Profitez-en, après celui là c'est fini

Comment je me suis fait virer

juin 23rd, 2015 Posted in Non classé

(Ceux qui étaient là, ceux qui se souviendront mieux que moi, devront me pardonner de mes imprécisions dans le résumé des faits)

Il faisait assez beau ce jour là et j’ai pris un itinéraire inédit pour retourner vers la gare, en suivant un canal puis en longeant une route moche et fréquentée, au bord de laquelle, je m’en souviens parce que c’était un peu incongru, des gens pique-niquaient. Il devait être midi, j’imagine. Je ne me souviens pas pourquoi j’étais seul à faire ce trajet. J’ai une très mauvaise mémoire de ma propre existence.

...

À l’emplacement de l’école où j’ai enseigné cinq ans se trouvent désormais des habitations. L’actuelle école se situe à un jet e pierre de là et partage ses bâtiments avec la faculté d’arts plastiques de l’Université de Picardie.

Toutes les années où j’ai enseigné à Amiens, je n’avais jamais eu la curiosité de faire autre chose que d’aller droit vers la cathédrale avant de bifurquer vers la gare. J’ai savouré le soleil et j’ai pris mon train en me jurant que je ne remettrai plus un pied en Picardie de toute ma vie.
J’adore me faire ce genre de promesses, mais, bien heureusement, je ne me sens jamais tenu de les respecter ensuite.

Comment je m’étais fait embaucher

J’ai commencé à donner des cours à l’École d’art et de design d’Amiens en 1997. L’embauche s’était faite un peu en urgence, j’avais été reçu par le directeur de l’école chez lui, à Paris. Je lui avais été proposé par Jean-Marie Dallet, qui y enseignait déjà, ainsi que par Jean-Louis Boissier. Sans eux, mon profil atypique n’aurait jamais eu la moindre chance, et d’ailleurs, je n’aurais moi-même pas eu l’idée de postuler.
L’entretien ne s’est pas déroulé de façon très protocolaire, je me souviens que le directeur m’avait accueilli en chaussettes ce qui, m’a-t-on dit plus tard, était sa mise habituelle pour rencontrer ses futurs employés. En tentant de lui expliquer mon métier, je lui ai raconté le fonctionnement du langage HTML, dont il n’avait aucune idée — en 1997, il fallait déjà expliquer à la plupart des gens ce qu’était Internet et à quoi diable cette nouvelle mode pouvait servir —, et le fait que si l’on écrivait un mot, entouré des « tags » <i> et </i>, ce mot apparaîtrait en italique. J’ai perçu qu’il comprenait subitement quelque chose, que les tenants et aboutissants de la programmation, si on peut parler de programmation pour qualifier le langage HTML, lui ont paru moins obscurs. J’ai toujours savouré ce moment dans la pédagogie des questions techniques où on perçoit que l’autre comprend quelque chose de nouveau pour lui. Je savais déjà reconnaître ces instants fugaces (toujours trop rares, bien sûr) chez les étudiants auxquels je donnais cours depuis un an à Paris 8.

contrat_esad_1997

De cette période, je conserve surtout de la paperasse. En retrouvant mon contrat, je (re)-découvre que j’ai été embauché au titre de « Praticien du multimédia à dominante interactive et spécialiste des langages spécifiques adaptés à la création contemporaine du design ».

Apparemment, ce jour-là, j’ai été convaincant, puisque je suis devenu aussitôt professeur à l’école d’art. Le premier professeur d’école d’art à centrer son enseignement autour de la programmation informatique, m’a-t-on dit plusieurs fois — mais j’ignore si c’est vrai, je suis preneur de toute information complémentaire à ce sujet. C’est ainsi en tout cas que j’ai entamé ma modeste carrière de turbo-prof1. L’époque était assez enthousiasmante, notamment grâce à l’essor d’Internet, mais aussi à la vitalité des musiques électroniques qui se mêlaient assez naturellement au design graphique et au multimédia interactif, et où la scène française, pour une fois, n’était pas anecdotique. On avait d’ailleurs à Amiens des étudiants dee-jays, comme Miss Kittin (qui est sortie l’année où je suis arrivé, je pense), ou encore Jean-François Rey, à présent responsable de l’agence Incandescence2. Parmi les étudiants de cette même promotion se trouvaient les membres de la société Ici la Lune. Je me souviens que le jury avait été sévère avec eux, jugeant qu’ils faisaient des choses « qu’on voit partout », ce qui était vrai, mais constituait un reproche injuste, car ces jeunes gens étaient déjà engagés dans une vraie démarche professionnelle et ces choses que l’on voyait « partout », c’était justement eux qui les avaient faites. L’école d’art et de design d’Amiens était vraiment au cœur des tendances du graphisme de l’époque, ce qu’elle est sans doute aujourd’hui encore, mais moins seule dans son cas.

