L’attaque des clones

Récapitulons.
Vendredi 16 août à une heure du matin, j’ai émis un tweet au sujet d’un dessin de Riss :

Un tweet un peu rentre-dedans, évidemment, un peu provocateur : rapprocher Charlie Hebdo de Valeurs Actuelles, ce n’est pas anodin. Mais malgré l’outrance apparente, c’est sincère, car sans croire, comme certains qui ne le lisent pas, que Charlie Hebdo est un brûlot raciste, je suis régulièrement gêné non pas par une obsession islamophobe — Charlie parle de bien d’autres sujets, heureusement —, mais par une manière de parler des musulmans qui s’inscrit dans un champ politique assez précis, celui qui veut absolument émanciper de force les femmes voilées, celui qui voit en Edwy Plenel un allié de Daech, celui pour qui l’objet de la laïcité n’est pas la paix religieuse et a-religieuse en France, mais exclusivement un glaive pour lutter contre une prétendue invasion musulmane.

Les islamo-gauchistes

La dessinatrice Coco, dont je reconnais le talent et qui peut être assez drôle, a publié quelques dessins qui (je ne pense pas surinterpréter) reprennent à leur compte la figure de l’Islamo-gauchiste, cet affreux bonhomme qui, sans être ni musulman ni a fortiori salafiste, fait tout son possible pour assister les Frères Musulmans ou Daech dans leur projet de conquête du monde.

J’aime bien Coco, hein. Et visuellement, le gag des moustaches est bien. Mais Ce dessin sur Plenel accusé d’avoir pudiquement fermé les yeux sur les viols et harcèlements dont Tariq Ramadan est accusé est assez diffamatoire : Médiapart aurait su et se serait tu ?… Pour mémoire, le rapport entre Plenel et Ramadan est que le premier a accepté de débattre publiquement avec le second, et a ensuite résumé l’échange en disant que Ramadan n’avait ce jour-là rien dit de choquant et avait fermement condamné le terrorisme ou l’antisémitisme. C’est encore Plenel qui est visé (avec Najat Vallaud-Belkacem et Cécile Duflot) dans la couverture sur le Burkini. Alors qu’aucun journaliste n’avait réussi à photographier une femme en Burkini sur une plage française, toute une classe politico-médiatique réclamait l’interdiction de ce vêtement. Ceux qui ne comprenaient pas cette hystérie ont été, là encore, jugés « islamo-gauchistes ».

Les motivations de cet islamo-gauchiste non-musulman ne sont pas très claires, mais des personnalités à fort impact médiatique comme Caroline Fourest, Michel Onfray, Élisabeth Badinter, Alain Finkielkraut, Pascal Bruckner ou Franz-Olivier Giesbert utilisent ce terme et l’appliquent à des gens tels que Edwy Plenel, Benoit Hamon, Christiane Taubira, Edgar Morin, Emmanuel Todd, Lilian Thuram, Jean-Louis Bianco, Esther Benbassa, Alain Grech, Guillaume Meurice, Benjamin Stora,… Et à des médias tels que Libé, les Inrocks, Médiapart, le Monde diplomatique, Arte ; des institutions comme les universités Paris 8 et Nanterre ou comme l’Ehess ; des organisations comme Amnesty international, Coexister, l’observatoire de la laïcité,… Enfin bref, tous ceux qui appellent au calme, refusent d’exclure, de haïr, de juger, de créer des amalgames absurdes, sont considérés comme complices d’une invasion sarrasine. Et cela s’étend aux mouvement post-coloniaux, décoloniaux, au féminisme intersectionnel, et même à la Laïcité historique, il suffit de voir les attaques dont fait l’objet Jean-Louis Bianco, qui depuis son Observatoire de laïcité rappelle régulièrement les limites d’application de la loi de 1905.

Un dessin paru dans la Revue des deux mondes qui illustre assez bien l’idée que Riss souscrit sans grandes nuances à l’idée que les intellectuels de gauche sont sous influence de l’Islam.

Ce que je n’ai jamais compris chez les Élisabeth Badinter &co., c’est ce qu’ils attendent concrètement de leur propre attitude. Qu’ils considèrent qu’une prescription religieuse sexuée est sexiste, qu’ils s’inquiètent du communautarisme montant, du poids de la religion dans certaines banlieues, du discours rétrograde des imams, pourquoi pas, mais comment peuvent-ils imaginer que l’insulte, la stigmatisation, l’humiliation, le soupçon de fourberie, les injonctions autoritaires et les rapprochements injustes vont, par miracle, mettre les musulmans dans une disposition d’écoute idéale et les convaincre que la « patrie des droits de l’Homme » leur veut du bien ? Je me demande combien de jeunes femmes ont revêtu le hijab non en croyant que c’était ce que leur demandait leur dieu, mais en pensant rendre à leurs parents la fierté de leurs origines ou de leur foi. Parce que les humains sont ainsi faits, ils n’aiment pas obéir à ceux qui les dénigrent, ils peuvent être contrariants. Comme Charlie Hebdo, qui avait publié les très mauvais dessins représentant Mahomet dans le Jyllands-Posten, non par sympathie pour ce quotidien conservateur très à droite, mais bien pour protester contre les menaces dont le journal avait fait l’objet. Et allez savoir, peut-être que les gens qui se font qualifier d’Islamo-gauchistes ne prennent pas la défense de musulmans par amour pour le Coran mais choqués de la violence dont ils font l’objet. Enfin bref.
J’ai publié un article au sujet du dessin de Riss, qui m’a valu de nouvelles discussions, et puis tout ça s’est tranquillement éteint.

