Profitez-en, après celui là c'est fini

Museomix

novembre 14th, 2011 Posted in Cimaises, Design, Interactivité

Vendredi dernier j’ai vu apparaître quantité de tweets1 qui contenaient le hashtag2 #museomix. J’avais entendu parler de Museomix par un de ses organisateurs, le talentueux et entreprenant Julien Dorra, concepteur d’évènements créatifs, qui avait commencé à annoncer la chose dès la fin de l’été.

Mais ce qui m’a intrigué, c’est que les messages qui défilaient sur ma « tweet-list » étaient émis par des gens que je connais parfois de longue date, en ligne ou pas, mais qui eux ne se connaissent pas, ou dont j’ignorais qu’ils aient pu se connaître : des wikipédiens, des vétérans du multimédia interactif, des scientifiques, d’anciens étudiants, d’anciens collègues,… Bref, j’ai vu de la lumière sur Twitter, alors je suis entré, je me suis rendu au musée des Arts-Décoratifs où tout cela se passait, rendu curieux par la diversité des participants autant que par l’effervescence suscitée par la première matinée de Museomix.

Le principe est semblable à celui du Artgame Week-end qui s’est tenu à la Cantine en 2010 et 2011 : des équipes se constituent autour de projets-marathon. Pour le Artgame Week-end, les réalisations étaient des jeux vidéo à vocation artistique. Cette fois, il s’agit de propositions muséologiques novatrices. Le Musée des Arts-décoratifs a ouvert pendant trois jours l’accès à un certain nombre de ses espaces : des salles d’exposition, mais aussi la charmante bibliothèque où s’était tenue, rappelez-vous, une performance de Marie-Ange Guilleminot il y a un an et demie.

Chaque équipe investit un des lieux et y propose un nouvel accès au contenu muséal, en profitant éventuellement de nouvelles technologies (et parfois même de technologies nouvelles) amenées là par des partenaires de l’évènement : impression 3D, découpe laser, motion-capture, canon sonore, écrans mobiles, bornes interactives,… Les propositions n’étaient pas forcément high-tech. Il s’agissait d’abord de mettre au point des prototypes permettant à l’expérience de la visite du musée d’être améliorée, complétée, étendue, reliée à d’autres,… Les idées trouvées étaient très diverses : inviter le public à manipuler et à inspecter (numériquement) sous toutes les coutures un meuble qu’il est interdit de toucher ; sonoriser un lieu pour le replacer (un peu) dans son contexte et faire voyager le spectateur dans le temps ; faire un relevé de parcours ou une prise de notes virtuelles permettant de mémoriser sa propre expérience ou pour permettre de prendre connaissance de celle de précédents visiteurs ; etc.

Certains projets, s’ils étaient généralisés, me rendraient sans doute la fréquentation des musées insupportable — je pense notamment aux projets qui reposent sur une sonorisation des salles —, mais je ne trouve pas pour autant inutile de les avoir tentés. D’autres projets me semblent incontestablement utiles et répondent à de vraies problématiques. Je remarque une tendance à l’extrème personnalisation de l’expérience de la visite du musée.

Au delà du résultat — sur lequel je suis mal placé pour dire quoi que ce soit, étant arrivé dimanche à l’heure où les salles fermaient —, je suis impressionné par le dispositif qui a permis de faire éclore tout cela. En trois jours continus (vendredi, samedi, dimanche), des gens qui ne se connaissaient pas se sont improvisés en véritables petites start-up concentrées sur le fait de faire aboutir des projets ambitieux. Leur emploi du temps était plutôt rempli, avec des tâches précises (synthèse, documentation,…) pour chaque jour.

Les noms des équipes ont été générés au hasard avec, chaque fois, un nom d’animal associé à un nom de courant artistique : les lamantins rococo, les lions cubistes, les lapins bio-art, les lémuriens neo-pop, les cachalots pointillistes, etc., au total ont été constituées onze équipes de six ou sept personnes aux compétences et aux parcours divers : artistes, graphistes, développeurs, designers, qu’ils soient professionnels ou étudiants3. Autour d’eux, pour donner un coup de main, pour encourager ou juste pour observer on pouvait croiser des gens tels que Elifsu SabuncuSylvie Tissot, Omer Pesquer, Geoffrey Dorne, Astrid Girardeau, ou encore des jeunes gens de Knowtex, partenaire de l’évènement.

Au sous-sol, j’ai eu la surprise de retrouver le rennais John Lejeune, de Hackable-devices, dans un fab-lab où ronronnaient une makerBot et une découpeuse laser.

Pour couvrir l’évènement, La Chambre à air, émission de radio itinérante, s’était installée dans le salon des boiseries, avec une centaine de chambres à air fauteuils,  avec des sessions « live » de A Child Rasputin  et Soe Joe.

Bref, une expérience intéressante, plaisante et utile. Je suis persuadé que le succès de cette session se perpétuera dans de futures éditions de Museomix.

(Lire ailleurs : Le « musée-légo », par Samuel Bausson (Knowtex) ; Le numérique au musée : les expériences de Gonzague et Omer, par Gayané Adourian (Knowtex) ; Museomix en dix moments rigolos, par Gayané Adourian (Knowtex), où on apprend que mon irruption impromptue sans badge dans la bibliothèque du Musée est un moment rigolo)

  1. Le mot tweet n’a plus besoin d’être expliqué ou écrit en italique ou entre guillemets car il se trouve dans le dictionnaire Le Petit Robert, édition 2012. []
  2. Un hashtag est un mot-clé qui commence par le caractère dièse (#) et qui est interprété par Twitter comme lien hypertexte. []
  3. Parmi les participants que je fréquente en ligne ou ailleurs, je note Frédérique Santune, Stéphanie de Vanssay, Alain Romang, Marion Coville, Jade Le Maître, Silvère Mercier.  []
  1. 4 Responses to “Museomix”

  2. By Geoffrey Dorne on nov 14, 2011

    Pour compléter ton article et chaudement prouver ta présence (mdr!)

  3. By Jean-no on nov 14, 2011

    Oui oui, je… voilà… Ceci dit toi aussi.

  4. By Geoffrey Dorne on nov 14, 2011

    c’est un jumeau, ce n’est pas moi :p

  5. By Jean-no on nov 14, 2011

    Ah ben pareil, en fait !

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