Profitez-en, après celui là c'est fini

La fin du monde, c’est fini

décembre 26th, 2012 Posted in Dans le poste, Lecture, Les pros, médiatisation

Le 21 décembre 2012 est passé et les médias ont cessé de m’inviter à parler de mon livre, mon quart d’heure de célébrité est terminé. Je n’en suis pas malheureux, et même, au contraire, c’est précisément parce que je savais que tout cela aurait une fin que j’ai réussi à passer des semaines, et notamment les deux dernières, à circuler de plateau de télévision en studio de radio et à répondre au téléphone ou par e-mail à toutes sortes de sollicitations.
Puisque c’est terminé, donc, je peux commencer à faire le récit de cette expérience qui m’aura permis de voir fonctionner les médias en qualité de modeste invité et plus seulement depuis ma position de spectateur attentif. Je dis « modeste invité », car ce n’est pas moi qui étais invité, mais mon livre, et peut-être plus encore mon sujet.

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La frénésie médiatique a démarré en douceur, le 30 octobre, avec l’émission Au cœur de l’histoire, diffusée à midi sur Europe 1. Pour préparer mon passage, j’ai écouté quelques émissions passées, assez intéressantes, en me sentant plutôt rassuré par le fait que les invités parlent très peu, l’antenne est surtout occupée par l’animateur, qui sait raconter les choses avec plus d’enthousiasme que les universitaires parfois pointus qu’il accueille. En approchant des locaux d’Europe 1 je me rends compte que je n’ai pas mis les pieds vers les Champs-Élysées depuis peut-être vingt ou vingt-cinq ans. Comme à l’époque, je ne comprends pas bien ce qu’on trouve à ce quartier ni si ceux qui appellent les Champs-Élysées « la plus belle avenue du monde » sont sérieux. À quelques mètres de l’entrée d’Europe 1, une femme fait la manche en anglais. Avant d’entrer, je vois passer coup sur coup Jean-Pierre Elkabach, dont la grande taille me surprend, Vincent Lindon, et enfin Michel Field, que je recroiserai à deux reprises plus tard. Je suis accompagné de Marie-Laure, des éditions François Bourin, qui me motive. Avant l’émission, je fais la connaissance de l’autre invité, Bernard Bourdeix, auteur de 2012 et les fins du monde, paru l’an passé aux éditions Fetjaine et je me rends compte à l’occasion, à mon grand embarras, que j’ai négligé d’inclure ce livre dans ma bibliographie alors que je m’en suis bel et bien servi. À l’antenne, Bourdeix, qui est journaliste de métier, est nettement plus à l’aise que moi. Je sens que ma respiration est contrainte et que ma voix doit sembler plutôt timide. Dans le studio, des écrans indiquent à chaque instant où on en est : combien de secondes avant le prochain spot de pub, avant la prochaine interruption pour une annonce, avant le prochain jingle. Le rythme est assez haletant, je n’ai pas l’impression d’avoir dit grand chose de passionnant, mais le livre et la qualité de son contenu sont soulignés plusieurs fois par l’animateur. Dans le studio, je me trouve à côté de Julia Martin, jolie voix (et jolie fille, si l’on me permet de le remarquer) chargée de donner la répartie à Franck Ferrand sans pour autant intervenir sur le fond du propos de l’émission1. Une présence légère censée faire le lien entre le public et les autres personnes qui se trouvent sur le studio, me semble-t-il. Je la retrouverai dans un rôle similaire quelques semaines plus tard. En sortant, je ne suis pas vraiment content de moi, mais pas non plus frustré par ma prestation, je me suis trouvé nettement plus à l’aise que les dernières fois que je m’étais trouvé devant un micro2.

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Deux semaines plus tard, le 13 novembre, je participe à ma première télévision avec Ce soir ou jamais, sur France 3, une des rares émissions que je regarde assez régulièrement. Mais j’ai déjà raconté cette expérience dans un article précédent. Je découvrirai par la suite que ma prestation très courte — je n’ai pas ouvert la bouche plus d’une minute — a marqué quelques personnes, peut-être parce que je n’étais visiblement pas tout à fait dans mon élément sur un plateau de télévision. Une semaine plus tard, le 21 novembre, un mois jour pour jour avant la supposée « fin du monde maya », je suis à nouveau invité par Europe 1, pour le Débat de Midi, animé par Patrick Roger, où je retrouve Julia Martin, rencontrée pendant l’émission Au cœur de l’histoire. Dans les couloirs je vois passer Jean-Pierre Coffe. Cette fois, les autres invités sont Didier Jamet, de Ciel des hommes, et Alain Cirou, directeur de la rédaction de Ciel et Espace, mais aussi homme de radio. Malgré les efforts de l’animateur pour m’aider, j’ai un peu de mal à m’imposer : je n’ai jamais trop aimé couper la parole. À la sortie du studio, Emmanuel, l’attaché de presse, râle un peu :  » la prochaine fois il faudra être un peu moins… un peu plus…, hein ? » — « Oui, oui… ». Le souvenir qui me marque, c’est le souci constant qu’a l’animateur de remercier ou de faire remercier par la régie les auditeurs qui téléphonent pendant l’émission et qui passent à l’antenne : chaque fois qu’il oublie de le faire, il semble très profondément ennuyé. Il faut sans doute, quand on est animateur d’émissions grand public aux thèmes divers et variés, avoir ce sentiment fort vis-à-vis de ses auditeurs.

