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Arts contemporain nouveaux médias

mai 6th, 2011 Posted in Lecture

(ce blog est toujours momentanément inactif, mais je publie à chaud, après l’avoir simplement feuilleté — qu’on me pardonne les imprécisions que je commettrais —, un billet sur Art contemporain nouveaux médias, un livre publié cette semaine par Dominique Moulon aux éditions Scala)

En ouverture, l’auteur explique qu’il a découvert les arts numériques en 1990, en visitant la première édition de la biennale Artifices. On aurait pu le deviner assez aisément tant les artistes mis en valeur sont liés à l’émergence des arts numériques de la dernière décennie du XXe siècle. Ça ne m’est pas antipathique, puisque j’ai peu ou prou fait la même expérience (quoique un peu plus tard) et que les artistes par le biais desquels j’ai découvert l’existence d’une création numérique sont les mêmes : Masaki Fujihata ; George Legrady ; le pissenlit d’Edmond Couchot, Michel Bret et Marie-Hélène Tramus ; Jeffrey Shaw ; Christa Sommerer et Laurent Mignonneau ; Maurice Benayoun ; Luc Courchesne ; Ryoji Ikeda ; Jim Campbell ; Jean-Michel Bruyère ; Stellarc. Je remarque que Peter Wiebel, Jean-Louis Boissier ou Fred Forest ne sont pas mentionnés comme artistes mais comme théoriciens, ce qui n’est pas leur rendre justice. On trouve de très bonnes références parmi les artistes qui ont émergé plus récemment : Étienne Cliquet, Christophe Bruno, Gregory Chatonsky, Reynald Drouhin, Electronic Shadow, Samuel Bianchini, HeHe, Golan Levin,… L’ensemble donne la part belle à un axe Paris-Karlsruhe-Lintz, mais pourquoi pas.
Quelques manques semblent étonnants, notamment dans le net art balbutiant : Vuk Cosic, JoDi, Olia lialina, Paul Devautour ou Antoni Muntadas ne sont, sauf erreur (il n’y a pas d’index qui me permettrait d’en jurer), pas cités. Les artistes qui utilisent intensivement les nouveaux médias tout en refusant de subir l’estampille “artiste numérique” ne sont pas non plus évoqués, je pense par exemple à Claude Closky, Pierre Huyghe, Philippe Parreno, Dominique Gonzalez-Foerster, Pierre Bismuth ou encore Pierrick Sorin.
Choix sans doute assumé mais plus embêtant à mon sens, les références vraiment historiques sont complètement négligées : Nicolas Schöffer a droit à deux lignes, mais pas Véra Molnar, Manfred Mohr, Nam June Paik, Piotr Kowalski ou encore John Whitney, ni des gens un peu plus jeunes tels que Herbert Franke ou Karl Sims. Les thématiques qui structurent l’ouvrage sont simples et plutôt pertinentes mais il manque peut-être quelques champs historiques ou actuels : demo, cd-rom, jeu vidéo, programmation, outils de création…

Malgré toutes les lacunes que j’y vois, le prix raisonnable de ce livre, son iconographie généreuse et ses descriptions d’œuvres en font un ouvrage tout à fait utile pour les étudiants qui veulent acquérir des références dans le domaine. Nettement plus cohérent que le livre Arts numériques (éditions MCD), Art Contemporain nouveaux médias est cependant un peu moins fourni que L’Art numérique, publié il y a une huitaine d’années par Christiane Paul chez Thames & Hudson.

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