Profitez-en, après celui là c'est fini

Museo Games

juillet 9th, 2010 Posted in Non classé

Un peu dans l’esprit de World of Games du ZKM ou dans celui de Code Source par Étienne Mineur, Museo Games retrace l’histoire du jeu vidéo et permet au public de manipuler des jeux antédiluviens.
L’exposition a ouvert le 22 juin et s’achèvera le 7 novembre 2010 au Musée des Arts et Métiers.

La communication visuelle, due à l’agence Trafik (qui est aussi responsable de la scénographie), est inspirée des jeux de la console Vectrex et donne parfaitement le ton. Une typographie très intéressante a été dessinée pour l’occasion — elle sera commercialisée après la fermeture de l’exposition.
On entre dans l’exposition par un couloir formé de deux grands rangements grillagés où sont disposés des consoles, des boites de jeux, des micro-ordinateurs mythiques (Sinclair, Alice, Atari,…), et de temps à autre, un appareil plus ancien tel qu’un zootrope ou un circuit imprimé antique.

On passe ensuite dans  l’espace principal de l’exposition, une grande salle occupée par une longue table au centre de laquelle sont disposés des ordinateurs et des consoles et où, de part et d’autre, se trouvent des écrans et des Joysticks. Des projections montrent sur un grand écran chacun des jeux qui est en train d’être joué.
La vingtaine de titres présentés sont des classiques dont les plus récents tournent sur console Playstation 2 et Xbox. On voit par exemple Missile Command et Pacman (Atari 2600), Super Mario bros (Nes), Tétris (Gameboy), Donkey Kong (Colecovision), Minestorm (Vectrex), Arkanoid (Atari 520), Lemings (Amiga 500), etc.
Il n’y a pas de jeux de simulation de type Sim City ni de jeux de rôles , mais ce n’est pas étonnant car de tels jeux peuvent difficilement être expérimentés dans des conditions d’exposition.

Les organisateurs de l’exposition ont fait un choix assez radical dans leur régulation du public : celui-ci ne peut entrer qu’une fois toutes les heures et demie (à 10h, 11h30, 13h, 14h30 et 16h) et se fait expulser ensuite. Cette pratique permet qu’il n’y ait jamais trop de monde et que les visiteurs puissent manipuler chaque jeu.
Quelques bornes ne fonctionnent pas, les jeux sont bloqués, certaines commandes sont défectueuses et certaines manettes ont perdu leur sensibilité. Comme dans toute exposition de créations interactives, quoi.

La scénographie est élégante et pertinente. Aux extrémités de la salle, se trouvent des espaces de consultation d’interviews qui permettent de connaître le point de vue sur la pratique ou l’histoire du jeu par des professionnels du domaine, des artistes ou des essayistes : Frédéric Raynal, Nicolas Nova, Philippe Dubois, Stéphane Natkin, Peter Molyneux, David Cage, Hideo Kojima, Sophie Pène, Philippe Ulrich, Isabelle Arvers, Olivier Séguret, Douglas Edric Stanley, Invader. Les mêmes interviews se trouvent sur le site internet de l’exposition où l’on sera sans doute plus à son aise pour les consulter.
On peut par ailleurs regarder un documentaire consacré aux métiers du jeu vidéo.

On trouve aussi deux vidéos d’artistes.
La première est Keaton Mario Scroll, par Manuel Garin, qui découpe un écran en deux parties pour établir un parallèle extrêmement efficace entre les courses poursuite du cinéma burlesque et les jeux de plate-forme.

La seconde vidéo est l’irrésistible Neighborhood, par Alain Della Negra et Kaori Kinoshita, où des personnes de chair et d’os reprennent à leur compte la vie d’avatars Sims : comment ils ont eu un enfant en espérant renforcer leur couple et comment les services sociaux le leur ont enlevé parce qu’ils oubliaient de s’en occuper, etc.

Le dernier espace de l’exposition est consacré aux jeux d’arcade. On y voit des bornes mythiques telles que Space Invaders (1978), et d’autres plus originales comme la borne « hologram » de Sega, avec le jeu laserdisc stéréographique Time Traveler (1991).

