Veilsousveillance

Je découvre cette semaine le comique « stand-up » calme Fary Brito et je trouve très juste son intervention dans l’émission On n’est pas couché : « je suis contre les gens qui sont contre, parce qu’à cause de ces gens-là qui sont contre, nous on se retrouve à défendre le… burkini ! (…) je m’en fous du Burkini, c’est moche, moi je me retrouve à trouver des arguments pour des gens qui veulent se baigner eu duvet ». Mais comment se retenir de continuer à en parler, considérant le festival permanent de déclarations grandiloquentes ou mesquines, paranoïaques ou va-t-en-guerre (et souvent tout ça en même temps) auquel on assiste depuis des mois ?
Continuons notre chronique, que je publie à l’heure même où mes étudiants en Création Littéraire rencontrent en chair et en os Salman Rushdie, qui a récemment dit qu’il « faut se moquer de la religion, car la religion est absurde avant tout ». Amen.

La compétition présidentielle pousse à la surenchère, y compris des gens qui ne font habituellement pas de l’autorité leur cheval de bataille :

Ouille ! Cette semaine, Nathalie Kosciusko-Morizet lance une pétition contre les courants radicaux de l'Islam politique, au premier rang desquels le "Koufarisme", qui n'existe pas, d'autant que "kouffar" est le pluriel de "Kâfir", qui signifie "infidèle", ou "mécréant" (voir moi récent article au sujet de ce mot)..

Ouille ! Cette semaine, Nathalie Kosciusko-Morizet lance une pétition contre les courants radicaux de l’Islam politique, au premier rang desquels le « Koufarisme », qui n’existe pas, d’autant que « kouffar » est le pluriel de « Kâfir », qui signifie « infidèle », ou « mécréant » (voir moi récent article au sujet de ce mot). Est-ce qu’elle veut dire qu’elle condamne les musulmans non-croyants !?!

J’imagine que beaucoup de personnalités politiques sont persuadées (et sans doute à juste titre, il faut le déplorer) qu’en cette période d’incertitudes et de peur, tout discours qui se veut rassurant sera non seulement inaudible, mais insupportable, jugé épidermiquement indigne des enjeux du temps qui réclament, apparemment, une réduction volontaire des libertés et du niveau intellectuel général.

Ainsi, le fait que le pape François ait répondu au massacre du curé à Saint-Étienne-du-Rouvray en expliquant que le monde était bien en guerre mais qu’il ne s’agissait pas d’une guerre de religion, mais d’une question d’intérêts financiers, a profondément déçu nombre de catholiques, jusqu’à un journaliste polonais qui traite son commandeur des croyants de débile, et au bodybuilder et candidat ultra-catholique aux élections présidentielles Marian Kowalski, qui s’est senti ulcéré en voyant l’évêque de Rome laver les pieds de quelques migrants syriens1.
Tous ces bons chrétiens attendaient un discours offensif, un discours d’affrontement, pas un pape qui se demande si quand un chrétien bat son épouse cela relève de la « violence chrétienne ». J’ai bien ri en lisant le chapeau de cet article trouvé sur Causeur (mais dont je ne peux lire beaucoup plus que cet aperçu) qui reproche au souverain pontife d’être pontifiant, et de ne pas être réconfortant… à force de se montrer lénifiant (c’est à dire apaisant).

pontifexpontifiant

Le souverain pontife qui pontifie, ça semble plutôt dans l’ordre des choses ! C’est même son métier. Mais c’est quoi cette femme voilée qui a écrit « I Love Jesus » sur son dos ?

