Profitez-en, après celui là c'est fini

Les universitaires existent-ils ?

février 22nd, 2009 Posted in archétype, Études

Remarque liminaire : cet article n’en est pas un, il s’agit plutôt d’un point de départ pour une étude que j’aimerais parvenir à effectuer au sujet de la représentation du professeur d’université dans les œuvres de fiction.

J’ai une vieille théorie, dont je n’imagine pas être l’inventeur mais qui sous-tend nombre des articles qui se trouvent sur ce blog. La voici : il me semble qu’une grande quantité de sujets (évènements, métiers, communautés, personnes,…) ont deux existences distinctes, l’une factuelle et l’autre fictionnelle. Et j’ai la conviction que chacune de ces existences, de ces essences, suit son propre cours tout en influençant l’autre, c’est à dire que les fictions se nourrissent de la réalité et d’autres fictions mais que la réalité elle aussi se construit en fonction de l’imaginaire qu’elle suscite.
Finalement c’est un peu la question amenée par Barthes avec ses Mythologies, si ce n’est que je ne vois pas de divorce entre la réalité et le mythe, je crois plutôt à une interpénétration, et je doute qu’il s’agisse d’un phénomène nouveau même si l’augmentation exponentielle de la diffusion de récits fictionnels rend ces derniers plus puissants qu’ils ont jamais été.
Comme on le comprend à la lecture (notamment) de l’Eloge de la fuite, par Henri Laborit, la différenciation de la réalité et de la fiction, au niveau neurologique, est bien plus complexe que la distinction que nous pourrions établir entre les notions morales ou épistémologiques de « vrai » et de « faux », puisque nous ne disposons que d’un organe unique pour traiter toutes ces informations, et que, même si nous distinguons le vrai du faux, nous les traitons de la même manière (on peut pleurer sincèrement devant un film sentimental, par exemple, ou être sincèrement attachés à un personnage parfaitement fictif). Ainsi la « fuite » que préconise Laborit pour lutter contre l’état neurologique de stress peut se faire physiquement (changer de métier, voyager,…) mais aussi par l’imaginaire, que l’on qualifie souvent, et à raison, donc, d’ évasion : la lecture ou le cinéma, par exemple.

L’alternative neurologique à la fuite, c’est l’action, y compris l’action irrationnelle. Par exemple l’agressivité envers autrui : le rat qui ne peut éviter les chocs électriques stressants qui lui sont administrés conservera la santé s’il peut défouler son agressivité sur un de ses congénères.

Admirer Ginger Rogers et Fred Astaire dansant la Carioca dans une Rio de Janeiro en carton-pâte provoquait un soulagement temporaire mais tout à fait authentique à l’état d’angoisse que vivaient les américains pendant la Grande dépression. Inversement, sans faire mon savant américain point com, je crois fermement que l’état de léger stress permanent dans lequel nous plongent les informations télévisées, à coup de peur du chômage et d’inquiétants terroristes, sert un but (sans doute non anticipé par ceux qui en sont responsables) qui est de nous pousser à l’unique action facile, guidée, assistée, signalétisée et, en d’une certaine manière, autorisée par nos sociétés, à savoir la consommation de biens.

Revenons à la question de la coexistence de faits factuels et de faits mythologiques.
L’exemple le plus évident est sans doute celui du policier. Il existe des policiers depuis la Rome antique, ils ont eu une très grande importance dans la construction de la cité (et de la bourgeoisie) au moyen-âge européen, et ils n’ont cessé d’en avoir depuis. En revanche le policier de fiction est plus récent. En Europe et aux États-Unis, les premiers romans policiers n’avaient d’ailleurs pas des policiers pour héros (il en va différemment en Chine, ai-je appris), je pense par exemple au Rodolphe d’Eugène Süe ou au Chevalier Dupin d’Edgar Allan Poe, deux excentriques qui se plaisent à jouer les enquêteurs et les redresseurs de tort, le premier procédant par induction (il pénètre toutes les couches de la société pour comprendre les situations et les modifier) et le second par déduction (il enquête, il établit les responsabilités puis laisse faire la police). Il y aurait beaucoup à dire de ces deux personnages, crées dans les années 1840, nés de la presse (Le double assassinat dans la rue Morgue de Poe s’inspire d’un fait-divers récent tandis que Les Mystères de Paris de Süe procèdent d’une enquête sociologique commanditée par le journal Les Débats), qui l’un et l’autre sont quelque peu inspirés des souvenirs (romancés !) d’un policier authentique, François Vidocq. Le rapport entre réalité et fiction se brouille encore un peu plus lorsque, en 1844, un livre intitulé Les Vrais Mystères de Paris est publié sous le nom de François Vidocq — il semble cependant que l’ancien bagnard devenu chef de la sûreté ne soit pas l’auteur de ce roman écrit dans un style proche de celui d’Alexandre Dumas, mais du point de vue du public, on voit dès les débuts de l’histoire du roman policier d’étonnants allers et retours entre réalité et fiction.
La particularité des récits policiers sur toutes les formes de récits antérieurs (héros mythologiques etc.), c’est que la tâche du héros est, typiquement, d’enquêter, de comprendre un évènement passé (parfois pour en prévenir de futurs).

