanson est pour moi celle du groupe new wave Visage, quinze ans plus tard. Hmmm… tout cela nous entraîne bien loin de Michel Verne ! []

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