L’attaque des clones

Hier, j’étais tranquillement en train de polémiquer oiseusement sur Twitter, comme ça m’arrive souvent, cette fois au sujet des manifestations à Hong Kong, lorsque j’ai été interpellé par une mention qui reprenait mon tweet vieux de trois jours, avec un commentaire de type argument ad professorum : « comment ? Cette personne enseigne [à Paris 8], mais elle n’est pas d’accord avec moi ? Elle est incompétente [pauvres étudiants] [remboursez-moi mes impôts !] ». J’appelle ça l’argument ad professorum (mais je ne sais pas le Latin, ça ne veut peut-être rien dire).

On remarque 45 retweets et 171 « likes », ce qui n’est pas rien. Parmi les retweeteurs et likeurs, on trouve des gens qui mentionnent Charlie Hebdo, la laïcité, mais aussi des « identitaires » et même, une personne qui utilise un dessin de Konk comme écran d’accueil. Konk est un dessinateur de presse révisionniste, j’aurais du mal à croire que le choix d’un de ses dessins, dûment crédité, soit décidé complètement au hasard.

Je repars donc au charbon, je discute, mais quelques minutes plus tard un second compte Twitter inconnu m’interpelle avec exactement la même réflexion : « ça se dit prof est ça n’est pas d’accord avec moi ? Ah ! Ça ne va pas se passer comme ça ! ».
Et puis un troisième. Un quatrième. Et ça n’a pas cessé jusqu’à ce matin. Au bout d’un moment, l’effet est comique. On remarque régulièrement des mentions de mon université, Paris 8.

La similarité des messages et leur simultanéité me laisse penser que les auteurs des tweets forment un groupe. Peut-être sont-ce des membre de la nébuleuse (image qu’ils aiment utiliser pour décrire leurs détracteurs) « Printemps Républicain », comme on me le souffle…
J’ignore la mécanique qui est à l’œuvre ici, je vois deux configurations :
Le banc de poissons. L’un d’eux a remarqué de la mangeaille, tout à sa joie, il agite sa nageoire caudale, ce qui a pour effet de prévenir ses congénères, qui fondent sur la nourriture et tentent d’y donner eux aussi un coup de mâchoire. Pour obtenir une telle mécanique sur Twitter, il faut des comptes qui se suivent les uns les autres (c’est souvent le cas ici je pense), qui ne suivent pas grand monde d’autre, et qui agissent de manière un peu automatique, au gré de ce qu’ils rencontrent.
La meute de loups. Un loup dominant désigne la proie et y donne le premier coup de croc, imité ensuite par ses lieutenants, etc., Le but de chacun est de se positionner en montrant sa capacité à suivre le chef tout en jouant des coudes pour sortir du lot. Les plus nuls arrivent en dernier. Je ne sais pas si les loups ont des coudes mais de toute façon je ne sais pas non plus si les loups fonctionnent vraiment comme ça, l’éthologie remet beaucoup en question ce genre de schémas (territoire, hiérarchie….). En tout cas on comprend l’idée : c’est une action un peu coordonnée, peut-être même planifiée sur un autre réseau social, façon Ligue du Lol ?

La meute

Je sais, la distinction peut sembler un peu vasouillarde, peut-être que c’est idiot de faire des analogies zoologiques. Enfin je penche pour la seconde possibilité, celle de la meute. Parce que le mouvement de meute ne sert pas à satisfaire chacun de ses agents, il sert aussi à souder et construire le groupe social, c’est par son action, c’est par la chasse que la meute existe.
Ce qui me fait dire ça, c’est que ces gens ont bien besoin de se souder, car s’ils sont tous d’accord pour penser qu’ils sont d’accord entre eux, ils ne semblent pas tellement capables d’expliquer ce sur quoi ils s’accordent. En effet, après m’avoir expliqué que je ne savais pas lire un dessin et que je n’avais pas d’humour, plusieurs de mes interlocuteurs ont tenté de m’expliquer le dessin, et ils sont loin de le lire tous pareil :

Si on récapitule : le dessin vise les gens qui critique l’écologiste Greta Thunberg avec des arguments idiots comme le fait qu’elle ne s’en prenne pas à l’Islam. Mais en même temps, ça écorne l’impossibilité (bien connue dans certains milieux médiatico-intellectuels qui ne cessent d’en parler) de critiquer l’Islam, et d’ailleurs ça attaque l’Islam, et ça attaque l’inconsistance du discours de Greta Thunberg,et l’eschatologie collapsologique et ça n’a rien à voir avec Valeurs Actuelles mais bon, et si jamais, est-ce que ça serait facho ? Ah, et puis il y en a un qui m’a envoyé télécharger un livre contre l’anti-racisme sur un site néo-nazi.
Ough. Ce n’est qu’un petit extrait des réactions que l’on m’a adressées, mais je dois dire que je sais moins quel sens donner au dessin après les avoir lues qu’avant.