Sans faire l’histoire du roman policier, nous pouvons nous demander ce qu’il en est à présent. Quand nous pensons au travail de la police, quelle est la part de notre jugement qui est inspirée par une réalité (que nous ne fréquentons que de manière tout à fait exceptionnelle) et quelle est la part qui provient de clichés véhiculés par les fictions de masse ? Quand un vingtenaire passe le concours d’entrée de la police nationale, est-ce qu’il est influencé par la réalité du métier de policier ou par les enquêtes de commissaires de police dont il a suivi les aventures à la télévision ? Quand quelqu’un est mis en garde à vue, est-ce qu’il demande à avoir le doit de donner un coup de téléphone, comme dans un commissariat de feuilleton américain ? J’ai ouï dire qu’il était plus que commun pour les juges français de se faire donner du « votre honneur », quand les témoins ne réclament pas à jurer sur la Bible. Et ça n’étonne pas réellement les magistrats puisqu’ils ont vu les mêmes séries américaines que tout le monde1

Le traitement médiatique de la « grogne des universitaires » m’amène à me poser la question de savoir ce qu’est un universitaire dans l’imaginaire collectif. Et même, de savoir s’il existe une place pour les universitaires dans l’imaginaire collectif. La réception par le public (je me base pour en parler sur les discussions diverses que j’ai pu avoir à ce sujet) de l’actuelle grève des universitaires m’apparait étonamment indifférente, soutenue par une maigre conscience de l’actualité des enjeux et des problèmes soulevés, voire de l’existence même des enseignants du supérieur. Les étudiants existent (nombreux semblent être ceux qui croient être en présence d’une grève étudiante), mais leurs professeurs, non. Je suis souvent étonné de la méconnaissance des différences entre les statuts de profs et du manque de compréhension de ce qu’est une carrière universitaire.

En me penchant superficiellement (c’est à dire en me fiant à mes souvenirs personnels et non en m’appuyant sur une analyse méthodique) sur le traitement de l’université par les fictions, notamment des films ou des feuilletons télévisés, je constate déjà une énorme différence entre les États-Unis et la France, qui est que l’universitaire des fictions françaises est presque exclusivement un étudiant. Chez les américains, le professeur semble exister un peu plus. Le plus fameux exemple est sans doute le personnage de l’archéologue Indiana Jones. Si Indiana Jones a marqué les esprits2 , il n’est pas pour autant l’universitaire typique au cinéma, il est plutôt le digne descendant des universitaires aventuriers de Jules Verne ou d’Arthur Conan Doyle (les professeurs Sumerlee et Chalenger dans Le Monde Perdu), toujours prêts à réagir avec pertinence face à l’irruption d’un animal préhistorique, d’une momie revenue à la vie, etc.

Dans un registre moins fantaisiste (quoique), des films comme Dead poets circle (1989), Good Will Hunting (1997), Mona Lisa Smile (2003), ont parmi leurs personnages principaux un ou plusieurs professeurs d’université. Les trois titres que je cite ici ont pour point commun de parler de la question de réussir (ou pas) sa vie et de la poursuite du bonheur. La trame de ces films est toujours un peu la même : la victoire humaine correspond au renvoi ou à la démission de l’enseignant qui a offert une leçon de vie à ses étudiants. Nous voilà avertis : la transgression, la subversion, la liberté, c’est bien mais ça expose mécaniquement à une sanction.
Plusieurs séries, notamment de science-fiction, ont aussi parmi leurs protagonistes principaux des professeurs d’université : Sliders (1995), The Sentinel (1996), Lost (2004), Numb3rs (2005), Heroes (2006)… Ici, le professeur est avant tout celui qui est capable de fournir des explications aux phénomènes ou de trouver la solution à des problèmes à l’aide de son savoir encyclopédique (nous revoilà à Jules Verne). Ses recherches portent souvent sur une discipline fantaisiste telle que le voyage dans le temps, l’étude du paranormal, l’ufologie, les mutations de l’espèce humaine, etc.
Les disciplines universitaires fantaisistes ne sont pas rares dans les fictions, ce qui constitue à mon sens un authentique hommage à la capacité à étudier des sujets inédits ou à étudier de vieux sujets d’une manière inédite qui est la marque de l’université depuis ses débuts — hors certaine filières réglementées (médecine, droit) peut-être. Notons, pour revenir au roman policier, que les professeurs experts en criminologie, et notamment en « profiling » sont extrêmement courants au cinéma ou dans les séries, alors que leur discipline n’existe pas forcément sous cet intitulé à l’université, en France en tout cas, les criminologues ayant souvent une discipline de rattachement tout à fait traditionnelle : médecine, psychologie, sociologie ou droit. Mais une fois de plus, la réalité cherche à rattraper la fiction puisqu’on a pu le voir récemment, le Conservatoire des Arts et métiers, à Paris, vient de se voir imposer (par décret ministériel) une chaire de « criminologie appliquée » (!?).

