Profitez-en, après celui là c'est fini

Musique : où est-ce qu’on paie ?

juin 12th, 2010 Posted in Chansons, Les pros, Mémoire

La numérisation est un problème pour la musique depuis ses débuts, enfin depuis la seconde moitié années 1980 et l’apparition du disque compact audio. On nous disait que c’était le support miracle, qu’en écoutant Tannhäuser sur cd, on pourrait percevoir distinctement le son des feuilles des partitions et entendre les déglutissements d’Herbert Von Karajan. Un son si clair, si précis, que rien ne nous échapperait, le nirvāna des mélomanes les plus exigeants. Plus miraculeux encore, ce support était immortel. Je dis bien « était », car il ne l’est pas resté bien longtemps.
J’ai pris mon temps avant de venir au cd, car c’était très cher. Mon premier poste avec lecteur de cd date, je pense, du début des années 1990. Si les platines cd étaient hors de prix, les cd audio l’étaient aussi, et ils le sont restés. Je me souviens qu’un disque « 33 tours » valait quelque chose comme trente ou quarante francs alors que le cd audio, qui coûte pourtant moins cher à produire, se vendait au delà de cent francs. Les prix des cds neufs n’ont pas varié. Nous nous sommes cependant vite habitués à ces tarifs extravagants, nous avons reconstitué nos collections (puisque nous jetions nos platines vinyle, il fallait bien retrouver nos albums préférés sur ce nouveau support) et la musique enregistrée a connu une période faste, atteignant sans doute le plus incroyable chiffre d’affaires de toute son histoire, sans que cela profite toujours aux musiciens actuels. Comme l’a dit le batteur Manu Katché : « La politique de certaines majors (…) a été de faire du fond de catalogue pendant des années, rééditant des trucs mille fois entendus, le tout emballé dans de pauvres pochettes faites à la va-vite. Je pense qu’ils ont fait plein d’erreurs et se rendent compte, au final, qu’ils sont en train de perdre leur pouvoir »1.
Pourtant, ce support s’est révélé assez insatisfaisant : même s’ils sont très solides, les CD seront un jour tués par l’oxydation, alors que les 78 tours de mes arrière-grands parents resteront toujours écoutables. Ce n’est pas tout. Les boitiers « cristal », qui sont les plus communs, sont fragiles et se cassent au premier choc. Leurs pochettes sont trop petites et elles ont cessé de nous faire rêver : impossible d’essayer d’identifier tous les personnages qui se trouvent sur la pochette de Sergent Pepper une fois le disque réduit de 60%. Les pochettes des 33 tours véhiculaient toute une culture de la musique que les livrets des CD n’ont jamais su remplacer à mon avis. Quant au son, les spécialistes disent parfois qu’il manque de la chaleur des disques analogiques et qu’il est mauvais dans les aigus, mais il est possible malgré tout que la qualité moyenne d’écoute des disques se soit améliorée depuis le CD, car la plupart des gens utilisaient des tourne-disques de qualité plutôt médiocre.
Pendant les années qui ont suivi, l’industrie a régulièrement tenté d’imposer de nouveaux supports numériques : le DAT, le Minidisc ou encore le super audio cd. Mais la véritable révolution est venue d’aileurs : autour de 1995, il est devenu courant que les ordinateurs personnels soient équipés d’une carte son. Les systèmes « alternatifs » tels que le Macintosh, l’Atari ST ou l’Amiga étaient dotés de cartes sonores depuis longtemps, mais pour les PCs dits « compatibles IBM », la chose ne date donc que de quinze ans. Par ailleurs, c’est aussi l’époque où les ordinateurs ont commencé à être équipés de lecteurs de cd-rom (capables aussi de lire les CD audio et donc de les convertir en formats compactés) puis de graveurs de cd-roms.

En partant faire mon marché ce matin je suis tombé sur ce cd audio "maison", abandonné sur la chaussée.

Il a fallu attendre encore quelques années pour que cela fonctionne vraiment bien — imaginez qu’à une certaine époque, lorsqu’on lançait un jeu vidéo, il fallait indiquer à celui-ci la marque et le modèle de notre carte son (et malheur à nous si elle n’était pas dans la liste) —, et cette période a correspondu avec l’explosion du réseau internet, mais aussi celle du format de fichiers mp3 (qui permettait de ramener un titre musical à deux ou trois méga-octets contre une vingtaine pour un titre non-compressé) puis des systèmes d’échanges de fichiers en peer-to-peer : Audiogalaxy, Napster, Gnutella, Emule, Bittorrent, Kazaa,…

Au début, tout était très long et comportait une part de magie : trois personnes dans le monde possédaient un titre musical précis de manière complète, quelques autres personnes n’en avaient que des bribes, et le logiciel nous faisait télécharger un petit bout ici, un petit bout là,… Nous sommes tous devenus un peu boulimiques, ne serait-ce que parce que le système était imparfait : pour être sûr d’avoir un morceau, il fallait parfois en télécharger plusieurs versions, dans des qualités diverses, parfois endommagés (à une certaine époque les maisons de disques se sont mises à diffuser des titres intentionnellement altérés, coupés, tronqués, ou, fin 2004, agrémentés d’un message d’Ariel Wizman vantant les mérites de la propriété intellectuelle). J’ai passé des nuits à regarder des jauges colorées progresser, n’osant aller me coucher qu’à l’aube, à l’instant ou tel ou tel morceau atteindrait les 100%, ou lorsqu’une personne en train de le télécharger chez moi aurait eu fini de le faire, car oui, il s’agit réellement de partage. De nombreux morceaux que j’ai téléchargés n’étaient pas piratés ni volés selon mon jugement : je les avais déjà sur CD ou sur Vinyle (j’en avais acquis la licence d’utilisation donc), j’aurais tout à fait pu prendre le temps de les enregistrer sur mon disque dur. Pour d’autres morceaux, je me sentais moralement dans mon droit : Verruschka, par Edda del’Orso et Ennio Morricone, Saudosa Malauca par une dénommée Marlene ou les chansons swing d’Irène de Trébert n’existaient pas autrement — à l’époque en tout cas —, je n’aurais jamais pu me les procurer sur CD. Enfin, il m’est arrivé de nombreuses fois de télécharger des morceaux pour me documenter, pour voir ou pour rire, enfin pour les écouter, mais certainement pas dans l’idée de les conserver. Il a commencé à être normal pour moi de tout savoir, de me constituer une culture musicale dans des registres que je n’aurais pas pu explorer autrement : chanson réaliste des années trente ou chanson bollywoodienne par exemple,… J’ai pu explorer le monde de la musique sans guide, sans aide, sans circuit tout tracé, un peu comme on découvre des livres au hasard dans une bibliothèque. Et j’ai plutôt aimé ça.
L’ouverture culturelle que le partage de fichiers a permis est peut-être ce qui a fait le plus de mal à l’industrie musicale, qui préfère vendre un morceau musical à un million d’exemplaires que cent morceaux différents à dix mille exemplaires en moyenne et qui a donc tout intérêt à ce que ses clients ne soient pas trop mélomanes, tout comme McDonald’s et Kentucky Fried Chicken n’ont pas grand intérêt à faire de leurs clients des gastronomes. Bien entendu, la plupart des gens qui travaillent dans les maisons de disques aiment intensément la musique, mais ce qui réunit les actionnaires de Sony-BMG, EMI, Universal et Warner est plus la perspective de profit que l’amour de l’art.