Je remarque, enfin, que peu à peu mes contradicteurs les plus éloquents, les plus capables d’argumenter, ont disparu, laissant derrière eux une paire de lieutenants pas aussi affûtés, plus insultants qu’autre chose, et réagissant aux mots de manière un peu automatique.
Enfin, assez subitement, plusieurs comptes m’ont laissé tomber en plein milieu de la discussion, m’annonçant qu’ils cessaient de me répondre ou même, qu’ils me bloquaient ou qu’ils masquaient la discussion. Preuve supplémentaire que tous ces échanges n’étaient pas destinés à me démontrer que j’étais dans l’erreur, mais étaient destinés au groupe lui-même. Une fois le groupe dispersé, continuer n’avait plus de sens.

J’aime bien la personne qui me dit qu’elle a arrêté de lire mon article à sa première phrase, avant de m’expliquer que mes réponses ne seront pas lu. La bio de la personne annonce qu’elle est curieuse et bavarde.

J’essaie de comprendre le fonctionnement de ce groupe de manière empirique, sans réaliser une véritable enquête (quels comptes suivent quels comptes, quels comptes likent et retweetent quels comptes, quelles bios font référence à telle mouvance politique, quels comptes ne font partie d’aucun groupe, etc.. Il faudrait pour ça écrire un petit programme et j’ai un peu la flemme de m’y mettre. C’est les vacances, hein. Il faudrait aussi comparer avec les personnes qui ont harcelé Étienne Choubard. Je n’ai pas eu droit à l’exhumation de vieux tweets ni (à ma connaissance) aux signalements de mon compte à mes employeurs ou à Twitter, et autres méthodes du genre dont tous ces amoureux de la démocratie dégoulinants d’humour et d’esprit Charlie (es-tu là ?) sont coutumiers. Sans doute, comme je le dis plus haut, l’enjeu n’est-il pas ma personne.
Bon, bref, peut-être me trompè-je, je n’en sais rien, mais instinctivement, comme ça, je ne crois pas que ces gens m’aient sauté sur le dos par hasard.

Désolé si dans le lot je cite des gens individus dignes de ce nom : avec plusieurs dizaines de mentions par minute au plus fort, il est possible de finir par ne plus faire la distinction entre les uns et les autres. Pour finir, je remercie tous les amis (trop nombreux pour être cités – et je n’aimerais oublier personne) qui sont venus à ma rescousse pour argumenter, et forcer mes contradicteurs à exposer leurs raisonnements, jusqu’à l’absurde (ou l’insulte).

28 réflexions sur « L’attaque des clones »

  1. Yogi

    A mon avis, ce que les « Élisabeth Badinter &co. » visent, c’est la prise de conscience que l’islam n’est pas juste « une croyance religieuse » mais une idéologie politique dont les principes fondamentaux posent de graves problèmes, et qui doit être traitée comme telle.

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    1. Jean-no Auteur de l’article

      @Yogi : Aucune religion ne peut se juger à l’aune de ses « principes fondamentaux » car dans aucune religion on ne s’y tient (mais c’est un secret, il faut laisser les croyants croire qu’ils respectent les principes de leurs livres et de leurs prophètes). Si je croyais que les Juifs et les Chrétiens peuvent être jugés juste en lisant la Bible, je vivrais dans la peur, je crois ! Mais je sais que ça ne se passe pas comme ça.
      l’Islam c’est la religion d’un milliard et quelque d’humains, ça existe depuis 1400 ans, avec une histoire longue et complexe, avec une théologie parfois raffinée… Et aujourd’hui, avant tout ce sont des gens. Traiter chaque fille qui porte un foulard sur la tête en ennemie, en agent d’une armée, c’est le meilleur moyen pour rendre ça vrai ! Traiter les gens avec mépris, leur refuser d’être des individus, ça les force à se constituer en groupe. Élisabeth Badinter participe à fabriquer l’Islam communautaire français.

