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Master de création littéraire

juillet 2nd, 2012 Posted in Brève, Études, publication électronique

En France, de nombreux étudiants s’inscrivent en lettres modernes dans le but plus ou moins avoué de pratiquer professionnellement l’écriture, mais ces études sont focalisées sur l’analyse de textes, et certainement pas sur la production littéraire. Si les études en composition studies ou writing studies sont fréquentes en Amérique du Nord, il n’en existe pas en France à ce jour, ou plutôt il n’en existe plus depuis des décennies, ou des siècles : art poétique, rhétorique, stylistique, ont longtemps fait partie du cursus des écoliers, puisque l’on jugeait naturel que l’élite lettrée soit capable de s’exprimer, de comprendre des textes et de construire un discours.
Il faut signaler que l’école supérieure de l’Image, à Angoulême, et l’Université de Poitiers, collaborent depuis 2008 pour faire vivre un Master de création en bande dessinée, auquel j’ai l’honneur et le plaisir, modestement, de collaborer.

Avec beaucoup d’ambition, l’Université du Havre et l’École supérieure d’art et de design Rouen-Le Havre ont décidé de se lancer dans une belle aventure : la création du tout premier Master de création littéraire en France, et semble-t-il, en Europe francophone. L’Université dispensera des cours théoriques sur la littérature, tandis que l’école d’art, où l’on dispose d’une expertise certaine en termes de capacité à produire, organisera des ateliers d’écriture.
pour l’année 2012-2013, la coordination du « parcours » sera assurée par l’écrivain Philippe Ripoll. Du côté école d’art, les enseignants mobilisés sont pour l’instant les plasticiennes Béatrice Cussol et Élise Parré, qui ont une longue pratique des ateliers d’écriture, la graphiste Brigitte Monnier, qui travaille avec des membres de l’OuliPo (cf. photo d’illustration), et moi-même, qui vais traiter les questions de publication numérique. Un dernier enseignant, en cours de recrutement, rejoindra l’équipe. Du côté de l’Université, des cours théoriques sur des périodes de l’histoire de la littérature seront dispensés. Enfin, des intervenants extérieurs professionnellement engagés dans les questions d’écriture (éditeurs, écrivains,…) seront régulièrement invités.

La rentrée au niveau Master 1 aura lieu en octobre prochain. Les inscriptions sont ouvertes en ce moment même, et la sélection des étudiants se fait sur dossier et peut-être aussi sur entretien, comme c’est la tradition en école d’art. On peut obtenir plus de renseignements sur le site de l’Université, sur la page facebook de la formation et sur le site de l’école d’art Rouen-Le Havre.

  1. 30 Responses to “Master de création littéraire”

  2. By Stephane Pejic on juil 2, 2012

    Enfin de la créativité dans les études de lettres!
    Jusqu’à présent il fallait appliquer les dernières théories critiques comme grilles d’analyses litteraires qui occultent la spécificité des textes. Maintenant grâce a l’université du Havre, les étudiants ne produiront plus que de la critique, du sushi froid, mais de la littérature.
    Bonne chance a ce nouveau Master de Lettres!

  3. By sylvette on juil 2, 2012

    Mouais… Ecrire s’apprend, je n’ai aucun doute là-dessus, et tu as raison de souligner que ce qui faisait autrefois partie du cursus littéraire classique (stylisque, rhétorique, etc…) en a aujourd’hui totalement disparu au profit de théories de l’analyse littéraire parfois… comment le dire sans froisser?…. stériles? Mais de là à créer un master de création littéraire… Je m’interroge. Que feront les étudiants titulaires d’un M2 de création littéraire? deviendront-ils ces journalistes capables d’écrire un texte sans fautes de français que j’appelle de mes vœux? Tu sais sans doute que dans notre belle université certains profs du département de lettres proposent des cours de « creative writing » dans le cadre du Master. Ce sont des enseignants très sérieux, écrivains eux-mêmes mais…. pour avoir récupéré dans une poubelle de photocopieuse des productions étudiantines, je m’interroge doublement. Ce que j’ai lu tenait davantage de « racontez vos vacances » que de l’exercice de style. Que met-on en France derrière l’idée de cours de création littéraire? A qui s’adressent ces cours? Ce nouveau Master sera-t-il sélectif? J’imagine que si cette formation a reçu un agrément, c’est que quelqu’un a répondu quelque part à toutes ces questions. Il n’empêche que je me les pose d’autant plus que je vois bien comment, dans mon honorable établissement, on fait de la pure merde avec des bonnes idées.

