Profitez-en, après celui là c'est fini

La bande son est-elle à la hauteur ?

décembre 6th, 2015 Posted in Non classé

J’ai quarante-sept ans depuis quelque jours, je suis bien plus vieux que ce que je considérais comme âgé lorsque j’étais adolescent, et cela fait de moi quelqu’un de plutôt mal placé pour juger de la manière dont vivent et pensent les jeunes. Mais j’ai des enfants et des étudiants, et donc un angle d’observation certes superficiel, mais bien réel. Et puis à présent que je ne suis plus jeune, j’ai bien le droit, voire le privilège, de pouvoir faire mon vieux con et de dire : avant, c’était mieux.

...

Dans le film Steak (Quentin Dupieux, 2007), Georges (Ramzy Bédia) fait écouter la musique actuelle à Blaise (Éric Judor), qui a été coupé du monde pendant sept ans : « Tu vas voir l’époque dans laquelle on vit aujourd’hui ». George utilise une cassette à l’ancienne pour passer à Blaise quelques secondes seulement des Blue Wet Shirt, qu’on « entend partout ». Le résultat, dû à Mr. Oizo (Quentin Dupieux), ressemble à une radio FM où l’on cherche les stations.

Pour préparer une fête, récemment, j’ai passé un certain temps à écouter la pop mainstream des cinq dernières années. Je ne sais pas vraiment comment on accède à la musique aujourd’hui, il ne semble plus vraiment exister de plage de diffusion de vidéo-clips à la télévision, du moins sur les chaînes que j’ai et aux heures où il m’arrive d’allumer le poste1. Je me suis donc fié aux classements annuels des meilleures ventes et à des compilations disponibles sur Spotify.
J’ai écouté tout ce qui est censé se vendre.
Comme à chaque époque, on y trouve du bon et du moins bon, il y a des titres qui marqueront, d’autres qu’on oubliera, mais j’ai été étonné ne pas vraiment parvenir à dégager de tendance qui me permette d’identifier un son 2010’s.
Enfin presque, on va voir ça plus loin.

albums_1

The Clash, London Calling ; The Bee Gees, Stayin’ Alive ; Serge Gainsbourg, Histoire de Melody Nelson ; Sly and Family Stone, There’s a riot goin’on ; John Lennon, Imagine ; Marvin Gaye, What’s going on ; Big Brother and the holding company (Janis Joplin), Cheap thrills ; Bob Dylan, Desire.

Une chose qui m’a tout de même frappé est la sensation de reconnaître en permanence non pas les morceaux, mais de petits segments de ces morceaux, entendus dans des publicités, des génériques, ou comme bouche-trou sonore d’émissions de coaching et de télé-réalité. Certains morceaux apparemment très populaires me semblent même du coup avoir été artificiellement construits autour de huit ou quinze secondes vraiment intéressantes prévues pour accompagner des productions audiovisuelles. J’ignore si c’est ainsi que ces morceaux sont fabriqués — après tout, il a toujours existé des morceaux dont seules quelques secondes sont marquantes, quelques secondes, voire un simple riff, une introduction ou une unique note chantée —, mais c’est l’impression qu’ils me renvoient.

albums_2

Queen, II ; Led Zeppelin IV ; Bob Marley and the wailers, Survival ; Afrika Bambaataa & Soulsonic Force, Planet Rock ; Grandmaster Flash & the Furious five, The Message ; The Police, Outlandos d’Amour ; Kraftwerk, Radio-Activity ; Prince and the Revolution, Purple Rain.