Avec leur film "Intersella 5555", les Daft Punk placent derrière l'industrie de la musique un homme d'origine extra-terrestre qui collectionne l'or dans le but de conquérir l'univers entier. Les artistes, à qui il fait perdre toute joie de vivre et jusqu'au souvenir de ce qu'ils sont, sont ses victimes.

Cependant, malgré les bonnes raisons que je me donnais, je n’étais pas spécialement fier de moi d’un point de vue purement moral : un titre téléchargé sur AudioGalaxy ne rapporte rien à son auteur et je n’ai jamais pu l’ignorer.
Dès que ça s’est avéré possible, j’ai commencé à acheter des morceaux numériques, sur des plate-formes telles que Virginmega ou Fnacmusic ou encore Jamlabel, qui a déposé le bilan il y a trois ou quatre ans. Je ne suis pas passé par la boutique iTunes car le format de fichier vendu par Apple ne fonctionne ensuite qu’avec les baladeurs iPod et le logiciel iTunes.
Ma consommation de morceaux « légaux » a été un peu pingre : je n’ai acheté que les titres que je voulais acheter, à l’unité, — quasiment jamais d’albums complets — et toujours par conviction morale, en sachant pertinemment que j’aurais pu me les procurer autrement. En deux ou trois ans, j’ai dû acheter plus d’une centaine de titres (au prix d’un euro chaque fois), mais guère plus.
Et puis un jour j’ai changé d’ordinateur. Lorsque j’ai récupéré tous mes fichiers musicaux, ceux-ci m’ont averti qu’ils devaient télécharger leur licence (c’est à dire demander au serveur du distributeur si j’avais le droit de les utiliser). Cela a bien fonctionné, mais mon système avait un défaut et j’ai dû reformater mon disque une fois, puis deux,… Pour apprendre ensuite à mes dépens que les titres que j’avais acquis ne voudraient, ne pourraient plus jamais être lus : les changements de mon système d’exploitation étaient considérés comme une diffusion sur plusieurs machines. Il y aurait en fait eu une manipulation à faire — trouver le dossier contenant les « DRM », puis le sauvegarder et le transférer sur le nouveau système… Mais je ne savais rien de tout ça.
C’est un peu comme si mes CD audio avaient cessé de fonctionner après que j’aie changé de tourne-disque ou après que mon disquaire ait eu déposé le bilan — c’est arrivé aux malheureux qui ont acheté de la musique en ligne par l’intermédiaire du service créé par Wall-mart : lorsque ce service a disparu, la musique achetée par son entremise est devenue caduque.
Expérience désagréable. Je me suis procuré par la suite un logiciel permettant de supprimer la protection dite « DRM » de mes fichiers, mais la situation n’a rien d’agréable : forcé de pirater, de « cracker » des fichiers dont je suis pourtant le propriétaire légitime.

Toujours dans Interstella 5555 (Kazuhisa Takenouchi/Leiji Matsumoto/Daft Punk, 2003), le diabolique comte de Darkwood finit par être victime de sa propre obsession de l'or. Le Duo Daft Punk a toujours été en lutte contre l'organisation de l'industrie musicale et, notamment, contre la Sacem.

J’achète encore un peu de musique en ligne, mais uniquement lorsqu’il est possible de l’obtenir au format mp3, qui n’est pas protégé.
Pour l’essentiel, je consomme à présent la musique sous forme de flux à la demande, c’est à dire à l’aide de plate-formes telles que Deezer, Jiwa et Spotify. On n’y trouve pas tout mais il y a beaucoup de choses et, donc, les auteurs perçoivent une rémunération pour chaque écoute, ce qui a un avantage théorique pour eux : un même morceau, avec le même auditeur, peut rapporter des royalties autant de fois que l’auditeur aura écouté le morceau, tandis qu’une acquisition de licence (disque, morceau téléchargeable) est unique et définitive.

Tout est au mieux dans le meilleur des mondes avec la musique en streaming ? Pas sûr ! Un ami qui travaille pour l’industrie musicale attire mon attention sur le fait que le streaming ne rapporte quasiment rien aux artistes : « le stream, c’est un miroir aux alouettes. Les américains freinent à mort ». J’aurais dû m’en douter : moi-même je ne paie pas pour utiliser Spotify ou Deezer, je ne regarde pas les publicités animées qu’ils diffusent (qui regarde son poste radio ?), je n’écoute que distraitement les pubs audio, qui pour la plupart concernent de la musique, ce qui est faussement approprié au contexte : on n’aime pas spécialement être interrompu par un extrait de morceau musical alors qu’on était en train d’en écouter un autre… L’effet est plutôt répulsif, je ne pense pas avoir cliqué une seule fois sur une publicité de Deezer ou de Spotify, ou alors par erreur, en bougeant une fenêtre et en ne cliquant pas où je voulais cliquer, comme ça arrive parfois. Un modèle économique qui compte sur le fait que les gens cliquent par erreur n’est pas nécessairement très sain. Il existe des versions « premium » de Deezer et de Spotify, pour lesquelles on doit payer chaque mois, mais je ne sais pas qui y a recours et pour l’instant ils ne me tentent pas spécialement. Mon ami me dit : « Je pense que Spotify et Deezer ont fait des erreurs depuis le début, notamment en rendant pratiquement toutes les options accessibles gratuitement (récemment, celle d’intégrer sa propre bibliothèque, qui rend Spotify concurrent direct de iTunes) alors que c’était un argument supplémentaire pour pousser les utilisateurs à s’abonner ».

Alors que je suis en train d'écouter de la house norvégienne, Spotify m'impose une publicité pour le nouvel album de Christina Aguilera. Erreur : si la publicité concernait une boisson ou je ne sais quoi, j'aurais pu l'associer au plaisir de la musique que j'étais en train d'écouter, mais si on interrompt ma lecture pour me parler d'un autre genre de musique, j'ai du mal à y voir autre chose qu'un parasite.