  4. By Carine Roucan on juil 2, 2012

    Initiative très intéressante, et nécessaire!

  5. By Jean-no on juil 2, 2012

    @Sylvette : Le master sera sélectif, oui, et nous comptons mettre en place un système semblable à celui qui a cours en école d’art, basé sur un entretien. Nous espérons embaucher majoritairement des gens qui ont déjà une pratique un peu sérieuse de l’écriture. Le mot « création littéraire » est entendu au sens le plus large, du journalisme documentaire à la poésie en passant par le scénario ou le roman, on compte construire le cursus sur la pratique… Mais difficile d’en dire beaucoup plus à ce jour puisqu’on existe, mais sans expérience. Mon petit doigt me dit que les années expérimentales seront aussi les plus intéressantes…
    Paris 8, figure-toi, devait créer un master équivalent mais ne le fera que l’an prochain.

  6. By Mélie on juil 2, 2012

    Ces questions sont judicieuses et effectivement, voir à quoi ressemblent les plaquettes serait au moins un bon moyen pour nous rassurer (ou pas…).
    Pour ce qui est des débouchées, sincèrement, c’est le même problème que pour ceux qui poursuivent des études de lettres (ou des études supérieures tout court parce que finalement la spécialisation universitaire est tout autant un frein en sciences qu’en lettres à mon avis).
    Peut-être que nous auront effectivement des journalistes qui nous épargnent coquilles, erreurs et fautes impardonnables chez des personnes pour qui l’écriture est un métier.
    Maintenant, je ne suis pas sûre que le études de lettres conventionnelles telles que celles qui sont déjà en place dans les universités de Lettres ne soient pas un bon moyen pour apprendre à écrire. Tout d’abord c’est en étudiant les auteurs, leur style, leurs textes que l’on peut apprendre à se trouver soi-même (combien d’auteurs ont commencé en pastichant leurs ainés?). Et puis, les enseignants donnent toujours des conseils d’écriture à leurs étudiants.
    Mais on ne peut qu’applaudir la création d’un nouveau cursus tel que celui-ci.

  7. By Jean-no on juil 2, 2012

    @Mélie : la plaquette a été faite en catastrophe (ce Master est en gestation depuis quatre ans mais il a été accepté de manière précipitée assez récemment), beaucoup de noms sont mal orthographiés, elle a été produite par l’Université (donc assez technique, avec des comptes d’apothicaire sur les horaires, et sans grand soin de mise en page), elle n’est donc pas du tout rassurante :-)
    Je pense que ce qui justifie cette création, c’est la situation actuelle : tout le monde veut écrire mais personne ne veut lire. Avec ce genre de formation, un petit groupe de gens auront la chance de pouvoir avoir un retour sur leur production, de pouvoir échanger, et de pouvoir se consacrer à écrire pendant les deux ans que ça durera. L’Université est mal placée, je pense, pour enseigner la pratique de l’écriture, mais les écoles d’art, paradoxalement (puisque les gens s’attendent à ce que nous ayons une production plastique) sont plus armées pour les questions de pratique : chaque année nous avons des dizaines d’étudiants à qui nous apprenons à développer leur propre langage plastique en élevant leur niveau d’exigence, et certainement pas à apprendre des recettes toutes faites. C’est dans cet esprit là que le volet pratique du Master se déroulera. Le fait de rencontrer des praticiens sera, je pense, un autre point fort. Et bien entendu, le volet universitaire (histoire, analyse) nourrira la pratique et la réflexion des étudiants.
    Chez les anglo-saxons, ça se fait énormément, mais les écrivains un peu installés ont tendance à rayer de leurs CVs ces années d’ateliers d’écritures, car comme ici, le mythe de l’écrivain solitaire face à sa feuille blanche reste la norme.