Il existe aussi un genre de professeur d’université souvent rencontré dans le cinéma fantastique, qui est l’expert en puissances occultes. Bien qu’il soit « chercheur indépendant » et bibliothécaire d’un lycée, on aurait du mal à ne pas voir un universitaire dans le personnage de Rupert Giles, le mentor de la tueuse de vampires Buffy dans la série éponyme (1997). Rupert Giles est vraisemblablement inspiré par le professeur Van Helsing, issu du Dracula de Bram Stoker (1897). La série Buffy contient un autre professeur d’université, Maggie Walsh, psychologue, qui effectue pour le compte du gouvernement américain des recherches secrètes sur les créatures fantastiques qu’elle capture et dissèque dans le but de créer un patchwork biologique à la façon de la créature du docteur Frankenstein. Inutile de dire que l’affaire se finira mal pour elle.

L’universitaire qui fraie avec la magie, qui étudie les langues mortes et enterrées pour les invoquer parfois, existe dans les fictions françaises, je pense par exemple aux professeurs Brennos et Vernet dans Brocéliande (2002)3 . Il me semble que la très étrange université privée iséroise des Rivières pourpres est le cadre de recherches étranges aussi, mais j’ai perdu tout souvenir de ce film, si ce n’est que, comme pour Brocéliande, précédemment cité, la décoration intérieure de l’université est nettement inspirée des campus prestigieux du nord est des États-Unis, avec bibliothèques de bois et de velours et parcs paysagés.

On peut aussi parler du désopilant Da Vinci Code dans lequel des sémiologues et des historiens de l’art (Robert Langdon, Jacques Saunière, Sir Leigh Teabing) se battent pour découvrir ou pour cacher qu’une jeune cryptologue de la police judiciaire française est la descendante de Jésus Christ et de Marie-Madeleine4.

Sans aller jusqu’au surnaturel, le professeur d’université qui entraine (par la philosophie par exemple) ses étudiants vers l’application de théories abstraites au point d’être amorales, inhumaines, est une figure qui me semble courante, comme par exemple dans Rope, d’Alfred Hitchcock. À l’inverse du prof passionnant (jusqu’à se montrer dangereux), on trouve beaucoup de personnages de professeurs ennuyeux, de vieux barbons qui ressassent leur cours de manière routinière, qui ont perdu la fibre, s’ils l’ont jamais eu.
Je vois une variante au prof passionnant, qui est celle du chercheur (pas toujours professeur) passionné et prêt à tout pour mener ses travaux à bien, y compris travailler pour des institutions ou des régimes aux buts franchement malsains. Réciproquement, l’universitaire « éthique », qui utilise sa position pour servir un but moral, est une figure récurrente (Paul Newman dans Torn Curtain, toujours d’Alfred Hitchcock, par ex.). Ces deux derniers archétypes sont à mon avis directement issus de la guerre froide et rappellent de nombreuses figures authentiques, telles que Alan Turing, John Von Neumann, Albert Einstein, Werner Von Braun ou encore Robert Oppenheimer.

Dans un registre moins spectaculaire, et spécifiquement dans le cinéma français (mais aussi québécois, chez Denys Arcand ou Robert Lepage), il me semble qu’il existe de nombreux personnages d’universitaires qui font tout sauf donner cours ou effectuer des recherches. Ils bavardent, ils mènent des vies sentimentales complexes (et souvent particulièrement immatures, le prof qui s’amourache de son étudiante, par ex.), et l’on a l’impression que leur profession a été choisie pour le temps libre qu’elle est réputée leur laisser ou bien parce que l’université constitue en quelque sorte un abri contre la vie séculaire, contre certaines conventions de la vie sociale ou de la vie d’adulte.