Les chiffres sont en effet assez navrants. Lorsque j’écoute un morceau sur Spotify, son auteur va percevoir $0,00025. Il faudra que j’écoute ce même morceau quatre mille fois pour que l’auteur perçoive un dollar ! Avec Last.fm, la rémunération est deux fois plus importante : $0,00050, soit 5/10000e d’un dollar. Avec Rhapsody, dédié aux artistes « indépendants », la rémunération atteint un cent par titre écouté, soit un dollar pour cent téléchargements : pas mal, comparé à toutes les autres plate-formes du genre.
Pour un titre téléchargé au tarif de $1 sur iTunes ou sur Amazon, l’artiste perçoit aussi 1 cent, ce qui peut sembler assez médiocre. J’ignore combien perçoivent les maisons de disques qui se sont entendu avec Apple et Amazon sur de tels tarifs.
Passons aux supports physiques. Pour un cd « single » qui est vendu $5 en magasin, la rémunération oscille entre 1,5 cent et 5 cents, selon le contrat. Le meilleur rapport, c’est le cd auto-produit et auto-diffusé, qui rapporte 80% de son prix à l’artiste. Selon ces chiffres, donc, vendre 143 cd auto-produits rapporte la même chose que d’être téléchargé 4 549 020 fois sur Spotify. Ouille !
Ceci dit, le meilleur rendement est peut-être celui des procès : la Recording Industry Association of America (RIAA) a fait condamner des internautes à des amendes qui dépassent l’entendement : un million neuf cent vingt mille dollars pour 24 titres téléchargés par une dénommée Jammie Thomas ($80 000 par titre) et six-cent-soixante-quinze dollars pour 30 titres téléchargés par un vingt-cinquenaire nommé Joel Tenenbaum ($22 500 par titre).  Évidemment, ces amendes ne seront pas réellement payées, ceux qui y sont astreints n’en ayant pas du tout les moyens : il s’agit juste de faire des exemples et de semer la terreur dans les chaumières. On peut tout de même s’interroger sur les cours de justice qui calculent de tels montants : dans tous les systèmes judiciaires du monde, les amendes sont proportionnées au préjudice subi, or réclamer 80 000 dollars pour un bien qui rapporte un million de fois moins sur iTunes semble précisément disproportionné.
En fait je connais un cas encore plus rémunérateur : un ami musicien (appelons-le Florent P*, même si ça n’est pas son véritable nom) a perçu pendant six mois des droits très importants pour une chanson homonyme d’un titre qu’il avait déposé à la Sacem. Musicien professionnel mais peu fortuné, il n’avait pas eu le cœur de signaler à la Sacem ce trop-perçu illégitime de près d’une dizaine de milliers d’euros. Si je ne dis pas de bêtises, dix mille euros pour zéro titre est un ratio qui tend vers l’infini.

Et pendant ce temps-là, dans les supermarchés, on doit subir un R’n'B souvent médiocre et que l’on n’a jamais réclamé. Contrairement à ce que certains imaginent, cette diffusion-là n’est pas gratuite non plus. D’une part, la station de radio, financée par la publicité, reverse des royalties à la Sacem (en indiquant précisément quels morceaux ont été diffusés), et d’autre part le supermarché reverse lui aussi une somme forfaitaire importante à la Sacem, mais sans détailler les morceaux diffusés. L’argent sera redistribué entre ses sociétaires (et, disent les mauvaises langues, ses cadres et ses dirigeants) au prorata du succès des artistes. L’argent versé par le supermarché est répercuté sur le ticket de caisse. On peut appeler ça une rente, on peut aussi trouver ça légitime même si l’équation ne manque parfois pas de bizarrerie : ma supérette, que je ne fréquente pas spécialement pour écouter de la musique, m’impose (et c’est quasiment de la publicité) une reprise rap horrible de Sweet Dreams ou de Fade to grey, deux titres de ma jeunesse que je supporte mal de voir altérés de cette manière. Une somme d’argent forfaitaire est reversée à la Sacem, qui redistribue au prorata des meilleures ventes de ses adhérents : en fait l’argent revient en grande partie au compositeur de Comme d’habitude. Quitte à favoriser la circulation de l’argent entre supermarchés, maisons de disques, artistes et banques, ne pourrait-on pas le faire en nous épargnant d’avoir à subir de la mauvaise musique quand on fait ses courses ? C’est juste une question.

Où est-ce que je veux en venir, avec tout ça ? Eh bien à une autre question que je me pose depuis plus de dix ans, pour laquelle il me semble que l’on n’a pas beaucoup avancé et qu’aucune réponse satisfaisante ne se dégage. La question est : à qui il faut payer ? J’aime la musique, comme tout le monde, j’aime les musiciens, je trouve naturel que ces derniers vivent du fruit de leurs œuvres, je trouve normal que les maisons de disques gagnent de l’argent aussi, en bref je trouve normal d’acheter les disques (mais peut-être pas à n’importe quel prix : 22 euros l’album, c’est beaucoup). Par contre  je ne veux plus de CDs audio (j’ai à peine de quoi les lire) et je ne veux pas non plus que les musiciens se fassent escroquer par leurs distributeurs (ni par les maisons de disques, ce qui arrive, dit-on)… Alors quoi ? Je fais quoi ?

(illustration en tête d’article : le catalogue de l’exposition adonnaM.mp3, qui s’est tenue au DigitalCraft/Musée des arts appliqués de Frankfort en 2003. Le titre de l’exposition fait référence à une pratique qui a eu cours dans le partage de fichiers : modifier l’ordre de la première lettre du nom du fichier pour qu’il échappe au filtrage : Madonna devient adonnaM, Metalica devient etalicaM, etc.)

  1. Interview dans ParuVendu, 18 mars 2010. []
  1. 49 Responses to “Musique : où est-ce qu’on paie ?”

  2. By y0m on juin 12, 2010

    Bon article (une fois de plus) … j’avais juste envie de réagir sur la question de la qualité du son sur un CD …

    C’est un question qu’on peut légitimement se poser mais dans ce cas, il faut également se poser la question pour toute la chaîne du son.

    Le CD est techniquement limité au niveau du rendu de la dynamique et la compression que le son subit au cours de la numérisation détériore également les fréquences très aigües.

    OK ! Maintenant, observons la chaîne du son.

    Dans les studios d’enregistrements, les ingénieurs du son usent et abusent très souvent de la compression (sonore et non numérique cette fois) aplatissant toute dynamique.

    Mais surtout, de l’autre côté de la chaîne du son, on a des gens qui écoutent ce CD sur une petite chaîne dans la cuisine pendant qu’ils préparent à manger vite fait dans le micro-onde … ou dans la voiture, au milieu des embouteillages et des klaxons … ou sur une chaîne stéréo dont une enceinte est à terre et l’autre dans une pièce adjacente sur une armoire et dont les curseurs de l’égalisateur ont été tripatouillés par un enfant …

    Quand je vois maintenant, le nombre incroyable de jeunes qui écoutent leur musique via la petite enceinte de leur téléphone portable, j’ai le sentiment que la qualité du son sur un CD est très largement suffisante pour l’utilisation lambda.

    Après, si on parle des mélomanes avertis … dire que le CD enlève de la chaleur au son … pourquoi pas … mais dans ce cas, il faut rappeler que l’ampli, les enceintes, le sol, les murs, pratiquement tout perturbe le son …

    j’ai le sentiment, finalement, que la qualité sonore n’est plus vraiment au centre des priorités. C’est plutôt la portabilité et la compatibilité qui sont au coeur des préoccupations.