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        1. Jean-no Auteur de l’article

          @Maël R. : Ou quand elle sort un livre pour dire que les femmes qui allaitent naturellement sont des guenons et qu’elle a le budget des laits Nestlé…
          Ou quand elle parle de féminisme tout en étant actionnaire numéro un d’une société publicitaire qui n’est pas connue pour la profondeur de sa réflexion sur la représentation des femmes.
          Bon, on peut admettre 1) que ce n’est pas elle qui dirige, et 2) qu’un héritage de ce genre n’est pas simple à gérer : tu ne vas pas détruire du jour au lendemain ce que ton père a construit.
          Mais c’est vrai qu’elle pourrait s’interroger un peu. Et quand elle qui travaille pour le plaisir arrive en banlieue avec un équipage de grosses voitures pour demander aux caméras le licenciement d’une femme au nom du féminisme, bon…

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      1. Lien Rag

        Pas faux, mais il y a une telle incompréhension générale en occident de ce qu’est l’islam politique que les anti-islamophobes sombrent souvent dans l’angélisme ou l’irénisme également…
        Il y a une spécificité dans la prétention du salafisme (quiétiste ou non) à refuser la politique mais à néanmoins régenter la vie commune et cela a des conséquences sur la façon dont il peut se répandre qui passent complètement à côté des radars de la réflexion politique ordinaire, mais qui sont captés par les radars des paranoïaques genre Printemps Républicain.

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        1. Jean-no Auteur de l’article

          @Lien Rag : si tu te rappelles que vivre dans une campagne française était étouffant il y a seulement cinquante ou soixante ans, qu’il y a des coins des US qui sont aussi bigots que certains pays musulmans rigoristes (j’ai une amie qui a vécu Footloose), quand tu vois l’emprise religieuse dans des pays cathos proches comme Malte ou la Croatie – tout ça en contradiction avec les lois des pays, parfois – ou dans certains pays orthodoxes (ou peut aller en prison pour s’être moqué de Jésus en Grèce par exemple)… Inversement quand tu connais les années « modernes » des villes orientales, tu peux relativiser la spécificité de l’Islam en tant que force politique régressiste : toutes les religions peuvent mener à des formes totalitaires, et au contraire, l’émancipation peut naître dans tous les champs culturels. Ne combattre que celle qui est à la mode est assez contre-productif. Il vaut mieux avoir un modèle positif désirable à proposer, et chercher à comprendre pourquoi un peu partout on pense que l’avenir est dans le repli sur soi, sur des valeurs réactionnaires, etc.

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          1. Lien Rag

            Je ne comprends pas, je n’ai absolument jamais parlé de « spécificité de l’Islam en tant que force politique régressiste »?
            Et il me semble aberrant justement de considérer « l’Islam » comme « une force politique » (emphase sur « une »)…

      2. Yogi

        @Jean-no : A propos du respect des « principes fondamentaux » je crois qu’il faut distinguer deux choses.

        D’une part l’effet de groupe, qui joue pour tout groupe humain y compris les supporters de foot, et qui pousse aux comportements grégaires, au rejet et si possible à la domination voire la persécution des autres groupes. Ca n’a rien à voir avec les « principes fondamentaux » puisqu’on retrouve ça pour défendre un maillot de club, une nation, une couleur de peau ou une religion.

        Et d’autre part l’idéologie sous-jacente dont les gens se réclament et que, au moins facialement, ils défendent. Ainsi, on aura du mal à me convaincre qu’une idéologie qui enseigne la supériorité de sa propre race, de son propre club ou de sa propre nation ne sera pas plus agressive qu’une idéologie qui prônerait l’égalité de tous les humains.

        De même, on aura du mal à me convaincre qu’une idéologie dont le texte sacré enseigne explicitement que les non croyants doivent être « tués, ou crucifiés, ou que leur soient coupées la main et la jambe opposées, ou qu’ils soient expulsés du pays » ne sera pas plus agressive qu’une dont le texte sacré dit de distinguer le temporel du spirituel et de tendre l’autre joue à son agresseur.

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        1. Jean-no Auteur de l’article

          @Yogi : mais le Coran ne dit pas ça, hein, et plus important, en dehors des gens genre Daech (qui ne sont carrément pas des théologiens et se focalisent sur les extraits violents, car au fond c’est ce qui les intéresse), la plupart des musulmans ne se voient pas comme appartenant à une religion violente. En gros, le texte dit que chacun a le droit de croire ou de ne pas croire (mais une fois qu’on s’est engagé, il faut s’y tenir, effectivement), et que d’ailleurs la foi n’a pas de valeur en l’absence d’engagement (même si comme chez beaucoup de Chrétiens sauf certaines mouvances protestantes, on ne demande pas leur avis aux enfants). Ensuite il est surtout dit qu’à l’approche de la fin des temps (dont nul ne sait la date, c’est très précisément dit), les Juifs et les Chrétiens (qui doivent être respectés avant ça) devront se convertir, faute de quoi ils seront tués. Il y a quelques passages sur la guerre, sur le fait qu’il faut se défendre, et combattre les « associateurs » (les arabes pré-islamiques polythéistes). Mais si on y regarde bien, beaucoup des punitions, des vengeances, sont censées être exécutées par Dieu seul, et à la fin des temps. Y’a le temps, quoi.
          Et bon tu as des trucs louches dans la Torah aussi, comme quand Dieu donne Canaan « en héritage » aux Hébreux… Qui pour pouvoir hériter sont invités à en tuer les habitants… Pour les actuels Palestiniens (même territoire), ça doit résonner ! Quant au statut des homosexuels, c’est simple : selon la Bible ils doivent être tués ! Ce n’est pas le cas du Coran. Et dans les Évangiles, on t’explique que le gourou a le droit de te zigouiller si tu ne lui donnes pas tout ton fric , que les femmes ne doivent pas exposer leur chevelure (bizarrement la Bible est plus clairement prescriptrice du hijab que le Coran !),… En cherchant dans tous ces livres, on trouve des horreurs. vraiment. La hiérarchie sexuelle dans le bouddhisme, etc., etc., en y regardant de près, toutes les religions ont des fondations franchement problématiques… Ce qui compte c’est ce que les gens en font. Ce qui compte c’est ce qu’ils croient que leur religion dit, c’est le fait qu’ils soient souvent moins bêtes que leur foi.

