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Thomas Edison et Nikola Tesla

juillet 27th, 2013 Posted in Fictionosphère, Sciences

Lors du colloque Sciences et Fictions, qui s’est tenu le 21 mai dernier, j’ai parlé de la figure du scientifique comme personnage de fiction. Le sujet était un peu copieux et j’ai énuméré, au pas de course, des archétypes de scientifiques de fiction, en évoquant les œuvres littéraires ou cinématographiques où ils apparaissent : le distrait, l’aventurier, le Cassandre, l’apprenti-sorcier, etc.

Thomas Alva Edison (gauche) et Nikola Tesla (droite).

Le génie commercial américain de Thomas Alva Edison (gauche) opposé aux prodiges de l’inquiétant européen Nikola Tesla (droite). Magie blanche contre magie noire.

Ma conférence n’était pas rédigée, donc je ne l’ai pas recopiée ici et je ne sais pas si j’aurai le courage d’en faire quelque chose de construit, mais j’ai tout de même envie d’écrire ce qui a clos mon intervention, à savoir les cas de deux grandes figures de la mythologie scientifique : Thomas Alva Edison et Nikola Tesla.

Thomas Edison (1847-1931), né à Milan dans l’Ohio, est retenu par l’histoire comme l’inventeur du phonographe ou de la lampe à incandescence. Il a déposé plus de mille brevets et fondé la compagnie Edison, devenue General Electric, que le classement Forbes Global considère de nos jours comme la troisième société la plus importante au monde après ExxonMobil (pétrole) et JP Morgan Chase (finance). Pour les américains, il incarne le génie. En France aussi, sans doute : dans ma (petite) ville, par exemple, il y a une rue Edison. Il incarne aussi le mythe de l’Amérique où tout est possible, puisque sa famille était modeste, qu’il n’est allé à l’école que quelques mois, qu’il était presque sourd et qu’il a exercé une foule de petits métiers, comme celui de télégraphiste, avant de connaître la réussite que l’on sait, en 1877, avec l’invention du Phonographe.

Edison et son phonogrqphe

Edison et son phonogrqphe.

La force d’Edison réside pourtant moins dans ses inventions — qui sont toujours précédées par d’autres très proches1 — que dans les moyens qu’il a déployés pour les mettre au point sérieusement, les breveter et les commercialiser. Sa devise était : « ne jamais inventer quelque chose dont le public n’a pas envie ». Il s’appropriait des inventions de concurrents moins agressifs ou bien sûr de ses milliers d’employés. Parmi ses employés se trouvait un jeune homme très doué, Nikola Tesla.

Nikola Tesla (1856-1943) est né dans l’Empire d’Autriche, à Smiljan, qui a fait partie de l’Autriche-Hongrie puis de la Yougoslavie et qui se trouve actuellement située en Croatie. Son père était le pope orthodoxe du village, ce qui fait de lui un serbe, nationalité qu’il revendiquait. Son patronyme n’est typique ni de la Serbie ni de la Croatie. Aujourd’hui, Serbes et Croates se disputent l’appartenance nationale de Tesla, mais à sa mort, ce dernier était étasunien2.

Bon élève, Nikola Tesla a fini par étudier à l’école Polytechnique de Graz. Il a d’abord été un étudiant assidu, maîtrisant suffisamment ses matières pour se permettre de contredire ses professeurs. Mais après avoir perdu sa bourse d’études, il s’est mis à jouer et est même devenu dépendant au jeu. Il n’a jamais obtenu son diplôme, a tenté d’intégrer l’université quelques mois avant d’abandonner aussi pour devenir ingénieur, à l’office central du télégraphe de Budapest. Il avait une mémoire exceptionnelle et parlait serbo-croate, tchèque, anglais, français, allemand, hongrois, italien et latin. On sait qu’il s’est aussi intéressé au sanskrit. Tesla aimait soigner sa légende3 et prétendait ne jamais dormir plus de deux heures et avoir des visions, notamment des flashbacks précis d’événements qu’il avait vécus.

Matérialiste, sans doute plus ou moins athée, il s’est intéressé au christianisme (mais a réussi à échapper à la prêtrise, qui est la carrière que son père avait prévu pour lui), au bouddhisme et à l’Hindouisme.
Bien plus qu’Edison, Tesla était un théoricien4, et son travail a pesé sur la compréhension scientifique de diverses manifestations énergétiques : électricité, magnétisme, ondes radio, rayons X. Le radar, le téléviseur, les communications sans fil ou la télécommande lui doivent beaucoup. On lui doit aussi la construction de la première centrale hydro-électrique.

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Nikola Tesla dans son laboratoire de Colorado Springs, lisant paisiblement alors que des arcs électriques se forment au dessus de lui.

