Profitez-en, après celui là c'est fini

Serial organizer

mai 19th, 2008 Posted in Non classé

Le film informatique du jour se nomme Ghost in the Machine, réalisé en 1993 par Rachel Talalay, à qui l’on doit aussi le sixième et dernier film de la série Freddie Krueger (1991) et le médiocre Tank Girl (1995), mais qui est aussi connue pour avoir produit deux films de John Waters, Cry Baby (1990) et Hairspray (1988).
En France, patrie des titres fantaisistes, le film est sorti sous le nom Le Tueur du Futur.

Karl Hochman, un tueur en série qui travaille dans une boutique informatique vient de repérer ses nouvelle proies : une mère célibataire, Terry Monroe, et son fils Josh. Le bonhomme a un air si inquiétant qu’on a déjà du mal à s’imaginer lui acheter un ordinateur et l’on se demande bien pourquoi son jovial patron le considère comme un employé modèle.
Le mode opératoire de l’assassin est de s’emparer du carnet d’adresses de ses victimes pour tuer un à un leurs amis. Un peu trop pressé d’aller commettre un meurtre, il roule un soir de pluie à contresens sur une route et atterrit dans le décor. Les pompiers l’extraient de son automobile, il se trouve entre la vie et la mort.
À l’hôpital, on lui fait passer un scanner afin d’estimer les dommages subis par son cerveau.

Mais voilà, il y a de l’orage et une surtension de la centrale électrique a des conséquences inattendues : le résultat des examens pratiqués à l’hôpital atterrit sur le réseau informatique de la société Datanet.
On ne dira jamais assez qu’il est important d’équiper son installation informatique d’un onduleur ou, au minimum, d’une prise capable de résister à la foudre.

Ghost in the machine

Au moment où Karl Hochman décède physiquement, son âme noire reprend vie sur un ordinateur. Il n’a alors plus d’autre projet que de finir ce qu’il a commencé : il va assassiner un à un les amis de Terry Monroe, tuer son chien, puis la tuer elle avec son fils.
Il s’en prend d’abord au patron de Terry, qu’il assassine avec son propre micro-ondes.

Ghost in the machine

Opportuniste, l’affreux tueur utilise toutes les armes dont il dispose pour arriver à ses fins : piratage de données administratives, pilotage d’appareils électriques divers (couverture de piscine, grille-pains, machine à laver…), mais aussi mauvais réflexes des policiers qui, en prenant le son de l’explosion d’un transformateur électrique déclenchent une fusillade.

Heureusement, Terry vient de rencontrer Bram Walker, un hacker génial célèbre pour avoir naguère conçu un virus tout à fait extraordinaire, venu réparer les ordinateurs de Datanet. Avec l’aide de Bram et celle de son fils, Terry comprend la situation : le serial-killer n’est pas mort, il est dans le réseau. Il ne reste plus au trio qu’à trouver une solution. Terry ne connaît pas grand chose à l’informatique mais elle se rappelle d’une recommandation qu’on lui avait faite : il ne faut jamais mettre d’aimant sur un ordinateur.

Ghost in the machine

On ne dira jamais assez qu’il ne faut pas mettre d’aimants sur les ordinateurs.
En 2004, la société Apple a oublié cette recommandation en commercialisant avec ses ordinateurs G5 une version de sa webcam iSight qui se fixait au boitier par aimantation. Placée en un certain point latéral du boitier, la caméra détruisait tout bonnement le disque dur qui se trouvait derrière en quelques semaines d’utilisation.

Ghost in the Machine

Revenons à notre récit.
Bram Walker propose de s’introduire dans un laboratoire de recherches pour fabriquer un aimant gigantesque et le retourner contre Karl Hochman après avoir forcé celui-ci à sortir de l’ordinateur comme un renard enfumé grâce à un virus.
L’affrontement final a lieu, les gentils gagnent, le méchant disparaît pour de bon. Ouf.

Dire que la trame de Ghost in The Machine n’est pas crédible relèverait de l’euphémisme. Pour cette raison, le film n’est même pas réellement distrayant alors qu’il a pourtant quelques atouts. Le personnage de Terry Monroe, par exemple, avait un certain potentiel. L’actrice qui lui prête ses traits n’est autre que Karen Allen, la première fiancée d’Indiana Jones (Les aventuriers de l’arche perdue) qui a quasiment abandonné sa carrière d’actrice après avoir lancé, avec succès, une entreprise de tricot.

Belle rousse inquiète et digne, Terry doit composer avec une vie familiale à la dérive, s’entendre avec son fils, adolescent mollement révolté, supporter sa mère (Jessica Walter, la mère indigne de la série Arrested Developpement) et accepter sans conviction les avances d’un gros type pénible. Lequel finira, à notre grand soulagement, carbonisé par un sèche-mains piloté par le serial-killer non sans avoir d’abord été projeté contre un mur dans une voiture de crash-test.

Les effets spéciaux sont assez riches et constituent un condensé de l’époque, avec des réminiscences de Tron, de The Lawnmower man, mais aussi des œuvres de l’artiste Karl Sims.
Nous étions encore à l’époque où la 3D au cinéma n’imitait pas encore la réalité optique mais se contentait de rappeler… la 3D.

Le film s’inscrit dans la tradition du film d’horreur (j’ai pensé, notamment, à The Omen), mais en très très soft. Il emprunte aussi un peu à David Cronenberg, notamment à son Scanners (1980), un peu à Spielberg aussi (la mère célibataire « suburbia », qui rappelle un peu la mère dans E.T.).
L’image est plutôt soignée, il y a quelques bonnes scènes (la baby-sitter qui effectue un chaste strip-tease contre l’argent de poche de deux des gamins qu’elle doit garder ; Le patron de Datanet, odieux avec son employé et perdant toute son assurance une fois le système en panne,…).

Pourtant la somme des démonstrations de bon goût, des bonnes idées visuelles, le bon jeu des acteurs, l’emploi d’éléments très contemporains (réalité virtuelle, hip-hop omniprésent dans la bande-son, allusions à Internet), rien de tout ça ne parvient à rendre le film un tant soit peu réussi.

Il faut dire que Ghost in the Machine sort près de cinq ans après le manga Ghost in the Shell, par Masamune Shirow, mais aussi après la série télévisée Max Headroom, dans laquelle un journaliste d’investigation assassiné continue à faire son métier sous la forme d’un logiciel. Et ne parlons pas du Neuromancien de William Gibson qui avait dix ans. À l’époque, on savait déjà depuis longtemps qu’il était possible de tirer de bien meilleures choses de ce genre de thématique.

  1. 2 Responses to “Serial organizer”

  2. By Wood on Mai 19, 2008

    Ca m’a l’air d’un film réalisé par des gens qui ne comprennent pas les ordinateurs, pour un public du même acabit… très très loin de la complexité et de la subtilité d’un William Gibson, d’un Masamune Shirow ou d’un Mamoru Oshii. Holywood est très souvent à la traine dans ce domaine, voir le dernier « Die Hard » : http://www.penny-arcade.com/comic/2007/07/16/

  3. By Jean-no on Mai 19, 2008

    J’ai une espèce de passion pour ce genre de films qui parlent d’Internet ou d’ordinateur n’importe comment. J’en ai une pure collection en fait. Je n’ai pas encore vu le dernier Die Hard.

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