Profitez-en, après celui là c'est fini

Workshop « fins du monde » à l’école d’art du Havre

octobre 9th, 2011 Posted in Après-cours, Design, Parano

Un petit rapport en image de la semaine écoulée à l’école d’art du Havre, semaine pendant laquelle trente étudiants (tout de même !) ont travaillé, sous l’œil attentif de Jean-Michel et de moi-même, au thème de la fin du monde.

Pendant chaque demi-journée, les étudiants pouvaient visionner des films de registres bien différents : La Jetée (Chris Marker, 1962), H2G2 : le Guide du voyageur galactique (Garth Jennings d’après Douglas Adams, 2005), Villemolle 81 (Winshluss, 2009), Le nouveau monde (Jean-Luc Godard, 1963) Soleil Vert (Richard Fleischer, 1973), Phase IV (Saul Bass, 1974) et Les Derniers jours du monde (Jean-Marie et Arnaud Larrieu, 2009).

Les propositions des étudiants ont été assez diverses formellement (vidéo, affiche, édition, installation, intervention…), mais sont pour la plupart prudemment restées dans le registre de la dérision, du pastiche, ou des références au cinéma populaire.

Il faut dire que le sujet était potentiellement plombant et anxiogène pour des jeunes gens qui, avant de se demander où va le monde, aimeraient déjà savoir ce qu’ils feront une fois sortis de l’école, leur diplôme en poche. Des préoccupations très actuelles telles que l’effondrement de l’économie, les menaces de conflits ou les grandes catastrophes écologiques ont été éludées par la plupart des étudiants.

On notera tout de même la proposition de Léa (ci-dessus), qui s’est demandée comment les semences conservées au Svalbard Global Seed Vault pourraient être utilisées, si la population humaine était un jour amenée à disparaître. Son travail à consisté à réaliser des modes d’emploi sans légende : comment planter, faire croître et utiliser les graines.

Le calendrier ci-dessus propose pour chaque mois un bouleversement social lié à la conscience de la fin : des ecclésiastiques vivent leur amour au grand jour, un policier se met à faire des tags, etc.

Je crois que seuls deux travaux n’ont pas abouti, tous deux très prometteurs pourtant. Le premier était une animation en trois dimensions d’une salle contenant des dizaines de « boutons de fin du monde » suspendus. Il faudra bloquer un ordinateur une semaine supplémentaire pour effectuer le rendu de cette animation.


Le second projet à ne pas avoir abouti était réalisé par un petit groupe, sur une assez bonne idée : il s’agissait de créer une secte millénariste qui distribuerait des tracts, collerait des affiches, etc.
Une bonne partie du travail a été fait (en témoignent les affiches croisées en ville), mais le montage final du film qui a été tourné pour documenter toute l’intervention n’a pas été terminé pour l’instant.

Je ne vais pas raconter un par un tous les projets (désolé si les images ne sont pas très parlantes), mais on y dénombre pèle-mêle une vidéo, une animation de photocopies, une adaptation du livre des Révélations au territoire chinois, l’irruptions de monstres à l’aspect sympathique dans le paysage urbain, la découverte d’une « capsule temporelle » laissée par une humanité qui aurait précédé la nôtre, un grand schéma qui établit la typologie des fins du monde annoncées,…

…des flyers annonçant la fête qui sera organisée le 20 décembre 2012, des invasions d’insectes, une nouvelle racontant la déception de ceux qui passeraient l’heure de la fin du monde pour découvrir que rien n’a changé, des zombies dans la ville, un diagramme montrant l’évolution du nombre d’individus de chaque espèce animale jusqu’à une apocalypse après laquelle seul le mouton continuerait à peupler la terre, une animation en volume d’une collision entre deux astres, etc.

Alexandre Bau, de Transplant, qui se trouvait par un heureux hasard à Paris cette semaine, est venu parler aux étudiants de son travail de designer, de ses projets passés ou actuels et de ses préoccupations en matière de responsabilité environnementale.

Alexandre a ensuite pu écouter chaque étudiant expliquer ses réalisations.

Une assez belle semaine de travail, donc. Je poursuis l’exploration de ce thème à l’école d’art de Rennes, avec George Dupin et des étudiants en troisième année communication graphique. Là, les productions seront sans doute assez différentes, puisqu’elles seront spécifiquement orientées vers le dispositif numérique et la photographie, et que la réflexion sera menée sur un temps nettement plus long.

  1. 3 Responses to “Workshop « fins du monde » à l’école d’art du Havre”

  2. By Benoît on oct 9, 2011

    Ces petits papillons en origami, que j’ai tant de plaisir à faire avec les enfants et qui incarnent si bien la révélation du merveilleux que recèlent les objets qui nous entourent… me procurent ici un net sentiment d’angoisse. Well done!
    Noirs sur fond blanc. Des angles très marqués qui m’évoquent les hexbugs. La petite tête et les grands membres. Clonés, nombreux, en masse compacte. Une disposition très dynamique. … C’est sûr c’est pas les sympathiques noiraudes de Totoro.
    La photo est petite mais l’impression est forte.

  3. By Jean-no on oct 9, 2011

    @Benoît : l’étudiante a travaillé des jours à faire ses origamis, il y en avait vraiment beaucoup mais elle compte reprendre tout ça avec des quantités plus importantes encore. Sur un autre mur, elle a proposé une installation où les bestioles sont associées dans une figure géométrique.
    Un des problèmes pour ce travail était de trouver un papier noir à un prix raisonnable (pour finir, elle a trouvé du kraft).

  4. By Benoît on oct 12, 2011

    Oui ils sont fichtrement bien pliés ces papillons.
    Si l’impact de la création est donné d’abord par la masse, on sent aussi tout l’esprit du projet dans la manière dont ces papillons ont été pliés. Ils en deviennent, même isolés, de petits kamis maléfiques.
    Je crois que ce qui m’évoquait le côté technologique, c’était l’habillage commun type Samsung (noir mat sobre), mais bien plus encore l’analogie avec l’avion furtif F117 (http://commons.wikimedia.org/wiki/File:F-117_Nighthawk_%282152066098%29.jpg) pour la couleur, la texture mate, les angles. Et bien sûr on y retrouve aussi une analogie dans la finalité malfaisante du bel objet.

Postez un commentaire


Veuillez noter que l'auteur de ce blog s'autorise à modifier vos commentaires afin d'améliorer leur mise en forme (liens, orthographe) si cela est nécessaire.
En ajoutant un commentaire à cette page, vous acceptez implicitement que celui-ci soit diffusé non seulement ici-même mais aussi sous une autre forme, électronique ou imprimée par exemple.