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          1. Yogi

            @Jean-no : « mais le Coran ne dit pas ça, hein » : je ne peux que vous encourager à lire le Coran.

            Sourate 5, verset 33 : « La récompense de ceux qui font la guerre contre Allah et Son messager, et qui s’efforcent de semer la corruption sur la terre, c’est qu’ils soient tués, ou crucifiés, ou que leur soient coupées la main et la jambe opposées, ou qu’ils soient expulsés du pays. Ce sera pour eux l’ignominie ici-bas; et dans l’au-delà, il y aura pour eux un énorme châtiment ».
            Il est bien précisé par ailleurs que ceux qui « sèment la corruption sur la terre » ce sont les associateurs, les polythéistes qui associent d’autres divinités à Allah. Les apostats sont promis à un sort comparable. C’est du pur Coran, parole Eternelle de Dieu directement à Ses créatures.

            « En gros, le texte dit que chacun a le droit de croire ou de ne pas croire » : en effet, vous avez le droit. Si vous ne croyez pas, soit vous êtes « de la religion du Livre » (chrétiens ou juifs) et alors vous êtes mis dans une caste basse et devez payer l’impôt pour être toléré, soit vous êtes polythéiste voire athée, et dans ce cas voyez ci-dessus. Mais vous « avez le droit », certes.

            « Mais si on y regarde bien, beaucoup des punitions, des vengeances, sont censées être exécutées par Dieu seul, et à la fin des temps » : regardez mieux.

            « tu as des trucs louches dans la Torah aussi » : certes. Mais la Torah est un récit historique du peuple juif rapporté par des témoins humains. Le Coran c’est la Parole pure et Incréée de Dieu qui donne ses consignes aux croyants.

            « Ce qui compte c’est ce qu’ils croient que leur religion dit. » : tout à fait. Et s’ils s’aventurent à lire leurs Livres, ils trouveront comme modèles : un prédicateur hippie dans le Nouveau Testament, et un chef de guerre sanguinaire dans le Coran. C’est la difficulté inhérente des musulmans face à leurs extrémistes : ce que font ces derniers c’est ce qui est écrit dans le bouquin.

          2. Jean-no Auteur de l’article

            @Yogi Je crois bien avoir lu le Coran et des milliers de hadiths, de même que je suis très familier de la Bible, ancien et nouveau testament, et même plusieurs livres apocryphes. En écrivant sur la fin du monde je me suis imposé de lire tout ça assez attentivement, mais aussi l’exégèse qui a été faite au fil des siècles (enfin évidemment, pas exhaustivement).
            Alors bon on peut prendre tel ou tel extrait, c’est ce que font des sites flippés par l’Islam… et ce sont bien les extraits que Daech retient aussi, justifiant les peurs des précédents.
            Ce qui compte pour moi c’est le sens que les croyants dégagent. Et très majoritairement, les Musulmans du monde ne cherchent pas tuer des polythéistes.
            Certes, le Coran est une parole divine, donc incritiquable en tant que tel, mais son interprétation, elle, est critiquable, et elle l’est d’autant plus que selon l’Islam, personne n’a la capacité de comprendre la parole divine, c’est même un blasphème de prétendre en maîtriser le sens. C’est pourquoi les hadiths ont tant d’importance, d’ailleurs, parce que eux proposent une imitation du prophète et font des prescriptions diverses en matière de pratique et de mœurs.
            Bien entendu, le fait que Mahomet ait été un chef de guerre n’est pas très rassurant, mais de la même manière, la Bible est bourrée de chefs de guerre, favorisés par Dieu alors même qu’ils pouvaient être les pires affreux.
            Le Jésus hippie ne plait pas à tous les chrétiens. En ce moment sur Netflix passe une série ahurissante, The Family, qui parle d’un groupe religieux discret qui a une influence fondamental(ist)e sur Washington depuis trois quarts de siècle. Considérant que les femmes doivent avoir une place bien précise, ils sont obsédés par les « valeurs » viriles et considèrent que si Jésus vivait aujourd’hui il serait Navy Seal ou capitaine d’une équipe de football américain. Ils se donnent pour mission d’être ceux qui aiment le loup, pas l’agneau, car Jésus aime tout le monde… Leur but est de convaincre les leaders politiques (et ils ont été proches de Carter, Reagan, Bush, Clinton, Bush jr., Trump) que Jésus ne va pas juger leurs éventuelles saloperies, qu’ils ont le droit de les commettre parce qu’ils ont été choisis – ils comparent au roi David, aimé de Dieu alors qu’il a couché avec la femme de son meilleur ami et envoyé ce dernier mourir pour être débarrassé… Pour eux, la mort de l’ami est la preuve que Dieu est du côté de David. Contresens ? Pour beaucoup de Chrétiens, oui, mais pour les membres de The Fellowship, c’est hyper logique. Tu peux faire ce que tu veux d’un livre religieux. Et au fait, prendre Jésus pour un chef de guerre n’est pas en contradiction avec ce que pensent certains philologues, qui remarquent que plusieurs éléments (noms patriotiques, supplice de la croix), malgré les non-dits, permettent d’imaginer que Jésus a effectivement tenté un coup d’État ou a été soupçonné de ça.
            Sinon, pour avoir une idée complète de l’histoire de l’Islam, je recommande ce petit livre : Comprendre l’islam: ou plutôt : pourquoi on n’y comprend rien », par le chercheur et moine dominicain Adrien Candiard.