  8. By Didier COSTE on juil 2, 2012

    En tant qu’écrivain franco-australien, traducteur, ancien Président d’une Fondation culturelle internationale accueillant des écrivains et des artistes, et Professeur de Littérature Comparée en France ayant enseigné longtemps en Australie et aux États-Unis, je suis curieux de suivre le lancement et le développement de ce Master.
    Parmi mes interrogations, assez nombreuses, figure tout d’abord celle-ci: que signifie « la littérature » dans « des cours théoriques sur des périodes de l’histoire de la littérature seront dispensés »? (pourquoi le singulier? quelle est la place DES langues et DES littératures dans ce cursus?). Deuxièmement, dans quelle mesure un tel Master, en France, sans substrat en Licence, comme il est souligné, peut-il former les « mastérants » à un niveau comparable à celui des bonnes écoles anglo-saxonnes de creative writing? Troisièmement, est-il possible de concevoir un cursus solide sans que des écrivains en résidence, de qualité indiscutable, soient employés comme enseignants titulaires, ou associés, mais sur des durées non inférieures à un semestre? Quatrièmement, comment se situe une telle formation (payante?) par rapport aux ateliers d’écriture universitaires et/ou populaires qui ont, eux, déjà une tradition (longue dans le temps, maigre en volume) en France, sous l’impulsion de personnalités comme Claudette Oriol-Boyer ou François Bon? Enfin, quels sont les liens institutionnels et professionnels établis ou envisagés avec les quatre domaines connexes pertinents autres que les arts graphiques : l’édition conventionnelle et numérique, le journalisme, la traduction générale et littéraire, la musique?
    Un commentaire fait état de la déplorable maîtrise de la langue française (et de la banalité désolante) des productions étudiantes dans des ateliers d’écriture. J’ai pu faire ce même constat dans le passé à l’Université de Pau, à l’époque où un « atelier » était obligatoire en Licence de Lettres Modernes. Les ateliers (de poésie et de fiction) dont la production étudiante était détestable étaient conduits par deux poètes locaux, relativement connus nationalement, que je ne nommerai pas, qui confondaient volontiers « écriture » avec « expression personnelle », témoignage et spontanéisme. Je conduisis pour ma part, pendant deux ans, un atelier d' »écriture sur les arts » dont l’activité était précisément axée sur la conscience et la maîtrise des formes; la production étudiante y était bien meilleure, mais je ne saurais dire si c’était du fait de ma méthode d’enseignement ou parce que les étudiants qui l’avaient choisi (en petit nombre) étaient dotés au départ d’un bagage culturel et d’un souci des formes qu’ils ne partageaient pas avec ceux qui intégraient les autres ateliers d’écriture. Toujours est-il que ma curiosité est éveillée par l’initiative du Havre (et par le projet de Paris 8, dont je n’étais pas au courant).

  9. By Jean-no on juil 2, 2012

    @Didier Coste : je n’ai pas pesé particulièrement le singulier à « littérature », d’autant que je ne connais pas la teneur de tous les cours théoriques. Je pense en revanche que ces cours porteront sur les siècles passés, pour la plupart. Il me semble qu’il y a des cours de littérature comparée ou de littérature étrangère. Pour le Master sans Licence, ça ne me semble pas impossible, et même au contraire, je ne sais pas si j’aurais envie de travailler sur la production littéraire avec des jeunes gens frais émoulus du baccalauréat. Pour le troisième point, des questions de budget nous empêchent d’ouvrir de nombreux postes permanents, mais, sans pouvoir donner de noms pour l’instant, oui, les étudiants verront des écrivains. La formation est payante, enfin au tarif habituel d’un Master universitaire, c’est à dire pas bien cher. François Bon est bien entendu un modèle beaucoup cité et je suis certain qu’il sera invité, si ça l’intéresse. Sur les liens avec le monde de l’édition, il faut savoir que l’école d’art Rouen/Le Havre abrite une importante équipe de recherches dans le domaine, avec de grands liens avec le monde de l’édition, notamment en art. Un autre laboratoire, centré sur les nouveaux médias, a initié une recherche sur la lecture à l’écran, forcément complémentaire. Pour le reste, l’idée est d’être très ouvert à de nombreux domaines… La chose est en phase expérimentale, ça risque d’être vraiment intéressant.