J’ai énormément appris, pendant les cinq années que j’ai passées à l’Ésad, autant par mes collègues3 que par les étudiants4, mais je ne vais pas commencer à raconter ça ici.
Je me souviens juste de mes premiers cours liés à Internet : la seule connexion de l’école se trouvait dans la bibliothèque, où j’emmenais les étudiants, un par un, se créer des comptes e-mails chez Caramail, s’inscrire à des systèmes d’hébergement gratuits tels que Mygale, Geocities, ou plus tard Free, et découvrir les joies du transfert de fichiers, tandis que la documentaliste, qui détestait que l’on ose pénétrer dans sa grotte, fumait gauloise sur gauloise en pestant contre la planète entière et les agents de catégorie A (les profs, quoi) en particulier.
L’école d’art d’Amiens, qui attire aujourd’hui des étudiants venus de toute la France et au delà, n’avait pas sa réputation actuelle, alors mes premiers étudiants étaient pour la plupart originaires des environs. En entrant, ils pensaient que « design » était un adjectif et servait à qualifier les voitures rouges et profilées. En sortant, cinq ans plus tard, ils étaient devenus de véritables graphistes.

emac

Aujourd’hui remisés, les eMacs commandés par l’Esad d’Amiens l’année où j’ai quitté l’école. Je pense que les ordinateurs que mes étudiants utilisaient étaient des Macintosh Quadra et PowerMac.

Les locaux étaient dans un état lamentable : à certains endroits, la pluie perçait le plafond, et la salle où j’avais mes ordinateurs était sous les toits, il y faisait une chaleur terrible l’été et sans doute froid l’hiver quoique je n’en aie pas gardé grand souvenir. Quand il a été question de démolir les bâtiments, il s’est avéré qu’ils étaient lourdement amiantés, ce qui a considérablement ralenti le chantier. Le jour où un pneumologue me dira avec un sourire gêné qu’il y a peut-être un truc marrant sur mes radios et que dans le doute, on va les refaire, eh bien je le devrai en partie à mes années amiénoises.

Comment je me suis fait virer

Après quatre ans, tout semblait fonctionner au mieux dans l’école. De bons collègues tels que Jean-Marie Dallet, Philippe Millot, Jean-Louis Fréchin ou Félix Müller étaient partis vers d’autres horizons, d’autres comme Loo Hui Phang, David Poullard, Vanina Gallo ou Pierre Wendling nous avaient rejoints. Un des enseignants était miné par la maladie de son fils. Le directeur m’a dit un jour que ça n’était pas très bon pour l’ambiance générale et qu’il fallait y remédier. Sa solution a été de ne pas renouveler le contrat de l’enseignant en question : on taille les branches qui donnent moins. Cela faisait des années que cet enseignant était là, apprécié de ses collègues et de ses étudiants, graphiste compétent et personnalité profondément agréable.
L’équipe a protesté et la décision a été abandonnée, l’enseignant en question a bien pu faire sa rentrée. Cet épisode a, je pense, constitué un déclencheur pour ce qui a suivi : le lien de confiance était rompu.
Le directeur était un type intelligent, cultivé, fantaisiste, amusant, sympathique, qui avait eu au début de la décennie la charge de fonder un Bauhaus picard sur un modèle a influencé bien d’autres écoles en France par la suite. Mais il était aussi autocrate, cruel dans sa gestion du personnel, pervers dans sa manière de faire circuler les rumeurs, et doté d’un humour sexiste qui ne faisait rire que lui. Il ne respectait pas spécialement les textes ministériels, et il y a bien des éléments du fonctionnement normal aux écoles d’art dont je n’ai appris l’existence que des années plus tard, en en fréquentant d’autres. Plusieurs fois, et c’est ce qui me vexe le plus rétrospectivement, puisque j’y ai participé, il avait pesé de son autorité pour pousser son équipe à faire des choses qu’il aurait fallu éviter, comme d’écrire une lettre collective à la mairie pour réclamer le changement de poste de notre (effectivement épouvantable) bibliothécaire, d’obtenir le départ d’un étudiant intéressant qu’il n’appréciait pas, ou encore d’annuler le redoublement d’une étudiante qui se trouvait être la fille d’un notable. Le cas est intéressant : cette jeune femme « sauvée » par le fait du prince est devenue une étudiante plutôt correcte par la suite et a passé un bon diplôme. Preuve que l’enseignement n’est pas une science exacte : souvent, sans doute, nous nous trompons.

...

La friterie-kebab où j’allais parfois déjeuner. Oui, je sais, ça n’est pas très intéressant.