Je suis aussi étonné par un fréquent sentiment de déjà-vu, enfin de déjà-ouï, notamment avec les bons morceaux dont certains semblent être des pastiches aux limites du procès2. Parmi les registres qui reviennent souvent, je remarque une étonnante prolifération de balades ennuyeuses à la guitare et/ou au piano qui, me semble-t-il, auraient difficilement servi de face B aux disques d’autres époques, et qui sont souvent augmentée de sons percussifs graves et assez forts3. Je ne suis pas un musicologue assez compétent pour exprimer mon sentiment avec précision, mais toutes ces balades m’ont l’air de reposer sur une sorte de tension perpétuellement retenue qui donne en permanence le sentiment que le morceau finira par démarrer, ce qui n’arrive jamais. Un peu comme certaines émissions de télé ou de radio qui passent leur temps à dire « restez, il va se passer un truc ». L’effet Shéhérazade.
J’ai aussi souvent l’impression que les passages les mieux chantés ou les mieux joués sont collés à l’identique plusieurs fois dans les morceaux. Si j’ai raison, la sensation de vaine répétition s’explique, mais si j’ai tort, cela voudrait dire que la pauvreté n’est pas l’effet collatéral de la paresse du producteur, mais le but qu’il voulait atteindre.
De temps en temps, on perçoit l’auto-tune4, employé de manière suffisamment discrète pour qu’il ne s’agisse pas d’un effet volontaire, mais bien d’un cache-misère technologique. Je me demande ce qu’aurait été la musique de ma jeunesse si les voix de Joe Strummer et de Nico avaient été rectifiées de manière à faire croire que ces artistes pouvaient en remontrer à Aretha Franklin ou Sam Cooke en termes de justesse et de précision. Tout semble un peu propre, du coup.
Bon, j’arrête.

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Fade to grey, par Visage ; Boys don’t cry, par The Cure ; Sweet Dreams, par Eurythmics ; Licence to ill, par les Beastie Boys ; The Age of consent, par Bronsky Beat ; No need to argue, par les Cranberries ; Things fall appart, par The Roots ; Debut, par Björk.

Sans dire que la musique que diffusent les radios aujourd’hui est à jeter, ni que rien n’en restera, je n’arrive pas à dégager ce que les années 2010 sont censées raconter. Je ne peux pas écarter l’hypothèse, une fois de plus, que ça soit juste à cause de mon âge, c’est d’ailleurs certainement le cas et le fait que les gens de ma génération soient souvent, sinon systématiquement d’accord sur ce point est un indice peu rassurant quant à ma capacité de discernement objectif. Peut-être aussi est-ce que je manque d’information sur ce qui s’écoute vraiment. Peut-être d’ailleurs que le « mainstream » n’est plus vraiment représentatif en musique, à l’image de TF1, en télévision, qui conserve la plus grosse part de marché d’une audience qui ne cesse de réduire. Peut-être aussi que l’accès immédiat à un siècle de musique enregistrée crée un télescopage des époques et des lieux qui ne permet pas à la musique d’ici et maintenant la plus massivement diffusée d’avoir une personnalité forte. La nostalgie d’époques qu’on n’a pas vécues mais qui sont documentées et disponibles à un stade jamais atteint font qu’on peut avoir quinze ans et aimer au choix Joy Division, les sons des jeux vidéo 8 bits, Pierre Henry, la pop coréenne, les chorales des balkans, le rap gangsta côte Ouest, etc.

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Dummy, par Portishead ; Protection, par Massive Attack ; OK Computer, par Radiohead ; Homework, par Daft Punk ; Enter the Wu Tang, par le Wu Tang Clan ; She’s so unusual, par Cyndi Lauper ; The Score, par les Fugeees ; Since I left you, par The Avalanches.

Quelle que soit la raison, le sentiment est là, je ne trouve pas la bande-son des années 2010 à la hauteur des enjeux du temps.

Le Rock, le Folk, la Disco, le Punk, la New-wave, le Rap, le Grunge, la House, la Techno, le Trip hop, ont porté les espoirs et surtout les désespoirs de la jeunesse de leur époque. Pourtant, même si on aimait prendre un air sombre et désabusé, revenu de tout, du haut de nos quinze ans — l’âge où l’on commence à deviner que le monde n’a pas besoin de nous, mais où on a encore un peu de mal à l’accepter —, le monde contemporain que nous montraient les médias n’était pas forcément aussi déprimant que le temps présent que l’on nous sert aujourd’hui, avec ses certitudes de chômage, de crises économiques et écologiques, son obsession du terrorisme et ses guerres si proches. Il parait cependant que ce sont les gens de plus de trente ans que le monde qui vient désespère, tandis que les adolescents et les jeunes adultes, la « génération Z », ont abandonné l’idée de vivre aussi bien que leurs aînés, ne rêvent pas vraiment de devenir adulte au sens où on l’entendait autrefois (un mariage, un patron, un crédit, un cardiologue), et se sentent finalement assez adaptés à la société dans laquelle ils vivent. Ils ne se complaisent pas dans un « spleen » adolescent, ils ont fait le deuil d’un monde meilleur.
Alors peut-être est-ce que je cherche une musique « de jeunes » qui collerait à ma propre humeur plutôt qu’à celle des intéressés. Une musique qui n’existe pas et n’a aucune raison d’exister.