Une tendance nouvelle émerge : filmer des altercations liées au port du hijab (et dérivés) dans l’espace public. Je propose d’appeler cette nouvelle forme de sousveillance la veilsousveillance.
C’est ce qu’ont fait deux femmes que le chef d’un restaurant de Tremblay-en-France refusait de servir au motif qu’elles étaient musulmanes et que « tous les musulmans sont des terroristes ». C’est  aussi ce qui est arrivé l’an passé (mais l’affaire, classée sans suite par la justice, refait surface cette semaine devant l’ordre des médecins) dans les Vosges, où la remplaçante d’un médecin a expliqué « ne plus vouloir de femmes voilées dans son cabinet » et même « en France » et a affirmé que le port du voile constitue un « acte de prosélytisme » et est « illégal ». Ce qui est intéressant dans cette affaire, c’est que la patiente, venue consulter à cause de son hypertension, a eu le droit a une consultation et à une ordonnance, la médecin n’a absolument pas refusé de faire son métier, mais la patiente a été mécontente de son traitement, jugeant l’auscultation bâclée, et refusant le médicament prescrit, qu’elle tolère mal, reprochant à la docteure d’avoir « bâclé en deux minutes » son fils lors d’une consultation passée, et, pour finir, en refusant de payer la consultation, tandis que la praticienne qui se trouvait en face d’elle déchirait l’ordonnance. Toute la partie de l’altercation pendant laquelle le médecin explique son rejet des musulmans a été filmé, avec son accord. Outre l’islamophobie (au sens strict : peur de l’Islam) ordinaire, ce qui se manifeste ici est aussi la modification des rapports entre le médecin et le patient : le patient sait ce qu’il veut, sait comment on doit le soigner, sait quel médicament il ne veut pas, et conteste l’autorité autrefois indiscutée du praticien, jusqu’à le faire sortir de ses gonds et, pour finir, exprimer le fond de sa pensée jusqu’à risquer d’être radié de l’ordre des médecins pour une consultation à vingt-trois euros.

Tout ça me fait penser à un signe mineur de la fin des temps dans l’eschatologie islamique : Les objets parleront aux hommes afin de les informer de ce qui s’est produit en leur absence2.

Prochaine étape : apprendre à filmer dans la largeur et pas dans la hauteur.

Prochaine étape : apprendre à filmer dans la largeur et pas dans la hauteur, car ça donne une petite image avec des marges, sinon.

On reproche au hijab d’être un vêtement sexiste, un signe de soumission et en même temps un instrument de prosélytisme. Tout ça n’est pas nécessairement faux, mais j’ai défendu cette semaine l’idée que l’on pouvait dire à peu près la même chose d’un vêtement tel que la cravate. Tout d’abord, la cravate est un vêtement plutôt sexiste : certes des femmes en portent, notamment avec certains uniformes (et ça prend sans doute un sens dans le rapport sexué à la domination), mais en général, c’est un ornement vestimentaire masculin qui est, je cite un article de l’Express, « un accessoire à la symbolique phallique, qui (…) a longtemps tenu lieu de caractère sexuel secondaire. Les plus chatoyantes rappellent la queue d’un paon ou d’un faisan. Cet appendice inutile et gênant tend à montrer le niveau hiérarchique de celui qui le porte » (l’ouvrier ne porte pas de cravate, le risque d’accident bête étant certain). La plupart des gens qui portent des cravates ne le font pas pour une raison personnelle, pour le plaisir, mais y sont contraints, et s’en débarrassent même avec plaisir lorsqu’ils rentrent du bureau.
Il est difficile de savoir quelle est la signification exacte du port de la cravate, car il en existe sans doute plusieurs3. À l’origine, c’était un signe d’engagement sentimental, les hussards croates qui ont donné leur nom à l’objet le portaient pour signaler qu’ils avaient une épouse ou une fiancée au pays — c’est une représentation de la « corde au cou ».
Je ne peux pas interdire aux gens de porter une cravate, je connais d’ailleurs des gens qui en portent avec plaisir, c’est leur choix et je le respecte. Mais je sais aussi que certaines personnes sont forcées d’en porter. Dans certains environnements professionnels, les personnes qui refusent de porter des cravates sont mal vus, et n’ont tout simplement pas le choix. À l’Assemblée nationale, les 422 hommes élus par le peuple pour voter ses lois et décider de leur propre salaire se voient refuser l’entrée dans l’hémicycle par des huissiers s’ils ne sont pas vêtus correctement, c’est à dire s’ils ne portent pas de cravate. Les services de l’Assemblée disposent de tout un stock de cravates à nouer au cou des étourdis.
Cette soumission à un code vestimentaire censé signifier le respect des valeurs républicaines est volontaire, ou presque, puisque ce sont les députés eux-mêmes qui valident régulièrement ce règlement. Mais il n’en est certainement pas de même dans tous les bureaux de la Défense, où la cravate et autres signes allégeance au monde du travail constituent des obligations.