Avec Philippe Delaroche

Avec Philippe Delaroche (photo : Radio Notre Dame).

Le 10 décembre, je suis accueilli une heure entière — et une heure sans publicités, sans interruption  — sur Radio notre-dame pour l’émission Vox Libri, par Philippe Delaroche, du magazine Lire et Bertrand Deschamps, de la librairie La Procure. Pour une fois, je sens que c’est moins mon livre qui est invité que moi-même, et il est même question de ma précédente parution, Entre la plèbe et l’élite. Enregistrement très confortable, donc. Le lendemain, nouvelle télé : je suis invité pour Historiquement Show, sur la chaîne Histoire, où, outre moi-même, Michel Field a deux invités : Jean-Yves Sarazin, du département des cartes de la bibliothèque nationale, et Florence de Voldère, auteur d’un livre sur le paradis dans la peinture flamande.
Jour après jour, la presse écrite commence à s’intéresser au livre. Outre les critiques (Lire, Les Echos, TGVmagPhilosophie Mag, Lelitteraire, Nonfiction.fr, L’Alsace, Le Républicain lorrain, La Croix, Questions de femmes, Le Quotidien du médecin, Grazia, Force Ouvrière Hebdo, Le Parisien, Marianne,…), certains veulent me rencontrer (L’Express, ou encore les jeunes et talentueux animateurs de Klaatu Magazine) ou bien avoir un entretien avec moi au téléphone (Télé Star, Le Figaro, l’AFP, La Dépêche du Midi,…). Parfois, je sens que la personne avec qui je suis en contact n’est pas vraiment intéressée, ou qu’elle sait déjà quel article elle veut écrire avant même de m’avoir parlé et ne cherche qu’à me faire dire des choses qui amèneront de l’eau à son moulin. Je remarque vite que certains journalistes n’ont pas lu le livre et se sont contentés de le regarder et d’en parcourir les titres, notamment lorsqu’ils me parlent de la « grande peur de l’an mil », dont les historiens (et moi à leur suite, qui me fie à leur savoir) pensent à présent qu’il s’agit d’une construction tardive… Mon chapitre sur le sujet ne traite donc pas de cette supposée grande peur, mais du fait qu’elle n’a pas eu lieu. On peut avoir des surprises : la journaliste du modeste Télé Star, par exemple, m’a semblé plus attentive et pertinente que certains de ses confrères issus de médias nettement plus prestigieux. Un article un peu confus de l’AFP évoque le livre et me prête une phrase pas très bien contextualisée sur le rapport entre les dieux et les hommes. Ce billet rencontre un grand succès car je découvre non seulement qu’il est repris par de nombreux journaux francophones, mais aussi qu’il me vaut d’être cité en Roumanie, en Indonésie, en Turquie, en Italie…

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Très vite, il me manque quelque chose : des photographies qui pourraient illustrer des interviews ou des brèves. La fin du monde a besoin d’un visage. J’envoie à tout le monde une vieille photo amusante, en noir et blanc, un peu trop petite, et une autre, en couleurs, prise en Croatie l’été dernier alors que j’étais en train de terminer le livre et que j’avais fait le vœu idiot de ne me faire couper les cheveux qu’une fois le travail fini.
Une stagiaire au Huffington Post qui apprécie mon blog et mon livre m’envoie un mail pour me proposer de rédiger des tribunes liées au thème de la fin du monde pour ce « site d’information lancé en janvier dernier par le groupe américain Huffington Post et le quotidien Le Monde et dirigé par Anne Sinclair ». Et si je n’ai pas le temps ou l’envie de le faire, on propose de publier sur cette plate-forme des articles issus de mon blog « fins du monde ». Il y a toujours quelque chose d’un peu douteux à cautionner ce système où l’importance d’un site se fonde sur une abondance de contenus offerts par des gens qui espèrent voir en retour leur nom profiter de la notoriété d’un site qui n’existe précisément presque que par leur travail. C’est un peu le serpent qui se mord la queue deux-point-zéro. Même si je ne suis pas très impressionné par ce genre de name-droping (Anne Sinclair, Le Monde), j’aurais pu accepter, mais je n’aurais pas eu le temps nécessaire pour proposer quoi que ce soit d’intéressant, et surtout, j’ai un contentieux avec le Huffington Post depuis qu’il a utilisé une de mes photographies pour calomnier un de mes amis, et donc aucune sympathie pour ce site, ce dont, bien entendu, la jeune fille qui m’a contacté n’est en rien responsable. Elle m’a dit qu’elle comprenait et respectait tout à fait mes choix, quoiqu’elle s’en désolât.
Le 13 décembre, mon livre est en ouverture du supplément littéraire du Figaro, avec un article signé par Yann Moix. Cette fois, mon grand-père, journaliste culturel lui aussi, m’appelle pour me féliciter : là, il est impressionné, le Figaro Littéraire, c’est du sérieux. Statistiquement, j’ai l’impression que mon livre intéresse bien plus les médias étiquetés « à droite » que les autres, je me demande bien pourquoi.