...

Parmi les mouvements musicaux (mais aussi et peut-être plus que tout visuels) très contemporains, on me cite notamment le Vaporwave, qui repose, musicalement, sur l’association d’échantillons de diverses époques, altérés intentionnellement, et, visuellement, sur le collage d’éléments tels que la statuaire antique et l’esthétique informatique des années 1980 (pixel art, communication des éditeurs de logiciels d’époque, web 1995, glitch et 3D simpliste), agrémenté de caractères japonais. Ce mouvement, né sur le web, est autant une culture musicale qu’un « mème » parodique du cyberpunk, et il m’a l’air effectivement de s’inscrire très précisément dans l’époque, mais je ne pense pas que ça devienne un jour le genre de musique que diffusent les chauffeurs d’autobus.

Mais tout de même : est-ce qu’il existe en 2015 beaucoup de titres aussi marquants que ceux des albums dont j’ai reproduit les pochettes plus haut, tous sortis de mon vivant ? Et j’aurais pu ajouter des poids-lourds du genre des Rolling Stones, de David Bowie, de Stevie Wonder ou de U2, ou bien des gens un peu oubliés aujourd’hui mais que l’on entendait partout tels que Sade Adu, Zapp, Terence Trent d’Arby, les Fine Young Canibals, la Mano Negra… Je ne sais pas pourquoi je pense précisément à ces noms dans cette énumération, j’aurais pu y placer des dizaines d’autres artistes5.
Bien sûr, une fois que les ans ont passé et que le temps a fait son tri, il est facile d’oublier la soupe et de ne se souvenir que de la crème, voire d’être nostalgique de périodes que l’on n’a pas connues et que l’on aurait peut-être détestées sinon, mais je guette en vain à présent la sensation que quelque chose de nouveau est en train de se passer, qu’il y aura eu un avant et un après. C’est une sensation que j’ai souvent ressentie par le passé (que j’aie ou non aimé ce que j’entendais) : Michael Jackson, le Hip hop, Prince, Björk, Nirvana, Portishead, la « French touch », la « world music »,…

Bon, allez les jeunes, dites-moi ce qu’il se passe en musique populaire aujourd’hui et que je n’ai pas remarqué ou pas compris.

[Mise-à-jour 7/12] On m’envoie lire l’article Rétromania : ce passé qui repasse trop, article qui résume le livre Retromania, par Simon Reynolds, apparemment bien intéressant, et voir la vidéo d’analyse du genre « Summer minimale », par PVnova.

  1. La télévision a énormément changé, elle n’est plus prescriptrice en musique (si ce n’est le groupe de fin d’émission de Ce soir ou jamais, dans mon cas. Si je trouve super que des groupes se lancent grâce à Youtube, sans moyens mais avec des idées, je regrette un peu l’époque où le vidéo-clip était un genre artistiquement assez ambitieux. De même, si les groupes ont trouvé d’autres moyens pour s’inventer une esthétique, je resterai toujours nostalgique des pochette 30cm, qui faisaient souvent intégralement partie du projet musical. []
  2. Je pense à Locked out of heaven, de Bruno Mars, qui rappelle Message in a bottle par The Police ; à Blured lines, de Robin Thicke, éhontément inspiré du Got to give it up de Marvin Gaye, et qui est d’ailleurs allé au procès pour cela ; et enfin à Somebody that I used to know, de Goteye, qui semble une imitation de Peter Gabriel par Phil Collins ou l’inverse — ce qu’aurait fait Génésis si le groupe ne s’était pas séparé, peut-être. []
  3. Autre problème de l’âge : on tend à entendre de moins en moins les médiums, donc on monte le son pour écouter mieux et on est juste agressé par les basses et par les aigus. Mauvaise nouvelle : cette dégradation de l’oreille touche tout le monde est n’est pas réversible. []
  4. technologie logicielle qui permet d’améliorer la justesse du chant. Au départ employé pour améliorer la prestations de certains artistes, l’auto-tune peut aussi être utilisé pour obtenir un effet comique ou artificiel, à la manière du vocodeur dans années 1970s. Les télé-crochets tels que La Nouvelle Star font apparaître que certains jeunes chanteurs imitent la voix auto-tunée, dont ils semblent prendre les brusques changements de note pour un effet de style. []
  5. Ces dernières années, parmi les titres que l’on entend beaucoup, j’ai bien aimé Get Free, par Major Lazer ; Alors on danse et Formidable de Stromae ; le duo Gnarls Barkley (mais ça date un peu) ; le duo Royksopp (mais ça date encore plus) ; J’ai trouvé pas mal de titres R&B/dance plutôt bien fichus, bien produits, quoique souvent terriblement interchangeable. Les seuls qui me restent facilement en tête sont Get Lucky, par les Daft Punk, chanté par Pharell Willams (qui relève, je l’apprends, d’un genre musical récent, le Nu-disco), Happy, du même, et Chandelier, par Sia. []
  1. 15 Responses to “La bande son est-elle à la hauteur ?”

