Profitez-en, après celui là c'est fini

Le festival d’Angoulême 2011

janvier 30th, 2011 Posted in Bande dessinée, Cimaises

Nous sommes arrivés à Angoulême vers dix heures du matin jeudi, nous avons parcouru le festival au pas de course avant de prendre le train de dix-sept heures trente. Tout ça avait le goût de trop peu, nous avons raté l’exposition de la jeune bande dessinée belges où exposaient de vieux amis, nous ne sommes pas entrés dans le nouveau musée de la bande dessinée (même si nous nous en sommes approchés), nous avons raté presque tout et tout le monde. C’est décidé, la prochaine fois on restera deux jours.

La toute nouvelle statue de Corto Maltese sur la passerelle qui relie les deux rives de la Charente.

Avec l’Association en grève, et avec un président tel que Baru et une exposition sur les colonies, l’ambiance du festival d’Angoulême 2011 est politique et sociale. On y voyait même traîner Laurent Wauquiez, ministre des affaires européennes et président du mouvement « droite sociale », mais en l’écrivant, je me demande si ce n’est pas un peu hors-sujet.

Baru, président de la 38e édition du festival d'Angoulême, sur les lieux de l'exposition rétrospective qui lui est consacrée. Je me suis incrusté dans la séance de photos.

Hervé Baruela, dit Baru, a déjà trente ans de carrière derrière lui. Ce n’est pas l’auteur le plus médiatique qui soit, mais je ne connais personne d’un peu connaisseur du domaine qui ait été étonné qu’il reçoive le grand prix de la ville.

Une petite fille s'inspire des dessins du président du festival. Le jeudi et le vendredi sont les jours des scolaires pendant le festival d'Angoulême. Ils visitent, et ils recopient tout ce qu'ils voient.

Baru est très attaché au monde ouvrier, qu’il met en scène dans ses bandes dessinées. Ce monde a beaucoup changé, et les récits de Baru sont donc emprunts d’une certaine nostalgie, ce qui ne l’empêche pas de parler (et bien) de beaucoup de réalités d’aujourd’hui.

Une statue de Lénine devant le Centre International de la Bande dessinée et de l'image, où se tient l'exposition Baru. Au dos de la statue, dont la présence et la position couchée ne sont pas expliquées mais peuvent être devinées, on peut lire le slogan "debout les damnés de la terre". L'exposition se nomme DLDDLT.

Toujours au Centre International de la bande dessinée et de l’image, l’exposition Petite histoire des colonies françaises, d’après les quatre tomes de la série éponyme de Grégory Jarry et Otto T, aux éditions flblb expose, sous des traits simples et efficaces, cinq siècles d’une histoire sordide, celle de l’époque dite « moderne ».

L'exposition "Petite histoire des colonies françaises"

Si réussie que soit la scénographie, elle n’est pas tellement adaptée à la lecture et donne surtout envie d’acheter le livre.

Une vision inattendue de Wonder Woman dans l'exposition Kaleidoscope, par Hok Tak Yeung.

Aux ateliers Magélis, on pouvait voir une assez bonne exposition sur la bande dessinée de Hong Kong, tous registres confondus : strip d’humour, imitations de mangas, ou encore bande dessinée underground (avec notamment l’excellent Craig Au Yeung).

L'exposition sur la bande dessinée hong kongaise

La scénographie présentait tous les documents dans des flight-cases, sans doute ceux qui avaient été utilisés pour le transport de l’exposition. Pour tout voir, il fallait oser manipuler les tiroirs.

Anouk Ricard

Beaucoup de gens viennent à Angoulême pour faire dédicacer des livres. Nous, rarement, mais c’était tout de même un plaisir de demander à Anouk Ricard (Anna et Froga) de faire un dessin en page de garde de Patti et les fourmis.

"Ceci n'est pas un livre de Joann Sfar", bandeau promotionnel de "1h25" de Judith Forest, chez l'éditeur "La 5e couche".

Cette année, la « bulle1 New York », où se trouvent les petits éditeurs, était débarrassée de certains marchands de « para-bd » (figurines, posters, etc.). Les principaux éditeurs « indépendants » étaient à peu près tous présents : Cornélius, Six pieds sous terre, les taupes de l’espace, la 5e couche, l’Employé du moi, Atrabile, Cafe Creed, Ego comme x, Flblb, les requins marteaux, etc.
L’endroit est beaucoup trop chauffé. Certaines années il ne l’est pas assez.

Je ne connaissais pas du tout les éditions Cambourakis, chez qui on trouve de belles choses, notamment Siamese Twins, par la japonaise Takayo Akiyama.

De jolies choses chez Treasure Fleet, un groupe d’éditeurs allemands, parmi lesquels se distingue notamment Bigrafiktion.
On pouvait voir aussi des micro-éditeurs lettons, roumains, britannique, israëliens,…

Remarqué, parmi les fanzines, Le poulpe multipotent (ci-dessus) et Misma (déjà noté il y a deux ans).
Entre autres achats, Les pièces détachées 1 & 2, par David Turgeon et Vincent Giard.

Comme d’habitude, on s’aperçoit dans la dernière demie-heure que nous n’avons plus de liquide, que, malgré un partenariat entre le festival et la Caisse d’épargne, on ne trouve de distributeurs d’argent nulle part à l’intérieur ou à proximité immédiate des « bulles », et que les éditeurs étrangers ne prennent pas les chèques.
On rentre comme toujours fourbus, en gardant au poignet les bracelets jaune fluorescent qui nous permettaient d’entrer et de sortir des différents lieux d’exposition.

  1. les bulles sont les chapiteaux qui abritent les différents espaces d’exposition du festival, éclaté dans la ville []
  1. 8 Responses to “Le festival d’Angoulême 2011”

  2. By moutarde on Jan 31, 2011

    J’aurais acheté un bout d’Olive…:-)

  3. By jyrille on Jan 31, 2011

    Je ne suis jamais allé à Angoulême. Je ne suis pas sûr d’apprécier cette foule. Mais en même temps…

  4. By PdB on Fév 1, 2011

    si, la venue du ministre de mes deux coudes est complètement hors sujet (en même temps, tu peux bien faire ce que tu veux par rapport à ton sujet, tu vois).
    Et j’ai de la peine pour l’association (j’ai lu compte rendu de la séance chez l’avocat, j’ai comme dans l’idée que le jc menu ne va pas tellement mieux, le pauvre garçon… Pfff quel dommage, quelle belle maison, non ?

  5. By david t on Fév 4, 2011

    tiens, on s’est manqués apparemment… :)

  6. By Jean-no on Fév 4, 2011

    @david : quoi, tu y étais ? J’ai serré la main à Vincent Giard.

  7. By david t on Fév 4, 2011

    alors tu aurais dû te présenter, il connaît ton blogue (d’ailleurs, on a cherché en librairie ton livre sur processing mais il n’était pas encore disponible). tu es passé jeudi donc? je devais être au CIBDI à ce moment.

  8. By Jean-no on Fév 4, 2011

    @david : je sais qu’il connaît mon blog et je me suis justement présenté, mais j’ai senti dans ses yeux qu’il ne me remettait pas (ou qu’il n’a pas bien entendu, ou qu’il ne s’attendait pas à ma présence,…).
    Le livre sort demain effectivement.

  9. By david t on Fév 4, 2011

    bon, ça sera partie remise.

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