Au cours de l’année 2001-2002, un discours séditieux a commencé à se constituer parmi les enseignants, qui dénonçaient divers dysfonctionnements liés, notamment, aux décisions du directeur, mais aussi à la loi dite « Sapin », qui forçait les administrations publiques à titulariser les agents précaires de longue date. Enfin à les titulariser ou à s’en débarrasser, puisque les services publics ne pouvaient pas établir des contrats à durée indéterminée (pour les écoles d’art, ça a un peu changé). Le dogme, à la mairie d’Amiens, était de refuser toute titularisation des enseignants, quitte à être complètement hors-la-loi. De fait, seuls deux membres de l’équipe étaient titulaires : un professeur de peinture qui était là bien avant la refondation de l’école et qui approchait l’âge de la retraite, et puis le directeur lui-même, qui s’est toujours bien gardé de nous apprendre qu’il était « indéboulonnable ». Dans l’équipe, les enseignants attendaient chaque rentrée de savoir s’ils allaient être renouvelés, et ceci depuis dix, voire près de quinze ans pour certains. Même si les reconductions étaient tacites et que, contrairement à d’autres écoles fonctionnant avec des contrats précaires, nous étions rémunérés pendant nos mois de vacances, cette situation n’était pas très confortable. Tous les profs étaient précaires, mais aussi, embauchés à mi-temps : nous ne venions chacun à l’école qu’un jour par semaine et nous ne nous connaissions pas forcément bien, hors des grandes réunions pédagogiques plénières. Puisqu’Internet se diffusait et que presque tous les enseignants y accédaient, j’avais monté une mailing-list, nommée comme un club de football : amical club. Les discussions y étaient parfois vives, en réponse aux problèmes.
L’année a été électrique. Le député-maire Gilles de Robien, qui était depuis peu un ministre « d’ouverture » dans le gouvernement Raffarin, ne voulait pas de vagues, et notre médiatisation l’inquiétait : on était passés dans le Courrier Picard, et avec une photo, imaginez-ça. Et puis il se trouvait dans l’équipe un prof qui connaissait assez bien Internet, à savoir moi-même : dans le cadre de notre lutte — car ç’en était devenu une —, j’avais acheté un nom de domaine, letorchonbrule.org, pour y monter un site que j’avais parfaitement référencé et dont j’avais largement diffusé l’adresse. Je n’ai que peu de souvenirs du contenu de ce site (il y avait, je me souviens, une pétition, où ont signé tous les professeurs d’art français de l’époque). Pour la mairie, à une époque où Internet commençait à devenir un véritable média de masse, c’était trop.
J’ai retrouvé le visuel qui se trouvait au centre de la page d’accueil :

letorchonbrule

Toute l’année, nous avions eu des réunions avec diverses personnes de la mairie. Le directeur, lui, était étonnamment peu présent dans l’école, excepté pour le conseil pédagogique de l’établissement, où il n’avait convoqué que lui-même, ce qui constituait un symptôme assez clair d’une rupture entre direction et corps enseignant. Il a aussi envoyé au début du printemps un message sybillin à cinq ou six professeurs, à qui il disait qu’il n’était pas certain que leur contrat serait renouvelé. Pour apaiser une situation délétère, on a connu plus habile. Les choses ont pourtant fini par se calmer, l’année scolaire s’est terminée, et au début du mois de juillet il nous a été annoncé que tous nos contrats seraient reconduits. L’été est passé. Avant la rentrée, le directeur nous a appris qu’il allait y avoir du nouveau : quelques professeurs seraient peut-être titularisés, un serait remercié, et deux avaient leur situation en suspens. L’annonce était fort vague. À un collègue, il avait dit : « si je suis forcé de te titulariser, je te mettrai à la voirie ».
Si mes souvenirs sont exacts, la rentrée était faite depuis une semaine, et de nombreux enseignants avaient participé au concours d’entrée. La réunion plénière de rentrée avait été inexplicablement annulée par le directeur, nous y étions tous venus quand même, sans l’y trouver, mais conscients que tout était terminé. Le lendemain, 11 septembre 2002, nous allions tous recevoir une lettre recommandée nous informant que notre contrat ne serait pas reconduit. Nous avons été en tout dix-sept enseignants à perdre notre emploi, sans préavis, et alors que l’année était entamée. Cela concernait principalement les (nombreux) parisiens, et je crois me rappeler que tous les enseignants résidant à Amiens avaient été épargnés.

Même Charlie Hebdo a parlé de nous (25/09/2002)

Même Charlie Hebdo a parlé de nous (25/09/2002). D’autres titres ont couvert notre actualité, comme Libération, le Courrier Picard ou encore Fakir, qui était à l’époque un journal satirique purement amiénois, photocopié, que l’on voyait traîner ici et là dans l’école.

C’était, bien entendu, une punition.
Je suis parti sans me retourner : adieu Amiens !

Comment je n’ai pas lutté

Je venais d’obtenir un poste de maître de conférences associé à l’Université Paris 8, poste que j’occupe toujours aujourd’hui (pas pour très longtemps, sans doute, mais c’est une autre histoire). Je travaillais avec Claude Closky pour le musée d’art moderne du Luxembourg et diverses autres institutions, je gagnais particulièrement bien ma vie. Quitter Amiens ne m’a pas trop pesé, je me suis dit que si l’on ne voulait plus de moi, je n’avais aucune raison d’insister. J’ai retrouvé l’e-mail que j’ai envoyé à mes collègues à cette occasion :

(…) je dois donc vous dire au revoir, avec mon meilleur souvenir pour 99% d’entre vous.
Il est toujours un peu décevant de constater que les tentatives de changements sont mal vécues par une hiérarchie qui croit qu’elle se protège en nuisant à ses subordonnés, mais ce n’est ni nouveau, ni surprenant.
Le fait d’être dégagé de mon devoir d’obéissance et de mon droit de réserve sont toutefois un soulagement important.