Employé par Continental Edison à Paris en 1882, Tesla est remarqué par Charles Batchelor, ami et collaborateur de Thomas Edison, et part rencontrer ce dernier à New York en 1884. Pendant la traversée, il a perdu son argent et ses bagages, il ne lui reste plus en poche que quatre cents, quelques poèmes et la lettre de recommandation de Batchelor qui, selon la légende, disait : « Je connais deux grands hommes, tu es l’un d’entre eux et l’autre est ce jeune homme ». Edison, bien sûr, a pris Tesla sous son aile. Mais l’année suivante, c’est la rupture : Edison avait promis cinquante mille dollars à Tesla si ce dernier, comme il s’était vanté de pouvoir le faire, parvenait à améliorer son système de distribution de courant continu. Tesla a travaillé jour et nuit, et résolu le problème sur lequel butaient Edison et ses ingénieurs. Mais lorsque Tesla a réclamé son dû, Edison lui a expliqué que sa proposition n’était pas sérieuse et relevait de l’«humour américain». Il a malgré tout proposé d’ajouter dix dollars sur la feuille de paie de Tesla qui a immédiatement donné sa démission.

La Guerre des courants

On retrouve Tesla et Edison à la fin des années 1880, lors de la « guerre des courants », un épisode de l’histoire industrielle mondiale pendant lequel deux formats se sont retrouvés en compétition pour l’alimentation des foyers en courant électrique : le courant continu, promu par Thomas Edison, et le courant alternatif, promu par son concurrent George Westinghouse, avec qui collaborait étroitement Nikola Tesla. La plupart des acteurs du domaine, notamment en Europe, penchaient pour le courant alternatif, car le courant continu imposait une distance très courte entre le producteur d’énergie et ses consommateurs : il aurait fallu une centrale électrique tous les deux kilomètres, ce qui rendait la technologie totalement inadaptée aux lieux de faible densité, notamment. Cette bataille acharnée a amené Edison et Westinghouse au bord de la faillite. Edison préférait la victoire d’un mauvais système breveté par lui-même que celle d’un bon système qui appartenait à un autre, au contraire de Tesla qui a tout simplement abandonné ses brevets à Westinghouse pour que ce dernier puisse survivre à cette bataille industrielle.
C’est ici qu’Edison montre sa face sombre : une grande partie de l’opinion scientifique et politique était contre lui, il a donc décidé — comme le font aujourd’hui Monsanto, Exxon, Philips Morris, etc. — de s’en tenir à convaincre l’opinion publique américaine puisque c’est ce qui se déciderait aux États-Unis qui deviendrait le standard mondial.

William Kemmler, premier homme à être exécuté sur la chaise électrique, en 1891, pour avoir assassiné sa concubine à l'aide d'une hache     eures du matin à la Prison d'Auburn. Ses avocats firent appel, arguant du fait que l'électrocution était une punition atroce et inhabituelle ; George Westinghouse, un de ceux qui soutenaient l'usage du courant alternatif comme norme pour la distribution d'énergie, appuya leur appel, qui fut cependant rejeté en partie parce que Thomas Edison approuva la position de l'État (Edison soutenait l'usage du courant continu pour la fourniture de courant, et on pense que c'est lui qui a vu dans la publicité qui entourait la chaise électrique un moyen de convaincre l'opinion que le courant alternatif était dangereux). Les détails pratiques concernant la chaise électrique furent mis au point par le premier « Électricien d'État », Edwin Davis (en).

William Kemmler, premier homme à être exécuté sur la chaise électrique, en 1890, pour avoir assassiné sa concubine à l’aide d’une hache. Ses avocats avaient fait appel au prétexte que cette manière de donner la mort était cruelle et inhabituelle. George Westinghouse, le principal promoteur du courant alternatif, utilisé pour la chaise électrique, s’était publiquement opposé à cette exécution qui a pourtant bien eu lieu, sans doute grâce à l’appui de Thomas Edison qui voyait là un excellent moyen pour discréditer le courant alternatif et convaincre le public qu’il était dangereux.

Edison s’est lancé dans ce qui ressemble à une campagne de terreur, avec un mot d’ordre simple : le courant alternatif est dangereux, il tue. En fait, si il faut effectivement un ampérage plus important à du courant continu pour être potentiellement mortel, les deux types de courant peuvent tuer.

Pour démontrer la létalité du courant alternatif, Thomas Edison a électrocuté une grande quantité d’animaux et on dit que les chats et les chiens des voisins de ses laboratoires avaient tendance à disparaître mystérieusement. C’est pour marquer l’esprit du public qu’Edison a demandé à ses employés Harold Brown et Arthur Kennely d’utiliser le courant alternatif pour leur invention, la chaise électrique. En 1881, l’État de New York avait lancé un appel d’offres pour trouver un moyen d’exécution à mort plus humain que la pendaison. Edison, qui avait généralement l’habitude de signer les brevets des inventions de ses employés, a préféré faire le contraire, cette fois, et laisser Brown et Kennely breveter l’invention : il refusait de voir son nom associé à un outil destiné à tuer. En 1892, voyant que le combat du courant continu était perdu, Edison a commencé à investir dans le courant alternatif qu’il avait si ardemment combattu, mais il n’a pas abandonné sa campagne contre ses concurrents. Il a notamment tenté de populariser le verbe « westinghouser » pour dire « électrocuter ».