  3. By ben on juin 12, 2010

    La réaction la plus naturelle c’est d’aller en concert.

    Pour ta dernière remarque à propos des supermarchés, j’ai remarqué un truc nouveau en allant à « Quart Four » des jeunes en mode « auto-radio fenêtre ouverte mais sans auto » avec leur son métallique de téléphone 2 fois 1 watt 48 kbps mono, très étonnant mais vu la soupe imposée dans les supermarchés – c’est presque de la légitime défense musicale ;¬)

  4. By Jean-no on juin 12, 2010

    @Y0m : je connais des tas de mélomanes avertis, comme tu dis, des amateurs de hi-fi,… mais pour ma part je ne me suis jamais senti révolté par le son CD, ni même par le son mp3, du moins au dessus de 192kbs. Effectivement, tout dépend de ce sur quoi on écoute. Par contre les CD rayés me rendent fou, j’aimais beaucoup plus les vinyles rayés ;-)

    @ben : amusant que tu parles en termes guerriers (légitime défense), parce que je vois beaucoup de tensions guerrières dans la musique qu’on impose, que ce soit la musique qu’impose le chauffeur de bus ou la bande de gamins avec leur téléphone ghetto blaster, par exemple.

  5. By Christian Fauré on juin 12, 2010

    Tu télécharges la musique (légalement ou illégalement) puis tu fais un don à l’artiste directement.
    Si je dis çà, c’est pour dire que même dans ce cas le mécanisme de rémunération de l’artiste ne convient pas. Ils peuvent être plusieurs, et puis il y a les musiciens, arrangeurs, techniciens, etc.

    Il faudrait donc qu’il y ait une sorte de compte paypal par morceaux et simplement par « artiste » (à charge de celui qui gère le compte de redistribuer les « dons ») sans montant fixe (on paie ce qu’on veut).

    Il me semble que faire un morceau et proposer le fichier en téléchargement avec un compte paypal associé n’est pas bien compliqué.

    En dehors de ce système de base (utopique ?) on plonge dans des mécanismes de contraintes : système fermé, format, support, DRM, etc. Et, dans ce scénario, on voit toujours celui qui met en place les contraintes devenir le maître de la chaîne de production : en fait il la détourne. L’histoire de l’industrie de la musique est celle de ce détournement, d’ailleurs fort symptomatique de l’industrie de « culturelle ».

    Je le redis : rien n’est plus simple que de payer les artiste aujourd’hui, pour celui qui le veut. Mais si c’est si simple, pourquoi cela ne se fait pas ? Qui s’y oppose en fait ?

  6. By Benoit on juin 13, 2010

    Un supermarché sans musique, c’est comme une émission de télévision sans applaudissements, c’est complètement mort. Pourtant aucun des deux n’est nécessaire au fonctionnement de l’un et de l’autre, ou même nécessaire pour celui qui y circule/regarde. La musique de soupe et les applaudissements sont quand même des moyens de contrôle des esprits quelque part… La musique ça fait vendre parait il, et évidemment n’est diffusé que ce qui est déjà le plus écouté… La musique qui atterrie dans les supermarchés a passé un certain nombre d’étapes, le supermarché c’est la fin de la ligne, le lieu de consommation où elle n’est même plus de la musique mais définitivement plus qu’un produit comme un autre, à consommer et à jeter ensuite, pour une autre, et une autre.

  7. By Jean-no on juin 13, 2010

    @Benoit : Une fois, il y a eu une panne dans mon Carrefour et j’ai vu le supermarché sans musique et sans lumière. Et d’un coup j’ai eu l’impression de voir la réalité, je me suis rendu compte que j’étais dans un entrepôt gigantesque, entouré de tonnes et de tonnes de denrées, quelque chose d’infiniment triste d’ailleurs, je ne saurais dire pourquoi.
    Ce que je trouve triste dans le cas de la musique de supermarché c’est qu’elle n’est pas réfléchie : ils mettent une station de radio ou ils font une sélection qui pourraît être celle d’NRJ, et basta. À une époque (disons il y a trente ans !) la musique de supermarché pouvait être un jazz lounge à l’orgue hammond ou au vibraphone, ce qui faisait un environnement à part et assez agréable. Aujourd’hui, c’est du martelage de ce qu’on entend partout, ça participe juste d’une agression générale.

  8. By Stan Gros on juin 13, 2010

    Un truc qui me rend complètement dingue depuis quelque temps, c’est que, à Orléans, mais je suppose dans d’autres villes aussi, la musique est sortie des supermarchés et s’impose par haut-parleurs dans les rues commerçantes (le samedi seulement heureusement (pour le moment)).

  9. By Jean-no on juin 13, 2010

    @Stan : Comme en URSS de la grande époque. On dit que la musique dans les lieux publics (toujours envahissante ou à peine audible, c’est à dire toujours un peu désagréable) servait à empêcher les gens de trop réfléchir et surtout, de se parler. Je ne sais pas si ça a un fondement scientifique, je me demande si les effets psychologiques de la musique dans les lieux publics ont été étudiés.

  10. By Benoit on juin 13, 2010

    En tout cas, j’avais lu que la musique en fond dans un magasin participait à l’achat, sans doute qu’elle empêche un peu de réfléchir et apporte l’engouement supplémentaire à l’acte d’achat. Un peu comme singing in the rain, la pluie est vraiment autre chose en musique. Ce qui me fait penser aussi qu’un film sans musique ou sans fond sonore est impossible de nous jours ? En tout cas les films commerciaux portent eux aussi les marques de la musique commerciale en fond, sans doute là aussi pour faciliter l’ingurgitation. Sinon la plupart des gens ne la prennent pas comme une agression dans les magasins, je pense que la plupart y est tellement habituée qu’elle ne s’en rend même pas compte. Moi qui n’ait pas la télévision, je me rends compte à chaque rare fois que je tombe sur elle à quel point la publicité est débile, alors que je ne m’en rendais pas tant compte quand j’étais habitué à la voir. Pour ce qui est de la sélection à la NRJ, elle est somme toute logique, ils ne peuvent pas se permettre d’instaurer un univers musical que certains pourrait déprécier, il faut de la musique que tout le monde a déjà entendu, qui peut plaire et qui évite de déplaire. Comme je le disais, c’est la fin de la ligne, la musique là bas a passé tous les tests, elle a déjà été écoutée, appréciée, diffusée dans toutes les radios, achetée, et donc consommée avant. Bien sûr ce peut être des nouveautés du moment, mais les étapes qu’elle doit suivre se sont dans un laps de temps très court de nos jours. Et puis NRJ, c’est hits music only, on ne vous passe que le meilleur, autrement dit ce que vous écoutez déjà le plus, autrement dit vous êtes les meilleurs si vous nous écoutez. Et vous êtes aussi les meilleurs si vous achetez. Applaudissements du public.