  2. By Loïc on Déc 6, 2015

    :-)

    http://culture.samples.fr

  3. By alterlibriste on Déc 6, 2015

    Je trouve que le film Boyhood que j’ai vu récemment donne un bon aperçu d’une bande son des années 2000-2014.
    Effectivement, pour les enfants du Top 50 que nous sommes, il est difficile d’identifier une source de tendances. La pub est maintenant devenu le tremplin des jeunes artistes et usines à tubes, les clips se regardent sur YouTube et il devient difficile de trouver quelque chose d’original chez les disquaires dont les rayons se réduisent comme des peaux de chagrin.
    Malgré tout, pour les amateurs, il y a toujours de bonnes nouveautés, à condition de savoir trouver de bonnes sources.

  4. By UnExemple on Déc 7, 2015

    Attention : tu mélanges facilement 30 ans de musique (des Beatles de 1962 à Björk en 1992), en garde ce que le temps/votre génération a sélectionné, et demande à la musique des 4/5 dernières années de faire aussi bien, ce qui est dur/impossible.
    En effet, il est encore dur de savoir ce qu’il faut garder des années 2010. PSY et son tube de KPop planétaire ? Sia, Taylor Swift ? Sexion d’Assaut + Booba ? Beyoncé ? ou Adele, Christine and the Queens/Jeanne Added ?

    Un homme est important dans ce que tu entends, aussi : Max Martin. Je te laisse découvrir : https://www.youtube.com/watch?v=YzRup5YFf8Y

    @UnExemple

  5. By Jean-no on Déc 7, 2015

    @UnExemple : ah non non non, je n’ai pas cité les Beatles (et ça ferait plus de 50 ans de musique !), juste John Lennon (peu avant sa mort), et je m’en suis tenu à des choses qui datent de mon vivant. J’aurais pu ne pas mettre les choses que je n’ai connues que plus tard, comme Sly & Family Stone, Marvin Gaye ou Janis Joplin, mais en dehors de ceux-là, j’ai tout vu arriver. Bien sûr, la sélection qui reste couvre quarante ans, ce qui fait huit fois plus de temps que les cinq ans auxquels j’ai essayé de m’intéresser :)

  6. By Cédric on Déc 7, 2015

    Je commence à m’éloigner sérieusement de la catégorie « jeune » mais je continue à prêter une attention toute particulière à la musique populaire de 2015, et je pense sincèrement qu’il n’a jamais été produit plus (ou moins) de bonne musique, si tant est que ça veuille dire quelque chose.
    Seulement c’est le bordel, les choses prises au jour le jour ne forment pas naturellement une histoire cohérente. Il faut attendre 10 ans et le travail de réécriture de l’histoire de la mémoire et des critiques. Ta liste d’artistes populaire, par exemple, oublie beaucoup des plus gros vendeurs des années 1960 à 1990 dans ta liste: On préfère se rappeler de Chic que de Boney M, de Nirvana que de Maria Carey, etc…

    Quand à la vaporwave, dans dix ans ce sera une note de bas de page d’un numéro spécial des Inrocks, dont on se rappellera encore moins qu’on ne se souvient de la no wave ou du Romo.