Je ne dégage donc pas une seule figure d’universitaire au cinéma, dans la littérature et dans les séries télévisées, mais plusieurs. Il me semble que les fictions américaines sont nettement plus concernées par le sujet, et se montrent, quelque part, plus respectueuses de la figure du professeur.
N’hésitez pas à poster des commentaires sur ce sujet si vous avez une opinion à partager ou si vous disposez de références que je ne connais pas ou que j’ai négligé.
Malgré sa longueur (je suis bavard, je sais, je sais), cet article ne doit être pris que comme une ébauche de réflexion, un point de départ brouillon et empirique.

edit (23/02/09) : B. Coulmont me signale l’existence d’un article de Laurent Ferri intitulé Le chartiste dans la fiction littéraire (XIXe et XXe siècles) : une figure ambiguë, publié par une des plus anciennes revues scientifiques françaises, la Bibliothèque de l’École des chartes (livraison 159, année 2001, p. 615-629.)
edit (23/02/09) : Laurent Ferri me signale quand à lui l’article Love on campus, publié par  William Deresiewicz dans The American Scholar en 2007, article qui traite notamment (par sa représentation dans la culture populaire) d’un tabou universitaire, les rapports sentimentaux entre étudiant(e)s et enseignant(e)s.

  1.  Les présidents des États-unis sont un autre exemple de mythologie contemporaine constituée autour d’une profession précise et qui tout en étant fantaisiste (on ne compte pas les présidents « hommes d’action » par exemple) inspire la communication des authentiques présidents américains, comme George Bush qui se fait filmer débarquant héroïquement en hélicoptère sur un porte-avion situé dans le Golfe Persique pour féliciter ses soldats et leur apprendre que leur travail est terminé : « mission accomplished » — images qui s’avèreront avoir été tournées au large de San Diego, ce que la presse s’est gardée de faire savoir à l’époque. []
  2.  Indiana Jones… quand je pense à la vie de prof que je voudrais avoir c’est lui qui me vient spontanément à l’esprit… (S*K*, maître de conférences en littérature anglaise, née à la fin des années 1960) []
  3. Un point amusant : les mots grammaire, glamour (c’est à dire charme) et grimoire (ouvrage apparemment incompréhensible regorgeant de secrets) ont une racine commune, liée à l’étude des écrits mystérieux, le mot « grimace » (l’expression du malheureux que l’on force à étudier des langues disparues)  []
  4. je n’ai pas de remords à éventer le suspense car je ne souhaiterais à personne la torture que représente la lecture de ce roman épouvantablement mal écrit []
  1. 46 Responses to “Les universitaires existent-ils ?”

  2. By Stan Gros on Fév 23, 2009

    C’est moi ou tu as réussi à parler de policiers de fiction sans faire la moindre allusion à Derrick?

  3. By Jean-no on Fév 23, 2009

    J’ai absolument réussi et je n’en suis pas peu fier.

  4. By Hobopok on Fév 23, 2009

    Unrath, l’Ange bleu.

  5. By Hobopok on Fév 23, 2009

    Euuuh, non, Unrath, c’était le sobriquet que donnaient ses étudiants au Pr Rath… Dans l’Ange bleu.

  6. By Jean-no on Fév 23, 2009

    J’y ai pensé mais je me demande si ce n’est pas un prof de lycée plutôt (ça, il y en a moult exemples).

  7. By Hobopok on Fév 23, 2009

    Pas d’après mes souvenirs ni IMDB. Faudrait fouiller davantage.

  8. By Hobopok on Fév 23, 2009

    Effectivement, prof de lycée. Ça c’est fait.

  9. By Fred Boot on Fév 23, 2009

    L’universitaire a souvent une veste brune dans la fiction, dans la réalité c’est plutôt le pull à rayures il me semble. Voilà voilà…

  10. By Jean-no on Fév 23, 2009

    C’est vrai que si on se fie aux images que j’ai trouvé, on peut dire qu’il y a un uniforme !

  11. By Baptiste Coulmont on Fév 23, 2009

    Il y a aussi une sous-catégorie, le Chartiste… pas toujours universitaire, mais qui en partage certaines qualités.

    Laurent FERRI, Le chartiste dans la fiction littéraire (XIXe et XXe siècles) : une figure ambiguë, dans Bibliothèque de l’École des chartes, t. 159, 2001, p. 615-629.