  11. By Jean-no on juin 13, 2010

    Le cinéma est intimement lié à la musique, il l’était déjà à l’époque du cinéma muet, c’est dire. Ceci dit la musique y est souvent réfléchie, et les mauvais films ont souvent une mauvaise bande son, c’est très intéressant à étudier.
    Si tu regardes une émission de type « coaching » (Super Nanny,…) tu verras qu’en un épisode, environ 100 titres musicaux sont diffusés sous forme d’extraits extrêmement courts et frustrants de dix ou quinze secondes. Là il s’agit d’un accord entre la Sacem et les productions : un forfait est versé annuellement, ce ne sont pas nécessairement les compositeurs des musiques diffusées qui le perçoivent. Le résultat est très perturbant.
    Je trouve la musique « partout » agressive par la banalité qu’elle impose.
    Ne crois pas que NRJ ne diffuse que les « hits », NRJ fabrique les hits. Il y a une réflexion constante sur ce qui est diffusé. S’ils soutiennent un titre, alors ils vont le matraquer. Et ça peut être le fruit d’accords financiers ou de renvois d’ascenseurs divers. En fait les « hits » ne naissent pas naturellement du succès, ou rarement, ils sont construits sciemment. La programmation des succès est une activité performative. Donc on dit : « on vous passe les gros succès » et les gens y croient, comme quand j’étais petit et que tout le monde se sentait obligé d’écrire « numéro 1 aux USA » sur les pochettes des disques, même quand c’était un pur mensonge d’ailleurs, mais l’idée était la même, c’était de dire : achetez, puisque c’est un succès, et les gens achetaient, et ça devenait un succès.

  12. By Jastrow on juin 13, 2010

    On entend de fait le son les déglutissements d’Herbert Von Karajan sur CD, mais la faute en est aux prises de son modernes. On entend très bien Hélène Grimaud respirer ou Maurizio Pollini chantonner, par exemple (23€ au passage les Pollini chez DG, même et surtout les enregistrements anciens).

    J’écoute principalement du classique et j’achète mes CD. Ça n’est pas idéal : ça prend de la place, ça coupe les opéras en deux ou trois disques et accessoirement, ma platine rejette de plus en plus de CD (il faudrait la faire réparer, mais comment écouter de la musique pendant ce temps-là ?). Malgré tout, je reste sur le format CD parce que c’est commode pour se procurer de la musique, que ma platine CD est de bonne qualité et que les « disques durs hi-fi » coûtent un bras. En plus, je donne la plupart du temps mes sous à de petits éditeurs (en comparaison des grosses majors), donc je n’ai pas l’impression de me faire avoir (sauf par DG et ses disques à 23€).

  13. By Jean-no on juin 13, 2010

    @Jastrow : rien de plus irritant qu’une platine CD qui se dérègle – en général elle a un problème mécanique car les diodes elles-mêmes sont virtuellement inusables, mais ces appareils ne sont pas faits pour survivre dans le temps, contrairement aux disques durs qui sont tellement fragiles que leurs constructeurs font le maximum pour qu’ils tiennent dans le temps…

  14. By Jastrow on juin 13, 2010

    En l’occurrence, la platine a déconné très vite. Chose bizarre, elle rejette statistiquement plus de disques Harmonia Mundi que d’autres marques (alors qu’on est plutôt baroqueux, pas de chance) et parfois, elle finit par jouer un disque sans problème après qu’on a appuyé sur « play » à plusieurs reprises. On a décrit les problèmes au vendeur qui ne comprend pas du tout. C’est une platine anglaise, ça explique peut-être…

    Sinon, j’ai l’impression que la musique de fond passe en hypermarché, non en supermarché : il n’y a jamais de musique dans mes grandes surfaces parisiennes. Ce qui me rend dingue, c’est la musique dans les restaurants, et pas seulement les rades PMU.

  15. By Jean-no on juin 13, 2010

    @Jastrow : Tiens c’est vrai, il n’y a pas de musique à Monoprix… Par contre dans mon petit supermarché de quartier (« Simply », anciennement « Atac » et précédemment « Unimag »…), il y en a, il y en a. Avec Nathalie, on danse dans les allées, du coup (la danse est la seule résistance possible aux musiques poum-poum).
    La musique dans les restaurants, je suis sûr que ça pourrait être bien si c’était pensé, là encore. Mais la plupart du temps, comme les éclairages suspects (bougies, éclairages colorés), ça empêche surtout d’apprécier ce qui se trouve dans son assiette… Que de bons restaurants fassent ça me semble complètement débile.

    Pour ta platine, en fait il suffit de re-visser un truc si ça se trouve, voire même de nettoyer la diode… Enfin c’est ce qu’on dit, je n’ai jamais essayé, j’ai toujours fini par jeter.
    La qualité du pressage peut varier. Certains disques ont une face réfléchissante (celle sur laquelle sont écrites les choses) trop transparente, l’épaisseur des disques varie un tout petit peu, et la composition du polymère n’est pas toujours la même, ce qui provoque parfois des drames, comme une série de DVDs qui se recouvrent d’une buée suspecte au bout d’un an et qui deviennent illisibles.

  16. By memosnack on juin 13, 2010

    Bonjour,
    Super article, merci.
    Pour apporter une réponse à Christian Fauré :
    Le micro paiement n’est pas si facile sur internet, il coûte encore trop cher.
    0,25 + 3,4% de je ne sais quoi de commission par transaction sur Paypal ( le plus connu, les autres sont plus chers)
    C’est encore trop si on veut vendre un titre audio en restant concurrentiel…
    J’avais un projet de lecture audio, et croyez-moi, pour vendre des fichiers mp3 tout seul sans passer par I-tune (et sans parler de l’imbroglio des droits d’auteurs sur internet), je n’ai pas encore trouvé de modèle financier.

    En ce qui concerne la musique diffusée dans les lieux publics, à Bruxelles depuis que lors d’une manifestation artistiques (dont je ne me rappelle plus nom) ils ont remplacé « la soupe » du métro par titres originaux (pop, rock, classiques…) c’est resté comme ça ! super :-)
    Bonne journée.

  17. By Jean-no on juin 13, 2010

    @memosnack et @Christian : finalement, les moyens dont on dispose actuellement pour lister les chansons, les ayant-droits, mais aussi pour centraliser les rémunérations pourrait permettre d’imaginer une « super Sacem » qui enterrait l’autre et qui aurait des comptes clairs et transparents. Mais personne ne le veut, l’opacité du système arrange beaucoup trop de gens. La menace du piratage est bien tombée car il y a quinze-vingt ans, notamment avec le « Top 50″ qui a permis aux artistes de se rendre compte que certaines choses n’étaient pas claires, il y a eu une petite fronde d’artistes – je me rappelle d’une chanson d’Eddy Mitchell contre la Sacem par exemple -, fronde bien oubliée, les musiciens sont devenus les défenseurs passionnés de tous ceux qui bien souvent les exploitent, contre… leur propre public, soupçonné d’être déshonnête. Beaucoup de maisons de disques dégraissent du personnel alors que leur chiffre d’affaires est au beau fixe, elles le font en disant : « on est obligés parce que l’an prochain, ça va être la catastrophe », mais à mon avis c’est plus un moyen de pression envers les artistes qui paniquent en voyant les employés qu’ils côtoient depuis toujours se faire virer les uns après les autres.