Si j’ai aussitôt abandonné l’idée de rester à l’école, ça n’a pas été le cas de tous mes collègues, et plusieurs d’entre eux ont pris un avocat pour entamer une procédure en urgence devant le tribunal administratif (pas de Prud’hommes pour les agents de l’État !). Même si je n’avais pas fait une croix sur mon poste, je ne les aurais pas suivis, parce que j’avais eu une expérience du tribunal administratif (en tentant d’échapper au service national quelques années plus tôt), et que je savais que le but de cette institution n’est pas d’arbitrer des injustices humaines ou morales, mais d’appliquer le droit public. En l’occurrence, la procédure « en urgence » ne visait pas à évaluer l’intensité de l’indignation éprouvée par mes collègues et l’injustice de leur situation, mais à vérifier si l’école d’art d’Amiens pourrait continuer à fonctionner malgré la disparition des trois-quarts de son équipe pédagogique. Or, avant que l’affaire n’arrive devant un juge, nous avions déjà tous été remplacés. Non pas par des artistes, des graphistes ou des designers d’une certaine importance, mais par un peu n’importe qui : membres du service communication de la ville, anciens membres de l’équipe, ou même, étudiants fraîchement diplômés. C’est ainsi qu’un jeune homme qui enseigne toujours aujourd’hui à l’école a pris ma suite, et ce avec ma bénédiction puisque cela me faisait très plaisir, tant qu’à disparaître, d’être remplacé par quelqu’un que j’appréciais. Un ancien collègue m’avait vertement engueulé : « Tu aurais dû refuser, tu aurais dû lui dire de ne pas accepter ton poste ! ». J’avais trouvé cette réflexion égoïste et bête, mais elle ne m’étonnait pas tellement vu la personne qui l’avait proférée, un sémioticien constamment énervé qui faisait de toutes les discussions une affaire de domination et qui tirait constamment la couverture vers lui entre deux saillies vertueuses grandiloquentes un peu toc. Pour ma part, si je me levais le matin pour aller à Amiens, c’était pour les étudiants, et si j’avais quelque chose à souhaiter à ces derniers, c’était bien de trouver du travail, pas qu’ils refusent leur premier emploi en se sacrifiant par solidarité avec leurs anciens profs !

Et nos étudiants étaient solidaires, déraisonnablement solidaires : toute l’année qui a suivi, ils ont organisé des assemblées générales, fait des grèves, produit des affiches, etc. De loin, je conseillais à ceux avec qui j’étais resté en contact de nous oublier un peu : à quoi ça servait ? Leurs études comptaient plus que les problèmes de leurs ex-enseignants. Grâce aux étudiants avec qui j’étais resté en liaison, j’ai appris que le directeur, dans une réunion avec eux, s’était justifié de ses choix en leur disant ceci : « Un prof est usé au bout de quatre ans. Ce sont les sociologues qui le disent ». Nous savions que cette idée l’obsédait, mais nous ignorions qu’il pensait qu’elle avait une base « scientifique » ! À un journal, il avait expliqué qu’il était pour une politique de « turn-over » (bien qu’il préférait parler de « mobilité et d’adaptabilité professionnelle ») avec pour volonté, je le cite, de « changer les enseignants en même temps que les machines pour permettre d’être à la pointe de la technologie ». Ce dogme n’incluait pas le directeur… Pourtant j’ai le souvenir qu’il n’était pas tellement à la pointe de la technologie lui-même, il avait par exemple reproché à un prof de photo de ne « pas être passé au numérique », ce qui était faux. La discussion qui a suivi et surtout prouvé que ce directeur n’avait pas la moindre idée de ce que pouvait être la photographie numérique, il savait juste qu’il fallait y passer.