  12. By Jean-no on Fév 23, 2009

    Merci ! L’abstract de l’article :

    La figure littéraire du chartiste ne se réduit pas à la caricature figée de l’érudit sans âge, poussiéreux, cacochyme et d’extrême-droite. C’est en fait l’ambiguïté qui constitue le trait dominant et la seule permanence du type. Ambiguïté politique : le chartiste est tantôt réactionnaire, tantôt égaré dans le militantisme révolutionnaire, mais souvent décalé. Ambiguïté sociale : homme du monde, bourgeois déclassé ou moine laïc, conformiste ou inadapté, il relève plus d’une logique d’ordre ou de hiérarchisation intellectuelle que d’une logique de classe sociale. Ambiguïté psychologique : derrière une allure sévère et contrôlée, il a une forte tendance au dolorisme ou à la névrose masochiste. Le corpus regroupe des auteurs pressentis parce qu’eux-mêmes chartistes ou proches de l’École des chartes (Anatole France, Roger Martin du Gard, André Chamson…) et d’autres moins attendus, comme Édouard Pailleron, Aragon, Nizan, Montherlant.

  13. By Baptiste Coulmont on Fév 23, 2009

    La revue « Bibliothèque de l’école des Chartes » est sur persee.fr, du tome 1 au tome 160… sauf le tome 159 ! Ironique…

  14. By Jean-no on Fév 23, 2009

    Rageant, effectivement ! Je suis impressionné, le numéro un de la revue (qui est en ligne) date de 1840 ! Ses trois derniers numéros ne sont pas non plus sur persee.fr, le tout dernier date de 2005.

  15. By Appollo on Fév 23, 2009

    « Comment je me suis disputé (ma vie sexuelle) » de Desplechins : un univers universito-normalien typiquement français, avec des vraies scènes « dans  » l’université française

  16. By Cécile on Fév 24, 2009

    Je pense à la prof de français dans « Jane Austen Book Club » et il faudrait voir si le chercheur dans « Un Homme d’exception » donne des cours…

  17. By Cécile on Fév 24, 2009

    Après vérification, Prudie, dans Jane Austen BC est prof en lycée.
    Il y a un téléfilm intéressant sur la vie de Stephen Hawkin qui s’appelle « la tête dans les étoiles ».
    Et aussi : Luchini, prof de fac dans le « Paris » de Klapisch.
    « Tesis », d’Amenabar ?

  18. By Hobopok on Fév 25, 2009

    Et Bouchitey dans Imposture ?

  19. By Jean-no on Fév 25, 2009

    Pas vu non plus, ça a l’air bien ! Là, c’est le registre de l’écrivain raté prof de fac, apparemment très courant aux états-unis.

  20. By r on Fév 25, 2009

    Dans le film l’emprise (une bonne série B, qui au passage est censé se baser sur une histoire vraie), on nous montre un peu les relations entre une discipline officielle, la psychologie, et une plus underground la parapsychologie.
    Et sinon outre le fait de ne pas avoir parlé de Derrick,vous avez aussi complétément oublié le savant fou ou qui finit par le devenir. Est ce à dire que celui là jamais il n’enseigne??

  21. By Jean-Michel on Fév 25, 2009

    Dans la série « Law & Order Criminal Intent », le personnage principal, que l’on nous présente au fil des saisons comme universitaire, interprété par Vincent d’Onofrio (« la baleine » dans Full Metal Jacket) est très proche du modèle que tu discernes chez le Docteur Jones. Nombres d’enquêtes liées au monde universitaire présente plusieurs types, et stéréotypes d’enseignants chercheurs ainsi que les rapports administratifs à leur département de rattachement et leur activités professionnelles extérieures (conférences, écrits, interventions au sein de firmes).
    Une constante se dégage de cette série. Il semblerait que l’enseignant de lettre, s’il est un écrivain raté ou en panne d’inspiration, est à l’origine d’un complot dont la finalité est l’homicide d’un de ses talentueux étudiants dont il doit assurer le suivi, alors que s’il est brillant il est le tueur en série.