  18. By Nc. on juin 13, 2010

    Merci pour cet article.
    Peut-être que cela a déjà été dit (j’ai pu rater des choses dans les commentaires, même si je les ai lu) mais la question des concerts me parait être une bonne piste aussi.
    Je suis sur Last.fm depuis 3 ans (abonné depuis plusieurs mois), je n’ai jamais autant découvert de musique qu’avec cette plateforme et surtout, je vais bien plus souvent (pas loin de 10 fois plus )à des concerts (comme beaucoup non?). Il me semble que pour nombre de musiciens, la raison d’être de leur travail c’est de se produire devant un public. Je ne connais pas le pourcentage des gains associés à un concert mais j’imagine que c’est beaucoup plus intéressant que les retours sur vente de cd ou autre redistribution des revenus de la pub (Spotify ou Deezer). Je suis assez confiant de ce côté. Je suis peut-être naïf.
    J’ai arrêté du jour au lendemain d’acheter des CD il y a deux ans (après en avoir acheté un bon millier depuis 1992, mon premier CD : Chet Baker), ça n’avait plus de sens. Je joue le jeu des abonnements payants aux plateformes de diffusion en espérant que cela soit bien redistribuer (l’article me fait douter). Je n’ai jamais voulu acheter en ligne des morceaux ou des albums (sauf directement aux labels ou artistes) depuis que j’ai fait le petit calcul suivant :
    Dans un ipod de 120 Go, on doit pouvoir mettre environ 24 000 morceaux (je prends 5 Mo comme moyenne pour un morceau). A 1 euro le morceau, cela fait 24 000 euros! Quelle hypocrisie! Croient-il vraiment que les gens vont remplir leurs ipod de musique payante à ce tarif? Cela me rappelle le prix du cd, plus cher que le vinyle, dont on savait effectivement tous que son coût de production était moindre (comme tu le dis dans l’article).
    Peut-être faudrait-il qu’ils cessent de se moquer de nous pour être crédible lorsqu’ils prétendent défendre les artistes….

  19. By Jean-no on juin 13, 2010

    Les concerts sont une source de revenus oui, mais tout le monde n’aime pas ça. Si je me prends pour exemple, je n’ai jamais envie de concerts hors jazz (que j’écoute peu sous forme enregistrée par contre).

  20. By Emmanuel on juin 13, 2010

    En lisant le titre de l’article je revoyais ce graphique : http://www.informationisbeautiful.net/2010/how-much-do-music-artists-earn-online/ (qui doit être basé sur les même chiffres)
    Je m’attendais presque à le retrouver, mais vu la place qu’il prend c’est intéressant aussi de pouvoir lire toute cette réflexion.

    Sinon bien aimé le passage de la désillusion du supermarché sans musique, c’est vrai que ça participe au contexte.

  21. By Jean-no on juin 13, 2010

    Je ne connaissais pas ce graphique jusqu’à hier (un ami me l’a signalé ailleurs), j’ai eu les chiffres brut ici. Je trouve ce graphique étrange parce qu’il inverse visuellement l’importance des éléments.

  22. By Bobby on juin 13, 2010

    Moi ce qui m’énerve c’est que quand je suis à l’étranger, ma playlist Deezer ne me suit pas !
    Impossible de faire écouter des artistes que j’aime à des amis québécois en ce moment, sans passer par la case téléchargement.

    Les HPs de supermarché qui sortent dans la rue c’est horrible, les rues marchandes sonorisées aussi, le summum étant au Japon, jamais entendu des rues commerçantes aussi bruyantes et des supermarchés aussi bavards.

  23. By Vincent on juin 13, 2010

    Je me souviens d’un reportage TV sur la fameuse musique dans les lieux publics, qu’on appelle aussi Musak… du nom de la société qui l’a inventée et la propose toujours!

    Entre les chaines franchisées qui développent leur propre « playlist » pour l’ensemble des magasins, les différentes sociétés qui proposent du son au kilomètre et complètement « marketé »…
    Bref, à vérifier, mais il me semble qu’il s’agit d’un énorme marché

  24. By Jean-no on juin 13, 2010

    @Vincent : ça s’est un peu perdu, l’easy-listening de super marché. Aujourd’hui, c’est du Top 50, et assez souvent c’est même la radio, tout bêtement. À étudier…

  25. By Laua on juin 14, 2010

    Je saute sur l’occasion pour proposer des offres de musique alternatives. Je suppose que vous connaissez déjà les sites comme jamendo où les artistes proposent gratuitement leurs albums.

    Il y a aussi http://netlabel.freezeec.com/
    là, c’est un label qui, je cite « compte se démarquer des autres netlabels par la diversité des formats offerts à l’internaute et par la possibilité de soutenir les artistes et le netlabel.

    Musiques et pochettes seront proposés sous la licence Creative Commons

    Les albums pourront être proposés aux formats suivant (au minimum 1) :

    * Pistes par pistes.
    * Un fichier rar regroupant tous les morceaux ainsi que les pochettes, la playlist et les liens.
    * Envoie d’un cd audio gravé (à base de wav, pas de compression sur les morceaux). Dans ce cas freezeec vous demande une participation minimum d’1 euro couvrant les frais d’envois. Si votre don est supérieur à 1 euro, il sera réparti de la façon suivante : 60% artiste, 40% netlabel.
    * Envoie d’un cd audio pressé professionnellement. L’artiste fixe le prix, s’occupe de l’envoi et récupère 100% de la somme.

    MP3s d’une qualité au moins égale à 192 KBits. Pochettes en haute résolution

    Quelque soit la situation vous avez la possibilité de faire un don directement à l’artiste (s’il le souhaite) ou au netlabel.

    Pour avoir télécharger certains de leurs albums (notamment streenatorium), la qualité est excellente, je compte d’ailleurs acheter les cd audio gravé.

    Je signale aussi l’excellente compile pirate (constituée de chansons exclusivement sous licence creative commons : http://www.partipirate.org/compilpiratevol2/

    Enfin, je voulais aussi soulever le problème difficile des reprises musicales et des conflits que cela cause avec les maisons d’édition. Comme ça a été le cas avec le grey album de Danger Mouse (mix du white album des beatles et du dark album de Jay-Z : ) qui n’a pas pu sortir légalement à cause de l’opposition du major EMI.

    Il y a aussi le cas de dark night of the soul (toujours de Danger Mouse, mais avec des collaborations prestigieuses : Iggy Pop, Flaming Lips entre autres) : l’album, également à cause d’une bataille juridique avec EMI n’a finalement pas pu être vendu. L’album a été mis à disposition en téléchargement libres. Ils ont alors fait une initiative intéressante : l’album (pochette etc.) a été mis en vente… mais avec un cd vierge à l’intérieur (sous entendant que pour avoir l’album il faut aller le télécharger).
    Ces deux albums sont des bijoux, et à cause de majors, pour pouvoir les écouter et les avoir il n’y a pas d’autres choix que de les télécharger…illégalement.