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Je reçois aussi des demandes d’interviews par téléphone : TSF Jazz/Nova, Totem, Unidivers,… Petit à petit, mon discours se construit et je me mets à travailler des métaphores, des formules, à voir quels exemples font mouche et quels exemples font un bide. Des gens de la Demeure du chaos, célèbre lieu d’art sauvage à Lyon, sont venus m’interroger chez moi sur la fin du monde, caméra en mains. Avant ou après ils sont aussi allés filmer Michel Maffesoli et Yves Michaud. Je ne sais pas très bien ce qu’ils vont faire de tous ces films, ce sera, si j’ai compris, publié sur le site de la Demeure du Chaos, mais ce site est lui-même un peu chaotique et je ne suis pas sûr que j’y retrouverais quoi que ce soit. Le jour suivant, à l’école d’art du Havre, je serre la main à mon collègue Bruno, l’agent d’entretien, qui me dit : « c’est pas tous les jours que je serre la main à quelqu’un qui est dans Télé Star ».
Samedi 15, je suis invité aux Champs Libres, à Rennes, pour une conférence, sous forme de rencontre et de discussion3. Le public est assez nombreux. Au moment des questions, on m’interroge sur des points que je n’aurais pas imaginé, par exemple de savoir si je pense qu’il vaut mieux que la fin du monde arrive d’un coup, brutalement, ou bien que l’on ait le temps de la voir venir. Une ou deux fois je dois préciser que je ne suis pas prophète, je m’intéresse aux représentations passées mais je ne lis pas l’avenir. En tout cas les conditions de la conférences étaient royales à tout point de vue et ça restera un excellent souvenir. En sortant, on m’installe sur une table pour dédicacer des livres, mais ce n’est pas la fête : une seule personne se présente.

Les Champs libres

Le 17, on me propose de passer sur France Culture pour une émission qui se termine à minuit, ce qui m’inquiète un peu : le dernier train pour chez moi part de Saint-Lazare à minuit quarante et le rater serait un vrai problème. Le matin même, on me propose une autre émission en direct, sur France Inter. Je décide de caler deux autres rendez-vous pour des enregistrements : RFI pour Les religions du monde et Pixel pour France Culture. Finalement, les émissions en direct sont annulées et je fais deux enregistrements assez détendus, avec Isabelle Lassalle, pour l’émission en ligne Pixel, et Geneviève Delrue pour Religions du monde, qui sera diffusé le 30 décembre sur RFI. Le montage de l’émission Pixel me fait énormément rire, car on n’entend pas mon intervieweuse et les blancs ont été supprimés, ce qui fait que je débite, en cinq minutes, un nombre d’informations tout à fait extravagant.
Le lendemain, je retourne à mes activités normales en faisant passer un partiel à mes étudiants de Paris 8. Le surlendemain, je me rends à l’excellente librairie Le Presse-papier, à Argenteuil, pour dédicacer mon livre. Cette fois je signe tout de même une dizaine de livres. La libraire, très dynamique, fait l’article à chacun de ses clients. Les gens sont surpris de mes dédicaces, puisque je fais des dessins.

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Dans la librairie, dans la rue, dans les cafés, un peu partout, j’entends les gens faire des blagues : « on ne sera peut-être pas là la semaine prochaine ». Personne n’y croit, personne n’a peur, mais tout le monde connaît la date de la fin du monde.

Le 20, c’est ma journée-marathon, et sans doute la plus importante depuis le début de la promotion du livre. À midi, je passe sur France 2 pour les cinq dernières minutes du journal d’Élise Lucet. J’emmène avec moi ma cadette, Florence, et nous sommes accompagnés par Emmanuel, attaché de presse de mon éditeur, qui s’inquiète surtout de la suite : le soir même, je suis censé passer au grand journal sur Canal+, mais avant une ou deux heures de l’après-midi, si une actualité plus importante se présente, il est encore possible que cela soit annulé. Dans le taxi qui nous amène aux studios de France Télévision, le téléphone d’Emmanuel sonne : iTélé veut me rencontrer dans deux heures. Dans la loge, deux assistants d’Élise Lucet viennent tour à tour me demander si leur patronne est venue me saluer, mais non, elle n’a pas eu le temps de le faire. Chacun me rassure en me certifiant que cette dame est extrêmement sympathique et chaleureuse, que tout va bien se passer. Ils me font un peu répéter ce dont il va être question : cinq minutes, c’est très court, il faut éviter les hésitations et les silences — les « blancs », comme on dit. En quittant le plateau, je me suis trouvé plutôt bon, assez fluide. J’ai oublié de dire des choses, j’ai eu une petite hésitation, j’ai laissé mes yeux papillonner à droite et à gauche, mais dans l’ensemble, tout s’est plutôt bien passé : le métier rentre. Je n’ai pas eu le trac, et effectivement, Élise Lucet met ses interlocuteurs à l’aise.

