Profitez-en, après celui là c'est fini

Adrien M / Claire B

avril 17th, 2013 Posted in Interactivité

Adrien Mondot (informaticien et jongleur) et Claire Bardanne (plasticienne, diplômée d’Estienne et de l’Ensad) sont associés depuis quelques années au sein de la compagnie « Adrien M / Claire B », qui produit des spectacles multimédia très séduisants. Cela fait une dizaine d’années qu’Adrien Mondot s’illustre dans le domaine, mais je ne l’ai vu sur scène que cette année, dans le modeste théâtre de ma ville, avec deux spectacles distincts : Cinématique et Un point c’est tout.

adrien_m_claire_b_1

Le second spectacle est en quelque sorte l’explication du premier, son « manifeste », selon le terme choisi par ses auteurs. Avec l’œil vicié du professionnel, j’ai toujours un peu de mal à me laisser embarquer dans ce genre de spectacles pour lesquels je cherche surtout à comprendre ce qui est interactif, ce qui est scénarisé, où se trouvent les capteurs, etc.

Pour autant, et malgré quelques difficultés techniques au niveau du son, j’ai bien aimé Cinématique, avec sa poésie minimaliste à base de jonglage sans pesanteur, de danse, de lettres alphabétiques, de grilles et de points. Quelques lignes, ou la projection en direct de l’intérieur agrandi d’une boite, permettent de recréer l’espace et de désorienter le spectateur de manière efficace. Le fait de recourir à des formes graphiques minimalistes pour évoquer des mouvements de la nature ne pouvait que me toucher.

adrien_m_claire_b_3

La simulation de propriétés physiques (pesanteur, élasticité, systèmes complexes) en interaction avec un jongleur ou une danseuse fonctionne très bien aussi. Tout ça est bien expliqué dans Un point c’est tout, où Adrien Mondot présente même des lignes de code informatique (en Objective C, je pense), ce qui n’est pas très courant en plein milieu d’un spectacle qui promet à son public de la féerie visuelle. La grammaire qu’utilisent ces deux artistes est expliquée en détails et, en théorie, sans rien dissimuler au public1.

Je suis resté sur ma faim, tout de même, parce que j’aurais voulu gratter un peu plus loin, savoir ce qu’Adrien Mondot et Claire Bardanne ont à raconter au delà de leurs explications techniques et des tableaux plaisants qu’ils produisent.

adrien_m_claire_b_2

Est-ce qu’ils se réfèrent au jeu vidéo (notamment ancien), à l’art cinétique, à l’art optique, à la poésie en mouvement ? On peut l’imaginer mais ça n’est pas dit de manière explicite. Un autre point que j’aurais aimé soulever (mais la conférence-spectacle était malheureusement à prendre ou à laisser, le public n’était pas invité à poser des questions) est le peu d’importance, dans ces deux spectacles, que semblent avoir le son et la musique, qui sont employés de manière un peu plate, pas spécialement interactive, qui ne sont pas gênants pour le spectateur mais ne lui apportent pas grand chose pour autant.

Les deux spectacles n’en restent pas moins plaisants, pour des spectateurs d’âges et de références culturelles diverses. On peut en voir des vidéos sur le site de la compagnie.

  1. Je dois dire que j’ai toujours aimé voir les prestidigitateurs expliquer leur « truc », comme le célèbre Gérard Majax de ma jeunesse, qui, à la télévision, dans la presse pour enfants ou dans ses livres consacrait plus de temps à démystifier la prestidigitation qu’à l’exercer, parce qu’il est encore plus méritant de faire « croire » un instant la véracité d’une illusion alors que le public sait qu’il s’agit d’une illusion et en comprend les ressorts que de se contenter de le duper. De la même manière, nous n’avons pas besoin de croire qu’un film de fiction est un documentaire pour qu’il nous émeuve pendant le temps où nous le visionnons. []

Postez un commentaire


Veuillez noter que l'auteur de ce blog s'autorise à modifier vos commentaires afin d'améliorer leur mise en forme (liens, orthographe) si cela est nécessaire.
En ajoutant un commentaire à cette page, vous acceptez implicitement que celui-ci soit diffusé non seulement ici-même mais aussi sous une autre forme, électronique ou imprimée par exemple.