Profitez-en, après celui là c'est fini

La manière paint

décembre 8th, 2010 Posted in Interactivité au cinéma

La manière forte (The Hard Way, 1991) est un film de John Badham (WarGames) dans lequel un policier aguerri, John Moss (James Wood) se voit infliger comme partenaire un acteur de blockbusters (Nick Lang, interprété par Michael J. Fox) qui veut étudier son métier pour rôle à venir. Le policier est hostile à cette collaboration pour laquelle on lui a retiré une enquête, d’autant que son partenaire tient absolument à le conseiller sur sa vie privée et traite tout cela comme un jeu. Le spectateur retient son souffle : ces deux hommes qui viennent de mondes si différents, qui sont de tempéraments si différents, finiront-ils bons copains à la fin du film ? (À votre avis ?).
Ce film sympathique mais facile à oublier s’inscrit dans un genre assez spécifique, qui fait entrer en friction (mais sans perte de repères) l’univers réel et l’univers de la fiction : La rose pourpre du Caire (1985), F/X: Effets de choc (1986), Qui veut la peau de Roger Rabbit ? (1988), Cool World (1992), Last Action Hero (1993),…

Une scène m’a intéressé. C’est celle où le Party Crasher, un serial-killer (autre thème qui commençait à être extrêmement à la mode) s’excite sur son ordinateur. La face recouverte d’une substance verte (masque de beauté ? maquillage ?), il joue à un jeu vidéo qu’il a vraisemblablement conçu et réalisé et qui le représente, le visage tout aussi verdâtre, occupé à commettre un violent massacre. Dans une scène précédente du film, on avait pu remarquer que le Party Crasher aimait beaucoup les jeux de tout genre : échecs, dames, backgammon, bataille navale, etc., des dizaines de boites de jeux de société étaient entassées sur une table, manière caricaturale de placer certains traits de caractère habituels des tueurs en série de fiction : intelligents, obsessionnels, joueurs et stratèges.
On ignore si le jeu vidéo est ici une préparation pour des assassinats futurs ou un prolongement de sensations passées, mais une chose est certaine, c’est qu’il participe à la folie du tueur.

Toujours sur son ordinateur, il visionne une vidéo qui montre son ennemi juré, le policier John Moss, en train de le provoquer à la télévision. Le Party Crasher écrit au dessus de l’image, à la souris, le mot « DIE », en rouge, qu’il entoure avant de gribouiller rageusement toute la surface de l’écran dans lequel il finit par projeter un coup de poing.
La manipulation d’un logiciel de dessin sert donc ici à improviser un rite d’envoûtement. Notons qu’à l’époque de la sortie du film, tous les ordinateurs grand public n’étaient pas équipés de souris, mais tous ceux dont c’était le cas disposaient de logiciels de dessin un peu « bruts ». Rares étaient en revanche les logiciels qui permettaient de dessiner directement sur une image vidéo affichée dans ce format et avec autant de couleurs — ce genre de fonction était plutôt typique des « paintbox » professionnelles.
En son temps, cette scène devait sembler plutôt « high-tech ».

  1. 2 Responses to “La manière paint”

  2. By Stan Gros on Déc 9, 2010

    Je pense que le maquillage verdâtre sert à l’isoler des particules d’aluminium qui lui donnent des super-pouvoirs électriques : http://www.youtube.com/watch?v=0epreM4z4sY

  3. By Pashupati on Déc 10, 2010

    Si ça c’est pas une scène culte !
    Sans avoir vu le film, le jeu me fait penser à ça :
    Les Petits génies
    Le concept ne doit pas être le même, il semble que le joueur de Crasher doive tuer au lieu de fuir.

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