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Je quitte le studio pour aller manger un morceau avant de rencontrer Milan Poyet, d’iTélé, devant les locaux de Canal+, de l’autre côté de la Seine. L’interview se fait en extérieur, sous un léger vent. Après le tournage, ma fille me fait la leçon : il faut que j’arrête de regarder mes pieds quand on me film. Hmmm.
L’émission suivante est enregistrée en direct sur LCI et présentée par Michel Field. Le plateau est complexe et potentiellement très conflictuel, avec Georges Fenech, Nicolas d’Estienne d’Orves, Patrick Simon, un sociologue des religions dont je n’ai pas retenu le nom et moi-même. Nicolas d’Estienne d’Orves, qui a publié une enquête romancée sur le village de Bugarach, est, avec moi, l’auteur le plus consensuel du plateau. Georges Fenech, le politique, parle de son livre Apocalypse : menace imminente ? Les Sectes en ébullition, qui s’avère un peu décalé, puisque contrairement à ce qui y était dit, la « fin du monde maya » n’est pas, bien au contraire, reprise par des sectes apocalyptiques, et la menace de suicides collectifs ou autres horreurs n’a jamais vraiment été à l’ordre du jour de cette apocalypse-là (ce qui n’empêche pas de surveiller les autres, bien au contraire).

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Le sociologue des religions, très remonté, explique que le problème de toutes les croyances fantaisistes c’est que l’on est trop content de croire que les autres y croient : le farfelu, c’est toujours l’autre. Son discours est plutôt recevable, jusqu’au moment où il parle de ses contacts dans le milieu des ufologues, qui sont selon lui des gens très sérieux. Cette affirmation réclamait un peu de précision, mais le temps manque. Patrick Simon venait parler de son livre Autopsie de l’Apocalypse, dont je suis curieux mais que je n’ai toujours pas lu, et qui me semble très étrange et plutôt « premier degré », voire « prophétique » sur le sujet, mélangeant écologie, économie, islamisme, ce qui fait que ce qu’il appelle « Apocalypse » ressemble furieusement à ce que j’appellerais « Journal de TF1″. Nous n’avons pas eu le temps de débattre beaucoup car subitement, le dénommé Marc Machin, tout juste réhabilité après des années de prison, est sorti du tribunal et a commenté le jugement, raconté son état d’esprit, etc. Pendant la diffusion de ce direct, Patrick Simon, notamment, semblait trépigner d’impatience : il avait apparemment beaucoup à dire mais le temps ne lui a pas été donné de le faire. L’émission aurait dû s’étendre pendant vingt-cinq minutes mais elle n’a pas duré un quart d’heure.
En sortant, je dis à Nicolas d’Estienne d’Orves que nous allons nous retrouver tous deux une heure plus tard sur le plateau du Grand Journal, car cette programmation est maintenue. Dans la journée, j’ai acheté son livre, mais je n’en ai lu que quelques pages.

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Dans les coulisses du grand journal, il y a un monde incroyable, pour fêter noël, je crois. Dans la loge se trouve un gros bouquet que personne n’osera emmener, et des fruits séchés d’apéritifs, mais aucune boisson. Dans le couloir, je rencontre Augustin Trapenard, le « monsieur littérature » du Grand Journal, qui me dit beaucoup de bien de mon livre, puis Daphné Burki, qui me semble immense, et Michel Denisot, qui me semble étonnamment svelte, pour ne pas dire maigre. Le lendemain, Florence, qui n’est généralement ni impressionnable ni fanfaronne, se vantera partout d’avoir serré la main à Michel Denisot.
Sur le plateau, je me trouve du côté flatteur de la table, à côté de Daphné Burki et de Najat Vallaud-Belkacem, porte-parole du gouvernement à qui j’aurais adoré demander s’il est vrai que sa référence professionnelle est la série The West Wing car je me passionne pour ces moments où la fiction sert de référence à la réalité qu’elle entend représenter. En visionnant l’émission après-coup, je vois la ministre écarquiller les yeux de manière presque comique lorsque je parle du caractère plaisant de l’idée de catastrophe. La séquence n’a pas duré longtemps, mais l’instant aura été sympathique. C’est donc vrai qu’à la télévision, tout le monde est sympathique. Un générique passe et hop, on sort du plateau en se faufilant parmi des costauds en costume noir qui doivent être les gardes du corps de la ministre, et on rentre tranquillement chez nous. Je me sens serein, tout ça m’a presque l’air naturel, normal, mais malgré tout, malgré moi, impossible de dormir de tout la nuit : je suis peut-être plus affecté ou excité que je ne veux bien le croire.