A

En 1347, après onze mois de siège, le roi Henri III d’Angleterre reçoit les clefs de la ville de Calais, apportées, comme il l’a exigé, par les six plus importants bourgeois de la ville, qui portent tous une corde au cou en signe de soumission : ils offrent leur vie pour sauver leur cité (l’histoire a longtemps retenu un sacrifice, mais des témoignages semblent laisser penser que ce sacrifice était juste symbolique).

Je sais que cette comparaison entre le hijab et la cravate ne pourra que choquer certains. Effectivement, il n’y a pas, derrière la cravate, de groupes de pression religieux qui font progresser ce vêtement à coup de scandales ou de polémiques. Mais je pense de mon côté que dans beaucoup de pays du monde — pas en France, certes, le hijab est un vêtement certes fortement codé, imposé par la société, mais qui n’est pas plus réfléchi ou théorisé par celles qui le portent que ne l’est la cravate de par chez nous.
Oublions la cravate. Oublions le tissu.
En France, en 2016, les musulmans, les juifs, et un certain nombre de personnes originaires d’Afrique subsaharienne (quelle que soit leur religion) pratiquent une mutilation rituelle sur des garçons, généralement après leur première semaine d’existence, où plus tard dans le cadre d’une conversion. Dans l’immense majorité des cas, cette mutilation traditionnelle n’est pas pratiquée sur des personnes consentantes, elle est tout simplement imposée à des nourrissons. Les justifications à cette opération sont diverses : alliance avec Dieu, appartenance communautaire, appartenance à la gent masculine ou encore hygiène (sans la moindre base scientifique). Même si cela semble rare, cette opération peut mal se passer, la mutilation peut s’accompagner d’hémorragies, d’infections, de nécrose, et d’accidents divers. Il semble que pour le nourrisson, la douleur soit intense. Si la sexualité des hommes circoncis, une fois adultes, n’est apparemment pas affectée, ce n’est pas toujours l’avis de leurs partenaires, dont certaines se plaignent d’avoir des difficultés à atteindre l’orgasme ou constatent plus de douleurs liées aux rapports sexuels4.
La république est très à cheval sur des pratiques ostentatoires mais réversibles, comme le fait de porter ou non un truc sur la tête, et refuse fermement une mutilation (incomparablement plus grave il est vrai) comme l’excision, mais ne dit rien sur la circoncision sans justification médicale, qui est pourtant théoriquement illégale en France autant que selon une récente décision du conseil de l’Europe, puisqu’elle constitue une violation de l’intégrité physique de l’enfant. L’actuel premier ministre Manuel Valls, lorsqu’il était ministre de l’Intérieur (et des cultes) avait fortement pris position en défense de la circoncision et de l’abattage rituel Casher (ou Halal, c’est le même) :

La France, république laïque, s’est dotée d’un cadre juridique clair, qui garantit le libre exercice des pratiques religieuses. Il est donc hors de question de revenir sur l’abattage rituel et les pratiques traditionnelles. Je l’ai dit, je le répète : les Juifs de France peuvent porter leur kippa avec fierté. Ils peuvent manger casher et procéder à la circoncision. Le débat sur la » remise en cause » de la circoncision relève de la méconnaissance la plus totale de ce que sont l’identité et la culture juive. Une telle remise en cause est idiote et indigne. En France, la liberté de pratique vaut pour toutes les religions dans le cadre prévu par la laïcité. Un cadre qui impose notamment l’absence de signes religieux dans les écoles publiques et les services publics5.