  22. By Jean-no on Fév 25, 2009

    @r : Le savant fou est une figure qui me passionne, d’autant qu’elle est assez ancienne (Dr Cornélius, Dr Moreau, Fantômas)… Eh bien de mémoire, je n’en vois pas qui soient censés être des universitaires enseignants, ils sont essentiellement solitaires, et s’ils ont besoin d’aide, ce n’est pas de celle d’un doctorant mais celle d’un fidèle Igor – aussi pervers qu’intellectuellement limité.
    Bref, l’enseignant-chercheur est peut-être un écrivain raté, mais au moins il n’est pas un fou dangereux :-)

  23. By Jean-no on Fév 25, 2009

    @Jean-Michel : Le tueur en série est d’ailleurs une construction fictionnelle très intéressante, où le cliché s’éloigne de la réalité telle que l’étudient les statistiques : il est censé être supérieurement intelligent, professionnellement brillant (mais en réalité, non, pas tellement) et son pouvoir de nuisance est quasi surnaturel. Entre M le Maudit et la frénésie des serial killers géniaux des années 1990, pas mal d’eau a coulé sous les ponts.
    J’ai trouvé un certain nombre de cas de fictions dans lesquelles le serial killer est un artiste.

  24. By antoine bablin on Fév 25, 2009

    @ jean-no
    tu fais référence à Art school confidential de Terry Zwigoff ?

    http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=50729.html

  25. By Alex' D. on Fév 26, 2009

    Bonne typologie.

    Dans le genre à la fois universitaire et savant fou (plus gentiment allumé que fou, certes), il y a Emmett Brown, le Doc’ de Back to the Future.

    Sinon – rien à voir ou presque – mais je conseille fortement à tous ceux qui ne l’ont pas vu de jeter un œil à The Visitor, où un prof’ d’université correspondant plus ou moins à un des archétypes définis ici (« professeurs ennuyeux […] vieux barbons qui ressassent leur cours de manière routinière, qui ont perdu la fibre, s’ils l’ont jamais eu ») se voit traité de manière plutôt subtile, à travers une belle rencontre avec des clandestins – je n’en dis pas plus pour ne pas « spoiler ».

  26. By Jean-no on Fév 26, 2009

    @Antoine : j’avais vu passer le titre art school confidential (et j’adore Zwigoff dont j’ai Ghost World et Crumb) et puis je l’ai aussitôt oublié. Mais grâce à toi je viens de le commander :-)

  27. By Jean-no on Fév 26, 2009

    @Alex : vu la bande annonce de The Visitor, qui a l’air d’un film très intéressant, notamment dans mon sujet.

  28. By Jean-Michel on Fév 26, 2009

    Juste une note de bifurcation autours de l’artiste tueur. “The Cell” (2000) où figure le même Vincent d’Onofrio se présente comme la promesse d’une ballade dans l’inconscient d’un tueur sadique plongé dans le coma. Amusé, ce que l’on y trouve est une série de reprises, à peine modifiées, de pièces emblématiques de Jake & Dinos Chapman, Matthew Barney et Damien Hirst.

  29. By antoine bablin on Fév 26, 2009

    Pour en revenir au prof, chercheur, scientiphique au cinéma, j’ai cette amère impression de looser presque systématique.
    A croire que dans l’inconcient collectif c’est véritablement un schtroumf à lunette sur lequel passer ses nerfs.

    L’intelligence et la réflection font toujours autant peur au point que nous sommes incapable de l’envisager de façon glamour et héroïque. Voir Ross dans Friend, un pathétique looser de premier rang. Ce personnage ne m’a jamais fait rire, il est pitoyable.

    L’un des rares scientiphique, penseur traité radicalement à l’oposé reste Dr Ian Malcolm interprété par Jeff Goldblum dans Jurassic Park, décrit comme sexy, avec de l’humour et un certain charisme. On retrouve Goldblum aussi dans dans le fameu Indépendace Day dans le même type de rôle, dans La Mouche aussi mais dans le rôle de savant fou.

    J’ai fait une recherche rapide (sur allociné) avec les keywords Université, professeur, étudiant. Je suis tombé sur une soixantaine de films de série B a Z, du nanard érotique au survival horror en passant par quelques rares films portant réellement sur l’enseignement.

  30. By Jean-no on Fév 26, 2009

    @Antoine : Le prof comme loser (écrivain raté, époux raté,…), y compris prof dans l’enseignement supérieur, est effectivement une figure très fréquente, je m’en suis rendu compte en continuant mes recherches au delà de ce début de réflexion… C’est un cliché embêtant parce que le prof est, au delà de sa personne, le représentant de l’éducation et de la connaissance, qui devraient être des choses positives pour tout le monde.
    Tu parles de Jurassic Park, il est amusant de noter que ce film est de Spielberg, à qui on doit aussi Indiana Jones, autre prof sexy et amusant !
    Beaucoup de personnages négatifs de la littérature ou du cinéma sont des savants. James Bond par exemple ne se bat quasiment que contre des gens intelligents, et de vrais méchants comme le Dr Cornélius, Mabuse (qui n’a même plus vraiment de corps) ou Fantômas étaient des « têtes » tandis que les gentils, Doc Savage, Superman, Tarzan et bien d’autres, sont souvent des costauds avant tout (pas bêtes, mais costauds).
    La culture populaire émane de l’inconscient collectif, mais elle participe aussi à le fabriquer, il y a de vrais enjeux derrière ces questions.