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Sur twitter ou par mail, je reçois beaucoup de commentaires encourageants ou élogieux : ma tournée médiatique s’achève alors que je commence juste à être rôdé, apparemment. Le lendemain matin, je passe à la fnac : le livre est revenu dans le tas des « suggestions de cadeaux », mais il n’en reste que deux exemplaires, il est trop tard pour faire du réassort avant Noël. Je suppose que c’est le passage au Grand Journal qui vaut au livre d’être à nouveau mis en avant.

Le lendemain, j’ai trois rendez-vous. Je décide de mettre mon tee-shirt « Bugarach », envoyé des Pyrénées par mes parents, qui fait un bon gag final puisque c’est ce jour-là, le 21 décembre, que deux-cent cinquante journalistes du monde entier ont été envoyés regarder la pluie dans ce modeste village des Corbières.
Je me présente chez BFM avec une demi-heure d’avance. On me maquille et on m’amène sur un canapé où je peux regarder deux chaînes en même temps : BFM TV et RMC découverte. On m’a fourni une télécommande, mais il est très difficile de changer le volume d’un téléviseur sans changer celui de l’autre, du même modèle, qui le jouxte. Alors j’essaie différentes stratégies : viser, le capteur infra-rouge d’un téléviseur en occultant l’autre avec la main, notamment. Je suis tout seul, silencieux, en train de me battre contre une télécommande, j’ai l’impression d’être dans Mon Oncle, Play Time, The Party ou peut-être même dans une émission de caméra cachée. Je vois passer en coup de vent le chroniqueur économique Nicolas Doze, à qui je n’ai pas le temps de dire que j’ai souvent eu envie de donner des claques à mon téléviseur quand il y distillait ses opinion ultra-libérales, mais que je l’ai jugé attendrissant, toute cette année, à admettre sa perplexité totale face à l’avenir de l’économie mondiale.

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L’émission se déroule bien, je suppose, mais je n’en ai pratiquement aucun souvenir et je n’ai pas pu la visionner à sa diffusion. À la sortie du plateau de BFM, la personne qui était chargée de s’occuper de moi m’intercepte pour que je vienne me poster devant un téléphone fixe où, me dit-elle, des gens de France Bleu vont m’appeler pour m’interviewer. Pendant que je passais à l’antenne, elle avait pris pour moi ce rendez-vous, et, sachant que je n’ai pas de téléphone mobile, me laissait même un bureau pour ça. Plutôt gentil de la part d’une chaîne de télévision privée qui ne doit rien de spécial à une station de radio publique. Mais chez France Bleu, tant de confraternité a dû sembler louche car au téléphone ils nous annoncent qu’ils ont annulé l’interview, certains que cela ne pourrait pas se faire.

L’émission suivante se déroule sur la chaîne internationale d’information en continu France 24. J’ai plus d’une heure d’avance. Dans le salon, trois économistes discutent de questions très pointues liées à la spéculation financière ou au « trading haute fréquence »4. Ils ont des mots durs pour le gouvernement actuel, qu’ils accusent d’être le meilleur ami du pire de la finance et à qui ils reprochent de proposer des lois « moralisatrices » sans effets possibles et au contraire, destinées à couper l’herbe sous le pied de l’Union Européenne en matière de régulation. Je ne comprends pas tout, mais je suis sûr d’une seule chose : devant la caméra, ils parleront d’une manière moins franche. Et de mon côté, je me demande quel genre de gens nous avons élus, pressés que nous étions de changer de dirigeants.
Dans le salon, je vois aussi Jean-Philippe Stassen, qui se fait interviewer avant moi. Malheureusement je ne comprends qui il est qu’au moment où il part. Dommage, j’aime beaucoup ses bandes dessinées et ça m’aurait fait plaisir de le lui dire. L’entretien est mené par Virginie Herz, qui trouve mon tee-shirt « Bugarach » très drôle et qui veut commencer l’interview là-dessus. La jeune fille qui doit me poser le micro le trouve moins drôle, je comprends pourquoi tout le monde porte des costumes à la télé : c’est parfait pour tenir les micros. L’interview est assez longue, comparément aux formats de 4, 5 ou 8 minutes auxquels je commence à m’habituer, et je me laisse aller à digresser sur la question de la pudeur après le déluge, et sur la manière dont Noé a répudié son fils Cham, qui l’avait vu nu et avait gentiment pris l’initiative de couvrir son père, crime dont ses frères l’ont ensuite dénoncé. Cham est censé être l’ancêtre de tous les noirs, et son histoire a servi de justification à la traite esclavagiste par les arabes, au IXe siècle, qui a elle-même inspiré la traite négrière par les Européens quelques siècles plus tard… Mais voilà, France 24 est diffusée dans le monde entier et il ne faut pas vexer les gens avec des histoires anciennes. Deux fines rides creusent le centre du front de mon intervieweuse qui rit tout de même en enjoignant les téléspectateurs à vérifier mes dires par eux-mêmes. Je sens bien que j’ai dû un peu gaffer. Je devais commencer à être un peu fatigué. Une fois l’entretien diffusé, je découvrirai, sans surprise excessive, que la partie problématique a été escamotée au montage.