    Après, il faut sans doute se dire que les modes de distribution et de consommation de la musique ont changé et que nous ne savons pas encore très bien mesurer ce qui est un « hit » aujourd’hui, et surtout il est beaucoup plus facile de ne jamais entendre le tube de l’année comme il était impossible d’échapper à la lambada, par exemple.

    Pour finir, je ne peux que te suggérer d’écouter ces quelques artistes qui pour moi représentent 2015 mais dont je n’aurais la prétention de te dire qu’ils vont y survivre longtemps: Susanne Sundfor, Tinashe, Grimes, Tkay Maidza, Donnie Trumpet & The Social Experiment…

  7. By Jean-no on Déc 7, 2015

    @Cédric personnellement je préfère Maria Carey à Nirvana, mais qui m’écoute ?

  8. By Atombrecher on Déc 8, 2015

    Je rejoins les précédents avis, se prononcer sur le contenu culturel qui sera retenu alors que la décennie est encore en cours, c’est un peu prématuré.

    Maintenant, on peu parler d’un courant qui m’est cher, et qui est en forme ces derniers temps : le Métal.
    Quand le Heavy Metal s’est affaissé vers la fin des années 80, et s’est vu partiellement remplacé dans les années 90 par le Grunge, il n’est mort pour autant. Il a un peu faisandé, mais il a survécu.
    On a noté un retour du Métal vers le milieu/fin des-dites années 90, notamment avec l’impact du Black Metal et du Death Metal (‘agrugru, ‘apascontent), mais aussi avec l’arrivée de nouveaux poids-lourds (Nightwish, Rammstein…), et le retour des grand anciens vers mi-2000 (Iron Maiden, tout ça).
    On constate la bonne santé actuelle du milieu avec le succès des festivals (En France, le plus connu étant le bon Hellfest) qui, comme à la boulangerie, va croissant.

    Y’a aussi toute la branche électro (Ambient, psytrance…), mais je n’ai aucune idée de la fréquentation de la scène.
    Comment qu’on écoute? Je n’ai ni télé ni radio, par contre j’ai un PC et Internet. A partir de là, on a les sites des groupes (principalement pour les petits) et les sites qui diffusent de la musique. La situation que les industriels du support à vendre par million abhorrent, parce qu’ils ont freiné des quatre fers au lieu de se faire à l’idée et s’adapter.
    Et comme j’aime bien sortir de temps en temps, il y a aussi les petits concerts dans des bars, c’est souvent gratuit/pas cher, et ça fait vivre les vrais groupes avec des vrais artistes dedans, pas des ordures de milliardaires qui viennent pleurer à cause de Napster et Kazaa.
    En conclusion, je commence doucement à quitter le rang des jeunes ignares pour me décomposer en vieux crouton rétrograde, mais j’ai bon espoir et confiance dans la relève pour composer et écouter de belles et puissantes mélodies, aujourd’hui tant que demain.

  9. By Wood on Déc 8, 2015

    Moi ce dont je me souviens dans ma jeunesse (les années 90), c’est que la musique qui me plaisait, je ne l’entendais pas très souvent à la radio « commerciale ». l’impression que j’en avais, c’est que d’une station à l’autre on ne passait toujours que les 12 même morceaux à tour de rôle, comme si aucune autre musique n’était censée exister. Quel soulagement, à cette époque pré-internet, de découvrir une radio associative qui diffusait toutes sortes de chose bizarres et inconnues…

    Tout ça pour dire que je ne me souviens pas d’une époque ou « la radio » ait diffusé autre chose que de de la merde à 80%.

    Ces jours-ci, c’est vrai que je fais moins attention, mais qu’est-ce que je retiens, moi, de ces 5 dernière années ?
    Janelle Monae ?
    Laura Gibson ?
    Stromae ?
    Die Antwoord ?
    Garfunkel and Oates ?

  10. By Neovov on Déc 8, 2015

    Peut-être qu’à « l’époque » les artistes dénonçaient quelque chose. Ce qui maintenant est moins commun et noyé sous un flot continu d’informations et de marketing.