Le prix Nobel

En 1915, une rumeur lancée par l’agence Reuters a affirmé que le Prix Nobel de physique allait être remis conjointement à Edison et à Tesla. Le prix a finalement été remis à William Henri Bragg et à son fils William Lawrence Bragg pour leurs travaux sur l’étude de la structure des cristaux. Une seconde rumeur a alors affirmé que le comité Nobel avait été contraint d’abandonner son projet d’honorer les travaux de Tesla et d’Edison face au refus affirmé d’un des deux ou peut-être des deux, de partager la réception du prestigieux prix. À ce jour on ignore ce qui peut être exact dans cet histoire, mais il reste certain qu’Edison et Tesla ne s’aimaient pas beaucoup.
Au cours de ses dernières années, Edison a plusieurs fois fait savoir qu’il regrettait de ne pas avoir eu plus de respect pour la personne et le travail de Tesla.

Tesla Company

Une carte présentant la « Tesla Company », établie sur la 40e rue en 1915 et 1924. Au centre, on voit la tour de Wardenclyffe, dite « tour Tesla », construite en 1901 à Long Island dans le but de transmettre des communications transatlantiques sans fil (on peut lire « World wireless telephone transmitter »), et de transmettre de l’énergie à distance. Le lieu rappelle les laboratoires de savants fous des fictions populaires, et je suppose même qu’il a eu une influence sur ce type de lieu de fiction. Effrayés par les dépassements des coûts de construction, les investisseurs ont abandonné Tesla : au moment où cette carte a été éditée, la tour n’était plus utilisée. Elle a été abandonnée, puis détruite par l’armée américaine le 4 juillet 1917, car le gouvernement craignait qu’elle ne soit utilisée par les Allemands. Mais en 2012, plus d’un million de dollars ont été récoltés sur Internet par un auteur de bande dessinée, TheOatmeal, pour racheter le lieu et y fonder un Tesla Science center.

Lorsqu’Edison est mort, le 18 octobre 1931, Tesla a dit de lui qu’il n’avait pas de vie, pas de distraction5, qu’il n’avait pas la plus élémentaire forme d’hygiène et que sa méthode de travail était totalement inefficace, qu’il aurait eu dix fois moins de travail s’il avait eu recours à un peu de théorie et de calculs, mais il méprisait l’apprentissage par les livres et le savoir mathématique, ne se fiant qu’à son instinct d’inventeur et à son sens pratique américain.

Edison et le cinéma

Le 4 janvier 1903, alors que la guerre des courants était terminée depuis longtemps, Edison et son équipe ont réalisé un film terrible dans lequel on voit l’éléphante de cirque Topsy, âgée de vingt-huit ans, mourir électrocutée par leurs soins devant mille cinq cent badauds au célèbre parc d’attraction Luna Park, à Coney Island. Il s’agissait d’une énième démonstration des dangers du courant alternatif, mais aussi d’une punition pour l’éléphante, qui avait tué trois hommes, dont un dresseur cruel qui l’avait nourrie avec une cigarette allumée.

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Electrocuting an elephant, Thomas Alva Edison, film 1903-H26890

Quinze ans plus tôt, Edison avait rencontré Eadwaerd Muybridge, le pionnier du cinéma que l’on sait, et avait compris tout le potentiel de l’image en mouvement. Il a alors déposé un brevet préliminaire, avant même d’avoir mis au point l’invention, puis chargé son employé le britannique William Kennedy Laurie Dickson de développer un système permettant de réaliser et de diffuser des films. En 1894, Edison a dévoilé au public le Kinétoscope, une boite de plus d’un mètre de haut surplombée d’une optique binoculaire au travers de laquelle on pouvait voir des films très courts (l’éternuement d’une personne, par exemple), réalisés à l’aide d’un second appareil, le Kinétographe. Edison ne s’est pas contenté d’être le propriétaire du premier brevet d’une technologie cinématographique, il a accompagné cette création d’un système de production de films, avec le premier studio de cinéma, la « black Maria », et d’un modèle économique véritable : il fallait dépenser vingt-cinq cents pour regarder les films tournés avec le Kinétographe.

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La Black Maria, premier studio de cinéma au monde, qui pouvait pivoter afin d’adapter son orientation à la direction de la lumière du Soleil.

Le Kinétoscope a été montré à Paris en 1894 et a profondément impressionné Auguste et Louis Lumière, qui se sont lancés dans leur propre invention, le cinématographe, qui a été présenté au public dès 1895 et dont les atouts ont aussitôt rendu caduc le Kinétographe d’Edison. D’une part, la durée d’exposition des images était ajustable, ce qui permettait de s’adapter à des conditions d’éclairage plus variées. Ensuite, la caméra et le système de projection étaient un seul et même appareil. Pour finir, l’atout majeur du cinématographe est justement la projection : les films peuvent être montrés à plus d’une personne, et même à des dizaines ou à des centaines de personnes à la fois, pour un tarif individuel modique6. C’est bien le cinématographe qui a permis de faire naître le cinéma comme un mass-media. Plus tard, Edison adaptera son Kinétoscope à la projection publique7.

À gauche,

À gauche, un salon de Kinétoscopes à San Francisco. À droite, une variante du Kinétoscope, le kinétophone, ou phonokinétoscope (1895), qui associe le Kinétoscope au Phonographe et constitue donc le premier exemple de cinéma sonore.