  31. By Jean-no on Fév 26, 2009

    @Jean-Michel : The Cell est vraiment emblématique de l’association art/folie et art/crime. Indépendamment de son éventuelle portée idéologique, c’est un film que j’aime bien d’ailleurs :-)

  32. By Alex' D. on Fév 27, 2009

    Hum, si Spielberg a très certainement fortement contribué à forger le personnage de Goldblum dans Jurassic Park (quoi qu’il faudrait voir ce qui était déjà fixé à ce sujet dans le roman d’origine de Crichton; et ce qui a été rajouté), le personnage d’Indiana Jones est autant imputable à son vieil ami Lucas qu’à lui-même.

  33. By antoine bablin on Fév 27, 2009

    Quan j’étais au Beaux Arts ou à l’Esad, j’ai souvent eu cette triste impression que certains profs étais des artistes, graphistes, historiens, chercheurs ratés qui se complaisaient à l’enseignement pour une question de confort. N’empeche j’ai appris tellement de choses !

    Régis Debray, qui écrit dans « Par amour de l’art », que le prof est un contre-père et un anti-patron,
    décrit l’enseignant venant d’un autre temps et c’est peut-être là qu’est la figure type.

    Quand il détaille comment et par qui sont réalisé les manuels scolaires j’arrive à etre daccord avec son idée qu’on peu résumer comme ça : On prend un prof né en 73 qui à été éduqué par des manuels écris par des gens nés en 53 , qui n’arrivent pas à comprendre les fondamentaux d’aujourd’hui, pour les jeunes d’aujourd’hui. Le prof aurai toujours un métro de retard. (on apprend pas le language sms en cour de français en somme).

    Il explique que l’enseignement est une transmission d’un savoir passé, le prof est un représantant d’idées qui appartiendront toujours au passé et jamais au présent.

    Et pour l’image, Regis Debray est un ‘vieux gars moustachu qui fume la pipe !

  34. By Jean-no on Fév 27, 2009

    @Alex : Spielberg n’a créé aucun de ces deux personnages tout seul, mais il a quand même choisi de tourner ces films.

    @Antoine : les étudiants se demandent souvent pourquoi les profs sont profs et se trompent souvent sur les raisons. Pour moi ce qui compte d’ailleurs ce ne sont pas les raisons pour lesquelles on est venu à l’enseignement mais celles qui font qu’on a envie d’y rester. Le plus grand prof que j’ai eu, j’en parlerai ici un jour, c’était un artiste raté (au sens où sa carrière d’artiste n’a pas existé particulièrement), mais comme prof, il était « réussi », il a marqué des générations d’étudiants aux Beaux-Arts de Paris, et ceux qui ont suivi ses cours ne l’oublieront jamais. La question de la réussite dépend des objectifs visés finalement.
    Pas lu l’amour de l’art, je note le titre (j’avais bien aimé vie et mort de l’image), mais la question est bien plus compliquée qu’il le dit. Les profs de français d’aujourd’hui envoient des sms comme leurs élèves, c’est par choix (et parce que c’est le programme) qu’ils cherchent à transmettre autre chose que du langage SMS, mais d’ailleurs pourquoi apprendraient-ils à leurs élèves ce qu’ils connaissent déjà ? Le professeur de primaire ou du secondaire est souvent en partie le transmetteur de choses qui peuvent être anciennes (Molière par exemple), mais il fait partie de son époque comme tout le monde. En revanche l’éducation nationale lui refuse en grande partie de sortir du programme, contrairement au prof du supérieur qui n’est pas embauché pour appliquer des directives mais pour servir aux étudiants l’actualité de ses recherches et la somme de ses connaissances.