    Il y a quelques choses de pourri dans le royaume de la musique…

    Plus d’infos :

    http://fr.wikipedia.org/wiki/The_Grey_Album
    http://www.lesinrocks.com/musique/musique-article/article/dark-night-of-the-soul/

  26. By nico on juin 14, 2010

    Bonjour
    Ancien disquaire indépendant et généraliste; responsable d’une médiathèque associative/ centre de ressource.
    On pourrait résumer bien des discours sur l’économie de la musique enregistrée par un simple constat: une économie artificiellement surestimée du fait d’une situation de trust,explosion de l’offre des industries créatives le tout dans un contexte de baisse du pouvoir d’achat. La convergence de ses trois facteurs explique bien des comportements et dérèglements.

  27. By lion orange on juin 14, 2010

    Bonjour Jean-No,

    Tout d’abord merci pour votre papier très bien fourni et très dense en information et en émotions et sensations ! Nous sommes de la même génération (je suis né un an plus tôt que vous), et je ressens les mêmes émotions face au souvenir des vinyls, cassettes et CD. Je suis également passé par différents standards, dont vinyls, cassettes, CD et mp3 pour aboutir aujourd’hui à la réflexion que le dématérialisé va bien supplanter le matériel, à commencer par les CD. Je ne suis pas obsédé par la qualité du son. Je me contente de mp3 bien encodés (chez moi, à 320). Tout ce qui est classique, je l’encode en .ogg ou .flac. La différence entre enregistrement initial et encodage est vraiment infime, et comme l’on dit certaines personnes ici, étant donné qu’aujourd’hui, on écoute de plus en plus la musique au bureau, en voiture, à la maison, et non en auditorium sagement assis dans un fauteuil club… Je suis un tel boulimique de titres que je suis moi aussi passé par les sites de P2P en me considérant plus comme un « partageur » que comme un « pirate » (je déteste ce terme qui semble avoir été inventé par les lobbys du disque !). La rémunération de l’artiste est évidemment essentielle mais curieusement, on n’aborde que très rarement le fait que sur le prix d’un CD vendu dans le commerce, un artiste touche généralement quelque chose comme 7 à 8% de ce prix ! Bref une somme ridicule, à comparer au 30 à 40% que se « goinfrent » à la fois les maisons de disque et les magasins. Est-ce normal ? Certainement non, mais jamais ce débat n’a été soulevé par les journalistes, et encore moins par les pouvoirs publics.

  28. By Jean-no on juin 14, 2010

    @Laua : merci de toutes ces informations sur les systèmes « alternatifs ». Jusqu’ici j’ai eu très peu de courage pour me pencher dessus. À propos des droits, je connais un autre cas : l’album « Since I left You » du groupe Avalanche qui contenait à l’origine tellement de samples qu’il aurait été impossible de le commercialiser… La version éditée est donc dramatiquement expurgée (mais pas honteuse). La version d’origine « circule », comme on dit.

  29. By Jean-no on juin 14, 2010

    @lion orange : Je ne suis pas rentré dans les détails, mais c’est encore pire que ça : les droits d’auteurs sont de quelques pourcents, mais de quelques pourcents du prix hors-taxes (TVA : 19,6%), et cela ne concerne que les auteurs, qui se partagent le pécule selon leur nombre. Les interprètes perçoivent encore moins (je ne connais pas le chiffre précis), même quand il y a leur tête en gros sur la pochette et qu’ils sont les seuls à avoir enregistré le morceau.

  30. By Hélène Collon on juin 15, 2010

    Bonjour,
    Je me permets de vous signaler l’existence du format StudioMaster, sans compression numérique pour gravure sur CD, dit encore « sortie de mix », tel que le pratique la plate-forme de téléchargement Qobuz.com.
    Tous les styles sont représentés même si le choix n’est pas encore très vaste, l’expérience étant récente.
    Allez vous rendre compte par vous-même ! Surtout si vous aimez le jazz…
    HC

  31. By jyrille on juin 15, 2010

    Complètement d’accord avec presque tout ce qui a été dit ici, le pire étant la musique imposée. Impossible pour moi d’aller acheter des fringues pour cette raison d’ailleurs…

    Par contre, au sujet de certaines émissions de télévisions, je suis parfois étonné de la programmation, souvent un peu pointue et qui joue le jeu de faire passer un peu de rock indépendant plutôt que les hits préfabriqués. Alors il s’agit sans doute de manipulation, mais si ça peut élargir un peu la culture musicale de tous qui n’a habituellement pas accès à ce genre de musique, pourquoi pas.

  32. By Jean-no on juin 15, 2010

    @Jyrille : si tu penses aux émissions de coaching/téléréalité, leur cas est assez douteux, car s’il y a une grande variété de genres, tu remarqueras que sur un seul épisode de SuperNanny par ex, on a droit à environ 100 extraits de morceaux (du coup tout le monde entend un truc qu’il aime c’est sûr), mais les extraits durent 10 ou 15 secondes, sont utilisés comme bruit de fond (autant dire massacrés) et ne rémunèrent pas directement les artistes car il s’agit d’un accord entre les sociétés de droits d’auteurs et les chaînes de TV : une enveloppe globale est donnée chaque année (enfin quelque chose comme ça), résultat, le rock indé que tu entends va profiter au compositeur de « comme d’habitude ». Comme d’habitude.

  33. By jyrille on juin 16, 2010

    Je suis trop idéaliste : comme ces émissions ne m’intéressent pas, je retiens les habillages sonores en fond :) Peut-être qu’effectivement ça ne changera rien pour ceux qui regardent l’émission, qui n’ont pas l’habitude de se poser la question, la curiosité en somme. Mais si ça arrive, ne serait-ce qu’à petite échelle, alors ce sera déjà bien. Car c’est en commençant par de petites découvertes qu’on en fait de grandes. Et même si comme d’habitude, la sacem se goinfre…

  34. By Jean-no on juin 16, 2010

    @Jyrille : parfois le zapping musical me fait un peu peur… Certaines super chansons ne sont connues du public que sous forme de samples ou d’extraits de 10 secondes pour des pubs… Pour celui qui connaît le morceau, ça rappelle des bons souvenirs, mais je ne sais pas ce que ça fait pour les autres.

  35. By jyrille on juin 19, 2010

    Il y a toute une éducation à faire, c’est évident… Mais apparemment, désormais, au collège, on peut continuer à faire de la musique, et du moderne. Les profs sont moins rigides que dans les années 70-80. J’ai bon espoir.

    Après tout, grâce au net, on peut trouver rapidement une référence, sans parler de l’application Shazaam qui reconnaît n’importe quel titre en moins d’une minute. Et puis j’imagine que beaucoup de jeunes écoutent la musique en ligne. Avec LastFm, il y a énormément à découvrir, puisque le site référence les goûts, comme la plupart des sites actuellement.