Edison, bien entendu, n’a pas voulu se laisser faire, et a mené une guerre des brevets acharnée, tout particulièrement aux États-Unis où toute personne qui souhaitait réaliser des films sans passer par Edison était attaquée par une organisation qu’il avait créé, le Motion Picture Patents Company. De plus, Edison avait passé un accord avec Kodak ce qui lui permettait d’empêcher l’achat de pellicule par toute personne qui ne lui payait pas sa dîme mais aussi d’imposer la marque Kodak à toute personne qui voulait réaliser des films. L’organisation imposait aussi un unique distributeur, qui était une de ses filiales, la General Film Company. Edison avait recours à des détectives pour faire des inspections sur les plateaux de tournage et vérifier que tout s’y passait selon les règles imposées par le « Edison Trust », comme on surnommait la Motion Picture Patents Company.
L’épilogue de cette affaire est assez intéressant : pour échapper à l’avidité et aux tracasseries juridiques d’Edison, des producteurs de cinéma se sont réfugiés sur la côte Ouest où ils ont ont créé Hollywood : le berceau des grands studios de cinéma s’est donc construit pour contre un usage abusif du droit d’auteur.
L’abus de monopole a été reconnu en 1915 par la cour suprême et le « Edison Trust » a alors cessé ses activités.

Des héros de fiction

Un trait particulier d’Edison et de Tesla est qu’ils ont été très tôt, de leur vivant, même, des personnages de fiction. Le phonographe d’Edison avait été un véritable choc dans l’esprit du public, un choc plus profond peut-être que l’invention de la photographie, quarante ans auparavant. Presque aussitôt, Edison est devenu un objet de fantasmes, et on a fait de lui un inventeur de génie, capable de prodiges aux limites de la magie8. Il est, par exemple, le héros de L’Éve future, par Villiers de l’Isle Adam, où il crée un robot gynoïde autonome qui, on l’apprend plus tard, est animé par l’esprit de Sowana, l’assistante indienne d’Edison.

Deux exemples

Deux exemples de « dime novels » (romans à dix cents, ou dans ce cas, à cinq cents). Celui de gauche, très populaire; met en scène un robot à vapeur, le Steam Man of the Prairies. Bien qu’on le catégorise comme « édisonade », il ne fait pas référence à Edison, du moins à ses débuts, puisque ses aventures sont publiés à partir de 1868, époque à laquelle Edison n’était que spécialiste en télégraphie employé par la Western Union. À droite, on voit que le héros est Tom Edison Jr., fils de Tomas Edison.

Ce n’est qu’une référence parmi d’autres et de nombreux romans populaires américains ont pour héros un personnage inspiré de Thomas Edison, portant son nom, ou portant le nom de Tom Edison Jr. — le fils de l’auteur. Les historiens appellent les romans de cette période des Edisonades (comme Robinsonades pour les récits imités de Robinson Crusoë). Dans ces fictions, Edison ou ses alter-ego vivent des aventures extraordinaires et se tirent de tous les mauvais pas grâce à leurs inventions.
De manière assez piquante, Edison est présenté par les récits qui le mettent en scène comme un génie solitaire, ce qui était à l’opposé de sa méthode de travail, puisqu’il avait des milliers de collaborateurs.

En 1898, Edison est le héros de Edison’s Conquest of Mars, un roman de Garrett P. Serviss, une sorte de suite non-officielle et plutôt fantaisiste à la Guerre des mondes d’H.G. Wells, sauf qu’ici, suivant une certaine idéologie étasunienne, les Américains attaquent les martiens les premiers afin d’éviter d’être attaqués.

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Deux récits concurrents qui envoient sur Mars les deux antagonistes de la Guerre des courants

Trois ans plus tard, en 1901, J. Weldon Cobb publie un roman nommé To Mars With Tesla, dans lequel le savant serbo-américain cherche à entrer en contact avec la planète Mars, curieusement assisté par Young Edison, le neveu (inventé) de Thomas Edison.

On trouve des récits plus récents qui mettent en scène Tesla, Edison, ou les deux, comme The Prestige (1995), de Christopher Priest, adapté au cinéma par Christopher Nolan en 2006, qui présente Tesla (David Bowie, dans le film) comme un presque-sorcier, et Edison (qu’on ne voit pas) comme un escroc mesquin.

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Dans « Les Quatre Fantastiques » (1961) Jack Kirby et Stan Lee font s’affronter deux savants : Reed Richards (gauche), inventeur de génie américain dont le train de vie est assuré par les revenus perçus grâce à ses brevets. Son ennemi, le doctor Von Doom (en France : docteur Fatalis) est un inquiétant européen venu d’un petit pays inconnu, la Latvérie. Von Doom est un personnage tragique, atrabilaire, pétri de culture classique et de bonnes manières (imaginez qu’il mange à table, le monstre !), qui n’est pas spécialement sensible à l’humour américain. Je ne dispose pas d’indices pour le prouver mais ils me semblent faire écho à l’opposition Edison/Tesla.

Edison est parvenu à s’imposer dans les mémoires comme un représentant de la science positive, de l’esprit d’entreprise et comme un modèle d’astuce et d’inventivité. Il semble pourtant avoir été une personne plutôt antipathique.