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En sortant de France 24, je n’ai pas voulu qu’on me commande un taxi, car j’ai des heures à perdre à Paris avant mon prochain et dernier rendez-vous, je ne suis donc pressé de rien. En fait, tous ces taxis que l’on me propose partout me rendent un peu malade pour le gâchis qu’ils représentent : chaque fois qu’on m’en a réservé un, son compteur, affichait déjà vingt ou trente euros — puisque je suis attendu depuis longtemps, parfois depuis que je suis entré dans le studio  —, et il coûte une fortune à la chaîne (et parfois au contribuable qui finance ladite chaîne) pour faire un trajet qui, à pied, prendrait dix minutes, car toutes les chaînes de télévision sont concentrées dans une aire de quelques hectares. Il faut préciser cependant que les quartiers (le bas du seizième arrondissement, Issy-les-moulineaux et l’ouest du quinzième arrondissement, pour ne parler que des médias que j’ai fréquenté), sont particulièrement peu accueillants et mal desservis par le métropolitain. Mais j’aime marcher, tandis qu’être coincé dans un taxi à deux mètres de l’endroit où je dois me rendre, voilà qui me semble assez absurde. Et quatre heures pour aller de France 24 à RFI, mon prochain rendez-vous, c’est bien suffisant. En fait, j’y suis si vite qu’il faut que je me pose dans un café pour passer le temps. À six heures moins le quart, je quitte le café qui se trouve derrière la maison de la radio et je me présente à la porte où on doit venir me chercher. Je m’annonce, on appelle quelqu’un à l’étage que je dois rejoindre, c’est le rituel. Mais surprise, j’ai une heure d’avance, j’étais tellement pressé d’en finir, sans doute, que j’ai réussi à confondre dix-huit heures et dix-neuf heures. On m’installe alors dans un coin, sur un ordinateur inoccupé : « vous êtes ici chez vous, la maison de la radio appartient à tous les français », me dit-on. Je me fais malgré tout l’impression d’un demi-intrus, d’un enfant qui a été emmené au bureau par ses parents, ou d’un stagiaire de classe de troisième, qu’on accueille un peu par force et qu’il faut occuper. C’est d’ailleurs justement la semaine où les collégiens effectuent leur stage.
Je dois débattre avec Isabelle Jonveaux, sociologue des religions, et Véronique Dubarry, adjointe à la mairie de Paris et passionnée de science-fiction, qui arrive un peu en avance et avec qui j’ai le temps de discuter. Je suis presque étonné de ne pas avoir besoin de me faire maquiller : la fatigue est bien là. Dehors il fait nuit : c’est le jour le plus court de l’année. L’émission commence. Au téléphone, le maire de Bugarach raconte qu’il pleut sur son village et explique qu’il n’est pas fâché de voir la fin de toute cette agitation médiatique. Le débat est intéressant et j’y révèle ce que je n’ai osé dire à aucune chaîne de télévision jusqu’ici : les beaux calendriers circulaires que l’on montre partout pour illustrer l’apocalypse maya de 2012 ne sont pas des calendriers et ne sont pas mayas, mais aztèques. L’émission est plutôt sympathique, très calme, la discussion aurait pu durer une heure de plus.
La journée est terminée, je sors de la maison de la radio, nous sommes le 21 décembre 2012 et la fin du monde, comme prévu, n’a pas eu lieu. Je retourne dans ma banlieue lointaine, adieu Paris, j’ai fait mon devoir. Enfin presque, puisque que ce jour-là et à cette heure-là, comme tous les vendredis, j’aurai surtout dû me trouver dans le train qui rentre du Havre, de retour d’une journée passée à enseigner, mais j’en ai été dispensé pour cause d’Apocalypse.

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Du soutien sur Twitter…

J’aime bien tirer une morale ou des observations nouvelles de ce genre d’expérience, mais cette fois-ci, j’ai peu de choses à raconter. Je peux parler de l’évolution de mon état d’esprit, du moment où le trac a disparu, de la manière dont, d’émission en émission, je simplifie mon discours. Par exemple, à la question « la fascination de la fin du monde a-t-elle toujours existé ? », qu’on m’a souvent posée et à laquelle beaucoup supposent que l’existence même de mon livre constitue une réponse affirmative, je réponds à présent par un « oui » qui me semble manquer de rigueur intellectuelle et scientifique. Les chamans qui vivaient il y a vingt millénaires se préoccupaient-ils de fin du monde ? Je n’en ai pas la moindre idée. Ma réponse a fini par devenir « oui » parce que je sens bien que c’est la réponse qui est attendue, et surtout parce que si je ne dois pas répondre « oui », alors il faut que je réponde « non », car ce qu’on attend de moi ce n’est pas que je dise ce que je ne sais pas, mais que j’exprime des certitudes. Et clairement, le trac a commencé à disparaître lorsque j’ai fini par accepter ce rôle de l’historien sûr de lui. À propos d’historien, j’ai fait tous les efforts du monde pour que l’on sache que je n’étais pas historien, ni historien de l’art, que je n’étais pas professeur d’université ni maître de conférences, mais le message n’est pas passé chaque fois et il est arrivé à plusieurs reprises que l’on me prête des qualités et des titres prestigieux mais immérités. « Ils sont chiants à l’Université avec tout ça », m’a dit une personne qui préparait une émission. Eh oui, mais il faut rester précis.
La simplification des choses et leur réduction à des slogans est parfois dommageable. L’écologie est par exemple toujours ramenée à la question du réchauffement climatique, laissant de côté des sujets franchement graves et peut-être même plus immédiats, comme la qualité de l’air, de l’eau et des sols, comme les extinctions d’espèces vivantes, l’augmentation de la population ou l’épuisement des ressources énergétiques.

