Les mauvais desseins

Je me suis moqué du trait de Marsault mais plusieurs amis qui se reconnaîtront m’ont fait savoir qu’ils restaient sur leur faim, ou jugeaient l’angle anecdotique ou casse-gueule, car après tout, c’est vrai, le dessin n’est pas l’important, ce qui compte c’est le discours politique véhiculé par le personnage. Son post d’hier est à lire car il lève toutes les ambiguïtés, pour ceux qui croyaient encore voir des ambiguïtés dans son travail :

Ce statut a été supprimé afin d’éviter que Facebook ne sévisse, car il a suscité une avalanche de protestations, mais son auteur l’assume toujours complètement et indique même à ceux qui souhaiteraient le lire qu’il en existe des captures sur Twitter.

Jusqu’ici, les défenseurs de Marsault faisaient remarquer que celui-ci ne s’en prenait pas aux immigrés, aux migrants, et qu’il n’était donc pas un « facho ». À les croire il se moquait juste des donneurs de leçons écologistes, des féministes ou des filles futiles qui s’intéressent plus à leur compte Carrefour qu’à l’état du monde (peu de marge de manœuvre pour les femmes entre ces deux états !). Il se défoulait « pour rire » de  toutes les personnes qui empêchent son alter-ego baraqué de jouir sans mauvaise conscience. Personnellement, je trouve qu’il y avait bien des indices de ce qui est venu ensuite et je vois vraiment mal comment on peut voir de l’ambiguïté dans une planche telle que celle-ci :

(désolé de publier ce truc)

Mais sa publication d’hier tombe définitivement le masque de la vision du monde de ce trentenaire : pour lui, pas besoin de dire du mal des africains ou des arabes, ceux-ci constituent à l’évidence « des millions de gens qui nous haïssent (nous les blancs) », et dont le but est « de nous tuer et tout cramer ». ils ne sont même pas l’ennemi, ils sont juste le péril certain, presque un phénomène naturel au même titre qu’une épidémie ou une invasion d’insectes. Et le danger lui semble à ce point évident que l’ennemi, le vrai, ce sont les gens qui ne refusent de le voir venir, ceux qui baissent la garde, ceux qui ne se préparent pas à une guerre qu’il estime certaine.

Voilà une vision paranoïaque et pathétique du monde, où toute personne qui croit au progrès humain est l’idiot qui ouvre la porte du château-fort à l’ennemi, où l’émancipation des femmes mène au dérèglement social et à l’humiliation des hommes, et où, finalement, la Terre entière complote contre la « race blanche » et ne rêve que de lui prendre ses femmes, lesquelles, encouragées par la faiblesse de leurs mâles, ne demandent que ça. C’est, sans le fard de l’érudition, le même genre de vision du monde et d’obsession de la dévirilisation des hommes que celle que développent Éric Zemmour ou Renaud Camus. C’est aussi la vision du militaire dément qui déclenche la troisième guerre mondiale dans Docteur Folamour.
Gratiné, mais surtout triste et angoissant : comment en arrive-t-on à ça ? Et combien de gens souscrivent à cette vision parmi les lecteurs de Marsault ? J’éprouve de la pitié pour ce genre de folie, mais pas seulement, cela me fait peur, car les gens qui préparent la guerre finissent parfois par la déclencher.

3 réflexions au sujet de « Les mauvais desseins »

  1. Una

    Publié par Ring, pas la peine de chercher plus loin.
    Accessoirement, penser à demander à Julian Assange et Zineb El Rhazoui (ex-Charlie Hebdo, hein, LOL) pourquoi ils publient chez des gens pareils (Ring fait la promo de ce que YT compte de plus naze : Papacito, Raptor, etc., sans compter que c’est eux qui ont lancé la pourriture paranoïaque Obertone)

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