  2. Enzo33

    (pardon pour le renvoi, mais il semble que ma première bafouille ne soit pas passée)

    Salut Jean-No,

    Intéressante discussion autour du Coran et de l’importance de ce qui est dedans. J’ai juste une petite objection : comment est comptabilisé le « milliard » de musulmans qui semble peupler la planète ? Ou même les 4 millions en France ? Qui sont ces « musulmans » ? Sont-ce des personnes qui ont lu le Coran (et qui sont donc susceptibles de le prendre au sérieux) ? Ou bien l’Observatoire recense t-il les immigrés, en gros d’origine maghrébine, depuis 70 ans, et leur progéniture (qui ont la nationalité française) ?

    Si je te pose la question, c’est parce que j’ai rencontré, et discuté, avec quelques musulmans dans ma vie. Pas un n’avait lu le Coran (pour les quelques-uns qui ont essayé, il paraît que c’est illisible) et un seul envisageait le voyage à la Mecque. Et quand je leur demandais pourquoi ils se disaient « musulmans », ils me répondaient tous que c’est par convention, parce que leurs parents se disaient eux-mêmes musulmans. Et, pour parler de ceux que j’ai connus dans mon adolescence, ils étaient un bon paquet à rêver d’épouser une blonde dolichocéphale, avec l’espoir que leurs enfants auraient le profil un peu moins méditerranéen et que la France leur foutrait enfin la paix en ne les assignant pas à leur supposée religion sur la foi de leur faciès. Parce que ça en revanche, ils en souffraient, et certains m’ont même dit qu’être « musulman », pour eux, c’était uniquement un profil qu’ils portent comme une croix, et sûrement pas une croyance.

    Présentés ainsi, les musulmans ont un lien à peu près à peu près aussi ténu avec le Coran que les catholiques avec la Bible (parmi lesquels tout le monde s’entend à dire qu’il n’y a plus beaucoup de pratiquants). Mais du fond de ma campagne ariégeoise, peut-être que j’ai un regard biaisé, et que la réalité est tout autre ?

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    1. Jean-no Auteur de l’article

      Les croyants sont rarement théologiens ! Ils croient, ils pratiquent, mais pas forcément avec ferveur. Je connais beaucoup de musulmans qui sont comme tu dis : ils sont musulmans parce que leurs parents se disent musulmans, mais leur connaissance des textes est limitée. En France en tout cas. Tu as des pays, comme le Maroc, où tout le monde se tape deux heures de religion à l’école chaque semaine du collège au lycée, mais c’est l’école : ça ne veut pas dire qu’ils connaissent et s’intéressent tant que ça, de même que ce n’est pas parce qu’on a fait x heures de maths pendant des années qu’on est très bon en maths.

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      1. Enzo33

        On est bien d’accord, mais du coup, ne pourrait-on pas laisser le Coran là où il est, un texte écrit à beaucoup de mains, sur une période partagée entre un temps méditatif et un temps de guerre (ce qui semble expliquer que tant de sourates se contredisent) ?

        Est-il vraiment nécessaire de convoquer l’Islam pour expliquer ce qu’ont dans la tête des bandes armées de terroristes animés d’une effarante pulsion de mort ?

        Les musulmans du monde entier vont-ils encore longtemps être assignés à une quelconque responsabilité dans les attentats commis au nom de l’Islam ?