  35. By antoine bablin on Fév 27, 2009

    mon questionnement n’est pas pourquoi apprendraient-ils à leurs élèves ce qu’ils connaissent déjà, mais plutot de leur apprendre à comprendre leur présent

  36. By Jean-no on Fév 27, 2009

    C’est une partie du rôle du professeur je pense, mais il faut faire attention à ne pas tout retirer aux élèves. Si tu ne bats pas ton prof à Mario Kart, s’il parle mieux le djeuz’ et qu’il connaît mieux le SMS que toi, s’il danse mieux la tecktonik, et si en plus il peut porter un jugement pertinent et extérieur sur le sujet, qu’est-ce qu’il te reste ? Heureusement la question ne se pose pas, la ringardisation étant l’effet secondaire naturel de l’âge :-)

  37. By Alex' D. on Fév 27, 2009

    @Jean-no: certes mais du coup, ça relève peut-être un peu plus de la coïncidence que d’un schéma/choix inconscient qu’on verrait s’exprimer et se répéter dans ses oeuvres.
    Surtout que selon la légende, c’est Lucas qui serait venu trouver Spielberg, tout éreinté qu’il était par l’achèvement de la trilogie Star Wars, pour lui demander s’il ne voulait pas réaliser ces films.

    M’enfin je crois qu’on est d’accord malgré tout :)
    C’est juste que je trouvais ça moins évident que d’autres constantes dans la filmographie de spielberg (traitement d’autres formes de vie – artificielle, extra-terrestre – figure du père/patriarche etc.)

  38. By Jean-no on Fév 27, 2009

    Oui l’universitaire sexy n’est pas une constante chez Spielberg mais ça l’est plus que chez d’autres… Ce genre d’universitaire descend directement de Jules Verne et de Conan Doyle (d’ailleurs le second Jurassic Park s’appelle « The Lost World »).

    La constante qui me passionne chez Spielberg, c’est la famille américaine moyenne, suburbia, mères seules (E.T.) et autres thèmes sociologiques très normaux et plutôt absents du cinéma de science-fiction antérieur aux productions Spielberg.

  39. By Wood on Mar 1, 2009

    Pour en revenir au savant fou : il n’est pas universitaire, le plus souvent parce qu’il s’est fait virer (comme Zorglub) ou qu’il s’est enfuit sous les risées et les quolibets. Paria du monde scientifique, il prépare souvent sa vengeance sur les scientifiques « traditionnels » jugés trop timorés…

    Ceci dit, il y a aussi des contres-exemples, comme Dr Octopus dans Spider-Man

  40. By Jean-no on Mar 1, 2009

    Le chercheur-enseignant serait donc le chercheur qui ne s’engage pas à fond (jusqu’à la folie), qui garde un pied dans le réel et donc dans la compromission.
    C’est vrai, Octopus fait cours. Octopus est un cas intéressant, car il lui arrive d’être capable de sociabilité, mais le naturel reprend facilement le dessus.

  41. By Wood on Mar 1, 2009

    Mais quand Octopus bascule dans la folie, il s’éloigne pour de bon de l’université…

  42. By Jean-no on Mar 1, 2009

    Oui exactement.
    Conclusion, l’universitaire est un savant fou contenu, en puissance.

  43. By Cécile on Mar 4, 2009

    J’ai vu « The Visitor » qui est bien dans votre sujet et je laisse mon grain de sel pour dire que c’est un très bon film !

  44. By Termite on Mar 4, 2009

    Je vous signale le film « Dr. Kinsey », biopic de l’universitaire américain célèbre pour ses enquêtes monumentales sur les Américain-e-s et le sexe. Un portrait d’enseignant-chercheur passionné par sa discipline, tourmenté, d’abord inhibé sexuellement, puis par hasard s’épanouissant, et peu à peu se jetant avec passion, contre une foultitude de timorés, dans sa célèbre enquête. D’où la gloire, puis un déclin et un rejet qu’il vit mal. Là, c’est un passionné idéaliste visionnaire, mais dont la passion est dévastatrice pour ses proches et lui-même.
    Il n’est pas entré « parce que c’est chauffé et qu’il y a de la lumière »…

  45. By Hermitt on Jan 31, 2010

    À ce propos, un article d’Emmanuel Ethis qui vous intéressera : L’impasse créative du « désir d’université »

  46. By Glaspla on Nov 6, 2011

    Très chouette note,
    Il manque aussi les héros des « campus novel ».
    Les trois romans de David Lodge sont à cet égard assez intéressants car décrivant et confrontant plusieurs archétypes d’universiataires héros de roman.
    Dans la même veine le roman « Un rôle qui me convient » de Richard Russo est une réussite totale, avec un personnage principal détonnant qui secoue argéablement un campus universitaire.
    Il y a aussi, il me semble quelques « universitaires » dans certains bouquins de Philip Roth.
    Et oui je sais, j’aarive 2 ans après la bataille, mais c’est la faute à twitter.

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  2. Avr 9, 2010: Fac story » Blog Archive » A propos de l’archétype de l’universitaire

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