La salle de volume de l'actuelle école

La salle de volume de l’actuelle école

La justice a décrété que l’école avait suffisamment d’enseignants pour fonctionner, et la procédure en urgence s’est donc interrompue là. Si j’ai bien compris ce qu’on m’en a raconté, l’avocat a envoyé en échange de ses conseils très médiocres une note d’honoraires très élevée, et a commencé à parler du procès suivant, un procès « sur le fond », qui serait impossible à perdre puisque nos licenciements autant que nos conditions d’emploi étaient parfaitement illégaux. Un collègue plaignant a alors décidé de se retirer du procès et l’avocat a alors expliqué que si le nombre de gens qu’il défendait changeait, il fallait tout reprendre à zéro, c’est à dire le payer à nouveau pour du travail déjà effectué. Je ne sais pas si cela se justifiait juridiquement ou si c’était une escroquerie commerciale, mais mes collègues ont sans doute regretté d’avoir pris cet avocat qui, m’a-t-on dit, avait justement pour client régulier la municipalité qu’ils attaquaient. Je pensais qu’ils avaient laissé choir, mais on m’a dit récemment que certains avaient fini par être dédommagés, à hauteur des frais de justice qu’ils avaient engagés et pas au delà. Les syndicats des personnels de la mairie ne nous avaient pas spécialement assisté, non plus, je me souviens d’une réunion où leurs représentants nous avaient clairement fait sentir que nos problèmes ne les intéressaient pas : les profs d’école d’art sont en « catégorie A » (mieux rémunérés), c’est à dire l’ennemi. Cependant ils acceptaient que nous cotisions.

...

Un beau jour, j’ai reçu ce papier, accompagné d’un autre qui attestait que j’avais été employé un an à l’école d’art (en réalité, cinq, je me demande si cette omission était malhonnête ou réglementaire). Comme j’étais aussi employé ailleurs, je me suis dit que je n’avais sans doute droit à rien et je n’ai pas rempli ni envoyé ce formulaire. C’est l’unique fois que j’aurai été en contact avec les Assedics, finalement.

Quelque temps plus tard, j’ai été recontacté par l’école pour reprendre ma place. J’ai refusé, non par réserves morales vis-à-vis de ceux à qui on ne le proposait pas ni par fierté mais parce que pour moi, la page était tournée. D’autres ont accepté.

J’ai pris peu de nouvelles, dans les années qui ont suivi. J’ai appris que le directeur avait conservé son poste une année pour la forme, puis avait été placardisé dans un service de la ville. Enfin il était devenu directeur d’une autre institution à Lyon avant de revenir à Amiens, ai-je cru comprendre, dans un centre culturel. Des années plus tard, au hasard d’un envoi de vœux, il m’a donné de ses nouvelles par mail. Au bout de quelques échanges, il m’a ouvert son cœur, m’expliquant que toute cette histoire lui avait beaucoup coûté, ce que je n’ai pas de peine à croire :

ce fut minable et même si l’histoire m’a donné raison, j’ai été très blessé, surtout par le mensonge, l’hypocrisie et la lâcheté. C’est cela qui m’a fait le plus mal, et surtout le silence gêné des gens, après. À cela à ajouter la « casserole » que cela m’a collée ! je l’ai payé très cher et longtemps, trop. Enfin, dans une vie, il y a des ratés (sic).

Pauvre loulou ! J’ai eu l’impression qu’il cherchait ici à me faire accepter comme principe positif de son œuvre le recours aux licenciements autoritaires et illégaux d’enseignants maintenus dans un statut précaire. C’est un genre de discours que l’on peut tenir avec qui l’on veut, mais difficilement avec quelqu’un que l’on a licencié. C’est un aspect attendrissant du personnage, cette capacité à croire que n’importe quoi peut passer. Je lui ai répondu quelque chose d’un peu sec, quoique poli, et nous n’avons plus jamais échangé par la suite.
Reste que je lui suis redevable de m’avoir fait confiance et d’avoir eu l’intuition que je pourrais être un enseignant convenable, et je ne suis pas le seul à pouvoir le remercier pour ça. Quant à l’école qu’il a en partie fondée, elle a servi de modèle à bien d’autres et il n’a donc pas à rougir de son travail, bien au contraire. Dommage que tout ça se soit si mal terminé. Et dommage pour le directeur en question que l’histoire l’ait retenu comme unique responsable, alors que le maire, qui n’était d’ailleurs légalement plus député ni maire de la ville à ce moment, mais juste président de la communauté de d’agglomération, semble avoir puissamment pesé sur la décision d’amputer l’équipe pédagogique des deux tiers de ses effectifs.

presse_esad_2002

Mon analyse de la situation, a posteriori, c’est que les actions et les paroles des uns et des autres ont été motivées par une forme de panique qui s’est auto-entretenue. La direction aux arts plastiques avait fait une inspection, mais la mairie n’a pas voulu révéler le contenu très critique de son rapport. Le maire avait clairement peur que cette histoire ne prenne trop d’ampleur médiatique — et elle en a pris, de nombreux enseignants en art de toute la France m’en parlent encore aujourd’hui. Ses subordonnés avaient peur pour leur place, à commencer par le directeur de l’école, qui n’avait pas tort de se sentir directement visé par la contestation et qui a bel et bien été contraint à la démission un an plus tard. Les enseignants, évidemment, et avec autant de raisons, avaient peur de perdre leur emploi.
Quoique faisant clairement partie du camp des enseignants mutins (quelques uns, notamment des enseignants fraîchement embauchés, ont évité de s’exposer), j’étais plutôt nonchalant, et, quoique engagé dans toutes les actions avec mes collègues, une partie de moi observait la situation en spectateur de film catastrophe.
La peur ne rend pas très intelligent, et plusieurs fois, les uns ou les autres ont franchi le cran à partir duquel il est impossible de revenir en arrière, d’améliorer pragmatiquement une situation dans l’intérêt général. Si on ne laisse aucune porte de sortie honorable à son adversaire, il est mécaniquement amené à devenir un ennemi et l’on se trouve alors en situation de duel. Pas besoin d’être Sun Tzu ou Machiavel pour savoir que, si l’issue d’une dispute se pose en termes de victoire des uns contre les autres, ce sera celui qui est en situation de l’emporter qui l’emportera. Et le plus fort, évidemment, c’était la mairie, notre employeur. Si la médiatisation avait été plus massive au delà du petit monde de la culture, les choses auraient sans doute fini autrement.
Au fond, personne ne s’est montré très avisé, dans cette affaire, et chacun y a beaucoup perdu.