  11. By Stéphane Deschamps on Déc 8, 2015

    > allumer le poste

    Rien que de dire ça te qualifie explicitement de vieux con, je suis sûr que c’est volontaire. :)

    Laissons à ces gens le temps de construire une carrière, mais Hozier, Sia par exemple amènent autre chose que de la pop.

    Et ta sélection est effectivement la crème du passé, il manque beaucoup de merdes que nous écoutions en boucle (moi, en tout cas) et qu’aujourd’hui je trouve inaudible.

    Des faiseurs de rock honnêtes qui ont éclos dernièrement, je pense aux Black Keys qui sont fort honnêtes.

    Mais bon, je ne suis pas jeune non plus. ;)

  12. By Arf on Déc 8, 2015

    J’ai 48 ans et je fais le même constat que toi malheureusement.
    Le pire c’est que mon fils de 17 ans fait de même et est « obligé » de se réfugier dans les valeurs sûr, Rolling Stone par exemple ou Little Richard pour trouver l’inspiration musicale (il est musicien).

  13. By jukhurpa on Déc 8, 2015

    C’est officiel, tu es vieux! :)

    Mais quand tu dis que cette musique n’incarne pas l’esprit de cette jeunesse 2010′ il faut réfléchir à deux point : d’une part parce qu’il est difficile de déterminer un dénominateur commun à tout ce qu’on peut écouter aujourd’hui, avant on avait 1K7 qu’on réécoutait en boucle, aujourd’hui on a des millions d’albums accessibles depuis notre téléphone et ça n’a jamais été autant varié. Et après cette jeunesse se retrouve beaucoup plus sur d’autres outils de « communion sociale ».

    Moi énormément de choses me plaise dans cette musique de 2010, à commencer à The Black Keys ou Metronomy pour ne citer que les plus connus, par contre c’est un véritable travail d’aller chercher ce qui te plais réellement, la dessus tu ne peux presque plus te fier aux radio et cie pour te débusquer une petite perle.

  14. By Kart on Déc 14, 2015

    Moi il me semble qu’effectivement les canaux de diffusion sont bien plus… diffus. (Je fais mes découvertes via Senscritique et les programmes de -petits- festivals. Va voir là pour 2015 par exemple: http://www.senscritique.com/top/resultats/Les_meilleurs_albums_de_2015/703389.)

  15. By cld on Avr 21, 2016

    pas mal de temps que je n’étais pas venu sur ce super blog. Alors là, c’est carrément un sujet intéressant, et je pense pour le coup que non c’était pas mieux avant, mais si c’était mieux, mais non c’était pas mieux, mais c’était mieux. Je pense qu’avant le contenu de qualité « émergeait » plus facilement que maintenant. On a maintenant une dilution qui fait que les bons, qui existent surement, ont plus de mal à se frayer un chemin. Tu te souviens bien de la minute de Mr Cyclopède au moment du pic d’audience juste avant le 20h ! La même chose est impensable de nos jours. Je pense que c’est pareil pour la musique : les créateurs ne peuvent plus se frayer le chemin du mainstream de la même façon.
    Donc ensuite pour prendre ce qui émerge : quand j’écoute soundcloud, je suis fasciné de voir comme TOUTES les musiques se mélangent et se fraient un chemin jusque dans la plus petit guérite du fin fond de nulle part, comment elle est digérée puis restituée, comment le très expérimental et pointu est mélangé au kitsch et aux emprunts et gimmick mainstream. Il y a des créations qui interpellent.
    Donc au final, oui c’était mieux et non c’était pas mieux avant. Bon ok, alors on va parler d’un age d’or. Bon je sais pas. Bref, j’ai été heureux de découvrir Nicolas Jaar, été surpris par le mélange énergique de baltimore de tt the artist qui sous ses dehors ghetto machin me parait une démarche hyper pointue, etc. Bon, j’arrête de raconter ma vie mais il est vraiment super ton blog de « vieux con » ;-)

  16. By Jean-no on Avr 22, 2016

    @cld : finalement, ce serait la cohérence et la concentration de la diffusion de l’offre qui produit une cohérence d’ensemble, le son d’une époque… J’étais arrivé à une conclusion de ce genre, puisque je constate aussi que les talents ne manquent pas.

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