        Si je commets un meurtre de masse, laissera t-on les Ariégeois tranquilles ? Et les gauchers ?

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        1. Jean-no Auteur de l’article

          Tu ne peux pas dire aux musulmans que le Coran est écrit à beaucoup de mains 🙂
          Et les docteurs de l’Islam ont trouvé une ruse pour gérer les contradictions : c’est le dernier truc dit qui fait loi ! (mais il y débat sur l’ordre des sourates).
          En tout cas, pour beaucoup de musulmans, pour tous ceux que je connais, les questions de guerre et conquête liées à l’Islam et à l’histoire du prophètes sont entendues comme de l’Histoire, exactement comme le font les juifs avec plein d’épisodes de la Torah. C’est leur faire un procès absurde que de leur dire qu’il y a écrit telle ou telle horreur dans le Coran, et souvent on remarque que les musulmans que ça finit par convaincre sont ceux qui ont perdu le fil, qui cherchent surtout un support à leur révolte, à leurs haines, les frères Kouachi ou Mohammed Merah,…

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          1. Enzo33

            Peut-être m’a t-on menti, mais si le Coran est l’expression de la voix de Dieu, ses théologiens reconnaissent, et enseignent, qu’il a bien fallu des mains terrestres pour coucher sur le papier sa parole, non ?

            Comme je te sais amateur de BD, je suppose que tu connais Le Décalogue, de Giroux. J’avais lu ça dans le tome 2, avec la scène dans un train où l’écrivain blasphémateur ferraille avec un jeune fondamentaliste, et ils ont cet échange sur les origines du Coran. Et le jeune lui fait au départ la même remarque que toi, avant de nommer, je crois, le calife qui a piloté la rédaction du Coran.

          2. Jean-no Auteur de l’article

            Oui oui, selon la tradition, le prophète s’est vu révéler (et dicter) le Coran par l’ange Gabriel, il l’a ensuite récité à ses disciples qui l’ont mémorisé puis, des années après sa mort, couché sur papier, et ordonné (point critique, car pour résoudre les problèmes de cohérence, les théologiens s’entendent pour dire que c’est la dernière parole qui est la bonne). Mais personne n’est censé être intervenu en tant que rédacteur. Donc couché sur papier par plusieurs personnes, oui, mais si tu dis « écrit à plusieurs mains », plus d’un musulman tiquera, c’est un point de dogme assez fondamental pour eux. C’est aussi un point fondamental pour les gens qui craignent les musulmans et qui voient dans le caractère réputé divin du Coran la preuve que les fidèles ne pourront jamais progresser…

            J’avoue que je n’ai jamais lu le Décalogue !

          3. Lien Rag

            Il me semble que la « règle de l’abrogé et de l’abrogeant » est loin d’être aussi unique que vous le décrivez (et que les partisans du « dernier écrit fait foi » veulent le faire croire) mais est au contraire l’objet d’enjeux théologiques extrêmement importants et d’oppositions extrêmement vigoureuses…

          4. Jean-no Auteur de l’article

            @Lien Rag : oui, il y a des débats, notamment sur l’ordre des sourates, qui n’est pas certain et qui rend l’affaire complexe.
            Enfin globalement, contrairement à ce que pensent beaucoup de gens, la théologie musulmane est très sophistiquée, le fait que le texte soit théoriquement d’essence divine n’y change rien. Et ne parlons pas de la langue, qui est en fait très difficile à traduire.

  3. Enzo33

    Un dernier mot, à propos de Charlie Hebdo.

    Je me souviens d’un bouquin écrit par Philippe Val, en 2006 je crois, intitulé « Les traitres et les crétins ». Ces deux termes marquaient les deux tendances principales de la gauche de l’échiquier politique. Val se présentait comme « traitre », à savoir celui qui accepte les imperfections du monde, et qui est laïque. Et il s’opposait aux « crétins », antiracistes, adeptes de pureté, qui refusaient de voter, ou alors pour le PC ou pour la LCR de l’époque. Admettant lui-même que cette assignation était quelque peu réductrice, Val expliquait que le divorce grondait entre ces deux sensibilités, et que ce clivage menaçait d’être encore plus structurant pour la société française que la dualité gauche-droite. J’ai cessé depuis longtemps de lire ou d’écouter Philippe Val, mais je suis obligé de reconnaître qu’il a été assez visionnaire. L’affaire Siné, en 2008, a cristallisé cette opposition : l’objet du débat n’était pas de savoir si Siné avait écrit ou non une phrase antisémite, mais de permettre à chacun des deux camps de compter ses troupes.

    Jean-No, tu as toi-même remis au goût du jour cette une de Charlie qui a suivi les révélations sur les penchants sexuels de Tarik Ramadan. Je l’avais trouvée hallucinante. Totalement hallucinante. Avant même de parler du fond, il faut rappeler que le choix du dessin de la une n’est pas anodin ; ce jour-là, l’important n’était pas de brocarder Ramadan, mais de s’en prendre à ceux qui avaient eu des faiblesses coupables envers lui, à commencer par Edwy Plenel. Le cadavre de Ramadan était encore tout chaud, mais l’important était déjà ailleurs.