Comment je suis revenu à Amiens

L’an dernier, l’actuelle directrice, Barbara Dennys, m’a proposé d’être jury de DNSEP à l’école. Ce que j’ai accepté avec plaisir. Je viens d’y passer trois jours. En arrivant à Amiens, dimanche soir, je n’ai rien reconnu. Ou plutôt, j’ai reconnu la tour Perret, mais pas la gare, et encore moins ses abords, qui m’ont l’air d’être d’avoir été remodelés récemment. Je me souvenais sans problème de la direction de la cathédrale, mais rien de ce que j’ai croisé sur le chemin ne m’a été familier. Dans les jours qui ont suivi, je me suis souvenu d’un ou deux détails, mais treize ans plus tard, la ville m’était devenue totalement étrangère.

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La vieille usine décatie où logeait l’école, que je n’aurais sans doute pas reconnue si elle avait toujours été là, a été détruite et un nouveau bâtiment a été construit. Les locaux ne sont pas immenses, mais très hauts de plafond, et l’école dispose d’une annexe pour Waide Somme, sa formation en cinéma d’animation qui démarrait à l’époque où je suis parti, et qui détient, parmi les autres écoles de ce domaine, un record imbattable en termes de rapport qualité/prix.
Aujourd’hui, trois jeunes gens (plus si jeunes, d’ailleurs), que j’ai eu comme étudiants sont à leur tour profs à l’Esad : Benoît Wimart, Mathieu Allard et Olivier Cornet. J’y connais quelques autres enseignants, comme Marie-Claire Sellier, David Rosenfeld, Mark Webster et Donald Abad. Cette modeste école est restée un établissement de référence dans le design graphique, la typographie et l’interactivité.

terrasse_esad

Mes collègues de jury, sur la terrasse de l’Ésad.

Qu’en dire ? Je retrouve une école en bonne santé, dotée de quelques équipements qu’envieraient de nombreux enseignants d’autres lieux (un arsenal de massicots, une bibliothèque fournie et une immense salle de volume, notamment). L’actuelle directrice semble accompagner psychologiquement chacun de ses étudiants diplômants jusqu’à des heures impossibles. Elle m’a confié comment elle avait relevé l’école, lorsqu’elle en avait pris la direction, il y a douze ans : en disant à son équipe que, tout bien pesé, l’école allait très bien. Et ça a fonctionné.
En tant que jury, j’ai vu quelques très beaux projets, lu de bons mémoires et rencontré des étudiants de valeur.
Malgré le décès du directeur des études, très regretté, au début de l’année5, l’ambiance semble bonne, et on croise encore des gens dans les couloirs passé la mi-juin, ce qui n’est pas le cas partout. Bref, l’école a survécu à la crise de 2002.

Cet article est interminable, si vous êtes arrivé jusqu’à cette ligne sans tricher, je vous en félicite.

  1. Selon le dictionnaire du CNTL :
    turbo-prof , subst. masc., fam. Professeur (du secondaire ou de l’Université) qui n’habite pas la ville où il enseigne et dont les horaires de cours sont parfois fixés en fonction des horaires des trains. J’ai repris le train (…), comme un turbo-prof de la fac de Caen qui a groupé ses six heures hebdo sur deux jours et rentre à Paris avec sa brosse à dents, le jeudi soir, jusqu’au mercredi suivant, qu’il reprendra son turbotrain (Pierre Marcelle, Terrain lourd, éd. Fayard 1981. []
  2. Tout en terminant ses études à l’Ésad, Jean-François Rey a été un de mes premiers employeurs, pour un projet d’ateliers à l’Ircam à Paris, devenu l’excellent cd-rom 10 jeux d’écoute (Hyptique) quelques années plus tard. []
  3. Entre autres collègues, j’ai eu Félix Müller, Jean-Marie Dallet, Philippe Millot, Jean-Louis Fréchin, Vanina Gallo, Brigitte Monnier, Pascal Valty, Sylvie Tissot, Pierre-Laurent Thève, Denis Toulet, Brice d’Antras, Yves Faure, Marie-Claire Sellier, Béatrice Duport, David Rosenfeld, Élisabeth Vernageau, Antoine Robaglia, Marc Pataud, Ramuntcho Matta, David Poullard, Caroline Pouthavy, David Rault, Olivier Champion, Jérôme Glicenstein (très éphémèrement), et d’autres que j’oublie, qu’ils m’en excusent. []
  4. Depuis quelque temps, je retrouve d’anciens étudiants à qui je demande de me raconter ce qu’ils deviennent. J’en ai tiré un blog intitulé Comme on se retrouve. []
  5. Il s’agit de Jean-François Danquin, que je n’ai pas fréquenté, pour ma part, mais qui a été le véritable créateur de l’Ésad, où il est revenu après le départ du directeur que j’y ai connu. []
  1. 18 Responses to “Comment je me suis fait virer”