Tesla quant à lui, est bien moins célèbre malgré son importante contribution à la science, mais il est lui aussi parvenu à imposer l’image qu’il voulait, grâce à son sens de la mise en scène et son goût pour les annonces mystérieuses. Il prétendait en effet régulièrement être sur le point de révéler une invention qui allait changer la face du monde, telle une source d’énergie illimitée et gratuite, ou une « arme à énergie dirigée » qui permettrait de frapper n’importe où sur Terre à distance et qui serait si puissante qu’elle rendrait la guerre inutile.
La maîtrise civile et militaire de l’énergie atomique après guerre a un peu détourné le public de ces fantasmes de puissance à base de rayons énergétiques, mais sur le web « complotiste », aujourd’hui, on trouve de nombreuses personnes pour affirmer que les inventions révolutionnaires ont bien été mises au point par Tesla et sont dissimulées au public par les gouvernements.

  1. Édouard-Léon Scott de Martinville et Charles Cros ont précédé Edison pour l’invention d’un système d’enregistrement du son ; quand à l’ampoule à incandescence, son histoire commence avec les travaux du britannique Humphrey Davy, dès 1802. []
  2. Hors quelques auteurs, les Américains semblent faire assez peu cas de Nikola Tesla. Je doute qu’il ait, en France, donné son nom à autant de rues que Thomas Edison (note dans la note : à la suite de cet article, Raphaël Fournier a compilé la base de données OpenStreetMaps et y a dénombré 152 voies Thomas Edison, et une seule dédiée à Nikola Tesla. Cette base de données n’est pas exhaustive, mais cela donne une idée). En revanche, il est une fierté de l’ex-Yougoslavie, notamment en Serbie et en Croatie, qui le revendiquent même si, juste après la guerre en Yougoslavie, les Croates ont rejeté la figure de Tesla, considéré comme un Serbe. Le retour en grâce de Tesla date de la réconciliation politique entre les deux pays, en 2003. Au sujet du nationalisme, Tesla a écrit : « aucune alliance ou acte parlementaire de quelque nature que ce soit ne pourra stopper ce fléau. Il ne s’agit que de nouveaux mécanismes mettant les faibles à la merci des puissants ». cf. cet article. []
  3. Il semble qu’il faille lire deux livres au sujet de Tesla : Mes inventions, son autobiographie, et Des éclairs, de Jean Echenoz (2010), qui est une biographie romancée et sans prétention à l’exactitude historique. Je n’ai lu ni l’un ni l’autre. On m’a aussi recommandé L’homme électrique et La tour de Wardenclyffe, de Martine Le Coz. []
  4. Tesla s’appuyait sur la théorie pour inventer, mais il n’est pas un théoricien au sens d’Albert Einstein, car comme le rappelle Dr. Goulu, il n’a laissé derrière lui aucun principe, aucune équation, aucune théorie. []
  5. Difficile de dire qui de Tesla et d’Edison était le plus « geek », l’un et l’autre étaient totalement dévoués à leur travail. Nikola Tesla est resté célibataire toute sa vie, tandis qu’Edison s’est marié deux fois, chaque fois avec une épouse nettement plus jeune que lui, et a eu six enfants en tout. On sait néanmoins qu’Edison a totalement négligé sa vie de famille et n’avait pas vraiment d’amis. Tesla menait une vie de vieux garçon maniaque, mangeait à heure fixe chaque jour, seul; dans le restaurant de l’hôtel Waldrorf-Astoria, où il vivait avant d’aménager la célèbre chambre 3327 de l’hôtel New Yorker, qu’il avait choisie en fonction des chiffres car il voulait un nombre divisible par trois. Il n’était pas forcément d’un abord sociable, mais ses amitiés semblent avoir été profondes et il a eu un certain nombre de prétendantes auxquelles il a renoncé parce qu’il était persuadé que la chasteté était bénéfique à son esprit scientifique. Ses meilleurs amis semblent avoir été les pigeons qu’il nourrissait au parc et recueillait chez lui, notamment une pigeonne dont la mort, en 1922, l’avait profondément atteint. []
  6. Aux États-Unis, les films étaient montrés dans des Nickelodeons, des salles de spectacles auxquelles on accédait pour un « nickel », c’est à dire cinq cents, soit le cinquième du tarif d’une projection individuelle avec le Kinétoscope d’Edison. []
  7. Jenkins et Armat, deux inventeurs américains, avaient développé un prototype de projecteur, le Phantascope, et sont venus voir Edison pour que celui-ci finance leurs recherches. Edison, qui avait besoin de répondre à la concurrence des frères Lumière, a accepté mais à une condition : le brevet devait être déposé sous son nom à lui et la communication qui entourait l’objet devait le créditer de son invention. L’appareil est donc sorti fin 1895 sous le nom de Vitascope. Aux États-Unis, il a été commercialisé avant le cinématographe Lumière. []
  8. La moindre annonce d’Edison excitait l’imagination du public, comme ce fut le cas avec le Telephonoscope, un brevet sans intérêt d’Edison mais dont le nom seul a fait imaginer à George du Maurier un système de visiophonie. Voir l’article Une grosse webcam SteamPunk. []
  1. 29 Responses to “Thomas Edison et Nikola Tesla”

  2. By Stéphane Deschamps on Juil 27, 2013

    Deux petites notes en passant (et merci comme toujours pour tes articles) :

    1. De toute façon il faut lire Jean Échenoz, tu m’en diras des nouvelles : je n’ai pas lu celui-ci, pas encore du moins, mais quelques autres, et ça vaut le détour.