Le commissariat de l’exposition est dû à Stéphane Natkin (directeur de l’École nationale du jeu et des médias interactifs numériques et du Centre d’Étude et de Recherche en Informatique), à l’artiste Pierre Giner et à l’historien des sciences Loïc Petitgirard, avec l’aide d’Annick Rivoire (poptronics) pour les interviews. Les bornes et les consoles sont issues des collections du Conservatoire des Arts et Métiers et, surtout, du fonds constitué par l’association MO5.
Bien entendu, chacun regrettera l’absence de tel ou tel jeu (Asteroids et Galaga, pour ce qui me concerne) et les bornes défectueuses ou gelées sont un peu frustrantes, mais l’ensemble est d’excellente tenue et rappellera à chacun des souvenirs précis de son passé de joueur.

Lire ailleurs : Museo Games au musée des arts et métiers, par Moossye, qui fait remarquer à juste titre que la librairie du musée ne s’est pas vraiment montrée à la hauteur de l’évènement ; Muséogames sur le site de Douglas E. Stanley.

(remerciement à France Auda, pour l’autorisation de prendre des photographies dans de bonnes conditions)

  1. 11 Responses to “Museo Games”

  2. By Moossye on Juil 9, 2010

    Il me semble que l’auteur du « Keaton Mario Scroll » est Manuel Garin.
    Pour ma part, je ne regrette pas tant l’absence de tel ou tel jeu, mais plutôt les propositions qui auraient pu être développées autour de l’expo, au niveau de l’édition, de la médiation, ou même à la librairie… (J’en avais un peu parlé ici http://bit.ly/b2LLQy )

  3. By Jean-no on Juil 9, 2010

    @Moosye : Le dossier de presse crédite Jérôme Bosc… Je n’en sais pas plus.
    Je suis sorti enchanté de l’expo mais j’admets que la librairie n’est pas à la hauteur et je regrette qu’il n’y ait pas de catalogue. La tentative de collaboration avec les étudiants en arts appliqués était sympathique mais pas très bien mise en valeur.

  4. By Geoffrey Dorne on Juil 9, 2010

    Voilà qui promet donc, avec les images, c’est encore plus tentant. J’y cours ;)

  5. By Moossye on Juil 9, 2010

    J’imagine que ce soit être une erreur car si mes souvenirs sont bons, c’est Manuel Garin qui est crédité sur les cartels, et j’en avais entendu parler en conférence sous ce nom… à voir !

    Ah, voilà, j’ai retrouvé le site de l’auteur : http://www.gameplaygag.com c’est bien Garin :)

  6. By Jean-no on Juil 9, 2010

    @Moossye : Effectivement. C’est fou ! Remarque j’aurais dû me douter qu’il y avait anguille sous roche, car le titre indiqué était erroné (Keaton vs Mario) dans le dossier de presse, alors pourquoi pas le nom de l’auteur de la vidéo : [dossier de presse pdf]

  7. By grommeleur on Juil 10, 2010

    Est-ce dans les jeux d’arcade il y aurait par hasard un bon vieux Galaxian ?
    http://freespace.virgin.net/james.handlon/galaxian/arcade-galaxian.gif
    Un frisson jamais retrouvé quand les aliens descendaient par grappe de trois et qu’on avait un bonus en les touchant dans le bon ordre …

  8. By Jean-no on Juil 10, 2010

    @Grommeleur : Galaxian, Galaga,… superbes jeux oui. Mais on ne les voit pas à l’expo Museo Games, dont la sélection est bien faite mais limitée à une trentaine de jeux.

  9. By ben on Juil 28, 2010

    J’y suis allé hier et c’était complet :(
    J’avais prévu une matinée boulot et après-midi fun in Paris – très déçu :(
    40 euros de SNCF et 2 h 40 de train (26 minutes de retard au retour) :)
    vdm.

  10. By Jean-no on Juil 28, 2010

    @ben : zut alors ! Pour moi c’était assez tranquille, il y avait juste le bon nombre de visiteurs. Ceci dit, il y a un peu de désorganisation, les vigiles qui surveillent la salle viennent d’une société extérieure, ils sont embauchés pour la journée (règle d’or du management : ne pas laisser les gens prendre des habitudes, ils finiraient par se sentir impliqués dans leur travail) et ils ne comprennent pas eux-mêmes ce qu’on attend d’eux et Nathalie et les enfants se sont fait éjecter par erreur de la salle au bout de trois minutes (ce qui fut bien évidemment réparé après protestations).

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