…On ne comptera donc pas sur l’actuel premier ministre pour mettre en cause cette pratique archaïque6. Ni sur grand monde d’autre, les juifs comme les musulmans me semblent attachés à la circoncision, qui fait partie de leur identité collective, de leur histoire, et surtout, de leur biographie individuelle : difficile de vouloir que ses propres enfants soient exclus d’une tradition immémoriale, difficile d’admettre qu’on a subi une violence pour rien, et pire que tout, difficile d’admettre qu’on a infligé à sa propre progéniture une souffrance inutile.
Tout ça se comprend très bien, mais il serait tout de même normal que, comme les tatouages ou les piercings, la décision d’attenter à sa propre intégrité physique soit prise par les intéressés en connaissance de cause. Mais je sais bien que ce n’est pas facile, d’autant que plus la personne est âgée lors de sa circoncision et plus les complications médicales ou la souffrance psychologique sont nombreuses.

circoncision

Étant donné l’escamotage de son corps après son décès (canular dont les conséquences se font sentir deux mille ans plus tard !), il n’existe qu’une relique de Jésus : son prépuce. Enfin ses prépuces, car quatorze institutions religieuses ont affirmé en détenir un. On se demande si le brith milah a été réalisé par sections successives, jusqu’à obtenir quatorze prépuces, si le morceau de chair repoussait magiquement ou s’il a été débité après coup.
Lorsque les premiers chrétiens ont commencé à accueillir des non-juifs parmi eux, ces derniers ont été dispensés de la circoncision, qui les effrayait à juste titre. Puis la non-circoncision est devenue un moyen de distinguer les chrétiens des juifs, quoiqu’elle se pratique encore chez certains chrétiens, chez les Coptes d’Égypte et d’Éthiopie, notamment, mais aussi aux États-Unis, où l’opération est pratiquée de manière relativement générale, sans justification religieuse.

Le même Manuel Valls a en revanche commis un vibrant plaidoyer7 pour la liberté de ne pas mettre de fichu sur ses cheveux, voire de se promener le sein nu : « Marianne a le sein nu parce qu’elle nourrit le peuple ! Elle n’est pas voilée parce qu’elle est libre ». On remarque que le sein est ici au singulier, et c’est malin : les algorithmes pudibonds d’analyse d’image de Facebook détectent efficacement la présence de poitrines nues lorsque deux seins sont présents, mais ne perçoivent pas ce motif lorsqu’un seul tétin est présent. Ainsi, un sein unique reste compatible avec les valeurs de Facebook. Mais est-ce compatible avec les valeurs de la République ? La question est moins évidente, puisque montrer sa poitrine dans l’espace public peut-être (mais dans le cas des femmes seulement) puni comme « exhibition sexuelle » et valoir à la contrevenante une inscription au fichier des délinquants sexuels, ainsi que c’est arrivé à Éloïse Bouton, à l’époque membre des Femen, qui avait fait grand peur au curé de l’Église de la Madeleine en lui montrant sa poitrine découverte et taguée de slogans (et accessoirement en simulant un sanglant avortement à l’aide d’abats d’animaux).
Pas si claire, cette histoire de poitrine de la République.

Sur la présence du voile dans l’espace public, en tout cas, j’ai eu cette semaine une épiphanie, il me semble avoir compris les grandes différences de perception du phénomène selon les individus. En discutant, j’ai réalisé que pour les gens qui ont aujourd’hui vingt, voire vingt-cinq ans, le hijab a toujours existé. Tandis que pour les vieux comme moi, et a fortiori plus âgés et moins urbains, le voile est une nouveauté. Ce sera peut-être difficile à imaginer pour les plus jeunes, mais avant les années 1990, voire même 2000, le hijab n’existait pas en France. Les femmes musulmanes d’âge mûr se mettaient souvent un fichu sur la tête, mais c’était à peu près le même que celui de leurs voisines d’origine portugaise, italienne, yougoslave ou paysanne des campagnes françaises, et ce vêtement n’était pas identifié comme religieux ni, a fortiori, comme prosélyte. C’était un truc de femme âgée8. Cette apparition assez brusque d’un vêtement qui rend visible toute une population pourtant déjà présente, a clairement été vécue comme une invasion visuelle par beaucoup de gens en France, expliquant les tensions qui agitent tant le pays en ce moment.