  2. By Joss on Juin 23, 2015

    Pour vous aider, il reste des archives du「letorchonbrule.org」

  3. By Jean-no on Juin 23, 2015

    @Joss : yup, mais malheureusement beaucoup de documents étaient des images, et n’ont pas été conservés par Archive.org. Et dans mes e-mails (je garde tout), les pièces jointes sont souvent au format antédiluvien « stuffit »…

  4. By peccadille on Juin 23, 2015

    Tu racontes bien les histoires. J’ai perdu 15 minutes de travail :)

  5. By panpan on Juin 23, 2015

    merci pour cette histoire bien documentée, et personnelle.
    lu jusqu’au bout !

  6. By Cheyrou on Juin 23, 2015

    L’affirmation de soi et la révélation de son destin se fait souvent dans la douleur, le conflit, et fini par briller dans une justice et une vérité que tout emporte. C’est mon point de vue et mon expérience. Alexandre Cheyrou, ancien étudiant Dnap 98. je me souviens de vous comme particulièrement investi auprès de vos étudiants. amitiés.

  7. By josué on Juin 23, 2015

    Tu racontes bien les histoires, j’ai raté mon train.

  8. By Emeline on Juin 23, 2015

    Sur l’histoire de l’enseignement en art centré autour de la programmation, il me semble que ça remonte à bien avant en fait (mais pas le même type de programmation).

    En tout cas, le site de Schoffer indique :
    1969 Enseignement : « Art et Programmation » à l’École Nationale Supérieure des Beaux-Arts de Paris (section architecture)

    1970 Enseignement : « Art et Programmation » à l’École Nationale Supérieure des Beaux-Arts de Paris (section architecture)

    1971 Enseignement : « Art et Programmation » à l’École Nationale Supérieure des Beaux-Arts de Paris (section architecture)

    A voir quel était le contenu exact de ces cours. Bref, en tout cas, c’est possible que ça remonte plutôt à cette époque là :)

  9. By Jean-no on Juin 23, 2015

    @Emeline : je suis très curieux de ce qu’il entendait par là dans le contexte (le mot programmation est polysémique), il va falloir retrouver des témoins ! En 1969, l’accès à des ordinateurs était une chose complexe, mais peut-être que l’école d’architecture en disposait ? Je connais mal la tradition et le fonctionnement de ces écoles.

  10. By Stéphane Deschamps on Juin 23, 2015

    > Cet article est interminable, si vous êtes arrivé jusqu’à cette ligne sans tricher, je vous en félicite.

    J’ai triché, j’avoue.

  11. By benoit on Juin 23, 2015

    @Jean-No tu n’as pas vu les restes de l’ésad 1.0 (le hall Filliou, la salle de 1re année, la teinturie, la salle de sérigraphie, l’adminstration…)
    https://goo.gl/maps/MHPp5

  12. By ah on Juin 23, 2015

    tu as beau dire que tu es content d’avoir tourné la page amiens j’y perçois comme une pointe de nostalgie , pas pour ton poste mais plutôt pour tes collègues. Tu n’aurais jamais crée cette article si tu ne les tenais pas en haute estime…
    , j’aime ta narration elle me semble autenthique d’autant plus que l’on a l’impression que tu écris plus par nostalgie que par désir de buzz.il est sidérant de voir que le blog d’un programmeur informatique de la vieille est bien plus poignant et autenthique que le dernier best seller a la mode…

  13. By Emeline on Juin 24, 2015

    @Jean-No, vu son travail, j’imagine que c’était plutôt de l’électronique/mécanique en fait ! Pour CYSP-1, les descriptions parlent de « cerveau électronique » (cf : http://cyberneticzoo.com/wp-content/uploads/Cysp1-S-V-Sept56-p4.jpg, ou pour la tour cybernétique de Liège : https://ceroart.revues.org/3885). Il y a aussi des trucs beaucoup plus petit, comme le varetra, qui allume des diodes aléatoirement.

    Il avait pas mal collaboré avec l’industrie à l’époque, du coup on peut imaginer qu’il avait du matériel sur lequel faire travailler les élèves.