Je peux raconter que dans diverses chaînes de télévision (mais pas partout) et quelques stations de radio, les halls sont encombrés de portraits géants des animateurs importants, comme s’il fallait que les standardistes, vigiles, et tout le petit personnel sache reconnaître les « seigneurs » du lieu, comme si les animateurs eux-mêmes devaient être conscients de leur importance. Où l’on se dit que la fonction du portrait n’a, finalement, pas beaucoup varié au cours des cinq derniers siècles. Souvent, il est difficile d’échapper à ce que diffusent les chaînes depuis leurs propres locaux. Chez radio-France, par exemple, on a la radio dans l’ascenseur, et les chaînes de télévision sont diffusées dans les halls, les loges, les couloirs et même parfois aussi dans les ascenseurs.

Historiquement Show

“Historiquement Show”, émission de Michel Field sur la chaîne Histoire, diffusé le 21 décembre. Plutôt intimidant puisque je partage le plateau avec un ancien de l’école des chartes et une collectionneuse de peintures flamandes de la Renaissance. Un moment a été coupé, où, comme sur France 24, je disais du mal de l’antipathique patriarche Noé. Curieux.

J’ai été surpris de tomber souvent, cinq fois, en fait, sur la question du postdatage : pour que l’émission ait plus ou moins l’air d’avoir été réalisée en direct, on m’a demandé, petit mensonge bénin, de faire comme si la date de l’enregistrement était postérieure. Je réponds par exemple comme si de rien n’était, avant le 21 décembre, à une question telle que « Le 21 décembre est passé, mais nous sommes toujours vivants, donc ce n’était pas sérieux ? ». Cela pose une intéressante question pour les médias de flux que sont la télé et la radio, qui essaient au maximum d’entretenir l’illusion du direct, de la synchronicité avec le spectateur, et où ce qui se dévoile comme appartenant au passé est au mieux considéré comme un document d’archive et au pire, comme quelque chose qui serait obsolète. On voit très bien ça à l’oeuvre avec le petit journal, où Yann Barthès s’amuse de tous les mensonges liés au dispositif de production des contenus médiatiques, mais plaisante rarement sur la date des tournages, et pour cause : ses propres émissions sont enregistrées la veille de leur diffusion.

Mon passage aux Champs Libres.

Mon passage aux Champs Libres. À droite sur la photo, Arnaud Wassmer, qui menait l’entretien. Derrière, une page du livre représentant la “Doomsday Clock”, une horloge symbolique mise au point par les savants atomistes de Chicago pour alerter l’opinion sur l’imminence du péril thermonucléaire. Photo : Marie-Laure Blot.

La fin du monde, c’est fini, en tout cas, il est à présent temps pour moi de profiter de la période des fêtes pour rattraper tout le travail accumulé5, les mémoires d’étudiants à lire, les e-mails négligés, etc.

  1. En récapitulant tout ce que j’ai vécu, je pense qu’on peut établir une taxonomie des gens qui interviennent dans des émissions de télévision ou de radio : il y a les animateurs, dont le métier est avant tout de distribuer la parole et qui en général savent d’avance ce qu’ils vont dire et ne semblent même pas vraiment en être passionnés. Il y a les intervieweurs, qui au contraire, ont un avis à donner et des questions à poser. Il y a les co-animateurs, qui sont là pour l’ambiance, qui sourient, font des petits commentaires, rient quand il faut rire. Ils (ou plus habituellement elles) sont là pour amener de la vie aux émissions, et je crois qu’ils sont extrêmement importants. Il y a les invités « bons clients », qui ont souvent déjà fait de la radio ou de la télévision eux-mêmes et qui savent s’exprimer avec un enthousiasme communicatif. Il y a les politiques, qui savent admirablement prendre un ton concerné et responsable pour débiter les plus inintéressantes platitudes. Et puis il y a les bizarres, les universitaires, les passants, les gens que l’on fait venir pour parler de leur travail mais qui ne savent pas forcément bien le faire. J’en fais évidemment partie. []
  2. Lire : Le jour où j’ai croisé le fer (blanc) avec Pierre Assouline. []
  3. Juste avant la session de conférence aux Champs Libres j’ai visité l’exposition Mécaniques poétiques, par Yann Nguema, qui donne une esthétique steampunk à des installations numériques diverses qui en rappellent d’autres (Jeffrey Shaw, par exemple). Une piste plutôt intéressante, très séduisante pour le public []
  4. L’excellent éditeur Zones Sensibles sort un livre sur le sujet du trading haute fréquence le mois prochain. []
  5. Je n’ai bien entendu pas tout laissé tomber pendant ces deux mois, et j’aurais pu raconter aussi tout ce que j’ai fait entre deux micros : signature de mon précédent livre au salon des ouvrages sur la bande dessinée, matinée passée à défendre un projet de recherche au ministère de la Culture, conférence sur un auteur de science-fiction à la Gaîté Lyrique,… []
  1. 7 Responses to “La fin du monde, c’est fini”