  1. Si vous n’êtes pas familier du catholicisme et des Évangiles le lavement des pieds (notamment les pieds d’étrangers, de voyageurs ou de pauvres), est un rituel banal pour les papes. []
  2. Si je ne craignais pas une fatwa, j’écrirais une histoire de voyage dans le temps dans laquelle le prophète est projeté quelques jours à notre époque, observant sans comprendre le monde tel qu’il est 1400 ans après sa naissance, et en ramenant des visions de signes annonciateurs de la fin des temps : L’usure (les banques, quoi) se propagera – Le vin sera licite et sera largement consommé – Les forces de police seront multipliées (promesse de campagne) – Les vieux se feront jeunes – le salut ne sera adressé qu’à ceux qu’on connaît – Les bergers construiront des maisons de plus en plus hautes (Dubaï) – Les déserts seront construits – Les femmes seront habillées mais nues – Les saisons seront trompeuses,… []
  3. Lorsque Piet Mondrian peignait en costume et avec une cravate soigneusement nouée autour du cou, c’était clairement pour faire son punk, en signifiant que son travail abstrait géométrique était en rupture avec la tradition cradingue des Beaux-Arts. Les cravates fines que portent certains musiciens ont sans aucun doute un sens différent de celle des cadres ou des banquiers, etc. []
  4. Lire : Male circumcision and sexual function in men and women, 2011, par Morten Frisch1, Morten Lindholm1 et Morten Grønbæk, mais aussi
    The Foreskin: Why Is It Such A Secret In North America?
    , par Spoony Quine (2015), qui explique sa découverte de la sexualité avec un homme « intact » : « This frictionless appendage made me realize that sex doesn’t have to be painful or cause hazardous inflammation ». []
  5. Dans : Information Juive, Octobre 2012. []
  6. Une autre mutilation pratiquée sur les nouveaux nés n’est pas souvent mise en question, et est quant à elle récente : l’ablation de caractères sexuels ambigus (Intersexuation). Ici, la peur de l’ambiguité sexuelle pousse le chirurgien à assigner autoritairement une identité sexuelle à un enfant, non pas avec une connaissance de l’identité sexuelle qui prédomine dans son organisme, s’il y en a une, mais sur un critère esthétique, en privilégiant ce qui sera le plus discret. Théoriquement destiné à épargner à l’enfant des troubles psyshologiques, cette pratique peut en causer d’autres et sert surtout à rassurer la société entière sur la frontière imperméable qui sépare le masculin du féminin. []
  7. Colomiers, le 28 août 2016. []
  8. Une amie marocaine me dit que dans son pays, le hijab est récent aussi, et que pour elle, le tournant date d’il y a exactement quinze ans, avec l’effondrement des tours jumelles du World Trade Center, qui a plongé les musulmans de nombreux pays du monde dans un sentiment de fragilité. Jusque lors, le hijab était un vêtement porté par certaines femmes particulièrement pieuses, et pouvait être comparé au voile des religieuses catholiques. Après le 9/11, c’est devenu un signe d’affirmation d’un attachement à la religion, et peu à peu, une injonction à affirmer son appartenance religieuse. []

5 réflexions sur « Veilsousveillance »

  1. Muadib

    La svatiska n’est-elle qu’un symbole religieux qui apparaît à la période néolithique et que l’on retrouve
    « en Europe (y compris dans l’art chrétien), en Afrique, en Océanie, aux Amériques (Amérique précolombienne chez les Mayas et amérindiens Navajos et Kunas) et en Asie jusqu’en Extrême-Orient.. » (wiki)
    ou une façon de s’approprier et de revendiquer les valeurs culturelles et politiques du nazisme?
    En Europe, je ne pense pas que l’on puisse faire comme si rien ne s’était passé et transformer la svatiska en accessoire de mode tendance
    .
    Le voile c’est pareil. On peut y voir un vêtement traditionnel qui n’a cessé de traverser toutes les cultures en Europe et ailleurs, au même titre que la cravate ou le canotier ou un symbole religieux de la subordination de la femme à l’homme qui lui est encore imposé aujourd’hui dans de nombreux pays.
    Je suis un homme et je me garderai de me prononcer sur le fond, par contre tout ce qui tend à en faire du voile un accessoire de mode me semble bon à prendre parce que en contradiction totale avec sa signification religieuse. Et le burkini. c’était génial sauf qu’au lieu de faire se réjouir les écoles de plongée et s’étrangler les ayatollahs, Estrosi et les autres en ont fait notre problème par stupidité, ignorance ou calcul politique.