    2.
    > suivant une certaine idéologie étasunienne, les Américains attaquent les martiens les premiers afin d’éviter d’être attaqués.

    En passant ça fait bien penser à Edmond Hamilton dont j’ai lu un recueil il y a bien longtemps et les intrigues étaient systématiquement : des aliens [nous envahissent|nous croisent dans l’espace|tombent sur la Terre par accident], on [se défend|attaque les premiers], et boum, coup de pied dans le derrière, fin. Ce qui était sans doute très efficace en pleine guerre froide.

  3. By Dr. Goulu on Juil 27, 2013

    Article très complet, bravo ! Je n’avais pas réalisé que la chaise électrique datait de l’époque de la guerre des courants…

    Un petit détail en passant à propos de la légende de la photo « Nikola Tesla dans son laboratoire de Coloado Springs, lisant paisiblement alors que des milliers de volts circulent au dessus de lui. » : les volts ne « circulent » pas vraiment. Ils mesurent un potentiel du champ électrique. Ce sont les charges (électrons) qui circulent, donc plutôt des ampères…

    Les expériences spectaculaires de Tesla on créé un véritable mythe autour de lui, notamment chez les accros de l’ether et du mouvement perpétuel. J’ai tenté de démystifier ça un peu ici http://www.drgoulu.com/2012/08/19/nikola-tesla-genie-mais-connu/

  4. By Jean-no on Juil 27, 2013

    @Dr Goulu : je sentais que je m’avançais en parlant de volts qui circulent. Je savais juste que des milliers de volts étaient employés pour créer l’effet avec les bobines Tesla, mais bon, ma connaissance du pourquoi et du comment reste hasardeuse. Je corrige ça :-)

  5. By Wood on Juil 27, 2013

    Il me semble qu’il y a un regain d’intérêt et de sympathie pour Tesla de nos jour, notamment chez les amateurs de science fiction et de fantastique.

    Par exemple la BD « RASL » de Jeff Smith tourne autour des mystérieux carnets secrets de Tesla, détaillant des inventions visant à permettre le voyage vers des univers parallèles.

    Il y a aussi un projet de musée Tesla à l’emplacement de ses anciens laboratoires dans l’état de New York. Le crowdfunding a permis de lever plus d’un million de dollars, dépassant nettement l’objectif fixé.

    Voir aussi la page wikipedia Nikola Tesla in popular culture.

  6. By Jean-no on Juil 27, 2013

    @Wood : merci. Toujours sur TheOatMeal, par l’auteur du projet de musée, on m’a signalé cette page, qui a été l’occasion d’une réponse sur le site Forbes, qui a elle-même été l’occasion d’une contre-réponse.

  7. By Bertrand on Juil 27, 2013

    Dans le vague souvenir que j’ai de « Moon Palace » de Paul Auster (1989), il me semble que Tesla est une figure assez centrale.
    Peut-être pas si centrale que ça, mais je pense que j’avais été conditionné par les textes de David Small (le mec qui avait créé le « spectre GCR » pour les Atari) traduits dans « st magazine » qui faisait clairement et souvent l’éloge de Tesla – mais chez les hackers/bidouilleurs depuis au moins les années 1980 ça a toujours été une figure mythique.

  8. By jacques on Juil 27, 2013

    Pour la petite histoire, c’est David Bowie qui incarne Tesla dans « Le prestige » de Christopher Nolan…
    Merci pour cet article,
    Jacques

  9. By Wood on Juil 27, 2013

    Ah, et comment ai-je pu oublier de citer Kate Beaton ? Teslaaaa ! Et aussi : Tesla, Edison et Marconi.

    Quand à ce pauvre Charles Cros, il mériterait un article à lui tout seul.

  10. By gludion on Juil 28, 2013

    Le bouquin de J.Echenoz se lit plutôt bien.

  11. By Jean-no on Juil 28, 2013

    @Gludion : tout le monde me dit de le lire. J’ai très envie, déjà, de lire l’autobiographie de Tesla.

  12. By Thierry on Juil 28, 2013

    J’adore les photos d’Edison et de Tesla que tu as choisi pour illustrer ton article.
    La mise en scène est très expressionniste, quasi cinématographique. Je suppose qu’il n’y a pas moyen de savoir si ce sont les modèles qui se sont mis en scène, ou si c’est l’idée du photographe?

  13. By Jean-no on Juil 28, 2013

    @Thierry : un indice est que sur la masse des photos prises des deux hommes au cours de leurs carrières, on remarque des constantes (d’ailleurs il existe deux photos d’Edison à côté de son phonographe qui sont presque identiques dans la pose et le composition), Thomas Edison se fait photographier en grand bourgeois industriel, surtout au fur et à mesure qu’il vieillit. La photo d’Edison en savant romantique n’est pas du tout typique d’ailleurs. De Tesla, on connaît plusieurs portraits qui le montrent avec un œil vif et un peu amusé, et bien sûr on connaît toutes les photos où le bonhomme se met en scène au milieu d’éclairs, tenant une lampe sans fil, et autres mises en scène que la lumière rend spectaculaire. La différence entre les deux personnages tels que la photographie nous les montre n’est sans doute pas un hasard et j’imagine qu’ils ont l’un et l’autre pesé sur l’inspiration des photographes. Mais je n’ai pas d’éléments précis pour le dire. Qu’est-ce que tu en dirais, en voyant la masse des images ?