  36. By ®om on juin 21, 2010

    Article très intéressant.

    Je voudrais juste réagir sur la phrase « je trouve normal que les maisons de disques gagnent de l’argent aussi ». Une maison de disque, dans sa forme actuelle, n’est qu’un intermédiaire qui fait son business sur la revente de copies, alors que la copie est accessible à tous pour un coût nul.

    Je trouve très pertinent le questionnement de Laurent Chemla, en 1999, qui se demandait ce qu’il se passerait si on inventait un téléporteur pour se déplacer instantanément d’un endroit à un autre du globe.
    http://www.chemla.org/textes/yoyo.html
    Faudrait-il l’interdire pour maintenir des emplois chez Air France ou à la SNCF? Et traiter de « pirates » ceux qui « volent » les chauffeurs de taxis en préférant se téléporter gratuitement plutôt que de payer un taxi?

    L’intermédiaire entre les créateurs et leur public n’a plus de raison d’être et il disparaîtra à moyen ou long terme (il existera encore à court terme parce que certains puissants n’acceptent pas cette évidence et se débattent pour continuer à exister). Mais les créateurs et leur public peuvent dorénavant communiquer directement. Ce n’est qu’une question de temps.

  37. By Jean-no on juin 21, 2010

    @®om : les maisons de disques font un métier un peu plus étendu et un peu plus important que d’être de simples rentiers habitués à prendre leur pourcentage sur le dos des artistes, du moins lorsqu’elles fonctionnent bien ce qui est loin d’être toujours le cas mais qui est aussi loin de ne pas l’être.
    Il y a de bonnes raisons d’en vouloir aux maisons de disques, mais elles font un travail d’accompagnement des artistes que, jusqu’ici, aucune page mySpace n’a remplacé. Je n’en ai pas une vision angélique, je pense que ces sociétés vont effectivement finir par être acculés à se poser les questions qu’elles ont évité jusqu’ici, et réorienter leur métier vers ce qu’il a de beau et d’utile : découvrir des artistes, les promouvoir, investir dans la création,…

  38. By ®om on juin 21, 2010

    @Jean-no, bien sûr, elles assurent l’accompagnement et la promotion.

    Avant, la valeur ajoutée des maisons de disques était accompagnement+promotion+diffusion. Ils gagnaient de l’argent uniquement sur la diffusion (vente copie des œuvres sur des galettes de plastique). Ça fonctionnait.

    Maintenant, la diffusion est accessible à tous gratuitement. Donc leur valeur ajoutée n’est plus qu’accompagnement+promotion. Problème: ils n’ont plus rien pour gagner de l’argent.

    Surtout que la promotion et l’accompagnement sont une valeur ajoutée pour l’artiste, pas pour le public (alors que diffusion était une valeur ajoutée à la fois pour l’artiste et pour le public).

    À cause de cela, leur chute est inéluctable, et ils se débattent pour tenter de redonner de la valeur à la copie, qui est inhérente à toute technologie numérique, en l’interdisant. Tout comme Air France tenterait d’interdire le téléporteur…

  39. By Jean-no on juin 21, 2010

    @®om : c’est sûr, l’agencement économique de la musique est à remodeler complètement et c’est la peur de l’inconnu qui sème la panique comme ça… Je pense que personne ne peut dire aujourd’hui comment l’industrie de la musique fonctionnera précisément dans cinq ans.

  40. By Nc. on juin 21, 2010

    Il me semble que les maisons de « disques » devraient commencer par changer de nom :) Peut-être que cela les aiderait à comprendre quel est leur métier aujourd’hui.

  41. By Jean-no on juin 21, 2010

    @Nc. : effectivement. Ceci dit c’est moi qui les appelle comme ça, on dit souvent aussi « label » ou « éditeur » (qui date de l’époque des partitions)

  42. By Nc. on juin 21, 2010

    Oui, même « majors ».
    Je viens de tomber sur cet article qui tourne autour du sujet également.
    http://owni.fr/2010/06/21/le-mirage-de-la-musique-gratuite/ Peut-être que vous l’avez déjà cité.

  43. By Jean-no on juin 21, 2010

    @Nc. : je ne l’ai pas cité, il vient de paraître aujourd’hui. Intéressant en tout cas.

  44. By Simon D on juin 21, 2010

    Je reconnais tout à fait mon cheminement dans cet article.
    Mis à part que je préfère le CD pour sa qualité de restitution, il faut bien avouer au passage que vinyls comme CDs nécessitent d’être précautionneux, que mes vinyls (de DJs) sont pour la plupart rayés ou agrémentés de parasites, ce qui n’est pas le cas de mes CDs.
    J’achète depuis plusieurs années des supports physiques dans l’idée d’un patrimoine culturel, auprès de l’artiste ou de leur label, la poste peut me dire merci !
    Pour les achats de mp3s ils sont assez rares et je préfère également le système Spotify…A noter que le site Bandcamp représente à mon avis une sorte de retour à “l’artisanat musical”, du producteur au consommateur, que je découvre beaucoup de morceaux grâce à Youtube, Soundcloud et bien sûre les blogs et que quand j’achète c’est après avoir écouté et réécouté sans cesse un morceau… L’achat n’est plus compulsif mais raisonné.

  45. By gbinzo on juin 21, 2010

    superbe article merci merci !

    je penses que tout à été dit (en + des posts)

    je m’aperçois quand même que la musique vendu par petits exemplaires ce vends tj très très bien et souvent elle est très rechercher (bien sur je ne parle pas ici de « vente en masse » mais de petites prods faite par des musiciens passionnés, pour fans passionnés.

    les artistes en vendent-ils assez pour en vivre ? that is the question :)

    après tout la musique c’est de l’émotion elle ne doit pas spécialement ce vendre comme des petits pois.

    tchusss

  46. By gbinzo on juin 21, 2010

    grosse erreur « petits pois » :(

    comme internet est aussi un lieu de partage j’en profite pour vous faire découvrir cet artiste (je vous rassure, je n’ai aucune action dans ce qu’il fait ;))

    http://woob.bandcamp.com/

    http://season9.wordpress.com/

    et bonne fête de la musique

  47. By Jean-no on juin 21, 2010

    @gbinzo : j’ai corrigé « pois ».

  48. By zic* on juin 29, 2010

    Glop! Trop vrai… Moi je bosse sur un prototype qui pioche dans le P2P pour copier ses mp3 et proposer la copie eMule et bitTorrent à 1ct/Mo.

    Composé uniquement de logiciels open source linux assemblés de glues php et bash l’ensemble est totalement libre!
    Encore « bricolage de garage » vos avis m’intéressent…

    http://www.z*

  49. By Jean-no on juin 29, 2010

    @zicmachin : désolé, je me vois mal vous laisser faire ici de la pub pour un service qui fait son beurre sur l’échange de fichiers. J’ai donc modifié votre lien.

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  2. juin 13, 2010: Téléchargement légal (ou pas) : quel est le vrai coût de la culture démartérialisée? « L'idée & la pratique

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