  10. By Julien on juil 2, 2012

    « les écrivains un peu installés ont tendance à rayer de leurs CVs ces années d’ateliers d’écritures »
    Ce n’est pas mon ressenti, au contraire j’ai appris / compris que travailler dur en fac à apprendre à écrire était courant par les récits et interviews d’écrivains ou scénaristes américains.
    Il me semble que le mythe américain est plus du côté des 2000 refus et du hard work pour leur prouver que ce que l’on vaut :-) que du génie solitaire.
    De même les écrivains américains remercie couramment publiquement et de manière transparente leur Editor (souvent indépendant et non-lié à leur maison d’édition, leur publisher) qui relit, corrige, propose de couper… fait des recherches pour eux parfois.

  11. By Jean-no on juil 2, 2012

    @Julien : l’editor est très important c’est sûr (et les bons existent en France aussi d’ailleurs, par exemple ma responsable d’édition actuelle pour mon prochain livre…). Apparemment, la pudeur vis à vis de l’apprentissage de l’écriture par certains (pas tous) est une réalité, c’est en tout cas, si j’ai compris, ce qui a été raconté à une journée d’étude sur le sujet jeudi dernier. Mais bon je n’y étais pas alors…

  12. By Labo de l'édition on juil 3, 2012

    Bonjour,
    je suis très intéressée par cette initiative et notamment par votre partie, sur la « publication numérique ». Est-ce qu’il s’agira d’apprendre aux auteurs comment publier sur le net sans éditeur (sur des plateformes, sur des blogs), ou bien est-ce qu’il s’agira d’étudier comment le « contexte numérique » affecte la pratique même de l’écriture?

  13. By Jean-no on juil 3, 2012

    @Labo de l’édition : le cours n’est pas entièrement rédigé (ou plutôt planifié, car je ne rédige pas vraiment ce genre de cours), je me donne l’été pour ça, mais je compte aborder toutes les questions : histoire, diversité et spécificités (techniques, économiques, artistiques) des supports de publication numérique, du blog au tweet, du cdrom multimédia au ebook, du mail au webdoc, et jusqu’au fameux « transmédia » bien sûr. Les questions de lecture à l’écran, sur lesquelles travaille notamment mon collègue au Havre Jean-Michel Géridan seront abordées (et on me dira à ce moment-là que mon blog est illisible mais tant pis pour moi ;-)). J’ai une approche ambivalente du sujet : je connais, puisque c’est mon métier et mon loisir depuis quinze ans de publier sur support numérique (cdrom, « homepage », forums,…), mais je suis aussi un bibliophile, nettement sceptique à l’idée de livres qui réclament des batteries pour être lus et qu’on ne peut ni prêter, ni consulter sans permission de ceux qui en administrent la plate-forme technique.
    Malgré ce que je viens d’écrire ci-dessus, le cours sera essentiellement pratique et sera un lieu de débat permanent sur le présent et l’avenir du livre.

  14. By Laure Colmant on juil 3, 2012

    « Peut-être que nous auront effectivement des journalistes qui nous épargnent coquilles, erreurs et fautes impardonnables chez des personnes pour qui l’écriture est un métier. »

    Le métier des journalistes, ce n’est pas l’écriture, c’est la recherche de l’info et sa médiatisation. Ce qui passe par l’écriture, mais aussi la radio et la télévision. Je suis beaucoup plus sévère avec un journaliste qui bidonne ses infos mais qui écrit bien, qu’avec un autre qui écrit mal mais a des infos béton. Certains ont le double talent, mais ce n’est pas le cas de tous. Normalement, dans toutes les rédactions, il devrait y avoir des correcteurs-réviseurs et des secrétaires de rédaction pour remettre du bon français là où il en faut. Mais ce sont des postes que les patrons de presse suppriment systématiquement. Parce qu’ils se moquent bien de la qualité.