  14. By Thierry on Juil 28, 2013

    C’est frappant comme ces images dans leur ensemble recoupe ton analyse et leur conflit avec un Edison pour qui se met en scène comme un grand bourgeois de l’époque et Tesla dont certaines représentations ne sont pas loin de celles du savant génial mais fou des comics http://www.null-entropy.com/2012/08/nikola-tesla-the-new-wizard-of-the/
    Je suppose qu’Edison jouait la-dessus lorsqu’il a essayé d’utiliser la chaise électrique pour discréditer l’invention de Tesla, le courant alternatif.

    L’un comme l’autre ont été photographiés vieux ou jeunes, très peu entre les deux. L’iconographie sur Edison me semble beaucoup plus riche, dans la mesure où c’est le même portrait de Tesla qui revient comme un meme sur Internet. Meme qui tend à utiliser un portrait très sage de Tesla pour le mettre en scène au milieu des éclairs.

    J’en conclurais que dans le cas d’Edison, il y a une volonté de ce mettre dans ce personnage, mais que c’est plus incertain pour Tesla. Est-ce qu’il a été enfermé dans cet archétype par les photographes et les dessinateurs, ou est-ce qu’il en est à l’origine?

  15. By tbn on Juil 28, 2013

    Merci pour cet article !

    Une coquille dans ce paragraphe ?

    « Trois ans plus tard, en 1901, J. Weldon Cobb publie un roman nommé To Mars With Tesla, dans lequel le savant serbo-américain cherche à entrer en contact avec la planète Mars, curieusement assisté [DE ? PAR ?] Young Edison, le neveu (inventé) de Thomas Edison. »

  16. By Jean-no on Juil 28, 2013

    @tbn : coquille indeed ! Je corrige ça.

  17. By Gilles Goullet on Juil 28, 2013

    Pub : Edison, Tesla et leurs différends ont une part non négligeable dans le roman Little Egypt de Thomas McMahon (Calmann-Lévy, coll. Interstices) traduit par mes soins (et mon à-valoir est loin d’être couvert).
    Cf par exemple http://noosfere.org/icarus/livres/niourf.asp?numlivre=2146575526

  18. By Wood on Juil 28, 2013

    On parle aussi d’Edison (ou plutôt de son fantôme) dans le roman « Date d’Expiration » de Tim Powers. On y apprend qu’il aimait jeter des pétards dans les jambes de ses enfants pour les faire danser.

  19. By jyrille on Juil 29, 2013

    Merci pour cet article ! Les romans à 10 sous que tu présentes me rappellent fortement ceux écrits par Andréas sur Capricorne dans la série du même nom et dans le tome 5 de Rork (qui est à l’origine de la série il me semble). Capricorne est lui un astrologue mais il a de nombreuses aventures avec la science et des partenaires immuables.

  20. By Jean-no on Juil 29, 2013

    @jyrille : à ma grande honte, ça fait trente ans que je passe à côté d’Andréas. Jamais tenté de le lire, alors qu’on m’en dit tant de bien.

  21. By jyrille on Juil 30, 2013

    Alors il faut que tu tentes, au moins un album. Tu vas adorer son graphisme architectural à la Cités Obscure et ses histoires de magie, de ninjas et de savants fous. Et puis il adore innover. Un de ses derniers Capricorne ne présente quasi que des gros plans sur des parties très précises du visage.

    Je ne connais que Rork et Capricorne (et encore, je n’ai pas lu tous les Rork) car il est très productif, mais ce sont de bons albums pour commencer.

  22. By qwerty on Juil 30, 2013

    Je connaissais déjà le génie de Tesla, mais ne savais pas à quel point Edison était un patent troll. En soit, il a inventé une invention utilisé par les plus grandes entreprises américaines !
    Certains prétendent que Telsa, par son comportement, était le premier geek de l’histoire. Sinon, pour anecdote, à chaque fois qu’il allait au restaurant, il avait pour réflexe d’essuyer ses couverts, pour l’hygiène, à la grande stupeur de ses contemporains !

  23. By moi on Août 19, 2013

    J’aimerais poser une note importante.

    Tout le monde s’amuse a montrer Tesla comme un genie incompris, que ce soit des gens un peu rationnel ou ceux qui delirent sur l’energie libre, et Edison comme un grippe sous.

    C’est faux!
    Certes Edison etait un bien meilleur entrepreneur que Tesla, ce qui lui a permis de ne pas dependre d’un tier financierment et etre bloque comme Tesla qui devait se vndre, notament a l’arme US.
    Tesla avait d’ailleurs un rythme de vie de riche, ses frequentation étaient fortunées ou du moins célèbres, et il allait dans des lieux chics. Il donnait une grande importance a son apparence ( luxe). Alors que Edison meme si il devait etre bien plus riche etait moins ainsi et plus bosseur ( gerer un labo de recherche c’est bosse….).