    Tu peux poser la question à sa veuve, Eleonore, si elle sait, elle sera plus que ravie de te répondre :)

  14. By ab on Juin 24, 2015

    Tous ces noms, ces lieux.
    Croisés. À d’autres moments, sur d’autres lieux.

    Souvenir d’un stage multimédia là-bas quand tu venais de commencer avec JMD (lorsque que j’étais en deuxième année à l’école supérieure d’art de Bourges.)
    C’est là aussi que beaucoup de choses se sont construites pour moi.

    Et l’impression de revivre une autre histoire des écoles d’art territoriales.
    Depuis 10 ans à l’ÉESI maintenant, tout jeune titulaire depuis 2 semaines (un autre projet de lois à la Sapin en quelque sorte), j’ai lu ton papier comme on mange un bonbon.

    Tous ces problèmes d’égos des instances et de lutte au quotidien pour s’affirmer face à une direction. (Je suis membre du CA de notre école et je pourrais témoigner de biens des choses.)
    À Angoulême-Poitiers, la nôtre a sauté à la rentrée dernière. Elle était pire que celle que tu décris.
    Nous venons de faire une année sans personne, livrés à nous-mêmes, coordinateurs pédagogiques, encadré par une seule directrice administrative de qualité et engagée auprès de secrétariats fidèles. Avec un chargé de mission qui doit réécrire un projet d’école. Encore un. Le 3ème pour moi en 10 ans. Cela fait beaucoup.

    Pourtant cette école est un modèle.
    Elle a servi de test aux EPCC. Sous tutelle du Ministère de la Culture depuis 20 ans alors qu’elle est une école de (deux) villes Angoulême et Poitiers. Avec une réputation forte avec la bande-dessinée et une histoire qui se poursuit autrement autour des arts qui te tiennent à cœur avec le web et le jeu vidéo. Nous allons pour la rentrée prochaine même mettre en place un ARC Geek avec Hervé Jolly et Thierry Smoldoren. Je sens que tu risques d’être invité (encore !)

    Tout ça pour dire qu’il est difficile d’enseigner en école d’art en France.
    Mais il faut tenir bon. Pour les étudiants.

    Notre promo 2015 DNAP était formidable. Les DNSEP sont en cours. Terminés à Poitiers avec deux étudiants brillants. La suite cette semaine encore pour quelques jours à Angoulême.

    J’espère que tu es content de ce passage à Amiens et que tout se passera bien au Havre pour les DNSEP qui commencent !

  15. By ab on Juin 24, 2015

    PS : appellation « turbo-prof », parfaite. Puis-je ?

  16. By Jean-no on Juin 24, 2015

    @ab : c’est souvent un peu péjoratif mais moi j’aime bien. Me rappelle, une fois, sur le stand de l’école d’Épinal pendans le festival d’Angoulême, un prof me vantait son école en disant que ce n’étaient que des gens du coin, qu’il n’y avait pas de « turbo-profs ». Je lui ai dit que c’était ma profession ;-)

  17. By Hélène on Juin 30, 2015

    Toute jeune étudiante à l’époque, j’étais entre la première et la deuxième année quand le torchon s’est mis à brûler!
    Nous ne connaissions pas encore tous les profs mais la vague de protestations, de grèves et d’affiches en tous genres nous ont amené à pousser notre créativité et notre implication pour défendre « Notre » école.

    De ce mouvement, il me reste surtout une impression de lavage de cerveau, catapulté dans un nouveau bâtiment, avec une nouvelle direction, des nouveaux profs…
    En dehors de l’incontournable « c’était mieux avant » que l’on tourne en boucle dans les soirées pour se rassurer face à un changement radical qui nous arrive en pleine tronche et le souvenir des anciens locaux délabrées (mais qui avaient un charme fou!) nous n’avons quasiment plus parlé de cette époque, n’ayant pas vraiment compris ce qui s’était passé…

    Nous avons été une promo un peu « cobaye » écartelé entre l’ancienne et la nouvelle école mais tellement fier de notre parcours, des enseignants rencontrés et un peu triste de ne pas avoir pu profiter vraiment de l’ancienne équipe pédagogique…

  18. By Jean-no on Juin 30, 2015

    @Hélène : je te rassure, il n’y a pas que les étudiants qui n’ont pas tout compris à l’histoire, en fait, personne n’a rien maîtrisé, c’est un cas emblématique de lose-lose. Mais l’école existe à nouveau, et ça c’est bien.

  19. By alfafa on Juin 4, 2016

    Mince, je découvre l’histoire de mon ancienne école des Beaux-Arts… et je comprends mieux le changement qui s’est opéré… enfin si l’on peut dire comprendre.
    J’y suis passée de 1993 à 1995. J’ai reconnu les noms de mes anciens enseignants… Mr Rosenfeld, Theve, Pataud, Toulard… et l’ancien directeur A. Snyers. Une école dynamique qui a formé pas mal de futurs graphistes (et web designers), photographes…
    Merci de cette plongée dans l’antre de l’ESAD.

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