    Pour en revenir au sujet de ce post, je trouve l’initiative très intéressante. Elle pourrait intéresser de futurs journalistes, après qu’ils aient fait leurs études de journalisme. Notamment pour tout ce qui concerne le magazine. Mais il faudrait aussi y réfléchir dès le lycée. Le niveau de culture générale de la langue des postbac est souvent à pleurer.

  15. By Jean-no on juil 3, 2012

    @Laure Colmant : Nous ne sommes plus dans des sociétés qui valorisent énormément l’écriture et cela se ressent au lycée mais aussi à l’université. L’école a parfois l’air d’avoir abandonné, et on ne sait même pas au profit de quoi (pas au profit des mathématiques, à mon avis, car si tout le monde doit faire « s », tout le monde ne comprend pas les mathématiques pour autant et j’ai même l’impression que la culture scientifique est en net déclin – ceci dit je me méfie de la sensation de déclin, qui accompagne le fait de vieillir, et ce depuis Nabuchodonosor). Pourtant grâce aux supports de communication numérique les gens écrivent énormément et l’envie de le faire bien est sans doute là… Enfin tout ça nous entraîne loin, l’école doit sans doute changer profondément, le modèle du XIXe ne tient plus puisqu’il correspond à une société en grande partie disparue. Mais pour ce qui nous (l’école d’art Rouen le Havre et l’Université du Havre) concerne, nous ne pourrons être tenus responsables que de cette formation :-)

  16. By sylvette on juil 3, 2012

    Tu as raison de dire que la magnifique université dont nous faisons partie est sur le point de mettre en place un Master similaire (« humanités numériques », je crois que ça doit s’appeler mais je ne sais pas trop, dans notre EA on en parle à mot couvert, comme un truc de l’élite, forcément puisque c’est plus ou moins fait avec le tampon Labex, Idefi ou autre). C’est assez farce de regarder la maquette parce qu’en effet j’ai l’impression que c’est plus ou moins la même chose que ce dont on parle chez nous avec des cris d’émerveillement et qu’on nous présente (en Lettres en tout cas, en Arts vous m’avez l’air d’être plus au courant de ce qui se monte ailleurs) comme une innovation majeure, une première en France, un truc unique, formidable et que le monde entier nous envie déjà et qui va attirer des foules d’étudiants avides… Je m’aperçois que Le Havre nous devance: scandale!!

  17. By Jean-no on juil 3, 2012

    @Sylvette : En tant qu’enseignant à Paris 8 je pourrais dire « Le Havre nous a grillés au poteau » mais puisque je suis aussi enseignant à l’école d’art Rouen/Le Havre, je peux dire « Haha, on vous a grillés au poteau ».

  18. By sylvette on juil 3, 2012

    ouais! t’façon, comme je vois les choses, chez nous ça va attirer n’importe qui, avec une prédilection pour les étudiants chinois ou iraniens munis de traducteurs automatiques…

  19. By Jean-no on juil 3, 2012

    @sylvette : c’est là que le système des écoles d’art, avec un entretien pour la sélection, permet d’éviter des situations compliquées de ce genre.

  20. By sylvette on juil 4, 2012

    Ha oui mais ça tu sais bien que c’est un sujet tabou. Notre Master Littérature perd ses étudiants par charrettes entières, alors que le moindre Master vaguement sélectif se remplit à vue d’œil, mais on continue à prendre des étudiants qui vont réussir au bout de deux ans, voire trois à obtenir un M1 à l’arrache et qui n’en feront jamais rien parce qu’en réalité ils n’auront pas les compétences qu’ils sont censés obtenir… Gâchis.