  2. By Tom Roud on déc 27, 2012

    Sur le fait que la fin du monde soit populaire dans les média de droite : peut être est-ce parce que la droite est volontiers à la fois nostalgique (les bonnes méthodes educatives d’antan, avant on travaillait plus, etc…) et en même temps catastrophiste (la dette va nous ruiner, etc…). Bref, la fin du monde, c’est un peu le fantasme des anti-progrès.

  3. By sylvette on déc 27, 2012

    Je retiens une chose de cet intéressant compte-rendu. Plusieurs choses en fait. D’une part, alors que j’ai tendance à me comporter comme une groupie niaise quand mes amis passent à la télé ou à la radio, je me rends compte que de tout ça je n’ai vu que l’émission de Taddei. Je trouve incroyable d’avoir raté une telle exposition médiatique et je me dis que si la fin du monde avait vraiment eu lieu j’aurais sans doute été la dernière informée… Ensuite, je retiens que tu t’es senti hyper à l’aise sur Radio Notre-Dame. Ça me rappelle que, n’ayant pas jusqu’à ce Noël de radio qui identifie les stations, je tombe parfois sans le savoir sur radio Notre Dame ou radio Courtoisie en me disant que je dois être sur France Culture parce que les gens y parlent calmement et correctement. Et il me faut souvent un certain temps avant de déceler la tragique méprise. Mais je retiens surtout qu’il faut absolument que tu me dédicaces mon exemplaire, je suis très admirative de ces dessins de fin du monde.

  4. By Jean-no on déc 27, 2012

    @Tom Roud : si c’est le cas, c’est une erreur, la fin du monde n’est ni de droite ni de gauche, tout dépend de ce qu’on propose pour l’éviter (un homme d’action multimilliardaire comme dans Armageddon ou une équipe de scientifiques comme dans Things To Come) ou pour réparer : dans Mad Max le héros zone en cherchant à se venger et à survivre, dans The Postman il reconstruit la société en réinventant le service public et dans La Route, le but du père est de sauver ses principes humains et de les transmettre à son fils… Plusieurs réponses sont possibles, donc.
    Note par ailleurs que l’étiquette politique des médias n’est pas toujours liée aux opinions de ceux qui les font.

  5. By Jean-no on déc 27, 2012

    @Sylvette : Je n’écoute pas Radio Notre Dame mais cette émission était très sympathique et je me suis senti une totale liberté de parole. On ne m’a pas non plus demandé de certificat de baptême.

  6. By BOB on déc 28, 2012

    prophétie ou pas, c’est quand même dommage quand je vois le désastre infernal sur Terre…
    j’aurais bien voulu fêter ça en sabrant une bouteille de champ

  7. By Bug-in on déc 28, 2012

    Je ne sais pas comment j’ai fait, mais n’écoutant, ni la télé, ni la radio, je n’avais pas entendu une seule de vos intervention. J’ai réussi juste a récupérer la vidéo de Arte philosophie avec Michael Foessel (très bavard, mais dont la réflexion tient bien la route). http://www.youtube.com/watch?v=3yWgLfrGCJ8

    L’intervenante qui indique les déceptions « graves » des gens a venir (sur l’émission pixel) est assez hallucinante quand on peu résumer ça habituellement a un processus de dissonance cognitive (sans parler des qualifications péjoratives pour qualifier la vie des adeptes : médiocres…)
    http://www.zetetique.fr/divers/Posters_FinsDuMonde.pdf

    Sur les bonnes perspective de la fin du monde, a celle que vous indiqué sur pixel, il y a les heideggeriens qui indiquent que la fin du monde permet une fin de toutes les craintes… et culpabilité en même temps (il n’y avait que des heidegerriens pour trouvé un bon côté a la mort de la population mondiale [a condition que ce soit d’un coup bien sur]).

    Je comprend votre souci, sur la difficulté a conserver une certaine précision et rigueur dans la parole, quand on exige un ensemble de discours attendu et dans un temps très court. Une réflexion sur la vitesse qu’Helmut Rosa et Virilio (quand il reste lisible) on poussé.

  8. By SILBER on déc 30, 2012

    Pas mal…

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