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    1. Jean-no Auteur de l’article

      @Muadib : le voile c’est pas exactement la svastika, quand même ! Le fait que personne ne s’entende sur sa symbolique me suffit à penser que ça n’est pas une seule et unique chose. Je ne dirais pas que ce n’est qu’un accessoire de mode, mais le statut varie selon les pays : dans certains il est imposé juridiquement, dans d’autres il est imposé par le poids des cancans des voisins, dans beaucoup de pays musulmans, il varie selon les lieux (campagne ou ville)… Et en France c’est une incompréhensible psychose qui conduit une philosophe et accessoirement milliardaire de la publicité (je le souligne non par richophobie mais parce que ça me gène que quelqu’un de fortuné réclame le licenciement de pauvres) à se faire conduire dans sa berline aux vitres fumées par delà la grande barrière périphérique, pour demander qu’on licencie une employée de crèche car celle-ci est revenue de congé avec un hijab qu’elle n’avait pas en partant et dont rien n’indique qu’elle ait été forcée à le porter. Faut être détendu, quand même, un bout de tissu, ça se met, et ça s’enlève. Mais dire à des femmes « on va vous libérer en vous imposant un truc » est assez douteux.

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      1. Muadib

        Si j’en juge par ma seule expérience, nécessairement limitée, ça varie de moins en moins dans les pays musulmans selon les lieux. Les petites filles en particulier sont voilées de plus en plus tôt.
        Pour moi aussi, un bout de tissus ça se met et ça s’enlève, mais pour beaucoup de femmes ce n’est pas le cas. Mais ça n’est pas le problème. C’est sa symbolique qui fait que pour certaines femmes, le voile c’est aussi violent que la svatiska. Si on te proposait un boulot dans un émirat, est-ce que tu irais? Maintenant pose la question à ton épouse.
        La référence à E. B. pour justifier le fait que le débat sur le voile ne serait qu’une psychose franco-française, c’est un peu n’importe quoi non ? Ou alors tu penses que toutes les femmes pour qui le voile est le symbole de leur soumission aux hommes en Iran, Indonésie, Arabie Saoudite etc. sont de riches capitalistes qui cherchent à renouveler leur personnel domestique?

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        1. Jean-no Auteur de l’article

          @Muadib : j’ai une amie marocaine qui vit ici et qui constate à chaque retour un recul et le sentiment d’une pression… C’est une réalité, et ce n’est pas moi qui vais trouver ça drôle, mais soyons juste pragmatiques : est-ce que, en France, l’hyper-sensibilité au voile a aidé à le contenir ? Pas tellement, il a explosé. Dans ma banlieue, c’était le truc des femmes algériennes de la cinquantaine passée : un fichu sur la tête… Elles ont été les premières à ne pas comprendre l’arrivée du hijab chez leurs petites filles. Mais pour ces dernières, ce n’est pas forcément un signe de soumission, c’est même souvent un signe de rébellion vis à vis d’un sentiment d’injustice, une manière de s’affirmer. La réponse qui consiste à faire des sauts de cabri à chaque fois qu’une fille porte le voile est plutôt un moyen de les encourager à le porter.

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          1. El Gato

            Le voile n’est pas un accessoire de mode comparable à la cravate ou la mini-jupe. Ceci posé, stratégiquement, demander à des femmes jeunes ou vieilles d’enlever leur voile dans l’espace publique, c’est à la fois illégal et contre productif.
            Dans le primaire et le secondaire encourager la course aux signes extérieurs de religiosité, c’est du masochisme. La posture y tient souvent lieu de réflexion. A l’Université, ce sont des adultes et encourager la différence est de nature à encourager la réflexion chez tous les étudiants sur le voile, la kipa, le turban ou la’perruque.

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