    Le fait de gerer un groupe de chercheur et deposer des breuvet c’est le fonctionnement des labo de recherche dont Edison est le ‘papa’.
    Il faut pas oublier qu’il s’est fait tout seul, il a construit un empire, c’est aussi un grand inventeur meme si il a su en faire de l’argent.
    Recuperer des travaux plus ancien ou adapté ceux qui trainent n’a rien de honteux, c’est de la science, et Einstein qui est porté en triomphe en a bien profité également…

    Tesla lui devait prendre l’argent de Westinghouse et a la fin se dernier en a eu marre, en quoi est ce geniale de gaspiller l’argent des autres sans s’assurer une auto suffisance?

    Sans l’empire d’Edison, Tesla n’aurait pas vu le jour. Beaucoup de gens avec de tres bonne idées restent inconnu.

    Donc il faut un peu etre honnete et arreter de cracher sur Edisson.

    Je pense que leur orgueil les a tout deux conduit a leur perte,
    Edison n’a pas supporté une concurence si forte, et Tesla n’a pas supporté qu’on ne reconnaisse pas son genie.

    Sinon pour la tsf, c’est une decouverte universelle, y aussi un indien dans l’histoire dont personne ne parle,, et la transmission energie sans fil a eu des appli concrète comme un avion, mais bon x)

  24. By Jean-no on Août 19, 2013

    @moi : quelle perte ? L’un et l’autre n’ont pas eu une vie triste !
    Edison est-il le papa de la recherche actuelle, ou bien des dérives du système des brevets ? Quand à Tesla, il a toujours été prestataire, il n’a pas mélangé la recherche et les applications, c’est un choix, il n’est pas irrationnel. Je trouve votre façon de présenter les choses assez péremptoire mais pas forcément étayée par des éléments autres que votre attachement à Edison.

  25. By moi on Août 19, 2013

    En fait, j’ai plus un attachement pour Tesla, que je defends en général car on le prend pour ce qu’il n’est pas. Je n’aime vraiment pas le princip de brrevet, donc je peux pa etre fan d’Edison :p

    Juste qu’il faut l’admettre, c’etait un exelent inventeur et entrepreneur.

    Il est le pere de la recherche moderne, des laboratires devenant fourmilière, la deerive est bien antérieur. Il a perdu plus de temps a defendre son cher courant continu que le moindre de ses brevets.

    Et Tesla n’etait pas un theoricien, il avait toujours des applications, et essayer de se vendre.

    On a trop tendance a glorifier ou condamné dans l’histoire des sciences et des techniques, je trouve ca stpide et un peu simpliste.

  26. By Jean-no on Août 20, 2013

    @moi : Tesla était un théoricien, au sens où il partait de la théorie. Mais il est bien sûr un ingénieur plus qu’un physicien. Edison n’est pas vraiment un incompris de l’histoire : en France, près de 200 rues portent son nom, tandis qu’une seule porte le nom de Tesla.

  27. By Alexandre Moatti on Août 28, 2013

    Plusieurs compléments et remarques sur cet intéressant article :

    1°/ j’ai édité sur BibNum, le jour même des 70 ans de la mort de Tesla en janvier dernier, un article très documenté de mon ami Ilarion Pavel sur le moteur synchrone de Tesla, : L’invention du moteur synchrone par Nikola Tesla

    2°/ Tesla fait l’objet d’un chapitre dans mon ouvrage « Alterscience » (Odile Jacob 2013). A partir des années 1920, après la soixantaine, Tesla bascule dans une certaine fantasmagorie, continuant à vouloir apparaître sur le devant de la scène, donnant des itw remettant en cause la relativité, etc.

    3°/ je pense comme un commentateur ci-dessus que Tesla était un loup solitaire, mais pas un ascète : sans doute un flambeur, qui aimait le luxe.

    4°/ contrairement à un commentateur, je pense que le livre « Des Eclairs » d’Echenoz n’a pas d’intérêt (scientifique et historique : intérêt nul ; littéraire : à peine mieux). Comme d’ailleurs son lvre sur Ravel.

  28. By Wood on Sep 14, 2013

    Je viens de découvrir qu’il existe un manga sur Nikola Tesla, par Hirohiko Araki (plus connu comme l’auteur de « Jojo’s bizarre adventure »)

  29. By Jean-no on Sep 14, 2013

    @Wood : ça doit être mieux que ma bande dessinée croate sur le même sujet :-)

  30. By L on Avr 15, 2014

    A tous les tesliens et autres passionnés de sciences, un spectacle vivant aura lieu sur Nikola Tesla et ses confidences électriques le 03 mai 2014 à l’Espace des Arts des Pavillons-sous-bois 93320. Pour plus d’infos rendez-vous sur la page suivante: http://teslaspectacle.com/
    Synopsis du spectacle:
    Marginalisé par l’Histoire, Tesla est à l’origine d’une découverte “dérangeante”. Ruiné, il est assis dans la pénombre de sa chambre d’hôtel et s’apprête à nous faire une dernière confidence. Il détient le secret d’une expérience qui peut changer l’humanité.
    Le temps presse, des hommes s’affairent dans sa chambre afin de détruire à jamais ses travaux…

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