    Tu te poses la question de ce que cherchent Badinter & Co. Ils mènent une guerre médiatique (je n’ose plus dire intellectuelle), eux les « traitres », et ils la mènent aux « crétins ». Non avec des arguments, mais avec des armes de disqualification massive, aussi faibles intellectuellement qu’efficaces médiatiquement.

    Où en est cette guerre ?

    Je reviens en 2006, c’est aussi à cette époque que j’avais entendu Finkielkraut dire un truc du genre « les antiracistes ne font rien contre le racisme, en revanche ils adorent avoir des racistes à détester ». Il se trouve que j’avais aimé cette phrase, même si lui-même, à l’époque, avait fait beaucoup (et plus encore) pour se faire traiter de raciste. C’est aussi à cette époque qu’il ferraillait devant les caméras face à Tarik Ramadan…

    La phrase de Finkielkraut, je vais la paraphraser pour décrire la situation d’aujourd’hui : « les laïques ne font rien pour améliorer la condition des musulmans français, en revanche ils adorent avoir des antiracistes à détester ».

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      1. Enzo33

        Je sais pour Val. J’ai du mal à le détester complètement, mon éducation politique, c’est Charlie Hebdo qui l’a faite, au tournant des années 90-2000. Et j’ai bien vu, justement, l’évolution du personnage et de la ligne éditoriale de Charlie. Aujourd’hui le type m’insupporte, mais j’essaie de voir ce qui a cloché chez lui, à quel moment et pourquoi. Dans ses publications, je crois que le référendum sur le TCE de 2005 est un tournant. Il n’a pas supporté qu’une idée à laquelle il croyait, et continue à croire, n’ait pas l’onction démocratique. C’est à ce moment-là qu’il a commencé à attaquer frontalement ceux qu’il a appelé les « crétins », en n’hésitant pas à user pour cela d’armes situées en-dessous de la ceinture. Car en effet, peut-on encore critiquer les positions de BHL sans être taxé d’antisémitisme ?

        PS : pour le Décalogue, franchement je te conseille. Vraiment. Choix narratifs originaux, ordre rétro-chronologique (surtout lis-les dans l’ordre !), un dessinateur différent pour chaque tome, et un regard sur l’Islam à la fois décalé et plongé dans l’histoire. Un must !

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        1. Jean-no Auteur de l’article

          J’ai entendu du bien du Décalogue. Un jour, un jour…
          Avant le TCE il y a eu les positions de Val sur le complotisme. Il avait raison dans un sens (c’était l’époque où montaient Meyssan, le réseau Voltaire,…) mais il s’est mis toute une gauche à dos en disant en gros qu’il était absurde d’imaginer les États-Unis comploter contre qui que ce soit…
          Et je me souviens aussi d’un édito très anecdotique où il disait que la sodomie était une pratique sexuelle répugnante, ce qui avait choqué des tas de gens. À l’époque j’avais identifié cette micro-histoire comme un vrai motif de détestation de Philippe Val chez beaucoup de gens.

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          1. Enzo33

            Pour la sodomie j’ignorais, il a vraiment écrit ça ?!

            Pour ses accusations de complotisme, par contre, j’avais suivi. Mais il argumentait encore, et l’enfer est dans les détails. Les complots, je renvoie dos à dos ceux qui en voient partout et ceux qui n’en voient nulle part. Mais tu as raison de rappeler que le 11 septembre a aussi été une date charnière, et que Philippe Val est devenu un pourfendeur du « oui mais » à ce moment-là. On le retrouve, bien plus tard, sur les mêmes positions après l’attentat de Charlie, à pourchasser de sa vindicte des gens horrifiés par cet attentat, mais qui émettaient des réserves sur la ligne éditoriale de Charlie.

          2. Jean-no Auteur de l’article

            C’était une remarque en passant dans un article, mais je me souviens que ça avait choqué…
            Le 11/9 constitue une vraie cassure, oui.

  4. Lien Rag

    Je réponds ici parce qu’apparemment on ne peut plus répondre au-delà d’une certain arborescence.

    « Ne pas faire de la politique, c’est de la politique »: tout à fait d’accord, et c’est le problème principal que j’ai avec les courants salafistes (et aussi d’ailleurs avec les crétins qui préfèrent les « quiétistes » aux islamistes), même si apparemment en Tunisie le jeu électoral fait que les salafistes locaux comment à être obligés de développer un discours politique réel.

    Mais je ne comprends pas bien le rapport avec le reste de ce que je dis?

    Répondre
    1. Jean-no Auteur de l’article

      @Lien Rag : je ne sais pas trop, j’ai l’impression d’avoir un peu perdu le fil de cette conversation 🙂

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