Profitez-en, après celui là c'est fini

La revue Planète et la cybernétique (3)

août 14th, 2010 Posted in La revue Planète, Lecture, Sciences

Je continue mon exploration systématique de la revue Planète, en quête d’articles se rapportant à la cybernétique et à l’informatique.

Planète n°26 janvier-février 1966, pp144-152.
Les ordinateurs ne discutent pas, nouvelle de Gordon R. Dickinson, traduite par Brigitte André.

Parue sous le titre Computers don’t argue, cette nouvelle de science-fiction est constituée d’échanges épistolaires entre le client d’un éditeur et toutes sortes d’administrations, dans une situation au départ anodine mais qui se révèle totalement kafkaïenne : cherchant à échanger un livre reçu par erreur, l’homme finit par être condamné à mort pour le kidnapping et le meurtre de l’écrivain Robert Louis Stevenson. L’auteur montre de manière très drôle ce qui arrive lorsqu’un système fonctionne sans contrôle.

Cette nouvelle a été reprise dans diverses anthologies, parfois sous le titre Avec les ordinateurs on ne discute pas. Je suppose que cette publication est la toute première en français car elle intervient six mois seulement après sa publication originale, dans la revue américaine Analog.

Planète n°28 mai-juin 1966, pp168-170.
Pour résoudre la crise du savoir, faisons confiance à l’ordinateur, par François Derrey.

L’auteur pose le problème ainsi : l’information et l’accumulation de connaissances sont les bien les plus précieux de l’époque, mais ils sont par nature inépuisables et c’est leur profusion même qui empêche d’en profiter : « L’homme est dépassé par l’extension de son propre savoir. On arrive à un point où il serait plus rentable de dépouiller les documents existants que de faire de  nouvelles recherches ».
La solution, pour Françis Derrey, c’est l’informatique, qui permet de tout stocker, de tout classer, de tout indexer, de tout retrouver. Il expose longuement la manière dont doivent être formulées les requêtes pour être efficaces . Selon l’auteur, les résultats obtenus sont moins efficaces en sciences-humaines, lettres et arts que dans les domaines scientifiques et techniques . On peut sans doute voir dans cette affirmation le besoin, couramment exprimé dans la science-fiction notamment, de trouver des domaines qui échappent à l’ordinateur et qui permettent du même coup de définir la spécificité de l’homme : art et lettres, notamment. On peut peut-être aussi y voir la marque d’un léger mépris des « littéraires » envers les « scientifiques ».

L’auteur propose l’idée que les chercheurs pourront accéder à des mines documentaires distantes grâce à des « prises de savoir » (à rapprocher des « prises de calcul » imaginées par Jacques Bergier dans Planète n°9). Les chercheurs s’abonneront, explique-t-il, à des centres de documentation où les textes seront stockés électroniquement sans même avoir été lus. Les chercheurs recevront automatiquement les textes qui concernent leurs recherches à mesure qu’ils seront emmagasinés.

Dans  dix ou quinze ans, prédit l’auteur, les ordinateurs seront capables d’interpréter des questions transmises vocalement et pourront répondre eux-mêmes d’une voix synthétique, au téléphone.

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