  21. By Jean-no on juil 4, 2012

    @sylvette : en école d’art, la sélection est plus intéressante qu’à l’université (pour ce que je sais de la sélection à l’université), car elle ne sert pas à sélectionner les « bons » étudiants (à nous d’en faire des bons, s’ils le sont déjà, qu’ils restent chez eux !), mais à jauger, arbitrairement, si ça va être possible, si la motivation est là, si l’étincelle est là,… Je n’ai jamais regardé un bulletin de notes de bac d’étudiant postulant en école d’art, par contre j’ai essayé de deviner s’il allait être possible, intéressant, agréable, de travailler ensemble pendant trois ou cinq ans.

  22. By sylvette on juil 4, 2012

    Je suis d’accord avec cette sélection-là. En tout cas pas avec celle qui consiste à prendre tout le monde en croisant les doigts pour que les plus nuls ou les moins motivés abandonnent d’eux-mêmes, soit parce qu’ils trouvent la charge de travail trop élevée (sans rire) soit (surtout) parce qu’au terme d’une course-poursuite de plusieurs semaines ils n’auront pas réussi à s’inscrire…. Mon expérience, par exemple, c’est que les étudiants les plus intéressants sont le plus souvent des adultes qui n’ont pas forcément eu le bac et qui reprennent des études à un moment de leur vie où ça leur paraît possible ou désirable… Quand je pense que c’était le cœur de cible de « Vincennes » …

  23. By Jean-no on juil 4, 2012

    @sylvie : la non-sélection a ses vertus aussi, elle est démocratique disons, mais très cruelle – le nombre de gens qui s’inscrivent en lettres sans aimer lire, en psycho pour régler leurs propres problèmes, en histoire de l’art parce qu’ils croient que c’est facile, etc. : ça fait des années de licence difficiles, tout le monde perd son temps : étudiants motivés ou non, enseignants,… Mais ça permet aussi des bonnes surprises, bien sûr.
    Tu sais que je n’ai pas le baccalauréat ! Je suis venu étudier à Paris 8 parce que c’était justement l’université qui était ouverte aux non-bacheliers. Et quand je suis devenu enseignant moi-même (1996), j’avais beaucoup d’étudiants du profil que tu décris : issus du monde du travail, parfois nettement plus âgés que moi, non-bacheliers, mais motivés. Puis la fac est un peu rentrée dans le rang, à moins que ce soient les travailleurs non bacheliers qui ne voient plus l’intérêt d’y étudier.
    Je n’ai rien contre les étudiants qui viennent là par hasard, il y a des vraies réussites, parfois, mais quand ils sont trop nombreux, ça rend le cursus compliqué pour tout le monde. Assez lâchement, j’ai surtout des étudiants en Master, où le problème de la motivation est dépassé.

  24. By sylvette on juil 4, 2012

    Oui mais pas dans le Master dans lequel j’officie, où les boulets sont légions et à qui la plupart des profs mentent cyniquement dans le seul but de justifier leur existence et de continuer à recevoir leur prime…

  25. By Jean-no on juil 4, 2012

    @Sylvette : terrible description, j’espère que tu forces le trait !

  26. By sylvette on juil 4, 2012

    Non. Tu ignores tout de ce qui se trame dans le bâtiment B….

  27. By Jean-no on juil 4, 2012

    @Sylvette : faut qu’on t’embauche en arts plastiques !

  28. By sylvette on juil 4, 2012

    Cette année ma copine Caroline Marie (Marie c’est son nom de famille) va proposer un cours d’anglais pour Art (second semestre je crois), mais c’est surtout mon pire collègue qui vous fait des yeux doux via le Labex…

  29. By Jean-no on juil 4, 2012

    @sylvette : Je note :-) On se méfiera.

  30. By Guillaume on avr 11, 2013

    Ah cela m’intéresse énormément !

    Vous acceptez aussi des étudiants étrangers?

    Je suis belge d’origine franco-danoise.

  31. By Jean-no on avr 11, 2013

    @Guillaume : Je pense que rien ne s’y oppose. Les détails ici : http://www.esadhar.fr/lh/?p=3986

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